3 35

Ya el menfi "Le banni"

Ya el menfi  "Le banni"

rt.jpgPar DEGHRAR Djillali, Ain Defla. AE-LFM
ddeghrar@yahoo.fr

sans-titre-64.jpg

Parler de la chanson d’El Menfi (le banni) c’est se rappeler ces regrettables moments d’antan et surtout se replonger dans les exactions et exagérations carcérales du passé.

Ya el menfi, fut tout d’abord une chanson qui resta très célèbre à travers les décennies, rien qu’en l’écoutant, elle déclenche en nous et dans notre fort intérieur, une sorte d’amertume, de tristesse et en même temps de la fierté parce qu’elle relate et évoque la vie de nos grands aïeuls, leur destin était peut être tracé voire « écrit » mais c’était très pénible et très douloureux.

Quelques vers de la chanson de ya el menfi

Goulou lemmi ma tebkich ya el menfi Weldak rebbi ma khelich ya el menfi
Aw ya dakhal fi wast el bibane ya el menfi Aw sabaa fih el gadaane ya el menfi
Aw galouli kachi doukhane ya el menfi Wana fi wasthoum dehchane ya el menfi
Aw ki dawni le tribunal ya el menfi Djadarmiya kbar wa sghar ya el menfi .etc..

Cette chanson incarnait à elle seule la tragédie et la souffrance vécues par nos ascendants durant le siècle dernier, pendant l’occupation française, pour avoir osé dire tout simplement et délibérément qu’ils voulaient rester libres et indépendants.

Les insurrections qui suivirent, dans presque tout le pays, furent abominables et les envoyèrent vers des lieux très éloignés tels que la Guyane appelée aussi dans notre langue dialectale « EL-Kayane » (c'est-à-dire le fin fond du monde), à Madagascar « le trou » entre autres et surtout à la Nouvelle Calédonie dite : « Thelthe el Khali » ou (le troisième bout du monde vide) c’est à dire à 25 000 km.

Et c’est pendant ces déplacements vers l’infini et c’est aussi dans ces bagnes qu’est est née la fameuse chanson « ya el menfi » qui fut chantée en Guyane, à Madagascar et en Nouvelle Calédonie, elle est sortie des tripes de nos grands pères, et, elle résumait à elle seule toutes les souffrances et exactions.

Nous ne pouvons déterminer avec exactitude son origine, mais tout ce qu’on pouvait dire c’est qu’elle avait pris ses racines dans l’ensemble du Maghreb et peut être avec une précision profonde qu’elle est de source Algérienne à cause de l’accent employé et surtout du dialecte utilisé.

Cette chanson représentait et incarnait la douleur, l’éloignement, la solitude, l’impuissance et les diverses souffrances, en la chantant les pauvres, ils faisaient dégager les douleurs de leurs entrailles c’était aussi un pansement voire un réconfort mais aussi et surtout un message.

A travers les vers de la chanson, on comprend et on imagine parfaitement le dessein des colonisateurs, les déposséder de leur culture, de leur identité et surtout effacer la mémoire de ces indigènes qui osent bafouiller l’autorité et l’ordre établi.

D’ailleurs, on comprend aisément, le cauchemar des Algériens sur leur patronyme qui dure jusqu’à nos jours, par exemple donner des noms aléatoires (alors qu’ils en avaient à l’époque) à ces Algériens et cela selon leur métier, ou selon une simple phrase prononcée ou un mot, selon aussi le lieu où ils étaient assis, ce qu’ils tenaient dans leurs mains, alors on comprend facilement maintenant les boufas, les bouchachias, les boumedhales, les Boutarfas, les Boukanounes, les Deflaouis, les Boukachetas et les Boukachabas etc..

Ils ont voulu tout changer comme je vous le disais ci-dessus dans le but de détruire leur conscience et leurs coutumes c'est-à-dire les tabous de l’époque doivent disparaître et laisser place à une nouvelle ère appelée aussi par ces colons l’émancipation des indigènes à la vie moderne surtout à ceux qui veulent s’initier aux nouvelles lois, ainsi, la loi du bâton et la soumission totale prirent place, donc un peuple sans identité, sans culture et sans itinéraire.

A travers chaque ver du poème, on retient que ces malheureux étaient durement réprimés à chaque fois qu’ils voulaient tenir tête aux envahisseurs. Cependant, on pouvait également retenir que ces gens avaient du cran, du courage, de la culture et surtout ils avaient une identité selon leur comportement, leur maîtrise du sens de la « rodjela » et surtout la manière avec laquelle ils entretenaient les discussions et les conversations, leurs vis-à-vis ont aussitôt vite compris que ce peuple avait un passé et ils savaient où était leur destinée.

