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Retour dans mes Souvenirs (Suite II)

Par Chantal VINCENT

Seize mois se sont écoulés depuis mon premier retour en Algérie le 1er mai 2013 après une absence de plus d’un demi-siècle.

Ce deuxième séjour (septembre 2014) m’ayant confortée dans ma décision de revenir chaque année en Algérie, j’ai souhaité faire partager à mes « amis-lecteurs » mes impressions sur ces trois semaines passées dans ce pays qui m’a vu naître - pays de mes racines - où le soleil vous réchauffe l’âme autant que le cœur.

Bien entendu, mes déplacements entre Alger, Cheraga, Lakhdaria sans oublier mes rapides passages à Constantine, Annaba, Cheffia, Tipaza, Miliana, etc. ont été d’une immense richesse tant sur le plan relationnel et humain que sur le plan intellectuel et ce, grâce, entre autres, à mes différents « guides » algériens.

Mais, avant ces rencontres « chez l’habitant » (comprenez : amis), je serai accueillie à Alger par Noria et tous les siens comme un membre à part entière de leur famille. Seule « consigne » de Noria en me remettant un téléphone portable dès mon arrivée chez elle : « Voilà, tu es chez toi. Je suis à ta disposition pour t’emmener là où tu veux. Ce téléphone portable te permettra de contacter tes amis et d’organiser ton séjour à ta convenance ». Il est évident qu’être accueilli avec une telle générosité et un tel altruisme ne peut qu’être touchant d’autant plus que je connais l’amitié sans faille de Noria.

Une rencontre des anciens étudiants du Lycée Mustapha Ferroukhi ayant été prévue le samedi 6 septembre à Miliana, je me suis jointe à eux ainsi que quelques autres Abdounates pour une journée de partage, d’échanges et de convivialité au lieu dit : « Musée de la Manufacture de l’Emir Abdelkader », merveilleusement organisée par l'ALMF et la complicité de Benyoucef ABBAS, Responsable de ce Musée. Une rencontre d’anciens « ados » venus retrouver, le temps d’une journée, des bribes de leur jeunesse. C’est dans la joie, la bonne humeur et les blagues « potaches » que nous reprendrons parfois certaines de nos discussions virtuelles échangées sur le site.

La Bibliothèque du musée ayant été aménagée - pour l’occasion - en restaurant, nous nous y retrouverons tous pour y déguster le plat « national » : un coucous ! Généralement dans une bibliothèque le silence est de rigueur. Mais, en la circonstance, ce lieu devint très rapidement aussi bruyant qu’aurait pu l’être le réfectoire d’un lycée de garçons …

19  J’aurai l’occasion de partager ce déjeuner, entre autres, avec Zoulikha FERROUKHI, avec qui nous retrouverons très vite la complicité de notre première rencontre en 2013 ainsi que nos éclats de rire extrêmement … contagieux !

 Zoulikha ainsi que Benyoucef m’initieront à la manière de manger le couscous à « l’orientale », à savoir, sans ces couteaux et ces fourchettes si chers à l’occidentale que je suis. Ma maladresse et ma gaucherie seront telles que le repas restera un moment de fou rire inoubliable !

D’ailleurs, Mohamed DJABELLAOUI fixera à jamais sur sa « tablette numérique » mon initiation au « savoir vivre » de la table algérienne …

Après ce très joyeux déjeuner, nous serons conviés à assister à une conférence qui avait pour thème : « Les figures illustres de la Ville de Miliana ». Celle-ci sera suivie d’un temps de « questions-réponses » avec le Conférencier, Mohamed-Cherif GHEBALOU, enseignant universitaire.

 fg Après cette conférence et, à la demande de Benyoucef ABBAS, je lirai quatre de ses merveilleux poèmes :

  1. Miliana en Été
  2. 19 mai 1956 (ce poème a été écrit par Benyoucef ET Kéryma)
  3. Le Fennec et la rose
  4. Ma première rentrée

Après la lecture de ces poèmes viendra le moment des cadeaux. Je serai ravie de recevoir une très jolie assiette de « Miliana » au centre de laquelle je retrouve notre célèbre horloge ainsi que les traditionnelles cerises. Egalement, deux magnifiques peintures : l’une représentant la devanture du café de mon père ; l’autre, la devanture de notre lycée de filles dans lequel j’avais été élève de la sixième à la quatrième. Ces deux peintures ont été réalisées par N. NEDJAI. Cet artiste-peintre exposant ce jour-là ses toiles dans le musée, j’ai eu le plaisir d’apprécier son talent artistique ainsi que sa gentillesse lors d’un échange verbal.

Cette journée s’achèvera par la traditionnelle « photo de classe » des Ferroukhiens. Egalement, par quelques échanges sur nos impressions respectives.

Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter la blague que l’un de ces grands « ados » m’a faite juste avant que nous nous séparions tous. Med BRADAI, pour ne pas le nommer, a en effet « profité » d’un moment où je me trouvais en grande discussion avec deux ou trois Ferroukhiens pour subtiliser dans mon sac à dos des roses qui avaient été offertes à chaque Abdounate et que j’avais très soigneusement mises dans mon sac à dos de façon à ce qu’elles ne soient pas abîmées. Elles étaient donc très visibles par tous. Avec une dextérité sans pareille, Med avait retiré ces roses de mon sac à dos sans que je ne m’en aperçoive. Après son « larcin », il était venu se positionner face à moi avec un immense sourire et un visage à l’expression angélique pour m’offrir ces roses. Evidemment, j’étais la seule à ne pas m’être aperçue du canular ! Je me suis alors avancée vers lui, toute attendrie, en lui disant : « Oh ! Comme c’est gentil Med ! Tu mérites bien une bise pour ces jolies roses ». C’est à ce moment-là, seulement, que j’ai compris ma naïveté car tous les Ferroukhiens de mon entourage avaient éclaté de rire !

