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Retour dans mes Souvenirs III

de l'Algérie à l'Amérique

Dans mes articles précédents : « Retour dans mes souvenirs I et II » (parus sur le site : « alger-miliana ») j’avais évoqué mon retour en Algérie après une absence de plus d'un demi-siècle.

Fond ecran wallpaper etats unis 4  Un simple appel téléphonique de ma tante, Rolande, vivant aux USA depuis 1946 décidera de la suite que je donnerai à ces deux articles.

Nous sommes en juin 2014, Rolande m'appelle au téléphone comme elle le fait de temps en temps depuis de nombreuses années. Elle a quatre-vingt douze ans. Au fil des années, sa vue a considérablement diminué et sa surdité s'est amplifiée. Ses problèmes de santé se sont aggravés, notamment, depuis le décès de mon oncle en 2008 avec lequel elle a été mariée soixante-cinq ans.

A chaque appel téléphonique, j'avais toujours été habituée à entendre dans le son de sa voix un peu de ce soleil de notre pays : l'Algérie. Pourtant, ce jour-là, je me souviens de sa profonde tristesse lorsqu'elle me dira : « Tu sais, ma chérie, je n'ai plus envie de vivre et j'aimerais tellement te serrer dans mes bras avant de mourir ». Je suis frappée par ses propos mais j'essaie malgré tout de lui répondre d'une manière positive.

Néanmoins, je dois bien l'admettre, je suis bouleversée. C'est au cours de cette même journée que j'irai me renseigner sur les possibilités éventuelles de me rendre aux USA, à Syracuse, dans l’État de New-York. Je déciderai assez rapidement de ma date de départ, à savoir, quelques jours avant Noël.

L'âge et l'état de santé de ma tante ne lui permettant pas de s'occuper de l'aspect logistique de mon séjour, j'entre en contact très rapidement avec l'un de mes cousins, Danny, pour lui faire part de ma décision. Miracle des réseaux sociaux, la réponse de Danny ne se fait pas attendre. Danny et Jean, son épouse, s'occuperont de toutes les questions d'organisation. Danny ne me cache pas qu'il imagine la joie de sa mère lorsqu'elle apprendra cette nouvelle.

Quelques jours plus tard, Rolande reçoit ma lettre lui annonçant mon arrivée avant Noël pour un séjour de trois semaines. Ma missive à peine ouverte, elle m'appelle au téléphone. Sa joie et ses éclats de rire sont tout aussi bouleversants que l'avait été sa tristesse quelques mois auparavant mais pour des raisons différentes. Comme d'habitude, elle mélange le français et l'anglais : « Oh ! My God ! I can't believe it !  (Oh ! Mon dieu, je ne peux pas le croire !). Je vais enfin pouvoir te serrer dans mes bras après 34 ans ! Je suis si heureuse ! I love you so much !».

En effet, notre dernière rencontre remonte à 1980, seul et unique voyage que j'avais fait aux USA pour aller la voir et faire la connaissance de mes trois cousins ainsi que de leurs familles respectives. Un voyage dont mes enfants, adolescents à cette époque-là, se souviennent encore ainsi que des merveilleux souvenirs qui s'y rattachent.

Le compte à rebours va commencer. Pendant ces quelques mois qui nous sépareront de nos retrouvailles, Rolande m'appellera très régulièrement. Le son de sa voix est toujours

joyeux. Elle compte les jours avec impatience. Elle est si heureuse de mon arrivée, qu'à chaque fois, elle termine ses phrases par : « Je n'arrive pas à le croire !  » … répété plusieurs fois, tantôt en français, tantôt en anglais et se montre de plus en plus impatiente !

La veille de mon départ pour les Etats Unis, Rolande m'appelle pour me prévenir qu'il fait très froid à Syracuse et qu'il faut que je me couvre chaudement. Je souris. Je trouve son attention charmante. Rolande a seulement oublié que j'avais soixante-sept ans ! Il est vrai que je n'étais pas encore née lorsque Rolande quitta définitivement l'Algérie. Je naîtrai un an et demi après son départ.

Le 17 décembre 2014, j'arrive à l'aéroport de Syracuse. Danny et Jean sont venus me chercher. Nous nous rendons directement chez eux pour y retrouver ma tante qui nous y attend ainsi que les deux filles de Danny et Jean : Shannon, Danielle et quatre de leurs petits-enfants.

1 rolande 1ere rencontre  Lorsque je pénètre dans la maison, tout le monde m'accueille avec une joie non dissimulée. J'aperçois dans le fond de la salle de séjour Rolande qui, ayant certainement perçu, instinctivement, du bruit et de l'agitation autour d'elle, se doute que je viens de pénétrer dans la maison. Je la vois essayer de se lever de sa chaise avec l'aide de sa canne. Elle cligne des yeux pour tenter de m'apercevoir mais ce n'est que lorsque je suis tout près d'elle qu'elle peut distinguer les traits de mon visage. Son sourire est alors immense. Pourtant, elle ne peut pas parler tant l'émotion la submerge. Elle pose sa tête sur mon épaule et sanglote. Nous resterons ainsi blotties l'une contre l'autre, sans rien dire, pendant quelques instants. Je lui caresse tendrement le visage et les épaules. Bien qu'il y ait quatre petits enfants dans la maison, on ne perçoit aucun bruit excepté les sanglots déchirants de Rolande. Comme je sais qu'elle ne peut pas rester trop longtemps debout, je lui propose de l'aider à s'asseoir. Son émotion m'a gagnée. Jean n'est pas loin de nous. Elle nous tend un mouchoir à chacune sans cacher pour autant sa propre émotion. Petit à petit, le sourire remplacera les larmes sur le visage de Rolande. Je saisis alors cette occasion pour détendre l'atmosphère en faisant diversion. Je m'adresse à Rolande en lui disant que je lui ai apporté une surprise …

