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La Légende de Sidi Ali Embarek

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Un riche Arabe, nommé Ismaïl, prit à son service un pauvre homme nommé Ali. L’Arabe possédait des champs superbes aux environs de Koléa, et c’est là qu’il envoya son serviteur Ali, pour labourer, semer et récolter.

Dès que le serviteur eut la garde des champs, les produits doublèrent, et cependant partout l’on disait qu’Ali le fellah passait tout son temps à prier et ne s’occupait ni de semer, ni de labourer, ni de récolter. Le bruit en arriva aux oreilles d’Ismaïl l’avare. Un beau matin, le riche propriétaire quitta sa demeure et se dirigea vers ses champs. Les bœufs sans conducteurs traçaient leurs sillons, et de petites mésanges volant derrière eux, répandaient le grain de la semaille. Plus loin, sur des broussailles en feu cuisait le repas d’Ali.

Le serviteur, couché sur le côté droit et cueillant des fleurs, priait à haute voix, tandis que des perdrix en foule peignaient la houppe de son bonnet. Etonné de ces merveilles, Ismaïl se jeta aux pieds de son serviteur et lui dit : « Ali le Fellah, sois béni entre tous, Prends tous mes biens, je te les donne, car il n’est pas juste qu’un Ouali tel que toi soit sans fortune. »

Le saint marabout refusa d’abord, mais sur les instances de son maître Ismaïl, il finit par accepter les richesses qu’on lui offrait. Sidi Ali Embarek (le Béni) augmenta encore plus que par le passé la production de ses champs. La nouvelle en parvint au Dey d’Alger. Lorsque le mois de l’achoura fut arrivé, le Dey envoya les receveurs d’impôts à Koléa, trouver le riche Ali, qui, eut beau se réclamer de son titre de marabout, dut se résigner à payer la dîme.

« Puisqu’il en est ainsi, dit Sidi Ali Embarek, prends mes meilleurs chameaux pour transporter l’impôt. » Les receveurs rentrèrent à Alger avec les chameaux et se rendirent aux magasins du Dey. Mais aussitôt, des flammes sortirent de la bouche des animaux du saint et inondèrent les magasins. Partout où ils furent conduits, les chameaux mirent tout en feu. On dut les reconduire au saint marabout auquel le Dey fit faire toutes sortes d’excuses.

Depuis ce temps, Koléa fut exempté d’impôts. Une femme de Koléa vint un jour trouver le marabout : « Mon fils unique, dit-elle, a été pris par les Espagnols qui l’ont emmené et fait prisonnier. Ne peux-tu point, par tes prières, le faire revenir ?
- Ton fils est-il respectueux ?
- Oui, il m’aime et m’honore.
- Alors, retourne chez toi ; demain ton fils te sera rendu. »

En effet, le jour suivant, le prisonnier fut tout étonné de se retrouver en Afrique, dans son pays natal, sans pouvoir dire comment il était revenu d’Espagne. Quand Sidi Ali Embarek fut sur le point de mourir, il dit aux gens de Koléa : « Soyez généreux et charitables ; secourez vos frères dans le besoin. Sinon, le lion noir viendra la nuit rôder autour de vos demeures ».

Une koubba fut élevée sur les restes du saint Ouali et l’on enterra tout autour ses enfants. Un tremblement de terre qui survint détruisit le pourtour de la chapelle, mais respecta la coupole et les tombeaux. Quand les gens de Koléa oublient la recommandation dernière du marabout, le saint, sous la forme d’un énorme lion noir, se montre aux alentours de la ville épouvantant les environs de ses rugissements terribles.

 

Cette légende a été rapportée par V. Bérard dans ses Poèmes Algériens.

Par M. Medjahdi

Commentaires (1)

Chantal
Bonsoir à tous,

Une jolie légende que celle de Sidi Ali Embarek très riche d'enseignement !

Merci à M. Medjahdi de nous l'avoir fait partager !

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