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  Le lundi suivant, Noria n'ayant pas failli à sa promesse m'accompagnera en voiture jusqu'à Lakhdaria où, comme en mai 2013, j'aurai le plaisir d'être à nouveau accueillie par les familles SETTI et OUKIL mais, cette fois-ci, pendant toute une semaine.

Les maisons de Mohamed SETTI et Mohamed OUKIL n'étant pas très éloignées l'une de l'autre - quelques six-cents mètres - je me « partagerai » entre les deux maisons. Je déjeunerai dans l'une le midi ; je dînerai dans l'autre le soir et autres arrangements. Compromis qui me permettra de passer du temps dans les deux familles respectives.

MOHAMED SETTI

Mohamed SETTI (El Hadj) m'impressionnera par certains points communs frappants avec mon père :

  • Son « fatalisme », face à des situations qu'il ne peut pas changer ;
  • Sa manière calme et sereine de s'exprimer avec concision, sans épiloguer ;
  • Ses moments de silence, par exemple, pendant les repas. Il mange lentement en regardant son assiette, paupières baissées.

Contrairement à l'idée répandue en occident où chacun autour d'une table doit - forcément - donner son avis sur tout, j'interprète plutôt les silences de Mohamed comme autant de moments de méditation.

Au cours de ces huit jours passés à Lakhdaria, je me suis interrogée sur la raison de ces points communs entre Mohamed et mon père. J'en suis arrivée à la conclusion qu'il y avait sans doute plusieurs explications possibles.

Comme l'année dernière, lorsque j'étais venue le rencontrer pour la première fois, Mohamed me dira à nouveau son admiration pour mon père qui lui a, m'a t-il dit, tout appris. Cette relation basée sur un respect mutuel a vraisemblablement permis à Mohamed de développer une certaine confiance en lui à une époque où les colons français ne brillaient pas par leur sens de la justice et de l'égalité des droits (et des chances !) pour tous : Français et Algériens.

Bien des années plus tard, pendant la guerre d'indépendance, Mohamed sera torturé et son frère assassiné par l'armée française. Malgré cette guerre atroce, Mohamed gardera toujours pour mon père cette reconnaissance infinie mêlée d'admiration.

Mon père était un travailleur acharné. Mohamed le suivait partout où il allait dans ses nombreux déplacements sur les routes de la région. Si mon père était issu d'une famille modeste et n'avait pas été bien longtemps à l'école, Mohamed n'y avait pas été du tout.

Comme mon père, toute sa vie, Mohamed travaillera sans relâche. Aujourd'hui encore, à 85 ans, et bien que de santé fragile, il dirige toujours son entreprise. A son rythme, certes, mais avec efficacité et soutenu en cela par de fidèles collaborateurs.

Le parcours de cet homme est digne d'admiration. Parti de rien, n'ayant jamais appris ni à lire, ni à écrire, il a tenu à ce que ses nombreux enfants fassent des études. Ils ont tous brillamment réussi tant intellectuellement que professionnellement et on peut comprendre qu'il en soit fier.

Parmi les anecdotes que Mohamed m'a racontées concernant mon père, j'en ai déduit qu'une relation « père-fils » s'était tissée entre eux au fil des années.

Mon père apprendra à conduire à Mohamed alors qu'il était encore très jeune. Lorsqu'ils partaient ensemble sur les routes, mon père faisait conduire Mohamed. C'était les prémices de la « conduite accompagnée » sans contrainte et sans justificatif d'aucune sorte. Dès que mon père constata que Mohamed conduisait parfaitement bien, il le laissera parfois conduire seul le camion sans sa présence dans le véhicule. C'est ainsi que Mohamed conduira de l'âge de dix-huit à vingt et un ans, sans permis de conduire !

C'est avec délectation et un grand sourire de satisfaction que Mohamed me racontera que lorsque les policiers le voyaient passer, seul, dans le camion, ils lui disaient « Salam, Mohamed Vincent ! ». Plus d'un demi-siècle plus tard, certains habitants de Lakhdaria l'appellent toujours « Mohamed Vincent » ! Puis, mon père l'inscrira pour lui faire passer, officiellement, l'examen du permis de conduire à l'âge légal de l'époque : vingt et un ans. Examen qu'il réussira, bien entendu, du premier coup.

Si les petits français de familles modestes de cette époque commençaient à travailler très jeunes, c'était le cas également, a fortiori, des petits algériens. Treize années séparaient Mohamed et mon père. Lorsque Mohamed me racontera qu'il avait commencé à travailler à l'âge de treize ans avec mon père, celui-ci en avait vingt-six. Mohamed me précisera qu'il avait été d'autant plus heureux de travailler avec lui qu'il avait été précédemment honteusement exploité et humilié par des colons français que la décence m'empêche de relater dans cet article.

En écoutant Mohamed me raconter certains faits dont il avait souffert avant sa rencontre avec mon père, je l'avoue, j'ai la gorge nouée et je sens ressurgir en moi cette révolte qui était la mienne quand, dès ma plus tendre enfance, j'avais pu constater, par moi-même, l'injustice, la maltraitance, le mépris dont certains enfants pouvaient être victimes, tout simplement, parce qu'ils étaient « algériens ».

