L'Heure du Grand Silence/ Par Noria
Hommage à l'Homme qui était notre Monde
À mon Mari, à leur Père
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Le Mercredi 17 Décembre 2025, le monde s’est désaxé. Quarante jours ont glissé sur nous, quarante jours de cette absence monumentale qui n’est plus un simple manque, mais une substance pesante qui occupe chaque pièce, chaque silence, chaque souffle. Sans toi, notre Pilier, la demeure chancelle. Nous te pleurons avec cette ferveur désolée des peuples qui voient leur roi s’en aller, car ta stature était notre seule certitude, et ton ombre, notre plus doux abri.
On ne dira jamais la splendeur tragique de ce mois de veille, ce huis clos sacré entre les murs de l’hôpital. Là, dans l’épuisement des nuits sans fin, nous avons fait de nos vies ton dernier rempart. Mère et fils, nous nous sommes mués en sentinelles de l’invisible. J’ai vu ton fils, ce prolongement de ta propre droiture, se dresser avec une noblesse de titan, tenant ta main comme on tient une promesse, portant sur ses épaules la fatigue d’un monde pour que tu ne sentes jamais le froid de la solitude. Avec tes filles, unies dans une communion de larmes et de tendresse, nous avons formé autour de toi une forteresse que même l’ombre n’a pu franchir sans s’incliner. Nous t’avons aimé jusqu’à l’épuisement de nos propres cœurs, te portant à bout de bras vers l’autre rive dans un dernier acte de dévotion pure.
Pourtant, au milieu de ce calvaire, tes mots demeurent notre loi. Tu nous as légué l’exigence la plus haute : ne pas nous laisser ensevelir sous le marbre du deuil, ne pas laisser le chagrin dévorer la vie que tu nous as donnée. Tu voulais que nous restions debout, héritiers de ton courage, porteurs de ta flamme et non de tes cendres. Alors aujourd’hui, en ce quarantième jour, nous faisons de notre douleur une stèle vivante. Nous ne ferons pas le deuil de ta force, nous la respirerons. Nous ne t’oublierons jamais, car un homme de ta race ne meurt pas ; il s’installe pour l’éternité dans le sang de ceux qui le chérissent.
Repose en paix, mon Géant. Repose en paix, papa. Ton calvaire est fini, le mien commence. Tu laisses derrière toi une lignée de cœurs brisés, mais des cœurs qui resteront debout pour faire vivre ton nom. Nous t'aimons. Hier, aujourd'hui et jusqu'à ce que nous nous retrouvions. 
Commentaires
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- 1. Zohmed Le 11/02/2026
Salem tout le monde
Je viens d apprendre que notre ami Abdelkader Bensalah vient de nous quitter aussi apres une longue maladie.
Ainsi va la vie .
Qu il repose en paix.
Ina lillahi oua ina ilayhi radjioune. -
- 2. Noureddine Le 09/02/2026
A vrai dire il y a bien longtemps que je n'ai pas visité cet espace
Que c'est difficile de perdre un être cher, on a tous connu pareils moments
Le décès de votre époux paix à son âme coincide avec celui de mon frère ainé, aux ferroukhien qui l'ont connu merci d'avoir une pieuse pensée pour lui
Ceci dit on est tous condamnés à quitter ce bas monde un jour
Que dire sinon vous souhaiter de garder le cap et plein de courage
Sincères amitiés et pensées - Noureddine Toumi -
- 3. Kéryma Le 05/02/2026
Bonsoir et essalamou aleykoum toutes & tous,
Ma très chère GM,
Ooh, je ne t'ai jamais oubliée, et même si tu t'en souviens bien où tu pourrais être, que c'est bien moi qui t'ai donné cette appellation "GM" et je te parlais souvent de ce fiston qui a pour 2ème prénom "bêtises" hhhhh; quelle belle époque! Toi qui t'appliquais à prendre des cours de natation pour venir jusqu'à moi.....traverser la mer et risquer ta précieuse vie pour moi, le mérite-je?
Alors? Le fiston à sa grand-mère! Comment vas-tu?
Kéryma qui elle-même est GM !!! -
- 4. belfedhal abderrahmane Le 04/02/2026
A toutes et à tous Essalem.
Chère amie Noria.
Un hommage vibrant…Que de dignité, que de force et de tendresse se dégagent majestueusement dans la douleur silencieuse, témoins d’un deuil stoïque.
