
La ville de Miliana reprend peu à peu ses fresques d’antan. Connue pour être une ville millénaire. Les habitants possèdent, non seulement une communication verbale très affinée mais aussi une culture que l’on ne constate et n’enregistre nulle part ailleurs. Cette ville s’est familiarisée et adaptée, tout d’abord, par son climat tempéré et agréable, par la propreté et par une hygiène généralisée. A cela s’ajoute une très verdoyante configuration des lieux. Ses habitants, en tant que véritables gentleman, furent des gens très accueillants et très aimables.
Lors de notre dernier passage à Miliana, nous étions surpris et émerveillés à l’idée d’entendre le son de la cloche au niveau de la place de l’horloge. C’est nouveau pour nous pourtant c’était agréable de percevoir ces intonations avec une horloge réglée aux rythmes de la cloche. Ce n’était pas le son d’une véritable cloche mais c’était des sons qui émanaient d’une commande électrique qui ressemblaient beaucoup à ceux d’une cloche. C’était agréable et même merveilleux. Cette initiative nous a permis de revisiter davantage la ville pour en savoir un peu plus. Nous avons ressenti que des efforts furent accomplis pour l’embellissement de la ville avec des arrangements divers, un new look de peinture avec des couleurs étudiées, appropriées et adéquates. Des agencements au niveau des anciennes ruelles lézardées et mal conçues. Des arbres bien rafistolés et bien entretenus. Certes des efforts furent constatés ici et là.
Pareillement, nous avons enregistré également que les arbres de platanes, au niveau de la rue Saint Paul et dans d’autres petites artères, commencent déjà à former petit à petit le fameux tunnel naturel et c’est très magique. Ce sont d’ailleurs ces petites touches qui rendent la ville agréable et incontournable. Des attouchements surement choisis et bien encouragés par un programme local communal ou bien celui d’une nouvelle association constituée par des anciens Milianais prévu à cet effet. Une association pour la préservation et l’affermissement de la ville. Si c’est le cas nous renouvelons nos remerciements et nos encouragements pour les membres de cette affiliation. Nous avons connu Miliana par le passé. Elle était le fleuron de la région. Connue par sa saison printanière, son climat doux et apprécié par ses habitants et ceux des villes limitrophes.
Ses habitants et plus précisément la junte masculine étaient régulièrement des gens communicatifs avec une culture exceptionnelle-gentils et ayant le sens du goût de la vie – en somme- ils possédaient un savoir vivre propre à eux. Quant aux femmes, elles étaient non seulement belles mais elles savaient également s’habiller. Elles avaient une beauté qui les différenciait des autres filles des villages voisins. La beauté existait aussi au niveau des autres régions, mais celle des Milanaises était plus fascinante et plus attachante.
Nous nous rappelons encore ces vergers et ces jardins rares et uniques. Le jardin, au centre de la ville, à lui seul, constituait un laboratoire botanique unique en son genre. Il était en quelque sorte l’annexe du jardin d’essai d’Alger. Les potagers, entretenus aux environs, renfermaient des fruits d’été comme les différentes sortes de figues, la poire, les abricots, les raisins, la célèbre plaquemine et surtout les cerises avec des paniers en roseaux appropriés.
D’ailleurs la ville de Miliana était connue par la fête de cerises. Sans oublier, la propreté des ruelles, avec une eau claire qui ruisselait le long des rigoles qui provenait des fontaines. La vente des fleurs avec pots (fleuristes). Ce commerce fut perpétué jusqu’à nos jours parce que tout simplement les Milianais avaient une habitude et c’était devenue, d’ailleurs, une coutume d’offrir des fleurs à leurs femmes, à leurs enfants et aussi lors des fêtes de fiançailles (khotobates) et aussi celles des mariages.
Nous savons également que la ville de Miliana était un phare lumineux où beaucoup de dispositions s’articulaient tout autour. Lors des fêtes de cerises, on se rappelle toujours les grands musiciens comme les Claude Nougaro, Mouloudji etc… et sans omettre les chanteurs nationaux. Des étalages de fruits, de légumes et des fleurs bien ordonnés et bien rangés avec une émanation d’arôme agréable. L’hôpital et lui aussi exceptionnel, il était unique parce qu’il ne ressemblait à aucun autre hôpital de la région. Il y avait beaucoup de spécialités. Les patients étaient transférés de l’ensemble des hospices de la région.
Le mont du Zaccar, quant à lui, était le gardien puissant et vigoureux de cette coquette ville.Ce mont en cachait beaucoup de secrets, ceux des animaux, des multitudes d’arbres, les Meredjes et des cavités renfermant beaucoup d’histoires qui sont restées et restent encore ancrées dans les esprits et dans les cœurs.
Durant les années 1970, Le feu qui avait détruit et ravagé des pans entiers et la disparition des vies humaines. Des étudiants sortis du lycée, du cinéma et même abordés dans la rue, pour aller secourir et éteindre le feu qui ne cessait de s’amplifier et détruire la fierté des habitants. Ils ne sont jamais revenus ni rentrés chez eux. Cette montagne fut toujours le couffin qui n’arrêtait pas de bercer la ville.
Je ne dis pas tout cela pour renchérir et accroître les mérites des habitants de cette ville mais c’est une vérité que l’on ne pourra jamais ignorer ni même oublier. Nous sommes d’ailleurs fiers de posséder une cité aussi jolie et palpitante dans notre contrée. Nous avons été les hôtes de cette ville durant trois années, nous étions satisfaits et ravis et depuis, on ne cesse de revenir pour des visites nostalgiques.
D’ailleurs, lors de ma dernière visite j’ai rencontré notre copain Saadi (Miliana) et Yahiaoui (Theniet El Had), je n’ai pu reconnaitre la troisième personne qui était attablée avec eux. La ville de Miliana avait toujours mérité qu’on en parle d’elle. De son jardin, de ses arbres, du mont Zaccar, de ses vergers et surtout de ses ruines qui nous interpellent et nous obligent, tout le temps, à avoir du respect pour cette ville millénaire. C’est parce que tout simplement Sidi Ahmed Benyoucef continue de veiller sur elle.
Ses histoires, ses souvenirs et son emplacement nous contraignent à commémorer et glorifier davantage cette charmante ville. Même les prestations de service au niveau des cafés, des magasins et autres emplacements sont aussi excellentes et aussi bienveillantes. Le son de la cloche de l’horloge de la placette en face des bâtiments de l’Emir Abdelkader fut remarquable parce qu’il fut intelligemment réfléchi et copieusement réalisé. Je remercie en mon nom personnel ceux qui ont eu l’idée de réaliser ce type de nouveauté et aussi l’embellissement pour cette ville magique. Je leur demande de ne pas fléchir et de ne pas faiblir, mais de continuer dans la bonne voie. Nous en sommes fiers de vous et nous vous accompagnons avec nos pensées et nos cœurs. C’est votre ville et aussi la nôtre.