Puis, vint le jour de mon départ de Lakhdaria. Avant de sortir de la maison de Mohamed, nous nous enlaçons avec Fatima, son épouse, ainsi que l'une de ses filles, Abla, qui était présente ce jour-là. Les embrassades sont d'autant plus chaleureuses que, malgré le fait que je ne parle pas l'arabe, ni elles le français, nous avions néanmoins trouvé le moyen de communiquer par des gestes mais surtout par le sourire. Fatima s'est montrée d'une immense gentillesse pendant tout mon séjour. J'en ai été profondément touchée.

Puis, je descends les escaliers de la maison accompagnée de Mohamed. Si, habituellement, il n'est pas très bavard, aujourd'hui, il l'est encore moins. Il ne dit pas un mot. Je suis à présent dans la rue, sur le trottoir, à côté de lui. J'aperçois la voiture de Noria qui n'est pas loin. Je pose mes mains sur les épaules de Mohamed pour l'embrasser. Son émotion est palpable et l'expression de son visage semble me dire ce qu'il m'avait dit, verbalement, la veille : « Tu pars déjà ? On avait encore tant de choses à se dire ». Ce à quoi je lui avais répondu que, la prochaine fois, je ferai mieux … je m'arrangerai à rester plus longtemps. Très vite, Mohamed se retourne. Il ne doit pas montrer son émotion. Il disparaît alors que mes bagages ne sont pas encore dans le coffre de la voiture de Noria. Que dire si ce n'est que je suis aussi bouleversée et triste que lui ! Salam El-Hadj !

MOHAMED OUKIL

Mohamed OUKIL et son épouse, Warda, m'ont accueillie tous les deux avec une extrême et égale gentillesse. Warda ne parlant pas plus le français que je ne parle l'arabe, nous avons communiqué ensemble de la même manière que je l'ai décrite précédemment pour Fatima, l'épouse de Mohamed SETTI.

Mohamed OUKIL est un homme très ouvert et réceptif. Nous avons eu de longues discussions toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Tout comme moi, Mohamed est autodidacte. S'il a quitté l'école très jeune, il n'en a pas moins continué à apprendre, sans relâche, pendant toutes ces années. De plus, il possède les deux cultures : française et algérienne. S'il vit aujourd'hui en Algérie, il s'est partagé pendant plusieurs années entre les deux rives de la méditerranée. Ses connaissances politico-socio-économiques de la France et de l'Algérie font de lui un homme tout à fait passionnant à écouter ! Parfois, il pouvait arriver que nous ne soyons pas tout à fait d'accord. Chacun de nous essayant de trouver l'argument qui saurait convaincre l'autre.

Cependant, nos conversations « sérieuses » se terminaient toujours par un grand éclat de rire. Ce qui ne m'empêchait pas de toujours tenir compte de son avis. Un jour où je souhaitais savoir ce qu'il pensait de propos tenus par un algérien, il m'avait répondu : « toi, tu es comme ton père, tu crois tout ce qu'on te raconte ». Je dois avouer que sa réponse m'avait « interpellée » pour en arriver à la conclusion qu'il n'avait sans doute pas tout à fait tort ! Outre sa culture, ce que j'ai particulièrement apprécié chez Mohamed c'est son franc-parler ! Il ignore tout de la « langue de bois » ! S'il lui arrivait parfois, à juste titre, de vitupérer contre certains faits de société qu'il s'agisse de la France ou de l'Algérie, une fois sa colère exprimée, l'expression de son visage retrouvait une sagesse toute orientale.

Pendant mon séjour à Lakhdaria, Mohamed me proposera d'aller faire la connaissance de la famille de son épouse, Warda. C'est ainsi que nous ferons un long voyage en voiture de Lakhdaria jusqu'à Cheffia (quelques 650 km) en passant par Constantine, Annaba, etc. Je découvre ainsi une Algérie que je ne connaissais pas puisque j'en étais partie adolescente. En dehors de ma ville de naissance, Lakdharia, et de Miliana, ville d'où je suis partie en 1962, je ne connaissais rien des paysages algériens si ce n'est par des photos trouvées sur internet ou sur le site de Noria.

Je me régalerai donc non seulement de tous ces paysages mais également de nos conversations autant avec lui, Mohamed, que son neveu, Zerrouk, qui conduisait le véhicule.

Puis, en fin de journée, nous arriverons dans la famille de Warda. Je ferai ainsi la connaissance de ses parents, frères, sœurs, belles-soeurs, petits-enfants, etc. Nous serons très nombreux ce soir-là pour un dîner familial autour d'une table bien garnie et nous passerons une soirée formidable à discuter et à rire tard dans la nuit.

Le lendemain matin, nous repartirons de Cheffia pour rentrer à Lakhdaria en passant par la côte. Je vois le bleu de cette méditerrannée qui me rappelle mon enfance et je suis enchantée.

Demain, je quitterai Lakhdaria avec, dans mon sac de voyage, pas moins de quatre robes algériennes. L'une offerte par Warda, l'autre par Fatima, les deux autres offertes par la famille de Warda ainsi que de merveilleux napperons « faits main » offerts par Abla, la fille de Fatima. Sans oublier une très belle veste de survêtement que m'avait prêtée Mohamed et qui - à ma grande joie je dois bien l'avouer - ne voudra pas que je lui rende ! La veste de survêtement faisant partie de la panoplie indispensable du coureur de fond que je suis, je me ferai un plaisir lors de mon prochain entraînement d'arborer avec fierté ma veste « made in Algeria » !

L'émotion de Mohamed OUKIL n'a d'égale que celle de Mohamed SETTI. Mais je les rassure, lui et Warda, c'est promis, je reviendrai l'année prochaine ! Inch'allah.