Chère amie, suite à votre vibrant hommage rendu en l’honneur du mari et père, profondément illustré par une prière solennelle pour que Dieu lui accorde miséricorde et pardon, l’occasion m a été donné de lire un article publié par le site ISLAM on line sur la manière d’honorer la mémoire du défunt. Le défunt peut-il donc bénéficier des œuvres d’autrui ? L’auteur Othman Alfaradh nous donne l’explication suivante :
Le défunt peut bénéficier des œuvres d’autrui à plusieurs niveaux :
Premièrement : l’invocation d’un croyant en sa faveur, dès lors que celle-ci remplit les conditions nécessaires à son acceptation.
« Et ceux qui sont venus après eux disent : « Ô Seigneur ! Accorde-nous Ton pardon, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi, et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur contre ceux qui ont cru. Ô Seigneur ! Tu es certes Compatissant et Très Miséricordieux ». »
Quant aux hadiths à ce sujet, ils sont très nombreux. Cela apparaît par ailleurs dans les invocations du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) en faveur des morts. Ce sont des invocations qu’il a recommandées à sa communauté en disant :
« L’invocation du croyant en faveur de son frère, en son absence, est exaucée. Un ange qui lui est assigné se tient auprès de lui et dit, chaque fois qu’il invoque [Allah] pour le bien de son frère : « Âmîn. Et à toi de même
Deuxièmement : l’acquittement, par le tuteur du défunt, d’un jeûne qu’il avait fait vœu d’accomplir. Plusieurs hadiths existent en effet à ce sujet :
Ibn cAbbâs rapporte qu’« une femme prit le bateau et fit à Allah le vœu de jeûner un mois si celui ci la ramenait indemne sur la terre ferme. Allah la sauva donc, mais elle ne jeûna pas jusqu’à sa mort.L’une de ses proches [sa soeur ou sa fille] se présenta alors au Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) etlui évoqua ce cas. Celui-ci lui dit alors : [« T’acquitterais-tu de sa dette si elle était endettée ? » Elle dit :« Oui. » Le Prophète reprit : « La dette envers Allah mérite plus encore de l’être.] Acquitte-t’en [donc][pour ta mère] ». » [Abû Dâwud]Ibn cAbbâs rapporte également que « Sacd Ibn cUbâdah consulta le Messager d’Allah au sujet desa mère qui était décédée et qui était redevable d’un jeûne qu’elle avait fait vœu d’accomplir. LeProphète (salallahu ‘alayhi wasalam) lui dit alors : « Acquitte-t’en pour elle ». » [Al-Bukhârî etMuslim]
Ces hadiths indiquent donc clairement la légitimité de l’acquittement, par le tuteur d’un défunt, d’un jeûne que ce dernier avait fait vœu d’accomplir (Sawm An-Nadhr). Toutefois, le premier de ces hadiths apporte, de par son caractère général, un élément supplémentaire qui est la possibilité de s’acquitter du jeûne obligatoire qu’un mort n’aurait pas accompli. C’est aussi la position d’Ibn Hazm et celle d’autres savants. Abû Dâwûd l’a mentionné dans son ouvrage intitulé Al-Masâ’il (p.96) :
« J’ai entendu Ahmad Ibn Hanbal dire : « On ne jeûne à la place d’un mort que dans le cas d’un jeûne que celui-ci avait fait vœu d’accomplir ». »
Troisièmement : l’acquittement de ses dettes par son tuteur ou toute autre personne. De nombreux hadiths, existent en effet à ce sujet.
En effet, avant toute chose, il est primordial, pour honorer un défunt en islam, d’acquitter ses dettes au plus vite.
D’après Samoura Ibn Joundoub (qu’Allah l’agrée) : Nous étions avec le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) dans une cérémonie funéraire lorsqu’il a dit: « Y a t-il ici quelqu’un de Bani untel ? » et il répéta cela à trois reprises.
Alors un homme s’est levé et le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) lui a dit : « Qu’est ce qui t’a empêché de me répondre les deux premières fois ? Certes je ne t’ai appelé que pour un bien. Untel est mort et est empêché par sa dette de rentrer au paradis ».
Samoura (qu’Allah l’agrée) a dit : J’ai certes vu cet homme s’acquitter des dettes du défunt jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne qui demande quelque chose.
(Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°3341 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud)
Quatrièmement : les œuvres pieuses accomplies par un enfant vertueux ; les parents reçoivent la même récompense que lui, sans que la sienne s’amoindrisse. En effet, l’enfant est le fruit des efforts de ses parents. Or, le Coran nous dit :
Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a insisté surle fait que :
« la meilleure des choses qu’un être peut consommer est ce qui provient de ce qu’il a acquis. Et certes l’enfant fait partie de ce qu’il a acquis.» [Abû Dâwud]
Cela est également appuyé par certains hadiths spécifiques que nous mentionnerons ici. Il ont été cités au sujet du bénéfice que les parents tirent des œuvres de leur enfant comme les aumônes, le jeûne, l’affranchissement d’esclaves ou autres actes de ce type.