 Cette « surprise » est, je le sais, très précieuse pour elle. Je me dirige vers mon sac de voyage et j'en sors une grande enveloppe dans laquelle j'y avais soigneusement rangé quelques photos de la rue de Lyon à Alger, dans le quartier de Belcourt, devenue, après 1962, date de l'indépendance algérienne, rue Mohamed Belouizdad. Je dois avouer que si j'ai pu obtenir ces quelques photos de cette rue si chère à Rolande c'est grâce à la complicité de certains internautes du site «algermiliana » et, en particulier, du « Ziton » qui m’a notamment fait parvenir des photos d'un immeuble situé au 202 bis rue de Lyon dans lequel ma tante avait habité pendant plusieurs années. Compte tenu de la vision très faible de Rolande, j'avais pris le soin d'imprimer ces photos en couleur et dans un grand format.

2 202 bis rue de lyonA la vue de la première photo, Rolande explose de joie. Elle devient prolixe. Enfants et petits-enfants sont autour d'elle. Elle nous raconte avec une verve incroyable - que l'on n'aurait pas pu soupçonner cinq minutes plus tôt - quelques souvenirs de son enfance dans cette rue de Lyon proche du très célèbre « Jardin d'Essai ».

Elle nous montre d'une manière très précise l'une des fenêtres de l'appartement situé au premier étage dans lequel elle avait vécu avec sa maman ainsi que ses frères et sœur. Son papa était décédé alors que Rolande était âgée d'à peine quatre ans. Un décès d'autant plus cruel qu'il fut brutal. Cet événement restera très traumatisant pour la fratrie mais également pour sa maman, ma grand-mère, que je n'ai, hélas, jamais connue.

Cette soirée sera suivie d'autres soirées et de longues journées au cours desquelles Rolande me racontera des moments importants de sa vie : son départ d’Algérie, son arrivée en Amérique, ses grands moments de joie mais aussi ses chagrins. Malgré son grand âge et grâce à son excellente mémoire, je découvre en l'écoutant des pans entiers de ma propre histoire familiale qui m'étaient jusque-là totalement inconnus.

Mais si tout ceci a pu avoir lieu c’est parce qu’il y a eu, au départ, une très belle histoire d'amour entre ma tante et un bel américain qui avait débarqué, plusieurs mois avant leur rencontre, sur les côtes d'Afrique du Nord avec des milliers d'autres dans le but de préparer le débarquement en Normandie (le jour « J », appelé outre-atlantique le « D » Day).

Il s'appelait Alfred Eugene Thornton. Rolande avait vingt ans. Elle rencontre Alfred au cours d'un déjeuner. En effet, la maman de Rolande organisait le dimanche, bénévolement, dans le cadre d'une Association, un déjeuner avec deux ou trois soldats qu'elle invitait chez elle afin de leur apporter un peu de réconfort et de joie en dépit du conflit militaire le plus coûteux en vies humaines de toute l'histoire de l'humanité. Selon ce que me révèle ma tante, sa mère semblait avoir un sens de l'humain, du partage, de la convivialité et de l’hospitalité très développé.

C’est au cours de l’un de ces dimanches qu’Alfred propose à Rolande d'aller se baigner à la plage qui est toute proche. Alfred parle un peu le français. Il est beau et séduisant. Rolande ne résiste pas à cette petite escapade. Ils savent bien nager tous les deux et s'éloignent de plus en plus du rivage. Si loin que lorsqu'ils reviendront, ils seront déstabilisés par un courant marin très puissant. Rolande panique. Alfred s'aperçoit très vite qu'elle est en train de couler. Il la rejoint, la rassure, et par une technique de remorquage qu'il semble bien maîtriser la ramène saine et sauve sur la plage. Alors que j'écris cet article, je revois le visage de Rolande me racontant ce moment capital de sa jeune vie qui décidera de son avenir. Sur son visage, j'ai pu y lire toute l'admiration qu'elle avait pour ce « G.I. » qu'elle venait à peine de rencontrer. C'est pour elle - et lui - un véritable coup de foudre !

Est-ce en raison de l'insouciance de la jeunesse ou encore du besoin de vivre intensément un amour naissant en sachant très bien que les lendemains sont incertains, notamment, en période de guerre mais c'est à la suite de cet événement marquant de leur vie que Rolande et Alfred décideront pratiquement en vingt-quatre heures de se marier !

Lorsque Rolande annonce à sa mère, dès le lendemain, la décision qu'Alfred et elle ont prise en commun, sa maman ne comprend pas cette précipitation. Elle s'étonne et lui répond qu'elle s'opposera à ce mariage. Elle ajoute avec la plus grande fermeté qu'elle n'est pas majeure (à cette époque-là la majorité était à vingt-et-un ans) et qu'elle ne lui donnera pas son accord. Rolande, qui avait déjà un caractère très affirmé répliqua à sa mère : « Si tu ne veux pas me donner ton accord, de toutes façons, je me marierai quand même puisque je serai majeure dans quelques jours et que je n'aurai plus besoin de ton consentement». Il faut avouer que, pour l'époque, le comportement « rebelle » de Rolande était assez peu fréquent. Mais sa mère l'aimait et la sincérité de sa fille lui fera admettre d'une part, que Rolande était très amoureuse, d'autre part, que son opposition n'y changerait rien.

