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Mon retour en 2004

Mon retour

 Il ne s'est pas fait facilement mais lentement. Le projet a muri durant 2 ans... c'est aussi grâce à Internet que j'ai beaucoup avancé. D'abord j'ai fait la connaissance d'une personne - qui est devenue une amie - Algérienne, habitant Paris par le biais d'une demande que j'avais passée sur un site ; étant passionné par les chemins de fer - je le suis toujours - je demandais des photos des transports de la ville d'Alger et en particulier d'une ligne bien précise, la ligne 7, place du gouvernement-Ben-Aknoun. Cette demande a été vue et de là est partie une relation qui s'est consolidée avec le temps. Cette personne m'a rapporté des photos de la tombe de mes grands parents maternels qui reposent dans le cimetière chrétien d'El Biar. Ce cimetière n'a pas vandalisé, simplement l'usure des années a fait son œuvre. Pour la deuxième rencontre ce fut aussi internet. En parcourant le même site je suis tombé sur l'offre d'une personne pouvant faire les photos que l'on souhaitait sur Alger. Surtout il travaillait, à l'époque, à quelques 100 m du lycée de Ben-Aknoun... Ces deux personnes m'ont aidé dans ma préparation psychologique. Une troisième personne m'a aussi beaucoup aidé, mon épouse qui n'est pas native d'Alger et qui ne connaissait pas du tout l'Algérie. Il faut dire que pour beaucoup d'entre nous l'Algérie c'était "y penser, toujours n'en parler, jamais". Petit à petit je me suis dit "pourquoi ne pas aller voir sur place et refaire un retour sur images". Une idée m'est venue, refaire les mêmes photos de moi aux mêmes endroits... Nous en avons fait quelques une, il m'en reste encore à faire... Je me suis mis à lire la presse algérienne, sur internet - je continue d'ailleurs - la presse de langue française car je regrette de ne pas avoir appris l'arabe mais ce n'était pas une obligation alors. L'arabe était considéré comme une langue vivante étrangère au même titre que l'anglais ou l'allemand. C'était ainsi. J'ai consulté tout ce que j'ai pu trouver sur l'Algérie d'aujourd'hui... A vrai dire, depuis toujours j'ai gardé un œil sur ce pays.

Une fois la décision prise nous nous sommes organisés pour trouver un hôtel, une compagnie aérienne, un moyen de se déplacer dans Alger. Puis nous sommes allés chercher nos visas (à Metz) délivrés sans problème. Dans l'autre sens c'est plus compliqué comme vous le savez. Je précise que je ne voulais pas d'un voyage en groupe mais quelque chose de personnel. Ce n'est pas une critique à l'égard des personnes qui reviennent en groupes - chacun vit ses souvenirs à sa façon.

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Arrivé dans Alger le 17 Septembre 2004, le port, depuis l'avion, nous arrivons de Paris.

Vendredi 17 Septembre

 Vers 17.00 (heure locale), je posais, de nouveau, le pied sur le sol algérien, 38 ans, 2 mois et 17 jours après avoir quitté ce pays...J'arrivais de Paris avec mon épouse... qui ne connaissait pas du tout le pays... un voyage découverte pour elle.

 Décollage de Paris-Orly, mesures de sécurité renforcées. Arrivée sur ALGER en survolant la ville, le port (voir la photo), roulement sur le tarmac et première surprise, une fois l'avion arrêté il fut entouré par des policiers en armes tournant le dos à l'appareil. Surprenant sur le moment. Premier contact l aeroport d alger 2Nous descendons par la passerelle avancée contre l'avion - je parle de l'ancien aéroport - Contrôle police très rapide ; le policier examinant mon passeport me dit alors avec un sourire "Bienvenue en Algérie" (sur mon passeport, il est écrit "né à ALGER (DZA). Et nous sortons de l'aéroport à la rencontre de la personne qui vient nous chercher, nous faisons sa connaissance en vrai (nous avions des photos) et il me dit "Bienvenue chez vous", à ce moment précis j'ai eu un petit pincement au cœur et j'ai pensé à mes parents, que diraient-ils, s'ils étaient encore de ce monde ? La réponse je ne l'aurai jamais.