NORIA

Indépendamment de ma volonté, mon emploi du temps prévu plusieurs jours avant mon départ de la région parisienne ayant été, quelque peu, modifié nous discuterons avec Noria d'une nouvelle organisation de mon séjour.

C'est ainsi que nous visiterons, entre autres, les lieux suivants :

Sam 1801  Sam 1853

 

 

 

 

 

Le « Tombeau de la Chrétienne » situé à une dizaine de kilomètres à l'Est de Tipaza. Le mari de Noria sera pour moi un excellent « guide touristique » et attirera mon attention sur les faits historiques liés à ce site classé aujourd'hui parmi les plus beaux sites archéologiques au monde. Nous irons ensuite visiter le musée de Tipaza ainsi que le port de Bouharoune. Nous déjeunerons dans un restaurant nommé le « Lala Aïcha » où nous y dégusterons d'excellents poissons …


Sam 1881Sam 1874

 

 

 

 

 

Entre « copines », nous irons visiter avec Noria l'un des jardins les plus anciens d'Alger, le « Jardin d'Essai du Hamma ». C'est dans ce lieu paradisiaque que fut tournée une partie d'un film connu de tous - jeunes et moins jeunes - « Tarzan, l'homme singe » dont la vedette était Johnny Weissmuller.

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 Nous visiterons un lieu de culte impressionnant : la Basilique « Notre Dame d'Afrique » en l'agréable compagnie du fils de Noria et l'un de ses copains. Cette Basilique faisant partie des biens culturels est classée aujourd'hui dans la liste des monuments historiques. Ce chef-d'oeuvre architectural est sublimissime et on ne se lasse pas de l'admirer tant il est grandiose. Une phrase qui incite à la paix et à la tolérance a tout particulièrement attiré mon attention à l'intérieur de la Basilique : « Notre Dame d'Afrique priez pour nous et tous les musulmans ». Cette phrase est inscrite en français, en arabe et en berbère.

Sam 2020  Sam 2042 

 

 

 

 

 

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  Le lendemain, nous parcourrons pendant plusieurs heures les rues tortueuses de la Casbah et de Bab el Oued avec le frère de Noria. Puis, nous visiterons le « Palais dar Khedaoudj El-Amia » (Palais de la princesse Khadidja). Ce monument historique majestueux et incontournable fait partie du patrimoine culturel de l'Algérie. Légende ou réalité ? Cette princesse passait le plus clair de son temps devant sa glace. Elle se trouvait très belle. Son narcissisme grandissant, elle aurait perdu la vue … dit-on … Mais une autre version laisse à penser que la cécité de la princesse serait plutôt liée à l'excès de fard (Khôl) qu'elle utilisait pour maquiller ses yeux ...

Plusieurs jours avant mon départ de la région parisienne, Benyoucef ABBAS m'avait fait savoir qu'il souhaitait que je lui réserve dans mon emploi du temps une demi-journée afin de venir le rencontrer au 7ème Festival International de la Bande Dessinée (FIBDA) qui aurait lieu du 23 au 27 septembre à l'Esplanade de Riach El Feth et auquel Benyoucef participait en tant que dessinateur.

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  Nous étions convenus d'une date, le 24 Septembre, veille de mon retour en France. Ce fut pour moi un réel plaisir d'aller visiter quelques stands du Festival et, notamment, les stands où de jeunes dessinateurs en puissance pouvaient exercer leur talent. Je pense notamment à un jeune garçon qui, lorsque j'étais arrivée alors qu'il terminait un personnage de BD sur un immense tableau, était littéralement « plongé » dans son art ! Comme tous les artistes, il ne voyait pas ce qu'il se passait autour de lui. Cela m'a renvoyée bien des années en arrière lorsque mon fils décidera, très jeune, de se lancer dans une carrière artistique d'auteur graphique. Je l'avais soutenu, envers et contre tout, afin de lui permettre de donner libre cours à sa passion. Ainsi que le disait St. Augustin : « Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion ». Lorsque ce jeune algérien eu terminé son dessin, je m'étais approchée de lui pour le féliciter et nous avons échangé quelques instants sur l'art en général mais aussi sur la difficulté des jeunes à se réaliser et, surtout, à « vivre » de leur passion. J'ai trouvé ce garçon tellement touchant dans sa manière de s'exprimer que je n'ai pas pu faire autrement que de l'encourager et lui tenir les mêmes propos que ceux que j'avais tenus à mon fils lorsqu'il avait son âge. Je lui ai expliqué que s'il ne fallait pas se voiler la face … une carrière artistique n'est pas toujours facile à envisager lorsqu'on est très jeune … il fallait néanmoins « s'accrocher ». J'ai ajouté que si on avait le droit de perdre, on n'avait pas pour autant le droit d'abandonner ! Lorsque j'ai croisé le regard de ce jeune garçon, j'y ai vu tant de reconnaissance qu'il en était émouvant.

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Conclusion

Au cours de mon séjour, j'ai eu très souvent l'occasion de discuter du rapprochement des cultures des deux rives, la France et l'Algérie. Même si ce rapprochement est toujours « en devenir », il y a encore bien des tabous à combattre. Aussi, je voudrais terminer cet article en faisant référence à l'un des livres qui m'a été offert par le mari de Noria et qui s'intitule : « Quand sous l'arbre, ils te prêtaient serment - (actes du colloque international sur la consécration de l'Emir Abdelkader à la tête de l'Etat Algérien Moderne) ».

