L'Aïd el Adha... Pour toi, absent parmi nous
L ’Aïd el Adha est là. Les takbirat s'élèvent dans l'air du matin, portées par des voix qui célèbrent, et nous, nous les écoutons de l'intérieur de notre silence. Cette fête est celle du consentement à la volonté divine, de l'épreuve traversée avec foi et cette année, nous en connaissons le prix autrement.
Allah t'a rappelé à Lui au moment qu'Il avait choisi, inscrit bien avant que nous existions. Tu étais Son dépôt entre nos mains, le plus précieux de tous et Il t'a repris dans Sa miséricorde. Nous nous soumettons à Son décret, non sans douleur, non sans larmes, mais avec cette foi que tu nous as toi-même transmise comme un héritage sacré. Inna lillahi wa inna ilayhi raji'un.
Cette maison s'est réveillée ce matin dans le même silence lourd qui habite chacun de nos jours depuis ton départ. Pas l'absence de bruit, l'absence de toi. De ta présence qui structurait tout sans effort, de cette autorité naturelle qui n'avait pas besoin de se nommer pour se faire sentir. Les enfants sont là, debout, dignes. Ils ont tenu. Mais je lis sur leurs visages cette gravité que la perte inscrit définitivement chez ceux qui ont vu leur boussole se briser.
Ils ne se plaignent pas. Ils ne réclament rien. Ils portent ton nom avec cette rigueur silencieuse qu'ils ont apprise de toi, et c'est peut-être là la plus belle des prières que nous t'offrons ce matin.
En ce jour, je pense à ce que tu as représenté dans nos vies avec une acuité que les mots atteignent à peine. Tu n'étais pas seulement un mari, un père, tu étais la colonne vertébrale invisible de tout ce que nous sommes. Chaque décision prise ensemble, chaque tempête traversée côte à côte, chaque silence partagé qui en disait plus que mille discours. On ne mesure pas ce genre de présence quand elle est là. On la mesure à l'exact contour du vide qu'elle laisse.
Ce vide est immense. Il est solennel. Il a la forme précise de ta stature.
En ce jour de fête que nous traversons sans festoyer, nous n'avons qu'une seule certitude : Allah est Al-Rahman, le Tout Miséricordieux, et ta place auprès de Lui est infiniment plus belle que tout ce que cette terre pouvait t'offrir. C'est à cette pensée que nous nous accrochons quand le chagrin devient trop lourd à porter.
Dors en paix, enveloppé de Sa miséricorde infinie. Nous continuons, parce que tu nous as appris que l'on continue. Nous tenons, parce que tu nous as appris que l'on tient. Et nous t'aimons, en silence, chaque jour, avec cette constance tranquille que tu aurais reconnue comme tienne.
Commentaires
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- 1. Djamila Le 27/05/2026
Une lecture qui émeut aux larmes.
Je pense fort à toi ma noria et aux enfants en ce jour de fête si difficile. Qu'Allah vous accorde as-sabr dans cette épreuve et qu'Il l'accueille dans son plus vaste Paradis. Mes pensées et mes prières vous accompagnent en ce jour si particulier.
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