Et nous partons vers ALGER. La circulation est facile, nous sommes un Vendredi...

Wxc 2  Avant de nous conduire à notre hôtel notre ami nous fait faire un tour de ville ;(voir la photo),puis la Grande Poste, l'avenue Pasteur, le tunnel des facultés, le bd Mohamed V, le bd Bougara, arrivée à El Biar, puis Chateauneuf et Ben-Aknoun le quartier où j'ai habité de 1948 à 1962 puis retour sur Alger jusqu'à l'hôtel Safir. Nous avons demandé et obtenu une chambre donnant sur le port et la gare centrale.

J'entre pour la première fois dans cet hôtel... Émotion, pas vraiment j'ai l'impression d'avoir quitté cette ville... hier... Notre premier acte en entrant dans notre chambre "ouvrir le robinet... oui, il ya de l'eau". A dire vrai nous n'en manquerons qu'une fois et pour très peu de temps. On connaissait ce problème. Après le repas pris à l'hôtel nous sommes sortis faire une petite promenade sur le boulevard face à la mer, le spectacle est toujours beau. Beaucoup de souvenirs reviennent d'un coup.

Demain samedi 18 septembre 2004, la ville nous attend... RDV avec notre ami pour aller au cimetière chrétien d'El Biar sur la tombe de mes grands parents maternels.

Front de mer 4eab91 Alger, le 18 Septembre
 
 Réveil, les annonces de départ des trains en gare centrale d'Alger, activité intense sur le secteur du port si l'on en juge par le nombre de bateaux en rade.

Un constat, les journaux de langue Française publie le programme de TF1, F2, F3, M6. Nous pensions n'avoir qu'une chaîne, "l'Unique". Nous avons Rdv avec notre ami qui va nous conduire à El Biar. Mais avant une démarche importante s'impose, convertir des €uros en Dinars dans un certain quartier, pas loin du théâtre national. Je ne m'étendrai pas sur la l'opération...

Cette fois nous nous dirigeons vers El Biar via les Tournants Rovigo, le bd de la Victoire, la prison Barberousse (j'utilise les noms anciens), les portes de la Casbah où l'on voit encore les fixations de la ligne électrique des trolleybus des lignes 5, 6 et 7 respectivement pour Chateauneuf, Bouzaréah et BEN-AKNOUN mon quartier. Nous continuons par le quartier de la Scala, la Villa des Oliviers. Arrivés à El Biar nous allons directement au cimetière chrétien... Mes grands parents maternels reposent là pour l'éternité. Le cimetière est en dans un état correct - le temps a fait son œuvre, certaines sépultures étant très abimées. Là, devant leur tombe, je les revois l'un et l'autre au lycée. un moment d'émotion intense. J'ai pensé à ma mère, elle qui n'a jamais revu la sépulture de ses parents. Un accueil très chaleureux du gardien, j'ai écrit un mot sur son cahier. Dans ce cimetière repose Jacques Chevallier, l'ancien maire libéral d'Alger resté en Algérie après l'indépendance.

Getattachment 7b396d 3Nous partons maintenant vers le lycée de Ben-Aknoun (aujourd'hui El Mokrani 1). Je retrouve pratiquement l'endroit tel que je l'ai connu. Nous allons voir une personne qui m'a connu enfant et adolescent et qui plus est habite le logement que nous avons occupé jusqu'en 1962 - Ensuite je suis allé habiter à Alger-Centre, de 1962 à 1965. Ce monsieur a succédé à mon père en tant que chef du personnel d'entretien, il me connaît bien. Il n'est pas chez lui, nous reviendrons. Nous faisons une petite visite du côté de l'entrée principale. dans le hall, une plaque attire mes yeux, tout en haut il y a un nom que je connais, celui d'un agent du lycée monté au maquis, retour sur images, sur la guerre. Notre génération ne peut l'oublier, je pense qu'il en est de même en Algérie.