Ni le bagne, ni les différents périples, ni les souffrances subies ici et là ne pouvaient stopper ni arrêter la portée du message contenu dans la chanson et c’est ainsi que cette chanson avait fait son petit bout de chemin tout en faisant éveiller les fils de notre nation, c’était en quelque sorte une manière de bien couver dans leur subconscient le contenu précieux et incompréhensible composé de mots très simple mais qui avait un sens profond, une signification particulière pour les générations futures.

Cette signification particulière avait permis aux Algériens d’obtenir un certain 5 Juillet 1962 la liberté et l’indépendance après tant de sacrifices et de forfaits.

Akli Yahyatene

sans-titrej-1.jpg Le célèbre chanteur kabyle, Akli Yahyaten, qui composa pour la première fois cette chanson, est né en 1933 à Ait Mendes en Kabylie, il n’a jamais étudié comme ses compères, il avait vécu à Alger à l’âge de 12 ans de divers petits métiers comme les enfants de son âge, en 1945, il est arrêté et séjourna plusieurs fois en maison de redressement, En 1952, il embarque pour la France, il vit de petits emplois, il apprend à jouer de la Mandoline et en 1954 il est retourné en Algérie pour faire son service militaire.

De retour en France, il est embauché chez Citroën, et consacre le reste de son temps à la musique, il fera la rencontre du compositeur et chef d’orchestre Amraoui Missoum qui l’encouragea. Il est ainsi suspecté de collecter des fonds pour le FLN, il fait deux séjours en prison, c’est durant l’un de ces séjours, en 1959, qu’il compose Ya el menfi (le banni) et Ya el moudjarab, deux tubes écrits en arabe populaire qui lui valurent la reconnaissance de ses paires et lui ont ouvert la voie du succès, d’autres grands succès marquèrent aussi sa carrière.
Après une longue éclipse, Akli Yahiatene réapparaissait en janvier 2002 au Festival Sons d’hiver de Vitry-sur-Seine, lors d’une soirée baptisée "Tontons du bled", aux côtés de Kamel Hamadi, feu Salah Saadaoui, Sghir Boutaïba, Amar El Achab et Louiza. En septembre 2003 ensuite, sous la direction du compositeur et chef d’orchestre Kamel Hamadi, Akli Yahiatene était en Algérie, où il ne s’était plus produit depuis des années, pour une courte tournée en compagnie de Meriem Abed, Rachid Mesbahi et Thoraya. En novembre 2003, dans le cadre du festival "L’Algérie des musiques" à l’Institut du Monde Arabe à Paris, il est sollicité pour rendre hommage à Cheikh El Hasnaoui et Slimane Azem.

La reprise ou l’adaptation de "El Menfi" (Le Banni) respectivement par Rachid Taha 1998 et le groupe ibérique Radio Tarifa), témoigne si besoin du rayonnement d’Akli Yahiatene qui compte parmi les têtes d’affiche encore en activité de la chanson algérienne de l’émigration.

Par DEGHRAR Djillali

Commentaires (24)

DeghrarDjilali (17/10/2013)
  • 1. DeghrarDjilali (17/10/2013) | 01/07/2014

Mourad Zouaoui,
salut, j'espère que tu as passé une bonne fête de l'aid El kébir, la députation n'a jamais été ma tasse... je suis apolitique, le gars , c'est vrai, il me ressemblait un petit peu, il a travaillé au niveau de la mairie de Ain-Defla comme responsable à l'état civil. à bientôt -djilali

Chantal  (16/10/2013)
  • 2. Chantal (16/10/2013) | 01/07/2014

Bonsoir l'ami Noureddine,

Si cela peut vous rassurer, je n’avais pas du tout mal pris votre commentaire. Personnellement, je suis très directe et je dis les choses comme je les pense. Parfois cela plait mais … pas toujours. « J’assume » cependant mes convictions. Il serait par conséquent mal venu de ma part d’être froissée par la franchise d’autrui ! Je ne serais pas cohérente avec moi-même.

Ceci dit, j’ai trouvé très touchant ce que vous avez raconté sur ce français qui avait fait son service militaire dans votre région. Ayant eu deux membres de votre famille tués pendant cette guerre d’Algérie, votre réaction initiale de rejet était tout à fait légitime et n’importe qui pourrait le comprendre.

Néanmoins, vous avez le grand mérite d’avoir essayé de « dépasser » (et, visiblement, vous y êtes parvenu) votre souffrance en allant vers ce français qui, s’il est revenu en essayant de nouer des contacts avec des personnes de la région, était sûrement quelqu’un de sincère.