Une cérémonie sera organisée un peu dans la précipitation afin que les jeunes mariés soient unis par les liens du mariage. Deux membres de la famille n'assisteront pas à cette union car ceux-ci n'approuvaient pas le mariage de Rolande avec un « étranger » !! Rolande réalise cependant son vœu le plus cher du moment et c'est pour elle le plus important.

Bien entendu, Alfred et Rolande seront très vite séparés - parfois de très longues semaines - par la vie militaire intense et trépidante d'Alfred. Rolande continuera donc à vivre chez sa maman.

  Le 19 avril 1945, Kathy, premier enfant du couple, naîtra rue de Lyon. Malheureusement, elle décédera d'une méningite cinq mois plus tard, le 19 septembre 1945. Rolande est d'autant plus effondrée par ce décès qu'elle n'a plus de nouvelles d'Alfred depuis plusieurs mois. C'est dans la plus profonde détresse qu'elle enterrera sa fille dans le cimetière d'Alger. L'un de ses frères est près d'elle et la soutient. Il prend également une photo de sa sœur près de la tombe de Kathy afin que Rolande garde cet ultime souvenir.

Alors que ma tante me raconte cet épisode douloureux de sa vie dans son petit appartement de Syracuse, je me rends compte non seulement que son visage est triste 3 rolande devant la tombe de kathymais, en plus, ce jour-là, elle a beaucoup de mal à voir. D'un jour à l'autre, son champ de vision n'est jamais le même. A sa tristesse s'ajoute l'irritation de ne pas pouvoir saisir un objet sans tâtonner. Je la sens tendue. Soudain l'idée me vient de l'interroger sur le lieu précis où Kathy a été enterrée. Quand je lui pose cette question, avant de me répondre, Rolande semble me dire : « A quoi bon ! ». J'insiste un peu en lui précisant que lors d'un prochain voyage à Alger, je pourrais, le cas échéant, me rendre dans ce cimetière pour y déposer quelques fleurs et me recueillir sur la tombe de Kathy. A cet instant, le regard de Rolande est parti très loin … Elle se souvient, à la fin de la guerre d'Algérie (elle se trouvait en Amérique) avoir entendu des informations selon lesquelles des cimetières avaient été profanés après le départ des français. Bien sûr, à cette époque-là, elle avait pensé à Kathy mais n'en avait jamais parlé. C'était trop douloureux. Si je ne peux nier ce que ma tante me dit, je lui réponds néanmoins que cela n'a pas été le cas, systématiquement, de tous les cimetières. Je commence alors à voir poindre dans ses yeux une petite lueur d'espoir. A nouveau, je la vois sourire. Elle me dit que Kathy a été enterrée dans « le grand cimetière d'Alger », qu'il se trouvait rue Michelet et que la tombe de sa fille se trouvait tout en haut de ce cimetière. Puis, elle se souvient de cette photo prise par son frère et me dit avec un enthousiasme que je ne pouvais imaginer : « Vas dans ma chambre et rapporte-moi mes albums de photos ». Nous ouvrons plusieurs albums sans rien trouver. Puis, malgré sa déficience visuelle, Rolande finit par trouver cette photo si précieuse. Elle me la confie en me précisant qu'à l'endroit de la sépulture de sa fille surmontée d'une croix, il y a écrit : « Katherine Lucienne Thornton ». En prenant la photo, je lui promets que je ferai l'impossible pour trouver la tombe de Kathy lors de mon prochain séjour en Algérie.

Mais, revenons au moment où Rolande se trouvait dans le désespoir suite au décès brutal de sa fille et en l'absence de son mari dont elle n'avait plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Je dois préciser en préambule qu'en échangeant avec elle tout au long des trois semaines de mon séjour, j'avais pu constater à quel point elle était une vraie « battante » !

Elle décida donc d'entrer en contact avec la Croix Rouge Internationale afin d'essayer de retrouver son mari. Etait-il mort ? Etait-il vivant ? Elle ne savait rien de lui. Ses espoirs ne seront pas vains puisque trois mois plus tard elle apprendra qu'Alfred est bien vivant mais qu'il est hospitalisé en Angleterre. Il souffre d'une grave blessure à l'abdomen. Lorsque Rolande entre en contact avec lui, en apprenant la nouvelle de la mort de leur petite fille, Alfred veut absolument revenir à Alger pour retrouver son épouse. Mais, bien entendu, Rolande l'en dissuade. Compte tenu de sa blessure, elle ne veut absolument pas qu'il prenne de risque. La guerre ayant pris fin, Alfred conseille à Rolande, comme cela était convenu entre eux, de partir en Amérique chez ses parents, ses frères et sœurs qui l'accueilleront en attendant que lui-même la rejoigne dès qu'il sera en mesure de le faire. Alfred se veut rassurant. Lorsqu'il reviendra à Syracuse, ils pourront enfin réaliser leur rêve et vivre leur amour l'un près de l'autre sans que plus rien, jamais, ne les sépare.