L'après-midi nous faisons notre première promenade à pied dans Alger. Depuis l'hôtel Safir (ex Aletti) nous remontons vers la Grande Poste pour acheter des timbres poste. Dans les rues nous sommes remarqués car on ne voit pas d'européens (cantonnés à l'Aurassi ou au Saint Georges), on nous souhaite la bienvenue, on nous demande si c'est la première fois que nous venons en Algérie. A cette question je réponds, invariablement, "pour mon épouse, c'est la première fois, moi, je reviens", les gens comprennent très vite et la discussion, toujours très amicale, commence...

Depuis l'hôtel Safir nous accédons par des escaliers à l'ancienne rue de Tanger, nous allons faire de menus achats dans une épicerie située dans cette rue. La première fois le patron a été surpris de nous voir... Nous prenons souvent nos repas à l'hôtel mais c'est très impersonnel, ce n'est pas ce que nous recherchons. Nous voulons avoir des contacts avec les Algériens d'en bas nous les Français d'en bas (Cette formule "La France d'en bas" a été inventée par un ancien premier ministre sous Jacques Chirac). N'oublions jamais d'où nous venons.

Demain (dimanche 19/09/2004) sera un autre jour dans une famille algérienne, d'après l'indépendance.

Dimanche  19 Septembre

2 972053  Nous faisons connaissance de la famille, de l'épouse et des 3 enfants de notre ami venu nous chercher à l'aéroport, famille qui habite dans la grande banlieue d'Alger (banlieue qui fut très chaude durant les "années de plomb"). Nous avons préparé un petit cadeau pour chacun des membres de cette famille que nous avons connue grâce à Internet. Le Web a du bon. Autant l'accueil des gens est très cordial et d'une extrême gentillesse autant l'environnement extérieur est très décevant, exemple, la rue où habitent nos hôtes n'est pas goudronnée, poussière en été et boue en hiver... et les trop fameux sacs plastiques noirs répandus un peu partout... L'accueil est franc et chaleureux on ne pratique pas la langue de bois chez les B... Les enfants sont très bien élevés et très curieux de tout. L'Algérie de demain... Au menu un repas typiquement algérien, chorba, poulet grillé, Kesra le tout arrosé de Sélecto. Nous avons longuement parlé de tout y compris de la religion mais vous me permettrez de conserver cette partie dans le domaine privé. Rencontre avec un autre membre de la famille et d'un voisin. Le soir nous sommes rentrés à l'hôtel via El Harrach, l'odeur je connaissais avant... J'ai acheté ALGER RÉPUBLICAIN (qui je crois, essayait, à l'époque de reparaître, titre 10 DA plus élevé que les autre quotidiens comme EL WATAN. Pour la petite histoire je continue de lire ce titre ou le Soir d'Algérie, ou Liberté Algérie (j'apprécie les dessins de DILEM), ou le Quotidien d'Oran... sur internet. Personne ne me parle de la guerre d'Algérie (1954_1962), je m'attendais à des questions, des reproches, etc... mais rien. J'ai certainement rencontré des gens ayant eu à souffrir de cette période. Par contre j'ai appris beaucoup sur la période des années 1990.

Les jours passent très vite, trop vite pour nous. Mon épouse découvre ce que je redécouvre.

Demain sera un autre jour car je vais rencontrer un vieux Monsieur qui m'a connu enfant et adolescent au Lycée de Ben Aknoun.