Bien que je l’ai déjà longuement expliqué dans mon article de presse paru sur ce site concernant mon retour en Algérie après cinquante et un ans d’absence, je n’oublierai jamais l’accueil extraordinaire que j’ai reçu de toutes les algériennes et tous les algériens - sans exception - et, notamment, celui d’une femme extraordinaire que tout le monde connaît, Zoulikha Ferroukhi qui, bien qu’ayant perdu ses parents et trois de ses frères et sœurs (c’est à dire toute sa famille) pendant cette guerre d’Algérie, m’a accueillie, chez elle, à bras ouverts, avec une gentillesse, une sincérité et une grandeur d’âme inimaginables !

Bonne soirée.

P.S. A propos … Sarko … de toutes façons … vous pouvez bien dire de lui tout ce que vous voulez … je ne l’aime pas ! lol !

Meskellil (16/10/2013)
  • 3. Meskellil (16/10/2013) | 01/07/2014

Cher ami et grand fère,
Merci. Idek mabrouk, et la3qoba lkoul a3m.
Très bonne journée,
Avec mon amitié

Noureddine (16/10/2013)
  • 4. Noureddine (16/10/2013) | 01/07/2014

Bonsoir l'amie Chantal
En aucun cas mon com ne vous visait j'ai bien appris à vous connaitre à travers vos différentes interventions sur ce site

Pour rappel
j'ai reçu un courrier un à travers mon espace personnel d'un Français qui avait passé son service militaire dans ma région et ce durant l'année 59 il cherchait à nouer contact avec les gens de la région ; région qu'il avait connu en temps de guerre, j'étais mitigé et je le lui ai fait comprendre , j'avais souffert de la mort de mes deux seuls oncles paternel et marternel tombés en martyrs au champ d'honneur , les dits parents sont morts bien avant ma naissance , par la suite je lui ai fait savoir que le courant ne pouvait passer entre nous et lui avais fait savoir s'il avait commis des exactions envers mes compatriotes et si ses mains étaient tachées de sang d'innocents il m'avait juré que ce n'était pas le cas et que la seule fois où il avait fait usage de son arme c'était pour tirer une outarde et qu'il avait raté d'ailleurs
Après plusieurs échanges le courant est passé entre nous , on s'échange actuellement pleins de courriers et de colis et ce depuis plus de cinq ans , d'ailleurs il compte venir me rendre visite le printemps prochain et une grande amitié s'est tissée entre nous

Voici aussi l'histoire d'un autre appelé qui avait passé son service militaire dans ma région et qui cinquante ans après était en visite de pèlerinage dans la régionhttp://steppe.doomby.com/pages/historiquaurice Audine-geryville/xavier-jacquey-un-infirmier-a-el-bayadh.html
Ils sont nombreux ces français qui ont soutenu la cause Algérienne je pense à Camus - jean paul sartre - Maurice Audin - Jean subervie ...la liste est longue et je leur voue respect et consideration
Cordialement à vous l'amie Chantal

Noria : saha l'aid ainsi qu'à tous les intervenants

L'Amiye (15/10/2013)
  • 5. L'Amiye (15/10/2013) | 01/07/2014

Bonsoir mon ami Ferhaoui,
Merci !
Koul 3am wata fi alfi khir, t3ayed toi et ta chère famille bessahha wal h'na, el la3qouba koul 3am inchAllah!

Mon amitié de toujours,
L'Amiye,

ferhaoui (15/10/2013)
  • 6. ferhaoui (15/10/2013) | 01/07/2014

bonjour tout le monde ...mon cher djillali,j'ai lu votre commentaire au sujet de cette chanson mythique le "bani" que j'ai souvent fredonné ...elle me rappelle une autre chanson le"déserteur" je vois que vous allez nous faire quelque chose de consistant,quelque chose d'étoffé,si j'en juge par le nombre et par la qualité des gens qui vont peupler votre histoire.appliquez-vous bien et surtout ne vous pressez- pas.j'attends avec impatience votre prochain papier:les hommes de l'ombre ses francais dans la droite des héros d'anonymes qui ne font pas dans le bling bling, il est temps de l rendre hommage.la liste est longue: l'abbé pierre, stéphane hessel,albert jaquard.au reste bonne fete à tous les amis du site:meskellil, lamiye,noria, abbes,farah bradai,aziz,................! l'ami ferhaoui, oran.

Chantal (15/10/2013 )
  • 7. Chantal (15/10/2013 ) | 01/07/2014

Je suis bien d'accord avec vous Noureddine !