Rolande est folle de joie à l'idée de retrouver son « héros» de mari. Pourtant, elle va devoir quitter Alger, cet immeuble de la rue de Lyon, ce jardin d'Essai dans lequel elle aimait tant se promener et surtout, elle a un peu l'impression d'abandonner sa fille dans ce cimetière puisqu'elle ne sait pas si elle pourra y revenir un jour.

Une fois de plus, la Croix Rouge Internationale jouera un rôle très important dans la vie de Rolande puisque c'est cette association humanitaire qui se chargera non seulement d'organiser son voyage des côtes d'Afrique du Nord à l'Amérique mais également de celui de centaines d'autres femmes tombées amoureuses d'un « G.I. ».

C'est avec une très grande émotion que Rolande quittera l'Algérie et sa famille. Elle partagera ainsi pendant plusieurs jours le quotidien de ces femmes parties, comme elle, rejoindre l'homme de leur vie. Dans un premier temps, elles devront se rendre à Casablanca - au Maroc - dans un camp américain dans lequel elles resteront une huitaine de jours, principalement, pour y être vaccinées avant de se rendre sur le territoire américain.

Puis, le 25 mars 1946, elles quitteront le port de Casablanca pour Brooklyn, l'un des cinq arrondissements de New-York. Cette traversée sera terriblement difficile et éprouvante pour toutes ces jeunes femmes puisqu'une violente tempête sévira pendant plusieurs jours. Elles seront victimes de nausées et de vertiges liés bien entendu au mal de mer mais ces « maux » du corps ne sont-ils pas amplifiés, pour des raisons psychosomatiques, par l'adieu à leur pays, à leur famille et tous leurs souvenirs d'enfance. Pour la plupart d'entre elles, c'est leur premier grand voyage.

Rolande aux USA

Sans titre 40  Après cette longue traversée jusqu'à Brooklyn, Rolande rejoindra Syracuse en train. La  famille d'Alfred l'attend sur le quai. Celle-ci est accueillante et bienveillante mais Rolande se sent perdue. Elle ne connaît pas la langue du pays. Elle songe, le cœur serré, au dernier regard qu'elle avait jeté sur l'immeuble de la rue de Lyon lorsqu'elle avait quitté Alger. Elle n'a cependant pas d'autre choix que d'aller vivre dans sa belle-famille. Elle prend conscience, pour la première fois, qu'en ne parlant pas l'Américain, elle ne pourra jamais être indépendante.

Au bout de quelques jours, elle se confie à une voisine qui l'écoute avec attention. Celle-ci perçoit très vite le désarroi de Rolande. Elle lui propose de l'aider à trouver un emploi qui ne nécessitera pas de savoir parler la langue du pays. C'est ainsi qu'elle commencera à travailler dans une usine où elle apprendra la fabrication des fleurs artificielles. Rolande est tellement heureuse ! Travailler, cela veut dire pour elle indépendance et liberté. En écoutant Rolande me parler avec un tel enthousiasme de son premier emploi, je me dis qu'avec son caractère très affirmé, sa forte personnalité, sa combativité et sa persévérance, elle était vraisemblablement l'une des premières féministes ! Il faut se souvenir que nous sommes en 1946 et que le « Women's Lib » (abréviation de « Women's Liberation Movement » - « Mouvement de libération des femmes ») n'existait pas encore aux Etats-Unis !

Ses revenus étant trop modestes pour envisager de louer un appartement, cette même voisine lui proposera de l'héberger dans un petit logement pour lequel elle n'aura pas à payer de loyer. Rolande accepte avec une joie d'autant plus grande que c'est pour elle totalement inattendu ! Aujourd'hui encore, presque soixante-dix ans après, c'est les yeux humides de larmes qu'elle me parle de cette femme avec une reconnaissance infinie.

Ainsi, petit à petit, Rolande commencera à s'adapter à son pays d'adoption même si Alfred lui manque terriblement ! Cette séparation lui semble parfois si douloureuse. Mais, les mauvais moments de la vie ont ceci de commun avec les bons, c'est qu'ils ne durent pas ! Un jour Alfred annonce à Rolande son retour à Syracuse. Après une si longue séparation qui aura duré un an et demi, la joie des retrouvailles est immense pour l'un comme pour l'autre. Lorsque Rolande évoque le retour d'Alfred, je vois briller dans ses yeux des milliers d'étoiles.

Peu de temps après son retour, Rolande fait part à Alfred de son désir de fonder une famille nombreuse. Elle aime tant les enfants et la douleur de la perte de leur petite fille est toujours présente. Mais si Alfred a également été profondément marqué par le décès de Kathy, il a aussi connu les abominations de la deuxième guerre mondiale et l'idée même de donner naissance à un enfant le perturbe profondément. Lorsque nous sommes touchés par un événement non désiré, voire traumatisant comme cela a été le cas, chacun réagit à sa manière. Pour Alfred, l'angoisse de la mort lui semble trop difficile à surmonter. Mais Rolande saura se montrer patiente et compréhensive. L'amour inconditionnel qu'ils partagent l'un pour l'autre fera le reste ! C'est ainsi que naîtront successivement mes trois cousins : Alfred, Jr - Danny et Jacky.