L'hôtel Es-Safir

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1 96b36a 4 

Lundi  20 Septembre

932504024 small 1  Aujourd'hui (20 septembre2004), est un autre jour, un jour important pour moi. Je vais rencontrer un vieux Monsieur de 84 ans qui me connaît depuis mon enfance passée au lycée de Ben-Aknoun (El Mokrani I aujourd'hui). Il a succédé à mon père en 1962 et habite toujours dans l'appartement qui était le nôtre. Dans cet appartement, vraiment pas luxueux, j'ai habité de 1948 à 1962. 42 ans après j'y suis de nouveau. Rien n'ayant changé ou si peu que j'ai l'impression de l'avoir quitté hier... je retrouve le carrelage de la salle de séjour, la cheminée que je n'ai jamais vu fonctionner, la porte d'entrée. Mon épouse me prend en photo devant cette porte, je la mettrai en parallèle avec celle prise lorsque j'étais enfant au même endroit. Ce vieux Monsieur n'a rien perdu de sa mémoire et tout l'après-midi nous avons refait l'histoire du temps passé. Beaucoup de souvenirs reviennent, beaucoup de souvenirs oubliés. De l'émotion aussi. Avec lui j'ai parlé de la guerre que nous avons vécue l'un et l'autre. Il m'a parlé de mon père. M'a fait des confidences sur notre famille, confidences qui m'ont été droit au cœur (Vous me permettrez de les garder pour moi). Mon épouse a filmé une bonne partie de notre rencontre. Un moment très important car j'ai appris son décès l'année suivante... Paix à son âme. Il a eu la délicatesse de me laisser seul en ce lieu chargé de souvenirs, heureux et malheureux. Croyez-moi vous revivez toute votre histoire personnelle. J'ai revu ma chambre, celle de mes parents, la cuisine etc... vous revoyez la position exacte des meubles, de tout ce qui fait une vie. L'extérieur a changé , les classes en préfabriqué ont disparu ainsi que l'orangeraie avec sa noria pour arroser le pied des arbres. Nous passerons avec lui une autre soirée chez un de ses enfants à El Biar. J'ai fait beaucoup de photos de cet endroit où j'ai passé toute mon enfance. Le soir retour à l'hôtel SAFIR, bien situé face à la mer. Dommage que la carte ne comportait pratiquement pas de plats algériens et que le thé servi était confectionné à partir de sachets de thé Lipton. Nous avons cependant trouvé un petit établissement, pas loin de l'hôtel de la wilaya, où l'on servait du "vrai thé". Demain nous irons à EL Biar pour redécouvrir... vous le saurez la prochaine fois.

Mardi  21 Septembre

El biar 3  Il fait frais ce matin, il y a une brise légère... Nous sommes allés jusqu'à la Grande Poste pour acheter des timbres poste. Retour à l'Hôtel par la rue Ben M'Hidi, arrêt place Émir Abdelkader à la librairie du Tiers Monde.Notre Hôte nous conduit à l'école située place Kennedy à El Biar : c'est l'école maternelle que j'ai fréquentée, ma première école. Le décor intérieur a peu changé. Dire que j'étais là il y a un certain nombre d'années comme élève... Croyez-moi vous revoyez défiler dans votre tête les bons et les mauvais souvenirs. La Directrice m'accueille très chaleureusement et me propose d'assister à un cours en langue française. Compte tenu du peu de temps que nous avons et de la circulation difficile (vous savez ce que je veux dire) je prends congé de cette dame à regret. Mon épouse doit assister, avec l'épouse de notre hôte, à une fête réservée aux femmes dans le secteur du Gué de Constantine...Pendant ce temps je passe l'après-midi, à Ben-Aknoun, avec mon hôte, à son bureau ce qui me permet de rencontrer d'autres personnes du monde du travail et, cerise sur le gâteau, une personne ayant connu mon père. Et ça je ne m'y attendais pas du tout. Nous repartons chercher les épouses... Discussions avec des habitants du quartier pas étonnés du tout de nous voir là. On nous demande si c'est la première fois que nous venons en Algérie, chaque fois je réponds, pour mon épouse oui, pour moi non... et tout le monde comprend "je reviens"... On nous remercie de notre venue, on nous souhaite la bienvenue. Je n'imaginais pas un tel accueil, peut-être avais-je encore en mémoire la vision des années de guerre. On ne peut rayer d'un trait le passé mais il faut regarder l'avenir. On peut faire avec l'Algérie ce que nous avons réussi à faire avec l'Allemagne, la paix des esprits tout simplement. Je crois qu'à notre niveau - les gens de la base - la paix on l'a faite, pour les politiques c'est autre chose. Le retour sur Alger Centre fut très facile, la circulation était très faible, ça change de la journée. Un souvenir de circulation difficile le carrefour Tafourah. Ce doit être la même chose en 2009. Demain sera une journée plus calme. Nous irons à Notre Dame d'Afrique et ailleurs.