Dans le chapitre suivant : « L'Emir Abdelkader : l'unité dans des identités multiples », il est dit ceci : « C'est l'absence de connaissance de l'autre qui est la cause des préjugés et comme le disait avec justesse Ibn Arabi : « Les hommes sont les ennemis de ce qu'ils ignorent » et l'Emir Abdelkader rajoute : C'est par la vérité qu'on apprend à connaître les hommes et non pas par les hommes qu'on apprend à connaître la vérité ».

Certains hommes politiques « d'aujourd'hui » feraient bien de s'inspirer de la sagesse de l'Emir !

Remerciements

J'adresse mes remerciements à tous les algériens et algériennes que j'ai eu l'occasion de côtoyer au cours de mon séjour mais, plus particulièrement, aux personnes suivantes :

Les familles SETTI et OUKIL de Lakhdaria qui, tout en m'accueillant comme un membre de leur famille, ont également accueilli la fille de Roger VINCENT dont ils ont gardé un si bon souvenir et cela m'a fait chaud au cœur.

L'ensemble des Ferroukhiens qui ont accepté l'Abdounate que je suis au cours de leur rencontre du 6 septembre dans une ambiance sympathique, conviviale et de franche camaraderie. Je crois d'ailleurs que plusieurs photos sur le site ont précédé mon article et prouvent, s'il en était besoin, que mes zygomatiques n'ont guère eu de répit au cours de cette journée tant ils ont été sollicités !

Zoulikha FERROUKHI qui nous a fait la joie et le bonheur de se joindre à nous pour cette journée du 6 septembre malgré un emploi du temps personnel bien chargé ! J'ai été très heureuse de sa présence et je lui en suis très reconnaissante.

Hadjera pour sa bonne humeur constante, son sourire jovial permanent et son accueil toujours extrêmement chaleureux au sein de sa famille. Elle apporte par sa seule présence les compléments vitaminiques dont on a tous besoin sans oublier ses qualités de fin cordon bleu que j'ai eu maintes fois l'occasion d'apprécier tant en France qu'en Algérie.

Merci à Med MIDJOU que j'ai pu rencontrer, malgré ses obligations, lors d'un rapide passage à Miliana pour un moment de convivialité autour d'une boisson à la Pointe des Blagueurs. C'est un peu grâce à lui que j'ai pu passer un bref instant - mais si dense en joie et riche en émotion - avec toute la famille AOUIMER.

Benyoucef ABBAS, le « rassembleur », grâce à qui j'ai pu retrouver au Festival cité plus haut, des fidèles du site de Noria : Mohamed Azizi, Miliani2Keur, Sadek Brahim Djelloul avec lesquels nous avons passé d'excellents moments de franche gaîté !

Et enfin, Noria et l'ensemble de sa famille qui m'ont tellement « gâtée » tout au long de mon séjour tant par les visites touristiques de lieux où je n'avais jamais été que par leurs attentions quotidiennes et touchantes sans oublier les plats algériens très variés - que j'ai adorés - et que Noria et notamment l'une de ses filles, particulièrement douée pour l'art culinaire, m'ont fait découvrir au cours de ces quinze jours passés au sein de leur famille.

Commentaires (18)

BRAHIM-DJELLOUL Sadek
  • 1. BRAHIM-DJELLOUL Sadek | 17/10/2014

Bonjour ma chère CHANTAL,
Nous avons été très contents et ravis de passer avec toi, NORIA,BENYOUCEF,MOHAMED AZIZI et SADEDDINE cette après-midi autour d'une table de café à Riad el Fath au festival de la bande dessinée.Cette rencontre ultime puisque le lendemain tu devais quitter l’Algérie,a été d'autant plus sympathique du fait qu'elle m'a permis de rencontrer NORIA que je ne connaissais que par le site.J'ai pu lire ton conte rendu,je te félicite sincèrement pour tant de travail qui nous fait vivre fidèlement les trois semaines que tu as passées dans ce pays que tu aimes tant.Sois certaine que tous les gens que tu as rencontrés t'aiment aussi.En attendant de te revoir un de ces quatre matins je te salue et t'embrasse.

Chantal

Bonjour Kéryma,

Que de compliments ! Tu vas me faire rougir ! hi ! hi ! hi !
En tout cas, tu m'auras bien fait rire !

Bonne journée à toi.

Boussa.

keryma
  • 3. keryma | 13/10/2014

Ma Chantal,

Cette façon de se ressourcer!
Aller dans son pays natal, le visiter voir les amis, rencontrer Abdounate et Ferroukhiens, d'autres amis, ceux aussi qui ont connu tes parents en l'occurrence ton père, vue toute jeune puis joyeusement arpenter les rues de ton enfance, ensuite ta ville natale et j'en passe... N'as-tu pas été un peu barbouillée une fois rentrée en France??? Car tu en a bouffé de ton merveilleux voyage!! Ben quand je dis "bouffé" je veux entendre que tu as rempli ta panse de cette Algérie que tu aimes tant, que tu racontes avec une telle pudeur, un amour infini, tu sais quoi? Si tu avais vécu à l'époque de l’Émir, il t'aurait certainement épousée oui oui un roi n'est bien conseillé que par sa reine surtout si c'est toi! Et puis imaginons que de nos jours tu serais cette coordination entre l'Algérie et la France eh bien ces deux "nigauds" de pays se diraient "OUI" avec amour , tu aurais provoqué un mariage bien gai!
Voilà j'en ai fini, je souhaite que tu reviennes dans ton très cher pays, et "mange" tout ce qui bouge tu ne mérites que le meilleur dans ce monde, merci Chantal c'est une très belle histoire à garder dans les mémoires écrite ou racontée.

