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Patrimoine/ Visite guidée de la ville de Miliana

Patrimoine : Émission conçue et présentée par Lynda Tamdrari et réalisée par Amin Louli

Commentaires (6)

Kéryma
  • 1. Kéryma | 25/01/2018
Merci Noria,
J'ai fait le tour de Miliana, une deuxième fois!
Mais cette fois-ci assise dans mon fauteuil, et c'était trop bien.
Big bisou,
Kéryma,
ferhaoui
  • 2. ferhaoui | 23/01/2018
bonjour tout le monde ,une très belle toile et un vrai cocktail de mots et de couleurs dans ce texte sur miliana à le lire pourtant je suis très présent et je suis fidele à ce que j'aime bien mieux encore milana, se mérite d'avoir en son sein de grands personnages tels que " le st patron sidi ahmed benyoucef, el emir abdelkader, ali la pointe, et bien d'autres...la liste est longue. merci p'tite soeur meskellil pour ce voyage et espérant que le feuilleton sur milianah est loin d'etre au dernier épisode...
Meskellil
  • 3. Meskellil | 23/01/2018
Bonjour Noria,
Bonjour à tous,

Quelle porte emprunter pour être au cœur de Miliana ? Celles très anciennes au nombre de quatre qui fermaient la forteresse entourée de remparts ? Celles plus récentes réduites à deux portes et quelques pans de muraille, ou celle où il n’y a plus de porte mais juste la partie de la muraille qui surplombe la plaine jadis luxuriante de verdure, mais au présent encombré de maisons fastueuses qui disputent sa hauteur au Zaccar qui lui, tutoie le ciel et à raison ? Je pense à ces dizaines d’esquisses de textes que je n’ai jamais réussi à finir… parler de Miliana… ce joyau naguère si éblouissant lové dans son écrin de verdure, caché aux regards, préservé, ou Miliana bercée par les chuchotements de ses eaux fraîches et limpides qui se font doux murmures, puis éclats vifs, fougueux, tantôt serpentant à travers une végétation riche, luxuriante, tantôt se jetant en cascades impétueuses baignant les jardins en contrebas pleins de gratitude. Miliana « 3zizti sekna la3lali » Youcef Azaizia la chante de sa voix sensible, profonde, mélodieuse, authentique aussi. Miliana, un paradis ? Paradis, un mot adapté du grec dans la langue française, mais dont l’origine est perse « pairidaesa » qui signifie « jardin clos de murs », et Miliana était un jardin clos de murs.

Allez, regardons une énième vidéo de Miliana, ça fait toujours plaisir. Les photos défilent sans précipitation et parfaitement synchronisées avec le contenu de l’interview de Wlid el Bled Mohamed Landjerit notre guide et porte parole Milianais. Chaque endroit évoqué est scrupuleusement et savamment illustré, de telle sorte que je me dis que c’est l’émission qui est ainsi conçue et ce n’est ma foi pas si mal, ça change…La vidéo est longue et je n’aurai pas le temps de la regarder d’un trait. Je m’installe plus confortablement quand même… Je regarde avec détachement et puis…Je ne sais par quelle alchimie, l’absence devient présence. La présence de l’absence ou ces images qui défilent s’immiscent subrepticement et sans crier gare dans mon univers affectif. Je sens ce flot d’émotions me submerger, mes yeux s’embuer, se remplir de larmes et se déverser sur mes joues. Je suis touchée, profondément touchée par ces associations, ces liens qui se font à mon insu … Miliana ancienne, certaines de ses rues, ses enseignes, El Anka avec El Hmam précisément. Je suis prise au dépourvu. Mes souvenirs affluent en masse et se mêlent aux images du diaporama, je vois, j’entends, j’écoute mes images lointaines, les personnes tant aimées et leurs voix me parler… trop émue... Je suis à mi-chemin de la vidéo, des enfants chantent « Ndjik, ndjik ». Une pause… j’aurais aimé que cette débâcle émotionnelle se termine avec Youcef Azaizia qui interprète merveilleusement ce morceau musical, conviction, tendresse, et foi, normal Wlid el Bled, mais qu’à cela ne tienne, c’est la relève qui prendra le relais. J’arrête à contrecœur la vidéo. J’ai prévu d’aller au théâtre et c’est l’heure… Dans ma tête, Miliana s’est éveillée, est dans tous ses états, j’entends mes pensées inspirées par le clapotis de l’eau, le doux murmure des ruisseaux les rendre fluide, les pétales des amandiers voltigeant autour de moi, je sens les volutes du yasmine, meskellil, zhar, lyès poussées par une brise légère, agréable, je marche dans cette terre imbibée d’eau, me penche pour cueillir du flyou, mes chaussures détrempées, je suis sur les bords d’un chemin de terre cueillant du khobbiz qui pousse en abondance, je pénètre dans le patio de cette maison arabe, le grenadier est en fleur, une corbeille débordant de habmlouk est posée sur une meïda disposée sous un pied de jasmin en fleurs, j’en déguste quelques-uns, juteux et fermes, un vrai délice, rihat el bkhour me parvient alors que je me désaltère à la khassa du patio du mausolée de Sid Ahmed Benyoucef, tiens ma fille, je te confie ce paquet, prends-en soin, il est précieux, je quitte Miliana et arrive à Bab el Gharbi une porte magique qui, aussitôt franchie, m’ouvre un autre univers, la campagne y est mystérieuse et pleine de charme, magnifique de ses couleurs, de ses senteurs, et de ses promesses tendres et chaleureuses, affectueuses,… la fête bat son plein, derbouka, tar, chants, danses et youyous accompagnent la mariée vêtue de sa dernière tenue la robe blanche ; après la tawsa, il faudra partir, il se fait tard, l’air est doux et parfumé, on est à El Anasser, les jardins y sont si florissants, un groupe de femmes quitte la fête, ces dames sont parées de leurs bijoux, de leurs belles tenues traditionnelles et de leurs hayeks mramma, insouciantes et bavardant tranquillement chemin faisant. La nuit est d’un bleu profond constellée de milliers d’étoiles scintillantes attentives au concert nocturne des grillons accompagnés par un clapotis de temps à autre où le refuge des grenouilles partie prenante de ces concerts nocturnes. Tout le monde connait tout le monde, et il ne viendrait à l’idée de personne d’importuner ces dames d’une quelconque manière, j’entends El A’li par moments, la soirée des hommes bat son plein tandis que le morceau final tebqaw 3la khir, wehna mchina welli yhebna yahlef 3lina est entamé chez les femmes, le Zaccar haut et imposant, impressionnant même de nuit veille sur elles, sur la ville…