ZOUAOUI mourad (15/10/2013)
  • 8. ZOUAOUI mourad (15/10/2013) | 01/07/2014

BONJOUR SI EL-DJILLALI,

BIEN SUR QUE L ON SE CONNAIT DEPUIS LONGTEMPS ET QUI NE CONNAIT PAS
DEGHRAR EL DJILLALI A AINDEFLA ?
JE ME RAPPELLE TOUT DERNIEREMENT TU ETAIS CANDIDAT A LA DEPUTATION
AVEC NOTRE AMI BOUCHERIT AISSA EST-CE EXACT ??
A L OCCASION DE L AID EL ADHA JE T ADRESSE A TOI ET A TOUS NOS AMIS
DE AINDEFLA MES SINCERES VOEUX DE SANTE ET DE BONHEUR.....

AMICALEMENT

Noureddine (15/10/2013)
  • 9. Noureddine (15/10/2013) | 01/07/2014

Bonjour Chantal
A vrai dire je n'avais jamais vu de " président " aussi infâme et arrogant que ce sarko , avec Bush son compère ils faisaient un duo terrible
Son dernier crime en date fut la Libye

bradai (15/10/2013)
  • 10. bradai (15/10/2013) | 01/07/2014

En réponse à cette video http://www.youtube.com/watch?v=XU9LE47C0n

Avant de dire n'importe quoi ,ce débonnaire qui va jusqu'à l’excès aurait pu corriger sa feuille d'histoire sur quelle période de temps il s'agissait pour lui de parler quand on veut faire connaitre aux autres les droits de l'homme ....

Chantal (15/10/2013 )
  • 11. Chantal (15/10/2013 ) | 01/07/2014

Bonjour Noureddine. Ce qui est dit dans cette vidéo par Sarko est infamant pour les Algériens. Mais, cet homme politique n’est pas non plus un prix Nobel de littérature !! Ce genre de discours sert à donner « bonne conscience » à ceux qui veulent bien l’entendre mais également à manipuler l’opinion publique et les électeurs potentiels assez « pauvres » sur le plan intellectuel pour y adhérer.

Noureddine (15/10/2013)
  • 12. Noureddine (15/10/2013) | 01/07/2014

La France n'a jamais commis de génocide dixit Sarko
voir video cliquez sur le lien : http://www.youtube.com/watch?v=XU9LE47C0nQ

Chantal (14/10/2013)
  • 13. Chantal (14/10/2013) | 01/07/2014

Bonsoir Djillali,

Si vous avez pu penser que j’ai été froissée par votre texte, c’est que je me suis bien mal exprimée. Dans ce cas, je le regrette. Pourtant, je partage totalement votre avis. Il FAUT rappeler le passé sans pour autant cultiver la haine et le ressentiment qui ne grandissent pas l’être humain. Comme me l’avait si justement dit ma petite fille un jour où nous discutions de la guerre d’Algérie : « tu n’es pas responsable de la colonisation française ». Aujourd’hui j’en suis bien convaincue. Il n’en est pas moins vrai que nos ancêtres ont occupé par la violence et la contrainte un territoire qui ne leur appartenait pas. Cela nul ne peut le nier. Donc, vous voyez Djillali … Nous sommes d’accord ! lol !
----------
Aziz, même si je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, je n’ai aucun mal à vous croire lorsque vous me parlez de votre expérience aux USA … Mais tant qu’il existera des gens pour se révolter contre de telles injustices, il y a encore de l’espoir !

Je me souviens d’un certain 21 avril 2002 en France, lorsqu’au premier tour des élections présidentielles nous nous sommes retrouvés avec un candidat de droite et un candidat d’extrême droite (pourcentage équivalent !) … j’étais abasourdie ! Je n’en revenais pas !

Pourtant, quelques jours après, une immense manifestation silencieuse avait été organisée dans les rues de Paris afin que les électeurs votent massivement pour le candidat de droite. Et ce, non pas par conviction politique mais, simplement, pour faire barrage au candidat d’extrême droite ! Je me souviens de ce défilé où se trouvaient des jeunes, des vieux, des français de souche mais, aussi, des français d’origine étrangère. Cette manifestation avait été impressionnante par son ampleur. Les rues étaient noires de monde. Et c’est sans doute cette masse silencieuse qui, le week-end suivant, avait fait basculer le vote des français pour le candidat de droite (et non d’extrême droite) avec un pourcentage jamais atteint dans les élections présidentielles précédentes !

Lorsque je me désole de voir l’extrême droite avancer à petits pas, par-ci … par-là, je repense à ce mois d’avril 2002 afin de me redonner un peu d’espoir et ne pas désespérer, totalement, de mes compatriotes !