Si au cours de ces soixante-cinq années de mariage Rolande admet que leur couple a connu les inévitables fluctuations d'une longue vie à deux, l'amour a toujours été présent. Très tôt, elle a compris que savoir écouter l'autre, l'accepter tel qu'il est, était la clé de la réussite et du bonheur. Sa vie durant, Alfred a toujours été son « héros » et bien qu'il ait disparu depuis six longues années, elle pense chaque jour à lui. Elle m'a confié avec tristesse que parfois il lui manque tellement qu'elle aimerait partir le retrouver. Alors que ses yeux se voilent, je prends ses mains entre les miennes dans une sorte de communion. Nous ne nous disons plus rien. Quelquefois, les mots sont superflus pour exprimer de la tendresse ou faire passer un message. Puis, quelques minutes plus tard, nous changeons de sujet. Sa nature résolument positive et combative reprend le dessus. Elle a toujours une anecdote drôle à raconter accompagnée de mimiques dont elle a le secret. Nous éclatons de rire toutes les deux comme cela nous est arrivé si souvent au cours de ces trois semaines.

Je ne terminerai pas ce troisième volet de mes souvenirs sans parler de mes cousins qui m'ont accueillie tous les trois avec autant d'amour et de gentillesse que ma tante.

C'est Danny et son épouse, Jean, qui m'ont hébergée chez eux pendant tout mon séjour. C'est grâce à eux que j'ai pu voir ma tante chaque jour. Rolande possède un joli petit appartement dans une résidence pour personnes âgées mais à une demi-heure environ de voiture de chez Danny et Jean. Tous deux ont dû souvent modifier leur emploi du temps afin de me conduire très régulièrement chez Rolande.

C'est également grâce à Danny, Pasteur à Syracuse, que j'ai pu participer à une journée qu'il consacre chaque année à des personnes de milieux défavorisés afin que leurs enfants puissent recevoir un cadeau le jour de Noël. Sans cette heureuse initiative, l'aide de dizaines de bénévoles ainsi que le soutien inconditionnel et bienveillant de son épouse, Jean, Noël serait un jour comme les autres pour ces enfants de familles très modestes, voire, sans domicile fixe.

Cette journée, appelée outre atlantique : « Christmas Toy Outreach », est merveilleusement organisée par une équipe de bénévoles extrêmement compétente. Au cours de celle-ci, les parents viennent choisir eux-mêmes un cadeau pour leurs enfants comme ils auraient pu le faire, s'ils en avaient eu les moyens, dans n'importe quel magasin de la région. Une fois le cadeau choisi, des bénévoles sont à leur disposition pour réaliser un joli paquet cadeau que l'enfant pourra ouvrir le jour de Noël comme des milliers d'autres enfants. A cette occasion, un repas est également servi aux parents. Les bénévoles se répartissent en fonction des différentes tâches. Personnellement, je participerai à la distribution des gâteaux. Si j'ai pu lire sur le visage de ces mamans et/ou de ces papas la joie de savoir que leurs enfants auront un cadeau à Noël, j'ai pu également échanger avec les bénévoles qui illustrent bien, par un dévouement sans pareil, la joie que nous avons à donner et à recevoir. Je garde un souvenir lumineux de cette très belle journée.

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Danny

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Alfred

Alfred, Jr. et son épouse Donna m'ont accueillie le temps d'un week-end dans leur très jolie maison en pleine nature. Un lieu paradisiaque loin du bruit, loin du stress. Un week-end immensément riche d'échanges et de partage.

Sans titre 52  Quant à Jacky, bien qu'ayant une vie professionnelle intense, il s'arrangera à aménager son emploi du temps de façon à m'accueillir dans sa superbe maison pour un dîner inoubliable. Bien que cela ne soit pas sa profession, Jacky est un merveilleux cuisinier que je pourrais qualifier de cuisinier « français » si je ne craignais pas d'offenser mes amis américains ! Mais je sais qu'ils ont suffisamment le sens de l'humour pour ne pas s'offusquer de ma remarque. Que de fous rires nous avons eus tous ensemble au cours de cette formidable soirée avec ses deux filles Lauren et Tara !

Si j'ai été accueillie royalement chez chacun de mes cousins, leurs épouses et leurs enfants, j'ai également apprécié la sincérité de nos échanges et leur réelle authenticité. J'ai ainsi quitté le sol américain enrichie de tout ce que j'y ai appris, de mes découvertes et de nos différences.

 

 J'ai la plus profonde reconnaissance pour ma tante, Rolande, qui m'a fait partager ses petits et ses grands secrets et, surtout, qui m'a autorisée à publier cet article. Alors que je termine ce manuscrit, je remarque que nous sommes le 27 janvier 2015, date anniversaire de Rolande qui fête aujourd'hui sa 93ème année. Joyeux anniversaire ma très chère tante !

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Commentaires (18)

Chantal

Merci à vous Meskellil, Kéryma et Miliani2Keur pour vos derniers commentaires que j'ai lus avec beaucoup d'attention et d'intérêt.