Commentaires (20)

Chantal
  • 1. Chantal | 09/09/2013

Bonjour Yves,

Je viens de découvrir avec bonheur votre récit à propos de votre retour en Algérie avec votre épouse en 2004. Ce texte est probablement sur le site depuis bien longtemps mais je ne l’avais encore jamais lu.

Ce qui me frappe, ce sont vos remarques à propos des émotions éprouvées à l’occasion non seulement de votre retour en Algérie mais également au temps nécessaire qu’il vous a fallu pour « mûrir » et préparer ce retour. Vous parlez également de personnes ayant connu votre père … D’une certaine manière je me « retrouve » un peu dans certains passages de votre récit lorsque j’ai moi-même retrouvé ma terre natale le 1er mai 2013 après cinquante et un an d’absence.

En vous lisant je peux ressentir votre attachement à l’Algérie.

Tout comme moi, je m’aperçois que vous êtes revenu enchanté de votre séjour.

Je suis ravie d’avoir pu lire votre témoignage mettant en valeur l’Algérie et les Algériens. Je souhaiterais vivement que d’autres français témoignent des qualités d’accueil, de sincérité et de fidélité de ce peuple algérien pour lequel, pour bien des raisons, j’ai la plus grande admiration.

sabine
  • 2. sabine | 09/09/2013

j'ai beaucoup aimé votre récit. merci pour ce partage.

Sabine.

seg
  • 3. seg | 20/07/2012

bonjour,
je ne savais pas qu'il y'avait une status en face de la grande poste ( sur la 2 ème photo ci dessus). qu'est elle devenue?
à bientôt.

Khalfi
  • 4. Khalfi | 20/07/2012

La statue, qui était en face de la grande poste représente Jeanne d'Arc, brûlée vive à Orléans. La légende dit qu'au sein des cendres son coeur battait d'amour pour son roi. A présent son souvenir n'est commémoré que par Lepen, le père de Marina. La suite se devine.
Comme la statue d'Affre, les cloches et tout ce qui est bronze, elle a traversé la mer.

docpsy
  • 5. docpsy | 20/07/2012

Bonsoir M. Cointe

Je lisais machinalement votre participation puis, je suis tombé sur le mot "El-Biar" que j'ai dépassé sans y attacher de l'importance , au début. J'y suis revenu jusqu'au début pour voir si je n'ai rien raté.Je me rends compte que vous avez fréquenté la même maternelle que la plupart des gens de ma famille. Je suis à peu près le seul qui n'y a pas été dans sa petite enfance.

Yves COINTE
  • 6. Yves COINTE | 05/04/2011

Toufik, bonsoir,
merci pour votre message, je pense, comme je l'ai écrit dans mon texte, que la paix nous l'avons faite à notre niveau. Vous êtes fils de moudjahid, ce n'est un problème pour moi. Bien au contraire vous allez m'apprendre bien des choses sur votre père, son parcours, son combat, etc. Est-il toujours de ce monde ? Je vous raconterai mon parcours. Je suis venu en 2004 puis en 2009 avec mon épouse - elle n'est pas en Algérie - probablement en 2011. Ecrivez moi en message privé. Donnez-moi également votre mail.A bientôt de vous lire.
Bien à vous.
Y.C

Toufik

Monsieur COINTE Yves bonjour
Je viens de lire votre récit avec une très grande attention car on a tous quelque part une certaine nostalgie en nous, moi je suis né en 1955 à Miliana et j'ai vécu après l'indépendance à Alger, j'ai même eu mon bac au lycée de Ben-Aknoun (El-Mokrani actuellement), j'ai l'impression que votre retour au bled a été très fructueux et j'en suis ravi pour vous, sachez que si vous y revenez encore vous aurez un autre ami en plus, bien que je suis fils d'un moudjahid algérien et que j'aime beaucoup mon pays mais sachez aussi que je réprime la rancune qui existe entre les politiciens des deux pays, une rancune qui n'a pas lieu d'exister actuellement. Entretemps si vous voudriez des renseignements complémentaires (photos ou autres même en dehors d'Alger)avant de revenir inchallah n'hésitez surtout pas. Toutes mes amitiés.
Un Algérien d'en bas.