Bonne soirée à tous

DeghrarDjilali (14/10/2013 )
  • 14. DeghrarDjilali (14/10/2013 ) | 01/07/2014

Mme Chantal et Mr.ZOUAOUI.
Chantal et Zouaoui m'ont paru à travers leur message, après la lecture de l'article" ya el menfi c'est à dire le banni" un peu froissé à l'idée de les replonger dans le passé.
Moi personnellement j'ai toujours cru et même admis que pour mieux voir où on va, il faut de temps à autre voir d'où nous venons ?et comment vivions-nous.ma perception des choses est cela, cependant vous avez peut être saisi une autre orientation.je m'excuse auprès de Chantal qui est de surcroît Française et je sais aussi que pas mal de Français ont aidé la révolution-sur cela je suis entrain de préparer un article justement sur ces braves hommes de l'ombre oui ils sont nombreux.je m'excuse encore une fois auprès de cette dame qui déjà montré son ancrage et son amour pour notre pays. Par contre Mr.Zouaoui devrait se rapeller de moi, on a travaillé juste à coté lui en tant que directeur des eziades (sécurité de la zone ) et moi j'étais à BATIMETAL actuellement Baticic. je venais souvent voir Bouabdallah Djillali et je voyais beauucoup Zouaoui et même dernièrement on s'était vu au niveau du bureau des retraités avec Daoudi Aissa et Belmoumène Moed etc... Mon cher Zouaoui je n'ai à aucun moment essayer te froissé du fait que je connais le passé combatif de vos parents.Comme je l'ai signifié à masame Chantal que pour avancer il faut savoir jeter un coup d'oeil derriere soi afin de pouvoir mieux s'élancer et s'épanouir dans le futur. merci beaucoup et bonne fête de l'aid el Kébir à ts les Ferroukhiens et Abdounettes.merci.merci.merci.

aziz  14/10/2013
  • 15. aziz 14/10/2013 | 01/07/2014

Oui Chantal, le livre '' Rooths'' de Alex Haley a été un chef d'oeuvre et le restera pour longtemps. Juste une petite anecdote, j'ai habité et travaillé pendant 11 ans aux USA. Je me trouvais un jour en Caroline du Sud, plus exactement à Charleston en 1983, il y a donc 30 ans. J'étais avec des amis américains et on était en mission de travail. J'ai vu de mes propres yeux, au niveau d'une grande rue de la ville, qu'il y avait un coté de la rue pour les blancs et l'autre pour les noirs, sans mélange. J'etais révolté et je ne me suis pas empeché de demander à mes amis, tous blancs, de quel coté devrai je me mettre, en leur rappelant, que bien que de peau claire, je n'en demeure pas moins Africain. Ceci était tellement révoltant que j'ai du abréger ma vsiste. Ce n'éait pas mieux à Mobile, Alabama ou je m'y suis rendu un peu plus tard.