Continue à éclater de rire cela te va si bien!
Kéryma, boussa,

Chantal

Merci Miliani2Keur pour ton message. Je suis ravie que mon article t'ait « revitalisé » ! Quant à la citation de Antoine de Saint-Exupéry (que je ne connaissais pas) il avait mille fois raison ! Bonne journée.

Miliani2Keur
  • 5. Miliani2Keur | 13/10/2014

Bonjour Chantal

J'avais hésité dans mon article 'detourné' a mettre Algerienne entre guillemets ou sans, pourtant ma foi que l'appartenance a une nation ne se transmet ni par le sang ni par la géographie a vite tranché...

l'évocation de ton parcours personnel m'a tellement "Revitalisé"! je t'en remercie chantal

"... il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines. En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison ».
Antoine de Saint Exupéry

ZOUM
  • 6. ZOUM | 12/10/2014

BONJOUR AZIZ,
je suis totalement d accord avec toi,les relations Algéro-Françaises
ressemblent à une perpetuelle leçon de Tango .....
Si ,dérnierement ,une avançée significative a été effectuée ,il reste
cependant beaucoup à faire pour dépasser ce ressassement des memoires meurtries.Il est temps,pour instaurer de part et d autre
des 2 rives,un climat de sérénité et d apaisement et éviter les haines
les rancoeurs les rancunes et les incompréhensions.
Comme toi AZIZ,je souhaiterai vivement qu il y ait veritablement
une volonté politique des 2 pays qui soit résolument tourné vers
l avenir afin de construire un réel partenariat d exception et travailler à une coopération féconde.L avenir est chargé de défis qu il faut relever dans un monde multipolaire et fortement
concurrentiel et je pense que ces defis seront releves ensemble
beaucoup mieux que si nous laissions la relation de nos 2 pays ,se
teinter d indifférence.
En conséquence,je pense que c est sur la Communauté Algerienne vivant en France que devrait etre bati de nouveaux rapports économiques et culturels entre nos 2 pays car elle constitue à l origine un lien dual par la binationalité.
Comme toi aziz je suis fortement imprégné de la culture Française
et je veux que mon pays d origine puisse dépasser le discours
triomphaliste et la langue de bois pour s engager véritablement
dans l organisation de l économie nationale et instaurer un état de
droit tout en éradiquant la corruption l injustice et la médiocrité.
Je voudrais que le pouvoir Français arrive aussi quant à lui
à dépasser son repli identitaire pour réinventer la MEDITERRANNEE
en batissant une politique Française plus ouverte et féconder un
humanisme conscient pour un destin et un avenir commun faisant
de L HOMME ,UNE NOUVELLE CENTRALITE MEDITERRANEENNE.
Le probleme c est que la France aprés son échec de la réalpolitik,
continue à entretenir avec l Algerie une relation à quelques
projets économiques et à la sécurité tout en occultant la proximité
liant les populations des 2 rives.
Les Algériens et leur pouvoir politique hésitent à établir de solides
relations avec la France car ils exigent en raison du passé colonial
des excuses et une reconnaissance des méfaits de la colonisation.
Les algeriens demandent aussi dans les contrats qu ils nouent
avec les sociétes Françaises ,un transfert de technologie et une
formation technique du personnel Algerien ......
Enfin ,permets-moi AZIZ de te dire mon respect pour ta grandeur
d ame,ton authenticité ,ta maturité ton savoir-vivre et ton humilité .
amicalement.
mourad

aziz
  • 7. aziz | 11/10/2014

Mon bon ami Mourad,

Le général de Gaule s'est empresse, juste après notre indépendance de faire passer une loi en France qui amnistie tous militaires français, officiers et soldats qui ont combattu en Algérie. On peut se demander pourquoi ? Mr de Gaule savait très bien ce qui s’était passé en Algérie.

Oui pour une relation apaisée mais sur des bases saines et solides, mais pour se pardonner et je dis bien mutuellement, ne faut il pas d'abord reconnaitre et savoir ce qu'on se pardonne ? Mais comme je l'ai écrit précédemment , '' It takes 2 to tango'' (il faut 2 personnes pour danser un tango ) et j'ajouterai, comme je l'ai déjà écrit '' une hirondelle seule ne fait pas le printemps.

Finalement, je suis sincèrement ravi qu'il y ait des initiatives des deux cotes, certes bien timides du reste, mais a mon humble avis, pour permettre une relation saine et durable, souhaitable des deux cotes, nous nous devons d’adresser les sujets qui fâchent,en fait reculer s'il le faut pour mieux sauter, sur la base de fondations solides et éviter surtout et des deux cotes, de continuer sur les non dits.

