S 5Retour dans mes Souvenirs

                               De Bab-El-Oued @ Miliana

"Vacances! الزيّارة"

Trois mondes, Deux points de vue, Trois espaces en convergence vers Un Espace Commun

Un petit bijou que ce sketch, comme on n’en fait plus, et qui ne manquera pas, si regardé jusqu’au bout, de rappeler à quelques-uns ces moments doux vécus dans ces grandes maisons habitées par plusieurs familles, qui n’en formaient plus qu’une finalement, et qui partageaient El Mlih wa Douni.

Monde des hommes, monde des femmes, mondes des enfants. Irréductibles les uns aux autres, peu perméables, ce qui occasionne incompréhensions, malentendus et frustrations de part et d’autre, alors que chaque partie est de bonne foi. Les acteurs et actrices de chaque monde jouant au mieux les rôles qui leur sont attribués. Très complexes et parfois très compliqués.

Pourtant, tout peut être bousculé lorsque la rupture occasionnée par un réveil tardif, survient et sème le « désordre ». Elle finit à la fin, par amener ces acteurs et actrices à voir, à percevoir, à comprendre avec plus de clarté le monde dans lequel évolue l’autre homme, femme, enfant, débarrassés qu’ils sont de leurs costumes de scène.

La rupture comme perte momentanée de repères établis, comme déclencheur d’une communication naturelle, sincère, attentive, attentionnée, compréhensive débarrassée des représentations, des caricatures, et des méfiances. Un espace alternatif où hommes, femmes, et enfants se retrouvent enfin pour contribuer à cette entreprise commune qui séduit tout le monde, partir en vacances

Par Meskellil

Commentaires (3)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 17/01/2015
Bonjour Miliani2Keur,

Bonjour à tous,

Un prolongement du film et de son atmosphère en textes des plus agréables! Savoureux les zooms et arrêts sur images et expressions langagières tellement raffinées ! Sentiment ambivalent de tendresse et de mélancolie avec ce retour sur wast eddar et toute sa charge symbolique. Et ces hommes qui n’oublient jamais de se racler la gorge pour prévenir de leur passage, ou qui disent « Triiiiq » (ça résonne encore dans mes oreilles), en avançant doucement pour ne pas surprendre ces dames dans l’espace commun ! Un espace commun, mais qui appartient surtout aux femmes, les hommes ne faisant qu’y passer ! Ces images isolées s’étoffent et s’enrichissent de nouvelles perceptions, de nouveaux flashs, de nouveaux détails tout aussi exquis ! Séquence émotions ! Très attendrissant ! Tout un jeu de cloisonnement, décloisonnement tout en pudeur, tout en finesse, tout en acceptation, et tout en questionnement en fin de compte.
Merci Miliani2Keur pour cette extension du film belle, tendre, nostalgique et si précieuse !
ferhaoui
  • 2. ferhaoui | 16/01/2015
ah! si alger m'était conté.. ya kho milani2keur! nous avons, a la fois, l'histoire et le conte,...:le souvenir en noir et blanc et le souvenir de l'enfance rendue et les images oubliées reconstruites d'une vie humaine passée toute en vérité mesurée.....alors de grace ne laissons pas le passé là ou il est, que dire de plus à ce jeu de narration de souvenirs, une suite de regard sur une tranche de vie personnelle, liée à une époque privilégiée on p dire aussi helas révolue. l'ami ferhaoui, oran
Miliani2Keur
  • 3. Miliani2Keur | 16/01/2015
Le génerique en uniques lettres écrites a la main qui vibre, l'image vidéo Noir et blanc qui tremble, une chanson d'El Hasnaoui défile en bloc, quelque noms de techniciens français, encore aux machines, un film des 2 ou trois seuls réalisateurs Algériens: Mustapha Badie ou Ahmed Gherbi... gôut pérdu ... enfance qu'on reconnait mais ne ressents plus!
Jeu Théatral mais on ne le remarque pas, on s'en fout (c'est nous "plus vieux" qui parle)...ces espaces restreints, déja a l'epreuve de la Libérté : la femme le dit au début! marre de cet enfermement ... et puis cette Archeologie de décors, de verbes d'époques "Ya lla Hnifa louken tdji m3ana", "Jouz ya Makhlouk Allah", des chambres décorées comme des micro-palais, un couple filmé...dans sa chambre! malgré un dialogue lissé , des mots tendres , respectueux (non-violence impensable aujourd'hui), des mots ésthétiques (l'oreille de l'époque était si propre!) l'authentique des acteurs gomme tout

Et cette TABLE de la nourriture commune qui scelle tout le monde comme le PATIO -"Wasst Eddar", tout aussi commun/sacré, loin de l'intime de la chambre, au temps ou les chambres(à locataires) rayonnaient autour d'un centre!

Puis, le tragique, quand même, la (les) captive qui doit suppliér pour un peu de libérté, son tyran...un tyran! juste notre peur?! un manque d'échange?!
mais nous n'avons que cette table, ce patio, pour en finir!!!
et puis tiens on va tous a Hamam elouane Demain!!

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