ZOUAOUI mourad (14/10/2013)
  • 16. ZOUAOUI mourad (14/10/2013) | 01/07/2014

MON CHER EL-DJILLALI,
NUL NE PEUT NIER LE FAIT QUE LE PEUPLE ALGERIEN A CONNU DURANT LA PERIODE COLONIALE DES ATROCITES ET DES TORTURES CEPENDANT IL FAUT SOULIGNER QUE BEAUCOUP DE FRANCAISES ET DE FRANCAIS ONT MENE CE COMBAT ANTICOLONIALISTE EN SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE ALGERIEN CONTRE LEUR PROPRE ETAT.DES CENTAINES DE MILLIERS D APPELES DES OUVRIERS DES INTELLECTUELS DES AVOCATS DES ETUDIANTS ONT CONTESTE VIVEMENT DURANT CETTE EPOQUE LE NATIONALISME LE CHAUVINISME LE RACISME ET LA GUERRE COLONIALE.
AUJOURDHUI , CINQUANTE ANNEES ET PLUS ,UN DEBAT EST OUVERT DANS LA SOCIETE FRANCAISE ELLE-MEME ,UN DEBAT OCCULTE PAR 50 ANS D OMERTA.FAIRE CONNAITRE LA VERITE C EST AUSSI UNE MANIERE
D AIDER A LA PAIX DE CETTE GUERRE DE MEMOIRES ET EN FINIR AVEC LES
PRESSIONS OFFICIELLES ET LES LOBBIES DE MEMOIRE QUI CONTINUENT DE HANTER LES ESPRITS ET D EMPOISONNER LES RELATIONS ALGERO-FRANCAISES.
IL FAUT SOULIGNER QUE BEAUCOUP DE FRANCAIS MILITENT AUJOURDHUI
ET VEULENT ETRE TEMOINS ET DES "MONTREURS DE PAIX" ILS VEULENT
DIRE L ABSURDITE DE CETTE GUERRE L INUTILITE DES CONFLITS LA PERTE
D HUMANITE QU ILS ENTRAINENT AUTOMATIQUEMENT.
CE QUI EST REGRETTABLE AUJOURDHUI C EST QUE NOTRE PAYS QUI ENTAMA TRIOMPHALEMENT APRES 62 ,SA MARCHE DE NATION LIBRE SE SAIT AUJOURDHUI POUSSIVE ET ARCHAIQUE.AVEC UNE POPULATION
QUI NE CESSE DE RAJEUNIR NOTRE PAYS DOIT POURTANT ENCORE REGLER
DES PROBLEMES DEPASSES : CONTENTIEUX COUPS BAS REGIONALISME
CLANISME AUTORITARISME....TOUTES LES TARES DU SOUS DEVELOPPEMENT S Y SONT DONNE RENDEZ VOUS A COMMENCER PAR
L ILLUSION LONGUEMENT ENTRETENUE PAR LES PRESTIDIGITATEURS DU
POUVOIR.CETTE PERIODE COLONIALE EST REVOLUE CAR LE MENSONGE
NE PEUT SE SUBSTITUER DURABLEMENT A UN TRAVAIL POLITIQUE D ENVERGURE. BEAUCOUP DE POTENTATS ALGERIENS SONT ENRAGES
( ILS L ONT TOUJOURS ETE) ET CONTAMINENT PAR LEUR INSATIABLE CUPIDITE LES PARTIES SAINES DE NOTRE PAYS.CETTE " NOMENKLATURA A VIE " , A L ORIGINE DES LOIS PEU NOMBREUSE EN FAIT, CUMULE LA PUISSANCE DES RENTIERS ET LA CORRUPTION DES ARRIVISTES. UN TEL DENI DE LEGALITE MINE A MON HUMBLE AVIS ,LES FONDEMENTS DE TOUTE ORGANISATION DIGNE DE CE NOM. COMMENT EXPLIQUER
QU UN OMNIPOTENT ET GRABATERE PRESIDENT ASPIRE ENCORE A
PRETENDRE A UN 4 eme MANDAT PRESIDENTIEL ? CE SERAIT CETTE
MAFIA ET ELLE SEULE QUI EN PROFITERAIT ENCORE DE CE 4 eme MANDAT ET LES PRESIDENTIELLES DE 2014 SERAIENT ALORS LES FUNERAILLES
DE L ALGERIE.

JE PENSE QUE LA MISSION DU FLN EST TERMINE LE 6 JUIN 1962 ET QUE
LE FLN APPARTIENT A LA MEMOIRE COLLECTIVE . SON SIGLE NE PEUT
PAS ETRE UTILISE PAR UN PARTI POLITIQUE QUI A ETE ACCUSE
D HEGEMONIQUE ET D AVOIR EMPECHE L EMERGENCE DE LIBERTES
DEMOCRATIQUES ET DE LIBERTES CULTURELLES ET DE S EXPRIMER
DANS LE PAYS.
JE PENSE QU UN CHANGEMENT VISANT A LA REFONDATION D UNE
2 eme REPUBLIQUE S AVERE NECESSAIRE ET INDISPENSABLE POUR
EVITER UN " PRINTEMPS ARABE" DANS NOTRE PAYS.
UNE NOUVELLE VISION QUI SE BASE SUR
- LES PRINCIPES DU RESPECT DE LA PERSONNE HUMAINE DANS SA DIGNITE
SA LIBERTE ET SON DROIT A LA JUSTICE.
A L EQUITE ET A UNE EDUCATION DE QUALITE AINSI QUE LA DEMOCRATIE
ET LE RESPECT DES LIBERTES NE PEUVENT EMANER QUE D UN
MOUVEMENT SOCIAL PORTE SUR CE CHANGEMENT ET DONT LE PORTE-VOIX DANS UNE ELITE PORTEUSE DE L IDEAL D UNE ALGERIE NOUVELLE.

AMICALEMENT

Chantal (14/10/2013)
  • 17. Chantal (14/10/2013) | 01/07/2014

Comme vous pouvez l’imaginer, Djillali, votre récit fait froid dans le dos et, a fortiori, lorsqu’on est de nationalité française comme moi ! J’ai vu tant d’injustices pendant les quinze premières années de ma vie sur le sol algérien que je ne les ai jamais oubliées. Le choc de mon départ d’Algérie en 1962 a été si brutale et traumatisant que peu de temps après mon arrivée en France, je me suis plongée dans la littérature pour essayer de comprendre la folie des hommes ! Aujourd’hui, je suis dans la dernière ligne droite … avant le passage de la « grande faucheuse » et je n’ai toujours pas compris … Parce qu’en fait rien ne peut expliquer la barbarie d’un être humain si ce n’est la recherche du pouvoir, de l’argent et des biens matériels qui ne lui serviront à rien lorsqu’il sera à trois mètres sous terre !