ZOUM
  • 8. ZOUM | 10/10/2014

BONSOIR MESKELLIL,
Comme toujours je ne cesse d admirer ton art de dialoguer et de discuter et ton niveau élevé de culture .......
Autant que toi,je suis un homme de paix,de consensus opposé énergiquement au "choc des civilisations" prônant la tolérance ,le dialogue et la concertation.
Je veux être un pont fraternel entre les différentes cultures et les religions monothéistes .....C'est pourquoi je dénonce les fondamentalismes,les intégrismes , les communautarismes sectaires et fanatiques,repliés sur eux, intolérants,va t-en guerre,dominateurs,inquisiteurs,haineux,racistes, impérialistes ......
Je veux que les relations algéro-françaises arrivent à dépasser le stade des relations " passionnelles" et construire et bâtir concrètement des ponts économiques,culturels entre nos 2 pays.
Je veux que la Méditerranée soit une zone de paix de stabilité de sécurité et de prospérité partagée.
Je veux que le tissu relationnel franco-algérien soit mis à plat avec franchise ,avec ses points forts ,ses ratés,ses manques et ses lacunes.
Je veux qu il y est véritablement une coopération féconde à tous les niveaux car il y a tant de choses à faire ensemble;cela ne veut pas dire que le passé ne devrait pas être assumé avec ses lumières et ses ombres...Rien ne peut faire que le passé n ait pas existé et que pendant 132 ans le système colonial n ait pas pesé lourdement sur notre Relation......
Le mot PARDON a été appliqué comme tout le monde le sait,essentiellement dans les rapports franco-allemands mais cela n a jamais été demandé par Alger.Les notions avancées par les algériens sont la RECONNAISSANCE et les EXCUSES.
La question centrale pour les algériens n est pas la guerre d indépendance mais c est surtout le système colonial .Les algériens veulent remonter plus en amont.Pour eux ,la guerre d'Algérie c est 1830-1870. C'est la guerre de conquête.C est le Général Bugeaud, c est Leroy de Saint Arnaud ,ce sont les enfumades,c est le déplacement des populations paysannes,ce sont les massacres à grande échelle avec les colonies infernales en 1840,voilà la véritable violence pour les algériens.....
Si depuis une trentaine d années ,nous avons vu se multiplier sur la scène internationale les actes de pardon ,d excuse,de repentance,d amnistie pour les violences collectives commises dans un passé plus ou moins récent ,il y a une spécificité propre à l exemple des relations algéro- françaises ......
Dans quelques jours on commémoré à Marseille le 17 octobre 1961 qui nous rappelle la répression meurtrière de la police française contre les algériens qui manifestaient sous l égide de la Fédération française du FLN et avec des militants nous avons invité beaucoup d hommes politiques français et algériens pour célébrer cet évènement .......
amicalement...
mourad

Meskellil
  • 9. Meskellil | 10/10/2014

Bonsoir,
Mon commentaire était adressé à M. Mourad et concernait une autre rubrique. Noria, que je remercie beaucoup pour sa réactivité, l'a déplacé et mis au bon endroit à ma demande. Désolée que cela ait induit un malentendu.

Chantal

Merci Zoom et l’ami Ferhaoui. Je n’ai rien à ajouter à ce que vous avez dit. Vous avez tout compris de mon histoire « d’amour » avec l’Algérie. En effet, l’ami Ferhaoui, je retournerai en Algérie en 2015 mais à une période où il fait beaucoup moins chaud, à savoir, au joli mois de mai ! Il ne faut pas avoir à regretter demain ce que nous n’avons pas pu faire avant qu’il ne soit trop tard … Nous ne sommes que de passage sur terre et il faut profiter de ceux que l’on aime pendant qu’il est encore temps. Il y a plusieurs années, j’avais entendu cette formule que j’avais retenue : « aimer, c’est ne jamais avoir à dire : je regrette ».

ferhaoui
  • 11. ferhaoui | 10/10/2014

bonjour tout le monde , bonjour chantal, quelle belle histoire... d'amour, d'amitié!!et de fraternité!! le proverbe dit" qui laisse une trace, laisse une plaie ." et voilà ce qui tire l’œil!! le récit que nous découvrons ici est celle d'une femme de réflexion et de constance, ses gout intellectuels ses directions et ses principes moraux, ses émotions peut-être les plus intimes,s'appuyant scrupuleusement sur des arguments solidement ancrés dans l'histoire d'un passé ? QUE DIRE DE PLUS, des " mémoires",ces temps -ci, sont de juste circonstances et si utiles qu'ils sont réclamés par tous ceux qui à tort ou raison, bien ou mal intentionnés, veulent savoir, entre autres faits historiques, ce qui s'est passé. en tout cas votre dans votre dernier voyage en Algérie,(miliana) j'ai cru voir le train de "l'orient express" a chaque escale tout un chapelet d 'échanges fraternels et sincères. au reste, nous vous attendons comme promis pour : 2015 inchallah l'ami ferhaoui, oran.

ZOUM
  • 12. ZOUM | 10/10/2014

BONJOUR AZIZ,
je devais voir FESSIER marceau la semaine passée en me rendant à TOULON mais un fâcheux contre-temps m en a empêché .......
Je reporterai ma visite pour plus tard et je me chargerai de lui transmettre tes salutations.....
avec mes amitiés
mourad

aziz
  • 13. aziz | 10/10/2014

Mon cher Mourad,

On dit que généralement et avec l'age, les gens s'assagissent mais dans ton cas, ce n'est pas vrai: tu as toujours été sage depuis que tu étais bambin et tu es resté sage.
Ceci étant dit, tout à fait d'acord avec toi pour le rapprochement des peuples autour de la Méditérranée et particulièrement avec le peuple français. Mais comme disent les américains: '' It takes two (2) to tango'' et comme disent les français: ''une hirondelle ne fait pas le printemps''.

ZOUM
  • 14. ZOUM | 09/10/2014

BONJOUR CHANTAL,
j'ai beaucoup apprécié ton analyse car sincèrement je la partage à 200% .Ta contribution est écrite avec un art d'émouvoir et de persuader, reflétant ta personnalité sincère et authentique.....
Le dialogue des cultures et des civilisations au sein de la méditerranée constitue à mon avis,le défi qu'il faut surmonter à l'avenir, pour édifier un ensemble dynamique qui portera haut nos valeurs et notre identité méditerranéenne au sein de la mondialisation....
Je pense que devant l'imbrication de 2 histoires et de 2 mémoires , je peux affirmer que la France et l’Algérie ont un avenir commun.
Jacques BERQUE a écrit une belle citation à la fin de la guerre d’Algérie sur l avenir des relations entre la France et l’Algérie : "On ne s est pas entrelacé pendant 132 ans sans que cela descende très profondément dans les âmes et dans les corps. La profondeur de l'impact Français a dépassé ici, et de loin, les aliénations habituelles du colonialisme, de l'exploitation coloniale et du mercantilisme.Grande chance et grand malheur, d'où la violence et le ressentiment......que je crois que,pour l'avenir, la solution Franco-Maghrébine ne réside pas dans la transaction mais dans l'expiation double et partagée " *Jacques BERQUE*.
Avec mes sincéres amitiés
mourad

Chantal

Oui, Benyoucef ! J’ai bien noté … rendez-vous le 1er mai 2015 !