docpsy
  • 8. docpsy | 18/12/2010

Bonjour M. Cointe

Je lisais machinalement votre participation puis, je suis tombé sur le mot "El-Biar" que j'ai dépassé sans y attacher de l'importance , au début. J'y suis revenu jusqu'au début pour voir si je n'ai rien raté.Je me rends compte que vous avez fréquenté la même maternelle que la plupart des gens de ma famille. Je suis à peu près le seul qui n'y a pas été dans sa petite enfance.

Yves COINTE
  • 9. Yves COINTE | 18/12/2010

Nous sommes restés sur ALGER mais avec un tour en Kabylie par - Thénia - Tizi-Ouzou - Larbaa Naït Irathen - Taourit Amokrane - Boghni - Draa El Mizan - Aomar - Lakhdaria - Alger. La prochaine fois, on avisera... à l'algérienne.
Notre problème sera celui des déplacements. Nous sommes accueillis dans une famille algérienne. C'est tout une histoire... merci à Internet.
Y.C

Yves COINTE
  • 10. Yves COINTE | 18/12/2010

Bonjour,
Il aurait fallu écrire "nos hôtes d'un jour" car nous avons passé la journée avec eux. Durant tout le séjour nous sommes restés à l'hôtel ES SAFIR. A ce sujet c'est la première fois que j'entrais dans cet hôtel, je ne connaissais l'endroit que de l'extérieur !!! Je vois que mes textes sont lus avec soin ce qui me conforte dans l'idée de continuer.
Y.C

Samra
  • 11. Samra | 18/12/2010

J'ai bien savouré votre récit sur votre voyage de votre retour au pays natal, j'ai apprécié votre reportage.Merci

Yves COINTE
  • 12. Yves COINTE | 18/12/2010

Bonjour: en réponse à LAMIE. Des appréhensions j'en avais. Il y a eu 8 années de guerre... dures et difficiles pour tous. Il m'a fallu digérer tout cela. Tournons la page mais n'oublions pas. Je reviendrai,
ou plutôt nous reviendrons. Peut-être aurais-je le plaisir de rencontrer les personnes qui me lisent.
"Ce qui est passé a fui,ce que tu espères est absent mais le présent est à toi."
Cordialement.
Y.C

NOGUERA
  • 13. NOGUERA | 18/12/2010

J’ai passé pas mal de jeudi et autres jours, dans ce lycée pour m’amuser avec mes cousines. Leurs parents étaient concierge. Mon père agent de service à l’époque. Mes souvenirs sont assez vagues.
Avec mes parents nous étions locataires à Ben-Aknoun, et à partir de 1955 a El-Biar.
J’avais apprécié votre témoignage dans le bulletin des El-Biarois.
MC N

Lamie
  • 14. Lamie | 18/12/2010

Bonjour monsieur Cointe Yves!
Je découvre ce soir le récit de votre voyage ! c'est très émouvant !
Je comprends que vous deviez vous préparer psychologiquement ! vous deviez avoir des appréhensions ! Mais je pense que c'est bien que vous soyez venus !
J'ai hâte de lire la suite de votre récit!! en plus c'est bien écrit ! captivant merci

Amicalement !