Je pense néanmoins que vos récits sont très importants et, notamment, pour les jeunes algériens (mais également les jeunes français !) qui n’ont pas connu cette période de la colonisation française. Bien entendu, il ne s’agit pas de cultiver la haine et le ressentiment des algériens vis-à-vis des français et vice versa (en tout cas c’est comme cela que je comprends vos écrits) mais simplement, les algériens ne doivent pas oublier le courage, la ténacité et l’acharnement dont leurs ancêtres ont fait preuve pour se réapproprier leurs « propres » terres qui appartenaient à leur famille depuis des générations …

En ce qui concerne votre message d’hier à Bradai, lorsque vous parlez de « Racines », je suppose que vous voulez parler de ce livre de « Alex Haley » publié dans les années 70 dans lequel l’auteur raconte l’histoire de sa propre famille et du combat que les noirs ont mené aux Etats-Unis contre l’esclavage. Je considère ce livre comme un chef-d’œuvre ! Il relate la réalité dans toute son horreur mais il faut cependant faire savoir que ces choses-là ont existé pour éviter, peut-être, de les perpétrer à nouveau !

Malgré ce que je viens d’évoquer, je reste néanmoins profondément optimiste. Pour en revenir à l’esclavage aux Etats-Unis … qui aurait pu penser, alors qu’en 1955 Rosa Park « osa » refuser, dans un bus, de laisser sa place à un blanc … et des conséquences qui s’en sont suivies … qu’en 1963 Martin Luther King prononçait son discours « I have a dream … » qu’aujourd’hui le peuple américain aurait un noir à la tête de son pays !!!!!

J’espère de tout cœur, Djilali, que le projet dont vous parlez dans votre dernier message se réalisera. J’aurai grand plaisir à vous lire lorsque votre article sera terminé. Quant au film à épisodes … c’est une excellente idée. Je pense qu’il aura autant de succès que le film qui avait été réalisé pour la télévision française il y a de très nombreuses années à partir de l’œuvre de « Alex Haley ».

Bonne journée à tous.

DeghrarDjilali (13/10/2013)
  • 18. DeghrarDjilali (13/10/2013) | 01/07/2014

Bradai,
Tout d'abord je vous remercie des efforts déployés pour traduire la fameuse chanson et aussi pour votre intérêt pour ce passé. Actuellement, je suis en train d'écrire un article sur les déportés Algériens-je suis à ma 14ième pages, le but c'est de pousser les nations (Algérienne et Française) pour faire un film à épisode comme "Racine" ce film pourrait, à mon sens, détendre les relations. La vérité sera faite doit survivre pour éviter à l'avenir de telles choses.Parce que l'avenir rattrapera toujours le passé.Deghrar Djilali

L'Amiye (12/10/2013 )
  • 19. L'Amiye (12/10/2013 ) | 01/07/2014

Bradai mon ami,
Tu m'as bien fait rire merci! Personne ne sait plus qu'un autre! Nous sommes complémentaires! Mais voilà que la chanson d"el menfi" est entrée dans ma tête et c'est parti jusqu'à demain et plus peut-être!
Bonne fin de soirée!
L'Amiye,

bradai (12/10/2013)
  • 20. bradai (12/10/2013) | 01/07/2014

Merci L'Amiye je te remercie ainsi que les lecteurs aussi j'espere . j'ai pas voulu réveiller G.M je sais qu'elle le savait et qu'elle me me dirait il y a aussi la G.M DE L'Amiye qui peut bien t'aider cette fois elle en sait plus que moi . ah! ces vieilles G.M comme elles se comprennent entre elles.

L'Amiye (12/10/2013 )
  • 21. L'Amiye (12/10/2013 ) | 01/07/2014

Bradai mon ami,
"gedaan", les hommes les vrais , les plus courageux! Les compétents!

bradai (12/10/2013)
  • 22. bradai (12/10/2013) | 01/07/2014

traduction tant bien que mal de la chanson :el menfi

lien de la vidéo : http://youtu.be/okiIdtLxXJ4

goulou lommi matebkeesh : yal menfi = O » ! Déporté. Dites à ma mère de ne point pleurer..

waldek rabbi mayy khalleesh : yal menfi = O » ! Déporté . Dieu n'abandonnera pas ton fils .

aw ki dakhal fi wast bibaan = O » ! Déporté ! toi qui vas rentrer à travers les six portes ..
wa seb3a fih el gidaan = la septième dans son intérieur , y en a des « gidaan » (Gidaan= ???)
wa galou li kashi dokkhan = On m’a dit si j’en ai du tabac?
wana fi wasthom dahshan = moi ! parmi eux j'étais déconcerté

aw ki dawni le tribunal = Quand on m'a trainé au tribunal
jadarmiya kbaar wisghaar = Gendarmes grands et petits
aa wissensla tewzen qantar = la chaîne en pèse le quintal
darbouni aam wa n'haar = la sentence a été pour moi à 1 an et 1jour