J’arrive au boulevard Haussmann l’esprit toujours capté par mes souvenirs et leurs émotions, les images se bousculent, se superposent, se télescopent, se rencontrent, vivantes, autonomes, elles se déroulent à l’infini. Paris est froid et pluvieux, les grands magasins sont ouverts, il y a du monde sur les larges trottoirs, c’est la période des soldes. Les Japonais nombreux constituent la clientèle privilégiée de ces grands magasins. Je regarde distraitement ces immenses vitrines des Galeries Lafayette habillées de thèmes gastronomiques, chacune présentant sa spécificité parmi le pain de diverses formes, à l’aspect doré et croustillant, la pâtisserie ou des gâteaux pleins de crèmes et décorés de fruits factices, les légumes, les poissons, les viandes… Les chalands ou simples passants s’y arrêtent, s’extasient, prennent des photos… il faut dire que c’est assez inhabituel de mettre en scène, dans les vitrines chics et mondaines des Galeries Lafayette, la gastronomie. Ces œuvres géantes sont toutes signées Akram. Il a du bien s’amuser Akram mais aussi travaillé dur pour donner cet aspect frais, naturel à ses œuvres. Les écrans insérés au milieu de chaque création et donc dans chaque vitrine gâchent, à mon goût, cette exposition consacrée aux plaisirs du palais. Ces écrans insérés au milieu des créations vocifèrent images à l’appui des recettes, les étapes de la fabrication d’un bon pain…