• Ibn cAbbâs rapporte : « La mère de Sacd Ibn cUbâdah – le frère des Banû Sâcidah – décéda en son absence. Il dit alors : « Ô Messager d’Allah ! Ma mère est morte en mon absence. Tirerait-elle profit d’une aumône que je ferais pour elle ? » Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) répondit : « Oui. » Ildit alors : Sois donc témoin que je donne mon jardin d’arbres fruitiers en aumône pour elle ». » [Al Bukhârî et Muslim]
• Abû Hurayrah rapporte « qu’un homme dit au Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) : « Mon père est décédé. Il a laissé des biens mais n’a pas écrit de testament. Que je fasse pour lui une aumône expierait il cela ? » Il dit : « Oui ». » [Muslim]
• cAbdullah Ibn cAmr rapporte « qu’Al-cÂss Ibn Wâ’il As-Sahmî demanda dans son testament quel’on affranchisse en son nom cent esclaves. Son fils Hishâm en affranchit alors cinquante. Son autre fils, cAmr, voulut affranchir les cinquante restants mais se dit : « Pas avant d’avoir interrogé le Messager d’Allah. » Il se présenta donc à ce dernier et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Mon père ademandé dans son testament que soient affranchis cent esclaves. Hishâm en a affranchi cinquante, il enreste donc cinquante. Puis-je les affranchir pour lui ? » Le Prophète (salallahu ‘alayhiwasalam) répondit alors : « S’il était musulman, tout affranchissement, aumône ou pèlerinage que vous accomplirez pour lui, lui parviendra certainement. » (Et dans une autre version) : « S’il a reconnu l’unicité d’Allah, il tirera certes profit du jeûne et des aumônes que tu accompliras pour lui ». » [AbûDâwud]
Cinquièmement : les résultats bénéfiques [des œuvres] et les aumônes dont la récompense continue [après la mort du donateur] (Sadaqah Jâriyah) qu’il laisse derrière lui, conformément à la parole d’Allah :
Pour honorer un défunt en islam, il y a des aumône que nous pouvons faire.
«…et Nous écrivons ce qu’ils ont fait [pour l’au-delà] et les résultats de leurs œuvres … » [Yâ-Sîn : 12]
Plusieurs hadiths ont également été mentionnés à ce sujet : celui d’Abû Hurayrah selon qui le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit: « Lorsque l’être humain décède, son œuvre s’interrompt à l’exception de trois [choses] : une aumône continue (ou perpétuelle), une science dont les gens tirent profit, ou un enfant vertueux qui invoque Allah en sa faveur. » [Muslim]
Ce hadith indique que la procuration (An-Niyâbah) ne s’applique pas au niveau du jeûne, de la prière et de tous les actes du corps allant dans ce sens. Il pourrait même servir d’argument en faveur de ceux qui soutiennent que le pèlerinage accompli pour un défunt est en réalité compté pour celui qui l’a accompli et que seules l’invocation et la récompense de l’argent que le défunt a éventuellement dépensé à cet effet lui parviennent.
Nous espérons que cet article vous aura permis d’en savoir plus sur les façons d’honorer un défunt en islam -
- 5. Kéryma Le 04/02/2026
Ma Noria chérie,
Reçois mes sincères condoléances, toi et tes enfants chéris, même si je l'ai déjà fait dans des messages entre nous deux, ma peine pour cette terrible perte reste énorme, nous sommes soeurs et grandes amies, le compagnon de ta vie n'est plus, mais est toujours présent dans vos pensées et coeurs,
J'ai lu avec douleur ce que tu as écrit sur ton très cher défunt mari, je n'ai pu retenir mes larmes..
Et je m'arrête là..
إنا لله و انا اليه راجعون اللهم ارحمه واسكنه فسيح جناتك ، الله ابدل محبته بالصبر -
- 6. Abdouna Le 02/02/2026
Très touchants. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et vous donne la force ma chère Noria.
Courage. -
- 7. noria Le 28/01/2026
Salem à tous,
À vous, Amis du Site, Abdounates et Ferroukhiens : Que vous ayez parcouru des kilomètres pour nous rejoindre ou que vous ayez été présents par la pensée, un appel , un message ou une prière. Recevez notre gratitude éternelle.
Dans ces instants de fragilité, votre affection a été le souffle qui nous a portés quand le nôtre venait à manquer. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. -
- 8. Djamila Le 28/01/2026
De tout coeur avec toi ma chère Noria, puissiez-vous trouver, dans son souvenir, la force de rester debout, tout simplement.
Courage ma chérie.
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