3ala dakhla haffouli raas = Dès mon arrivée ils m’ont rasé la tête
wa aataouni zawra ou bayas = m'ont remis couverture et paillasse
wil grifounia assaas = le prévôt fut pour moi gardien
arift minya tesmaa siyyet = A huit heures , on n’entendra que le silence

aw ya galbi wish daak diif = O ! Cœur pourquoi t’en prends tu au dégoût.
wa souba day man kifkif = La soupe n’en est que toujours la même
wil gamila maamra bil maa = la gamelle remplie d'eau
wal gralou 3ayem fiha = Que des cafards nagent dedans
sobri yemma matebkeesh : yal menfi = O » ! Déporté. ! Mere patiente ne pleure point.
goulou lommi matebkeesh : yal menfi = O » ! Déporté !. Dites à ma mère de ne point pleurer.

waldek rabbi mayy khalleesh : yal menfi = O » ! Déporté !. Dieu ! N’abandonnera pas ton fils.

Meskellil (12/10/2013)
  • 23. Meskellil (12/10/2013) | 01/07/2014

Bonsoir M. Djilali,

Cette chanson m'a toujours donné la chair de poule, et me rends triste à chaque fois que je l'écoute. Merci de contribuer à éclairer un autre pan de notre histoire assez méconnu en fin de compte. Il y en a certainement d'autres... Merci à M. Bradai pour le complément d'informations.

Je suis allée y regarder de plus près moi aussi: Dr Mélica Ouennoughi caledonienne descendante d'un de ces déportés algériens, anthropologue et historienne, sa thèse de Doctorat:"Les déportés maghrébins en Nouvelle-Calédonie et la culture du palmier dattier (1864 à nos jours)"

Merci à vous de m'avoir ouvert une nouvelle fenêtre sur notre histoire que j'ignorais

Amicalement,

bradai (12/10/2013)
  • 24. bradai (12/10/2013) | 01/07/2014

l'Auteur Mr DJILLALI cite dans son article ce qui suit/
" Nous ne pouvons déterminer avec exactitude son origine, mais tout ce qu’on pouvait dire c’est qu’elle avait pris ses racines dans l’ensemble du Maghreb et peut être avec une précision profonde qu’elle est de source Algérienne à cause de l’accent employé et surtout du dialecte utilisé."

Ce ci est tiré d'un article sur les origines des deportes d'Algerie peut etre qu'elle apportera un plus au lecteur l'origine de cette chanson EL MENFI .

Le chant de la résistance
La chanson El Menfi (le Déporté) interprétée par le chanteur Akli Yahyaten était chantée en Nouvelle-Calédonie au XIXe siècle par les déportés algériens, selon Mme Ouennoughi. Le chant était accompagné d’une flûte fabriquée avec du bois de sagaie. Un bois servant aussi pour les Kanaks à fabriquer des lances. «Cette chanson était chantée en Nouvelle-Calédonie par des gens qui ne connaissent pas l’Algérie. Des petits descendants des déportés la chantaient dans les vallées perdues. C’est quand même incroyable», dira-t-elle. Le déporté Taïeb ben Mabrouk, réputé pour sa maîtrise de la flûte, répétait sans cesse cette chanson qu’on murmure toujours aujourd’hui. Il s’agit de El-Menfi, raconte sa petite cousine. Les mots dits dans la chanson «nous restent dans notre coeur, ils sont aussi pleins de détresse. Cette chanson, il la chantait toujours sous le dattier», confie-t-elle à l’auteur de cet article.
«Aw ki dawni le tribunal jadarmiya kbaar wisghaar aa wissensla tewzen qantar darbouni aam wa n’haar 3ala dakhla haffouli raas wa aataouni zawra ou payas goulou lommi matebkeesh yal menfi waldek rabbi mayy khalleesh.» Cette supplique revendique deux repères: la religion et la mère. Cette mère, dernier lien ombilical qui lui reste et qu’il doit tenter de rassurer. Cette mère est en fait, notre mère, cette Algérie souffrante de voir ses meilleurs fils lui être arrachés pour l’inconnu et sans espoir de retour. Nous sommes assurément des nains juchés sur les épaules de ces géants qui ont commencé le combat libérateur- il faut s’en convaincre - dès l’arrivée de l’envahisseur.

Taieb ben Mabrouk a été parmi ceux deportés en Caledonie.

Voir plus de commentaires

Ajouter un commentaire