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Heures d'Autrefois-Souvenirs/ Par Mohamed Rachid YAHIAOUI

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Me vois-je engoncé dans un costume, une cravate bien en deçà de mon nombril, une valise à la main plus grande que moi contenant mon trousseau d’interne. C’était l’année scolaire 1963/1964. Nous étions les premiers internes du collège technique de Korkah. Je me remémore les sorties du samedi-dimanche durant lesquelles nous nous précipitions vers le cinéma Splendide où étaient projetés des films péplums qui nous étaient expressément conseillés par notre inoubliable professeur de littérature, Mr Kernisan. J’ai toujours la sensation de humer encore les senteurs du parfum enivrant de « soltane el Ghaba », de « Mesc Elile » durant les fraîches nuits de Printemps à Zougala. Je me rappelle les petites gargotes et particulièrement « Chez Torra » en face du lycée Ferroukhi, où nous étions en internat durant notre première année. Le bloc réfectoire-dortoir du CNET était à ce moment là en phase de finition. La fête des cerises, ah ! La première fête après l’indépendance inaugurée par le président Ben Bella en costume blanc à col Mao. Le premier jour, mes camarades et moi ne résistâmes pas au brouhaha de la rue festive et des flonflons venant de la piscine qui ont fait sur nous l’effet des sons musicaux des sirènes Charybde et Scylla. Nous sortîmes du dortoir, dévalant le tuyau des eaux de pluie en usant auparavant d’un subterfuge qui consistait à mettre sur notre lit deux traversins faisant croire à Mr BATATA notre « pion » que nous dormions. Nous nous sommes alors trempés dans l’euphorie générale, et, après avoir vadrouillé aux grès des rues grouillantes de vie, nous retournâmes, à une heure avancée de la nuit, éreintés, en empruntant le chemin inverse, mais là pataboum ! aïe ! Ouille ! : Le Surgé Hadj Sadok « 44 » et Mr Abloul, notre surveillant, nous attendaient de pied ferme. Et là, bonjour les réprimandes, quelques gifles distribuées à droite et à gauche et l’inévitable consigne de deux Samedis. Il est tout à fait clair que cette mini fugue était la conséquence des « enseignements » que nous tirâmes chaque Samedi des films policiers (Particulièrement le film Le trou de Jacques Becker) projetés au cinéma Variétés.

Je me rappelle du merveilleux jardin public. Quand en est-il advenu de lui ? El la porte ouest ? (Bab El Gharbi). Et la place des Martyrs ? Et la belle piscine ? Victimes des prédateurs de la chose historique et de la chose artistique, victime de la bêtise humaine. Jadis, faudrait-il le rappeler, la valeur de l’homme, l’architecte de la ville des cerises, se mesurait à ses qualités morales intrinsèques, à son appartenance à ces grandes familles dont le capital social était la «horma», le bon voisinage, l’hospitalité, la modestie et j’en passe sur d’autres qualités aussi honorables les unes que les autres. Pourquoi ce manque d’atavisme ? Il est cependant regrettable de constater que la valeur de l’homme actuel qui a envahi la cité ramenant avec lui une espèce de caractère qui ne va pas avec la vie citadine, se mesure au contenu de sa poche, de son opportunisme et de sa flagornerie.

  Miliana alors est happée par ce remous vertigineux de la bêtise humaine. Avec une vue plongeante sur El Khemis, la Pointe des Blagueurs reste le témoin de la douceur de vivre d’antan. Il reste aussi la superbe horloge qui continue vaille que vaille d’égrener les heures. Miliana ! Tes heures ne te seront jamais comptées, tu domineras toujours la plaine du Chéliff écrasée sous ton poids millénaire. Jusqu’à justice soit faite. Quant à nous il nous reste une petite lueur d’espoir qui va nous aider à surmonter cette triste réalité qui ne sera jamais une vérité : Ressuscitons les souvenirs du passé de Miliana en leurs donnant la sensation du présent qui, Incha-Allah, conditionnera l’avenir des générations futures de Miliana. Ma lueur d’espoir à moi, c’est qu’à chaque passage dans la région je me fais un plaisir à me rendre en pèlerinage à Miliana. Je la quitte les larmes aux yeux.

Je profite de l’occasion pour faire un appel pressant aux anciens élèves du Collège national d’Enseignement Technique (CNET) de Korkah pour me joindre sur mon E.mail en vue d’une éventuelle rencontre entre anciens élèves. Mohamed Rachid YAHIAOUI (Ancien élève de la section commerciale) Ténietien inoxydable, fier lui aussi de son petit patelin Théniet-El-Had, qui part à la dérive.

Commentaires (3)

Miliani2Keur
  • 1. Miliani2Keur | 28/11/2014
Bonjour

C'est un méme plaisir de vous relire mr Yahiaoui .. Eh oui tous vis et change!

ayant moi méme gfais le CNET de korkah (année du brevet) je suis partant pour Volentiers pour une section des anciens du CNET. j'essaierais d('avoir votre email a travers le site!
ferhaoui
  • 2. ferhaoui | 27/11/2014
bonjour tout le monde . ehh ya hasrah 3lla milianah ta3 ezman ??? DES SOUVENIRS ...ET UN REVE QUI TOURNE RAPIDEMENT AU CAUCHEMAR? MILIANAH? FLEUR, un qualificatif désormais usurpé. franchement ce n'est plus un lifting dont milianah à besoin pour qu' elle puisse comme jadis mériter le statut milianah ,: fleur , milianah la belle; milianah, cerise , milianah, la coquette. l'ami ferhaoui, oran. ( carnet de souvenirs)
benyoucef
  • 3. benyoucef | 27/11/2014
Bonjour cher ami Yahiaoui
Merci de nous avoir évoqué ces vieux clichés rétrospectifs du vieux Miliana. Ils restent que de bons souvenirs à garder gravés dans nos esprits.Celui qui a connu Miliana d'antan,pleure aujourd’hui .
Avec mes amitiés

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