Je reprends le métro plus loin, et descends à la station Saint Georges, il pleut toujours. Je suis en avance, mais le théâtre est ouvert, et rempli de gens déjà. Je prends mon billet et monte au premier étage, les ouvreuses ouvrent les portes et nous invitent à entrer, nous placent, et déclinent poliment les pourboires presqu’obligatoires dans d’autres théâtres. Je suis dans une petite loge prévue sûrement initialement pour deux personnes mais où on est quatre, un peu exigüe mais très proche de la scène, il y a juste un petit angle de la scène qu’on ne peut pas voir, rien d’insurmontable surtout que c’est une pièce qui promet d’être hilarante. Dans les théâtres, les places sont presque toujours une sorte de loterie même quand on prend des places chères sauf à prendre les plus chères côté orchestre et devant. Une fois, on s’est retrouvés perchés sur de hauts tabourets très inconfortables et sans dossiers, nos dos ont bien dégusté, et on ne savait plus comment se mettre, une autre fois, j’avais carrément un pilier juste devant mon siège ! Mais ce théâtre est petit, mignon comme tout et tout de velours rouge vêtu, les sièges, les murs et le lourd rideau de la scène. Mes pensées reviennent petit à petit de leur vagabondage Milianais. Ah, voilà les comédiens qui essaient de passer parmi les strapontins, la salle est archi comble ! Ils montent sur scène en se disputant ! Ça promet ! Allez, un petit aperçu de la pièce, « Les Faux British », une comédie catastrophe « Imaginez 7 amateurs de romans noirs qui décident de créer un spectacle alors qu’ils ne sont jamais montés sur scène ! Nos valeureux comédiens d’un soir vont très vite constater à leurs dépens que le théâtre nécessite énormément de rigueur. Malgré toute leur bonne volonté, les catastrophes vont s’enchaîner à un rythme endiablé. Dans ce jeu désordre, nos « Faux British », armés de leur légendaire flegme britannique, feront tout pour interpréter aussi dignement que possible ce thriller théâtral qui leur tient tant à cœur. Réussiront-ils à terminer la pièce ? Dans quel état va-t-on les retrouver ? Ce qui est sûr, c’est que le spectateur, lui, n’en finira plus de rire devant une telle succession de gags… So british » c’est ainsi que la pièce se présente et on a bien ri en effet, à en avoir mal aux côtes !

Retour à la maison…, j’ai encore un peu de temps pour visionner le reste du film « Virée à Miliana », plaisir que je ne boude pas. Mes pensées toujours aussi vagabondes reviennent en vrac et indisciplinées, dissipées se déploient de plus belle, je me laisse bercer par leur tumulte attendrissant, et par cette douce nostalgie… J’arrive à ce début de soirée comblée par cette journée délicieuse, et si les « Faux British » a obtenu le Molière de la comédie en 2016, lui valant une prolongation jusqu’en 2018, je n’oublie pas de mon côté d’attribuer le César à l’actrice principale de Virée à Miliana bien sûr avec mes remerciements chaleureux à Mohamed Landjerit et Youcef Azaizia, et le prix d’interprétation féminine exclusif à toi Noria pour nous avoir invités à cette très belle virée, très réussi aussi bien techniquement qu’émotionnellement. Chapeau bas !
Miliani2Keur
  • 4. Miliani2Keur | 23/01/2018
Bonjooooooor HOTESSE

C'est vraiment respectable de valoriser le travail d'information qui se fait autour de Miliana, peut etre que cela soigne la nostalgie incurable que tu en à, Miliana est ainsi cruelle et pourtant généreuse Séductrice!

un Hommage discret aussi a Cheikhna Landjerit!

Ton travail vidéo et Audio est aussi d'une trés bonne facture ...

merci précieuse Veilleuse de ta présence...
Mohamed
  • 5. Mohamed | 22/01/2018
Miliana rappelle en moi l'internat comme à ce souvenir d'un jour de sortie d’un Dimanche . On avait de ce moment de liberté son après-midi pour compter entre nous les ruelles de la ville quand on se trouvait sans le sou pour une place au Splendid ou aux Varietés. Alors il fallait nous débrouiller comment passer le temps sans larmes aux yeux .On prenait ce plaisir à mettre les mains dans les poches pour contenter seulement nos pieds et nos jambes à serpenter les ruelles de la ville.
Mais on blaguait, on riait pour oublier .Et On disait parfois entre nous apres la fatigue ou après avoir vu plusieurs fois chaque recoin d'une rue ,qu’on est déjà passé par cette rue ,prenons une autre ruelle pour changer au moins d’idée.
On garde toujours le souvenirs de cette ville qui nous a vu grandir dans une petite cour sous le feuillage de ses platanes.

Bien dommage pour moi que je ne peux suivre le guide comme toi Chantal,le format de video n'est pas compatible.
Mais je me suis dit pourquoi pas regarder la photo emise sur la video et entendre la musique de Franck Proucel " CHARIO " https://www.youtube.com/watch?v=VYF2yvVz1yA ça m'emmenera à ce temps tout en regardant Miliana sur cette belle photo de la pointe des Blagueurs et entendre cette vieille musique nostalgique qui me fera repenser à mon lointain passé à travers les rues de cette belle ville .
Chantal
Merci Noria pour cette excellente visite guidée de Miliana, passionnante et très didactique. Elle me rappelle une partie de mon enfance puis de mon adolescence passée dans cette ville jusqu'en 1962. Malgré les circonstances de l'époque et la brutalité de mon départ, je reste toujours très attachée à cette ville chère à mon cœur que j'ai toujours beaucoup de plaisir à visiter et ce, même si cette visite est virtuelle.

Bonne fin de journée à tous.

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