Meskellil, j'ignore si « la boucle est bouclée » mais ce dont je reste convaincue (la vie me l'a appris !) c'est que si certaines décisions ne peuvent se prendre qu'après mûre réflexion, d'autres, au contraire, doivent se prendre en fonction, principalement, de notre coeur, de notre ressenti et parfois, dans l'urgence. Je prends comme exemple le cas de ma tante. J'ai pris la décision d'aller aux USA en cinq minutes car je ne pouvais supporter l'idée qu'elle disparaisse sans que je n'ai répondu à son « appel de détresse ». Je m'en serais voulu toute ma vie ! Il m'a fallu bien sûr trouver la solution au problème « matériel » car un voyage aux USA … c'est pas donné … mais j'ai fini par trouver la solution ! Concernant des personnes qui nous sont chères, il ne faut pas attendre - lorsque cela est possible bien entendu - qu'elles disparaissent pour faire ce que l'on juge bon de faire.

Kéryma, j'ai effectivement fait part à ma tante des gentils messages qui me sont parvenus à la suite de la parution de l'article et elle en a été vraiment très touchée. Je sais qu'au fond de son coeur elle regrette de n'être jamais retournée à Alger. Mais, j'ai profité de mon séjour de trois semaines pour lui parler de tout ce que j'avais fait « là-bas » au cours de mes deux voyages en 2013 et 2014. Je me rendais bien compte qu'en lui parlant de l'Algérie et de mes amis Algériens, c'était un peu comme si, elle, elle y était allée. C'était un vrai bonheur pour moi de voir sa joie à entendre parler de l'Algérie.

Miliani2Keur, tu m'impressionnes ! Quelle mémoire ! Je vois que tu n'as rien oublié de notre longue discussion au cours du 7ème Festival International de la Bande dessinée à Alger qui nous avait réunis avec Mohamed Azizi, Sadek Brahim Djelloul, Noria, etc. Tout ceci grâce à Benyoucef ! Par ailleurs, j'adore ta manière de parler de ma profession de SomatoThéraTruc ! hihihihihi ! Personne ne le fait aussi bien que toi ! Plus sérieusement, je partage totalement ton avis concernant la « seule terre qui pulvérise les frontières ... » ! Tu le dis très bien. En ce qui concerne un lifting « Miliani2Keurisé » de mon récit, je n'ai aucune inquiétude ! Tu va me faire hurler de rire !

Bonne soirée à tous.

Miliani2Keur
  • 2. Miliani2Keur | 15/02/2015

Chantal

je n'ai pas encore entamé la lecture de cette derniére livraison; les photos m'ont hapé et ton sourire scotché ravageur tout comme la premiére fois ou tu nous parlais de ton éxpérience de vie profesionelle, de l'adversité que tu a affronté de tes contacs infinis pour trouver preneur a ton expérience naissante de théraphie et les nouvelles conditions plus modestes de vie qui se sont offertes a toi, ton sourire je disais; une telle invite a l'étre fonciérement positif en chacun de nous en chaque humain nous enléve toute excuse d'abandon, de retraite, de morosité, de plaisir morbide et de féneantise ...

dés le premier article; un mot m'a marqué : qu'elle te dise 'je n'ai plus envie de vivre...' un des ressacs qui traverse parfois la téte de chacun de nous en ces temps vértigineux et absurdes

j'ai lu dés le début ton recit de retrouvaille avec la tante et tu nous partage une dimension de la lutte humain dans cette terre de la compétitivité a l'état primaire et sauvage, dans ces offrandes, comme dans ces cauchemards ... tu nous expliquera un jour par la langue de tata (je peux!!!) Rolande, les secrets de Remorquage des GI's ...
et le petit rôle trés humble de notre terre: l'Algérie; dans cette Histoire d'un point de vue exclusivement humain, pour se poser une vraie et sérieuse question: la Seule terre est celle des relations, des liens, fragiles, celle en friche qui pulvérise les frontiéres; la concrête, la physique est juste son terreau! ceci relativise tellement nos histoires et nous offre une énergie et une "Patrie" qui nous requinque, nous charge!

j'ai vu il y'a quelque semaines un document bouleversant sur une petite ville américaine: Bradock, en "faillite" financiére, abandonnée par le libéralisme, avec un fantôme d'état, ses "survivants" essayaient de reconstruire un embryon de sociéte et redécouvraient l'enfance de la vie en sociéte et des relations, film tellement prophétique, et ton récit est de cet ordre..

beaucoup d'Algermilianautes ont déja dis plus simplement et bien mieux tout cela Chantal ...
Et puis donc voila je constate que tu continue ton oeuvre de SomatoThéraTruc... a l'oeuil; pour notre plus grand bienfait!!

Toute Emotion a part! Ne pense pas étre à l'abris d'un lifting 'Miliani2Keurisé' en régle de ton récit Amérloque...

merci Chantal

kéryma
  • 3. kéryma | 15/02/2015

Ma très chère Chantal,

Merci de nous avoir fait partager ton voyage aux Etats-Unis, plus précisément à New york en plus tu nous as fait part de tout sans rien omettre! Joies et peines! Je suis profondément touchée par la personnalité de ta tante Rolande, elle est née la même année que ma mama d'amour (août), Meskellil l'appelle tante Rolande ce qui rappelle notre bonne culture où les hommes sont des oncles et les femmes des tantes, et ça tu le sais Chantal, alors elle est notre tante à nous aussi désormais, et si tu lui parles au téléphone ou sur skype dis-lui que nous sommes très nombreux nous ses nièces et neveux!
Tu finis ta superbe histoire vécue par l'anniversaire de Rolande, quelle belle fin en une naissance (je me comprends)

"C'est vrai que Noria on peut te confier un article, un poème... une histoire avec une grande confiance qu'au bout, nous attend une très belle illustration: images et ou
photos!"

