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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

LE. MAL. DU. PAYS ( D'après Joakim DUBELLAY ).

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LE. MAL. DU. PAYS ( D'après Joakim DUBELLAY )

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou, comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est revenu plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son AGE.

Quand reverrai-je hélas de mon petit KOUININE
Fumer la cheminée ? ÉT en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma belle maison
Que je n'échange pas contre tout Constantine ?


Plus me plait le séjour qu'ont bâti mes aïeux
Que, des palais d'Alger , le front audacieux,
Plus que le marbre blanc mon LOUSS couleur de fèves.

Plus mes dunes dorées que le Mont Blideen,
Plus mon Erg Oriental que l'Atlas Tellien,
ÉT plus que l'air marin l'Oasis de mes rêves.

AladinZin

Commentaires (1)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 10/01/2018
Bonsoir AladinZin,

Heureux qui comme Ulysse a voyagé…Rien de plus vrai. Très joli sonnet que j’interprète comme une parabole pour le voyage que fait chacun dans sa vie.

Heureux qui comme Ulysse a voyagé… rien de plus vrai aussi, seulement, comme nous le dit Sénèque « A quoi bon voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer non de climat ». Voyager, s’ouvrir, changer n’est pas seulement une question de déplacement géographique, on peut aller partout dans le monde et rester fermé comme une huitre, tout comme on peut rester chez soi et s’ouvrir au monde, merci Internet. Un monde à portée de soi, le nourrir et s’en nourrir, sans pour autant se perdre. Voyager est un déplacement de soi hors de soi pour aller à la rencontre de… Le mal du pays, ou la nostalgie peuvent être forts par moments il est vrai et c’est humain, mais l’exil peut être vécu par tout un chacun au sein même de son propre pays. Alors, je déplace volontiers ce « j’ai le mal du pays » vers « j’ai mal à mon pays, ou j’ai mal pour mon pays », et ça change totalement la perspective. Le patrimoine historique, cultuel, culturel du pays constitueront justement cet appui, cette force, cette volonté d’aller de l’avant, et d’agir dans la mesure de nos petits moyens pour vivifier, développer, enrichir, actualiser, donner du souffle à l’héritage immatériel précieux légué par les ancêtres, en un mot agir.

Et oui Abou El Kassim Chebbi a disparu si jeune, mais il reste telle une étoile filante dont la lumière nous éclaire toujours. Merci AladinZin.

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