Chantal

Bonsoir Meskellil,

Je te remercie pour ton analyse très « fine » ! Je vois que tu as parfaitement lu mon article et même que tu as lu « entre les lignes » (lol !).

La différence entre mon voyage de l'année dernière et celui de cette année est énorme. L'année dernière, je me sentais presque « illégitime » en retournant dans le pays de mon enfance et je pourrais presque dire que si j'y avais été « mal » accueillie non seulement je l'aurais compris mais je l'aurais « accepté » (même si cela aurait été pour moi un désastre sur le plan émotionnel). Cette guerre d'Algérie a profondément marqué mon enfance pour les raisons que j'ai expliquées. Ma joie lors de ce retour en mai 2013 avait donc été d'autant plus grande que je ne savais pas réellement ce qui m'attendait ! C'est l'une des raisons pour lesquelles ce « voyage de retour » restera à jamais gravé dans ma mémoire comme l'un des plus beaux moments de ma vie. Cela m'a permis également, si besoin était, de mesurer à quel point mes enfants et petits-enfants (grands et petits) avaient tous été aussi sensibles les uns que les autres à mon histoire et combien ils partageaient mes idées.

Cette année, je suis retournée en Algérie chez des « amis ». Je n'ai eu aucune appréhension. Par ailleurs, le fait d'y rester trois semaines m'a permis de discuter très longuement avec des algériens parfois très différents et de faire d'autres découvertes. En quelque sorte, un voyage au cœur de l'humain ...

Je t'embrasse.

benyoucef
  • 17. benyoucef | 08/10/2014

Bonjour Chantal
Je suis ravi d'etre cité dans ton carnet de voyage,riche en activités touristiques .C'est vrai que j'ai partagé quelques moments avec toi durant ce sejour en Algerie ,particulierement à la manufacture ,lors des retrouvailles du 06/09/2014 autour d'un plat de couscous royal bien garni sans oublier aussi l'agréable aprés midi du 24/09/2014 à l'esplanade Riadh El Feth, en compagnie de nos amis du site Noria ,Azizi ,Sadek Brahim Djeloul et Miliani 2coeur.
Deux jours de rencontre chaleureuse c'était malheureusement trés court,mais ils restent inoubliables dans ma memoire,tellement c'était passé dans la joie et la convivialité.
A l'année prochaine c'est a dire le 1er Mai 2015.Nous allons encore rigoler
Merci de nous offrir ce bouquet de fleurs embaumant, parfumé d'odeurs d'afrique qui relate une belle et émouvante évocation de voyage
Bien amicalement

Meskellil
  • 18. Meskellil | 08/10/2014

Bonjour Chantal,
Bonjour à tous,

Lecture plaisir et d’un seul souffle ! Ton texte passionnant m’a complètement coupée de mon environnement ! On m’a appelée à plusieurs reprises pendant sa lecture, et je n’ai rien entendu, totalement absorbée que j’étais, il a fallu que l’on me touche pour que j’en émerge !

Le ton de ce texte me semble différent de celui de tes autres expressions sur le pays de ton enfance, l’Algérie. L’émotion est constamment présente et surtout à certains passages, justement ceux où tu es avec les personnes qui ont connu et côtoyé ton père. Il s’en dégage un fort sentiment de reconnaissance qui reste sobre et empreint de pudeur et de retenue aussi. Peut-être que je me trompe totalement, je ne sais pas, je sens que tu es différente, que quelque chose s’est passé en toi. Tu sembles avoir plus de distance, plus d’assurance, plus de sérénité, de tranquillité. C’est comme si tu avais (re)trouvé ta place, que tu avais réalisé qu’elle avait toujours été là, qu’elle t’attendait. Très touchants et émouvants ton voyage et tes rencontres à travers cette Algérie de ton enfance. Tout cela a dû beaucoup te remuer, et aussi remuer les personnes proches de ton père. Chantal, je suis sincèrement très contente que tu aies enfin pu reprendre les choses là où tu les avais laissées il y a de cela si longtemps. Je suis touchée par ton expression que je ressens très fort.

Ton texte superbement écrit ne manque pas d’humour ni de joie par ailleurs, charmant et attentionné avec un petit ou un grand clin d’œil pour chacune et chacun des amis que tu as rencontrés, et en particulier Noria et sa famille, disponible, généreuse et attentionnée oui ! C’était quand même marrant de te voir de l’autre côté de l’écran, actrice plutôt que commentatrice lors des retrouvailles ! Oui Chantal, j’ai eu beaucoup de plaisir à te lire et te relire. Puisses-tu te retrouver pleinement dans tes voyages à venir, et consolider les liens, en tisser d’autres...

Merci d’avoir partagé avec nous ce voyage « initiatique » plein de sensibilité et d'émotions. Merci pour ta sincérité, ton authenticité, ta confiance et ta pudeur. Je reprends ta citation (qui évoque aussi un commentaire que j’ai fait il y a peu) « L'Emir Abdelkader : l'unité dans des identités multiples ».

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