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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

HOURIA

Houria 1  La nuit était calme sur ce petit quartier endormi  de Bab El Oued,. Toutes les lumières des  habitations environnantes étaient éteintes sauf une fenêtre qui  était entrouverte et ,d’où s’échappait l bruit sourd d’une machine à coudre

  Assise depuis des heures durant l’échine courbée,luttant contre l’accablement du sommeil et de la fatigue ,Houria,,la jeune couturière se penchait sur sa vieille machine"Singer"pour finaliser les dernières retouches de couture de son nouveau  drapeau .La vivacité de son coup d'oeil,la finesse de ses doigts et l'agilité de ses  gestes lui assuraient un rythme de travail qui s'harmonisait avec le bruit  grinçant de son engin mécanique.qui lui provoquait parfois des pincements au cœur en pensant au derangement de  ses voisins. Elle devait fournir plus d'effort et de patience pour bien coudre sa précieuse étoffe.qu'elle termina finalement  à une heure tardive de la nuit.

Le lendemain, de bonne heure, Houria se prépara  activement  pour faire sa toilette, mettre ses plus beaux habits de fête. Elle rangea sous  le bras  son drapeau qu'elle avait soigneusement cousu la veille, puis elle  s'élança en direction de la rue pour se  mêler à la foule  dense des femmes en haiks blancs ,poussant des youyous stridents et  des cris de joie

En effet, Alger était en liesse ce jour du  jeudi 5 juillet. Dans les rues, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants défilaient en brandissant le drapeau vert et blanc, frappé de l'étoile et du croissant rouges. Perchés sur des voitures, entassés sur des camions, juchés sur des mobylettes, accrochés aux fenêtres et aux portières des autobus, ils sillonnaient les artères de la Casbah, de Bab el-Oued et de Belcourt en scandant « Tahya Djazaïr » : Vive l'Algérie ! Après cent trente ans de colonisation française et sept ans d'une terrible guerre.

Benyoucef ABBAS-KEBIR

Commentaires (3)

Chantal
Bonjour Benyoucef,

Merci pour cette précision. Je ne savais pas que "Houria" signifiait « liberté » ! Votre récit n’en a que plus de sens concernant les femmes algériennes et leur engagement militant au cours de cette guerre d’indépendance !

Par ailleurs, à travers cette femme nommée « Houria » je trouve qu’il est juste de rendre hommage à toutes les femmes algériennes qui se sont battues pour la liberté de leur pays. Elles ont été très nombreuses à s’impliquer d’une manière totale sachant que la mort pouvait se trouver au bout du chemin. Mais rien ne les avait fait reculer. Je m’interroge cependant de savoir si elles ont été reconnues à leur « juste » valeur en Algérie après l’indépendance. J’étais trop jeune pour m’en rendre compte lorsque j’ai quitté l’Algérie en 1962 et les témoignages que j’ai pu lire depuis m’ont semblé très peu nombreux.
benyoucef
  • 2. benyoucef | 05/07/2014
Bonjour Chantal
Merci pour votre commentaire si émouvant et si sincere qui démontre votre profonde sympathie et votre fort soutien à la cause algerienne.Une longue période de colonisation française de 132 ans ,mais qui s'est confrontée à de nombreux mouvements de résistance et d'insurrection conduits par de vaillants combattants qui se sont bravement sacrifiés pour la liberté et la dignité de notre pays
J'ai choisi le nom symbolique de Houria,signifiant liberté.L'heroine de mon texte n'est qu'une simple image qui démontre que la femme algerienne a beaucoup contribué à la guerre de liberationnationale depuis son declenchement jusqu'à l'indépendance
En cette heureuse date historique,je dis:
Joyeux anniversaire à tout le peuple algerien
Amicalement
Chantal
Bonjour Benyoucef,

Je partage votre joie à tous, Algériens, pour la célébration le 5 juillet de cette « victoire » largement méritée sur le colonisateur français et ce, même si je suis française ! Mes idées farouchement anticolonialistes remontent à mon enfance. Personne ne pourra jamais me convaincre qu’un pays, pour quelque raison que ce soit, ait le droit d’envahir un autre pays et de l’asservir. J’ai pu en mesurer les conséquences, quotidiennement, pendant toute la durée de cette guerre que j’ai vécue sur le sol algérien.

Aujourd’hui, ce passé est lointain mais je ne l’ai pas oublié. C’est la raison pour laquelle je suis de tout cœur avec vous et que je partage votre joie.

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