Boussa pour toi Chantal et encore bravo!

Kéryma,

Meskellil
  • 4. Meskellil | 14/02/2015

Joyeux anniversaire et longue vie à tante Rolande qui a illuminé ce récit par sa joie de vivre! Chantal, j'ai beaucoup aimé l'aventure qui t'a menée de l'Algérie aux States. Tu penses que la boucle est bouclée ou nous réserves-tu encore d'autres aventures et découvertes?

Ta famille américaine est très sympathique, et j'aime cette chaleur, cette simplicité qu'elle dégage. D'ailleurs, je vais "piquer dans ton texte les passages qui résument tout pour moi, et qui me fait encore et toujours dire que l'aventure humaine où qu'elle soit est la plus enrichissante et la plus passionnante: "j'ai pu également échanger avec les bénévoles qui illustrent bien, par un dévouement sans pareil, la joie que nous avons à donner et à recevoir. Je garde un souvenir lumineux de cette très belle journée"; " j'ai également apprécié la sincérité de nos échanges et leur réelle authenticité. J'ai ainsi quitté le sol américain enrichie de tout ce que j'y ai appris, de mes découvertes et de nos différences".

Merci beaucoup Chantal, merci Tante Rolande, merci à toute la famille pour ces moments si chaleureux, si joyeux, si précieux!

Chantal

Merci à toi gentille Noria pour avoir pris le temps de mettre en page mon article et pour l'avoir illustré de toutes ces photos. Toute la famille Thornton t'est reconnaissante de m'avoir aidée « techniquement » pour la parution de cet article. Mes cousins et ma tante sont très fiers de paraître sur ton site. Concernant ma tante, elle n'en est toujours pas « revenue » d'avoir maintenant ces photos de la rue de Lyon ! Un petit coucou au passage et un grand merci au « Ziton » qui aura permis à ma tante Rolande une si grande joie au soir de sa vie.

kéryma
  • 6. kéryma | 09/02/2015

Ma Chantal!

Quelle belle histoire d'amour, une très belle histoire tout court, et puis perdre un enfant l'enterrer, partir et ne plus revenir pour se recueillir sur son petit berceau en terre, ta tante est très courageuse et résignée.

Boussa de ton amie Kéryma,

Meskellil
  • 7. Meskellil | 06/02/2015

Bonjour Chantal,

Si je devais retenir une seule et unique chose de cet épisode, ce serait la beauté de cette étreinte entre Tante Rolande (ça y est , je l'ai adoptée tante Rolande!) et toi. Des gestes enrobés d'une infinie tendresse, d'un profond amour. La rencontre simple, spontanée, sincère, authentique entre deux êtres que tout a séparé, mais qui ont continué à s'aimer par delà tout et en dépit de tout. De fait, les murs et prisons érigés par l'homme n'auront jamais raison de l'Amour, de la Liberté.

kéryma
  • 8. kéryma | 05/02/2015

Bonsoir ma très chère Chantal,

Ce qui me bouleverse c'est que tu as fait des pieds et des mains pour aller voir cette dame si importante dans ta vie! Rien ne t'a retenue en somme. Bravo! Tu es une "Femme et un demi" comme on dit chez nous "M'ra ou nouss", bon en arabe cela le fait mieux mais la symbolique y est. You must be proud of yourself sweetheart, who knows? Maybe you'll see your dearest aunt once again
So here's a big boussa and a warm hug!
Kéryma

LIBERTE
  • 9. LIBERTE | 05/02/2015

Bonsoir CHANTAL,
Cette photo reflète beaucoup d'émotion, surtout en voyant ROLANDE cette G M blottie dans tes bras après une si longue absence et un périple d'une traversée de l'atlantique pour retrouver enfin ta famille..Quelle passionnante histoire !!
Je te souhaite de passer d'agréables moments avec Ces retrouvailles ...
QUE LA JOIE DEMEURE ......

aziz
  • 10. aziz | 05/02/2015

Non l'ami Ferhaoui, l' Amérque du Nord depuis l'invasion des blancs européens n'est pas un pays riche en histoire, environs 200 ans ou même moins. Par contre c'est un pays neuf, dont le peuple et les gens sont remarquables (je ne parle bein sure pas des politiciens) avec un esprit entrepreneur et pragmatique, des initiatives remarquables et une ingeniosité sans borne, toujours à la recherche du progés, du bien être et bien sure des récompenses matérielles. Un pays ou la loi est véritablement au dessus de tout le monde, même leur président, sans distinction de race, de religion ou de culture. Un pays que j'ai beaucoup aimé et connu pour y avoir passé 11 années, travaillé et ou mes enfants sont nés.

Chantal

Bonsoir à tous,

Merci pour vos si gentils commentaires, émouvants, tendres, drôles et qui me vont droit au coeur.

A propos … GM … maintenant que mon manuscrit a été envoyé au site, il ne m'appartient plus. Il appartient à Noria ! lol !

De toi à moi, GM, heureusement que Noria est là car si elle ne s'occupait pas de la publication de mon séjour chez les indiens (hihihihi !) les habitués du site ne seraient pas près de lire mon article ! Il faut être honnête, GM, tout comme toi, je suis une « grand-mère » et pas très au fait des nouvelles technologies ! Alors, mille mercis à Noria !

