Troisièmement, en conséquence, le travail de réformateur consiste à expliquer, à réinterpréter le Coran et la voie prophétique. Non pas les figer, ni les rendre caducs, par impuissance à les comprendre.
Il est impérieux de discerner, de tenir compte de l’environnement, hypersécularisé en Occident, et de s’attaquer à juste titre aux productions humaines archaïques. Mais remettre en cause les bases de l’islam est voué à l’échec. Ce qui mérite d’être contesté, c’est la lecture de courants intégristes qui trahissent les références fondatrices. Il est salutaire de revoir les textes à l’aune de l’évolution, en respectant le principe du consensus.
L’islam de la Tradition a prohibé le recours à la violence, sauf dans des cas de légitime défense, strictement codifiés et contextualisés. Les mercenaires qui ont recours à la force brutale, à la sauvagerie, au terrorisme, ne tiennent pas compte de la théologie. Ils s’excluent d’eux-mêmes de l’islam.
De grands réformateurs comme l’
émir Abdelkader, Mohammed Iqbal, Malek Bennabi, ont théorisé le changement de l’homme musulman et non point le changement de l’islam. L’interprétation suppose ce préalable et un consensus, que l’on obtient après débat entre musulmans qui ont la compétence cognitive.
Quatrièmement, ne pas généraliser. La majorité des musulmans du monde entier fait la part des choses entre ce qui relève de l’islam et ce qui tient des dérives des sectes. Une infime minorité de radicaux et d’ignorants ne peut changer la situation de toute une nation. Reste à expliquer toutes les causes de ce malheur, en analysant le contexte politique et les duplicités. C’est un problème politique et non point religieux.
Les musulmans ont un problème non religieux, mais politique. Ils aspirent à la démocratie, dont aucune civilisation n’a le monopole. Les systèmes fermés, autoritaires, le fanatisme et l’extrémisme ont des causes historiques internes et externes. On ne peut pas mettre sur le dos de la religion ce qui relève de la géopolitique. Innocenter le système mondial dominant, ne pas dénoncer les déstabilisations, la politique des deux poids et deux mesures ruine toute démarche de réforme.
Commentaires
1 LIBERTE Le 22/03/2015
Les "méchants garçons" les "États voyous" dont Sadam Hussein faisait partie doivent être puni pour leur effronterie pour leur détermination à saper le moral de la famille américaine en rivalisant avec l'autorité paternelle ....Seule compte la capacité de l'ensemble de l'administration américaine à donner corps à un sentiment de danger émergeant justifiant par là une stratégie de répression compulsive. Ainsi, la généralisation du mensonge politique comme arme de persuasion massive qui découle de cette nécessité intérieure. Pourtant tout occidental qui a acquis sur L'islam des connaissances approfondies sait à quel point son histoire son dogme ses buts ont été travestis. Il faut également signaler aussi que les documents publiés en langues occidentales sur le sujet hormis les études spécialisées ,ne facilitent pas le travail de qui veut s'instruire.
En occident, l'Islam est depuis toujours, l'objet de ce qu on appelle " une diffamation séculaire" alors que le Coran ne pose pas de problème d'authenticité. Espérons que la belle tradition vivifiante de l'Espagne D'El-Andalouss avec son foisonnement intellectuel scientifique et philosophique l'emportera aujourdhui sur celle du Wahhabisme intégriste.
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