Yves COINTE
  • 15. Yves COINTE | 18/12/2010

Je répondrai au message de Kader en citant Albert CAMUS :"J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né et je n'ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent." On n'oublie jamais la région où l'on passe son enfance et son adolescence. Ce sont les racines, les vraies, le clocher du village. En ce qui me concerne je n'ai plus de clocher depuis longtemps... sinon que des souvenirs de l'église Notre Dame du Mont Carmel - l'église d'El Biar - mais la vie est plus forte...
Cordialement.
Y.C

Kader
  • 16. Kader | 18/12/2010

En lisant le récit plein de péripéties de votre voyage en Algérie, nous ressentons tous la même passion, les moments douloureux et le même amour du pays que vous. Nous ressentons aussi le sang chaud qui ruisselle dans tes veines et la rage d'avoir quitter ta patrie prématurément. La seule manière de te consoler c'est de revenir, quand l'occasion se présente, sur les lieux de ton enfance pour remémorer les souvenirs des époques vécues dans la joie et l'ivresse sur cette terre de tes ancêtres. Toutes mes amitiés.

Noria
  • 17. Noria | 18/12/2010

Bonjour Yves,
Ces lignes sur votre voyage en Algérie sont très agréables à lire. Je dévore ce récit et je n'ai qu'une envie, suivre votre séjour.

Yves COINTE
  • 18. Yves COINTE | 18/12/2010

Une précision : ce voyage nous l'avons réalisé seuls (je ne voulais pas le faire en groupe comme cela se pratique - je ne critique pas ce genre de retour, chacun agit comme il se sent ou comme il peut) mon épouse (qui ne connaissait pas le pays) et moi. Nous nous sommes promenés dans Alger-centre. Nous avons remonté la rue de La Lyre...où nous avons été arrêtés tous les 50 m par des inconnus qui voulaient échanger, amicalement, avec nous. J'ai eu des moments très forts, ma visite sur la tombe de mes grands parents maternels dans un cimetière d'Alger en est un. L'état des cimetières chrétiens est un sujet douloureux pour moi. Mais je sais aussi que des familles algériennes n'ont jamais revu, lors d'une arrestation, des membres de leur famille.
Notre génération, je parle des deux communautés, a tout de même souffert.
Y.C

Yves COINTE
  • 19. Yves COINTE | 18/12/2010

Mon père était petit fonctionnaire d'exécution de l'État français et comme tel a rejoint une affectation en France. De plus en août 1962 la situation était difficile mais mes parents n'ont eu aucun problème. Quant à moi j'ai effectué - comme instituteur - la première rentrée scolaire de l'Algérie indépendante. J'ai quitté l'Algérie en juillet 1965, auparavant il y avait eu un certain 19 juin.

- impressions : c'était un retour voulu et désiré. Je savais ce que je voulais revoir, je m'étais "préparé" durant deux années en lisant tout ce je trouvais dans la presse algérienne, livres divers de tous les bords politiques, films, émissions de télévision y compris Canal Algérie, etc...Je peux vous dire où se pratique le change parallèle mais chut ! c'est interdit. J'ai également préparé ce retour avec deux familles algériennes, sur place. Accueil très chaleureux plus que je ne l'espérais.
- sens donné à ce retour : je voulais remettre mes pas dans des pas vieux de plus de 45 ans, refaire la même photo au même endroit 45 ans après - il m'en reste encore à faire... en 2009.

vaste sujet. L'Algérie d'hier, l'Algérie d'aujourd'hui, peut-on être impartial en évoquant ces deux périodes ?
Première réflexion sur l'Algérie d'hier : je ne suis pas un partisan de la loi de 2005 votée par le parlement français.
Sur l'Algérie d'aujourd'hui : certains choix faits après l'indépendance (agriculture, week-end non universel, éducation...) pèsent sur la vie économique et sociale du pays. C'est mon avis personnel mais pas une critique pour critiquer...
Y.C
Les Algériens "d'en bas" sont restés tels que ceux que j'ai connus.
Y.C

Kader
  • 20. Kader | 18/12/2010

COINTE YVES bonjour
Vous qui avez connu l'Algérie avant l'indépendance et qui avait la chance de la revoir 40 ans après ou plus; Pouvez-vous nous dire Quelles ont été vos impressions ? Quel sens donnez-vous à votre retour ?
regrettez vous le départ de vos parents ?
Une autre question: Que pensez-vous de l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui?

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