En tout cas, ton petit-fils, tu sais … celui qui s'appelle « Mohamed », c'est un sacré garnement ! Il a une imagination débordante !

ferhaoui
  • 12. ferhaoui | 04/02/2015

bonjour tout le monde. bonjour chantal, plus que un récit...tout est dit!! un pays incroyable et unique en son genre. riche en histoire et symbole je vous le dis pour faire un grand pays,il faut que le destin le mette entre les mains d'un grand homme m. washington., ( malgré cela et l'insistance générale,il refuse de rempiler pour un troisieme mandat!............. merci l'ami ferhaoui ,oran

Mohamed
  • 13. Mohamed | 04/02/2015

Je me tenais tout coi devant la porte les larmes aux yeux ,voyant GM son bâton de pelerin à la main partir. Je la regardais s’éloigner au loin et chaque pas qu’elle faisait elle se retournait et me criait : » Garde bien la maison jusqu’à mon retour cette fois on sera riche ,bien riche «
Elle a entendu dire que Chantal l’aventurière du coin 22 à fait a ecrit des milliers de page sur sa dernière aventure dans un pays autrefois sauvage et que sa tante partie toute petite a fait sa conquête. La 1 er page a été publiée et elle a déjà fait sensation . Elle fait la « UNE » que tout le monde en veut connaitre la suite de l’histoire. Pour ça ,GM a décidé d’acheter le tout et que tous les droits de vente lui reviennent. Elle compte revenir le plus tôt possible faire fortune .Pauvre GM si elle savait qu’on a tout vendu à Alger Miliana elle m’aurait demandée pourquoi j’ai pleuré devant elle pour la 1er fois en la voyant partir.

benyoucef
  • 14. benyoucef | 04/02/2015

Bonjour Chantal.
Quel plaisir de te lire quand tu nous relates les étapes d'un long voyage.Nous allons te suivre pas à pas tout au long de ce merveilleux voyage au pays de l'oncle Sam,pour découvrir grace à ta plume talentueuse la beauté des paysages de ce pays lointain et la haute technologie de cette puissance planetaire.
Grace à l'aimable invitation de tante Rolande,on va pouvoir s'accrocher à tes valises pour nous faire cette visite guidée.
Bien amicalement

fazin
  • 15. fazin | 04/02/2015

Bonjour Chantal ,
comme à ton accoutumée ,tu as ce don de captiver tes lecteurs et lectrices par ton récit débordant de sentiments sincères , récit plein de chaleur humaine dans lequel nous nous trouvons impliquées ,et que tu distilles d'une manière sublime ,c'est tout comme on sirote un verre de thé à la mente !!! ( j'en raffole entre nous !!) . A quand la suite ?Tu as attisé notre impatience et c'est dur d'attendre . Bonne journée à tous et à toutes

Nadjiba
  • 16. Nadjiba | 03/02/2015

Une grande émotion me gagnait au fur et à mesure que j'avançais dans ton récit, chère Chantal !!
Cela est du à la magie des mots que tu as employés pour décrire avec une grande simplicité et une grande sincérité les préparatifs de ton voyage et tes relations si affectives avec ta tante chérie .
Les manifestations de "sa" joie, c'est comme si je les entendais directement d'elle, et son bonheur se dégageait, presque, de l'écran !!
Chère Chantal merci pour cet avant-goût. Ta rencontre avec tes proches s'annonce pleine de gaieté, je suis si contente pour toi .
J'attends la suite !! et

Bonne soirée .

Meskellil
  • 17. Meskellil | 03/02/2015

Hi Chantal!

Goodness me Chantal ! Unbelievable ! De véritables poupées russes ! De rebondissements en rebondissements ! Un vrai feuilleton ! Tintin euh… Chantal en Amérique ! Jamais tu n’aurais cru, je suis sûre (enfin je crois), que tu allais découvrir un accès direct de l’Algérie à l’Amérique ? Il peut aller se coucher Christophe Colomb, ou même celui qui a découvert l’Amérique avant lui et dont j’oublie le nom ! Et tu prends toooout ton temps avant de nous plonger au cœur de cette nouvelle aventure, l’art du suspens Chantal ! Du goutte à goutte !

Sympathique tante Rolande pleine de vie, de joie et de tendre attention ! Une autre aventure que tu vas sûrement nous raconter, en tout cas j'espère ! Ne nous tiens pas trop en haleine, parce qu’au train où vont les choses, il ne m’étonnerait pas du tout que tu te retrouves au Tibet, ou au Congo, va savoir !!

Thanks Chantal, big hugs!

Looking forward….

Je profite de ce commentaire (sorry Chantal) pour saluer LIBERTE à l’étage en-dessous !

LIBERTE
  • 18. LIBERTE | 03/02/2015

Bonsoir Chantal,
Je souscris pleinement à ta démarche car notre responsabilité première c'est nos Parents surtout quand ils sont impotents et quand on apprend qu'ils sont gravement malades. Tu ne peux pas imaginer quel BIEN fait-on à nos Parents en leur rendant visite ?
Même le SKYPE qui me permet de voir de temps à autre ,ma tante âgée à BLIDA en ALGÉRIE cela ne remplacera jamais le sentiment d’être ensemble avec elle......
Surtout ne pas oublier de lui ramener un cadeau, je veux dire une bague en or, des fleurs ou un souvenir précieux et lointain qui lui rappellera sa jeunesse d'autrefois....
Bonne chance Chantal

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