Titre

Par Mustapha CHERIF

Émir Abdelkader. Apôtre de la fraternité

Par Le 04/07/2025

 

J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon dernier ouvrage ce jour, portant sur l'Emir Abdelkader.

L’Homme médian est la voie

Par Le 27/03/2023

___________Suggestion de lecture___________

Une contribution du Professeur Mustapha CHERIF, parue le 05 Novembre 2014, intitulée: "l'Homme médian est la voie", sur: www.oumma.com

La Umma se veut ouverte à toutes les autres dimensions et à toutes les communautés religieuses et culturelles, pour viser la communauté globale : l’humanité tout entière.

Pagecoran

8 Mars bonne fête

Par Le 07/03/2021

Images jpgn
 
Le Prophète et les femmes
 
Toute sa vie, le Prophète a défendu et respecté les femmes. Lors de son discours d’Adieu au pèlerinage, véritable testament, il a appelé à prendre soin des femmes, compagnes de l’homme.
 
Un jour, sur le chemin du retour de la montagne de Ouhoud, il se mit à pleurer et ses compagnons lui demandèrent :  «Qu'est-ce qui te fait pleurer ya Rassoul'Allah ? »Il répondit : « Mes frères me manquent ! » On lui dit alors : « Ne sommes-nous pas tes frères ? » Il dit : « Non ! Vous êtes mes compagnons ! Mes frères sont des gens qui viendront après moi, croiront en moi alors qu'ils ne m'ont pas vu ! »
 
Nous sommes ses humbles frères et sœurs, on doit le suivre, se souvenir de lui, et tenir compte de ses recommandations.
Malade, il rassembla ses épouses et leur dit : « M'autorisez-vous à me faire soigner chez Aïcha ? » Signe de ses bonnes manières et son noble comportement envers ses épouses.
 
Une fois à la mosquée, il fit trois recommandations :
« Ô gens! Par Dieu. Je ne crains pas la pauvreté pour vous ! Mais, je crains pour vous les mondanités de la vie d'ici-bas ! Je crains que vous vous la disputiez comme ceux qui vous ont précédés, et qu'elle vous fasse périr comme elle les a fait périr !
 Ô gens ! Je vous recommande de prendre soin de vos femmes ! Je vous recommande de prendre soin de vos femmes !
 Ô gens ! Je vous en conjure pour la prière ! Ne l'abandonnez pas ! »
 
Sentant l’heure venue du rappel à Dieu, son Seigneur, le Prophète regagna sa chambre et demanda qu'on le laisse seul avec Aïcha, qui vint à côté de lui, et il posa sa tête sur la poitrine de sa femme.
Quelle scène magnifique ! Le Prophète mourut dans les bras de sa femme.
Il ne mourut pas l'épée à la main en martyr, ni en lisant le Coran, et Dieu sait que cette mort est belle, ni en priant, et Dieu sait que cette mort est belle !
Il mourut dans les bras de sa femme ! Tout un symbole !
 
Un signe pour la femme musulmane et un message auquel nous devons être attentifs !
En souvenir de la voie du Prophète, les femmes, qui sont la moitié de l’humanité, ont le droit au respect. Les croyantes vertueuses et les croyants vertueux savent que l’égalité est donnée par Dieu, en même temps que le masculin n’est pas le féminin et qu’il faut ensemble forger l’harmonie, la paix et la miséricorde dans les cœurs, le respect mutuel,c'est une épreuve à surmonter avec sagesse. 
 
Ni modèle du libéralisme sauvage, de l’athéisme dogmatique, de la perte du sens spirituel, ni celui du rigorisme, de l’archaïsme et de la misogynie. Mais voie du juste milieu, de l’équilibre et de la complémentaire. Le Coran s’adresse à l’homme et à la femme sans distinction. Humanité partagée : « Vous êtes le vêtement l’un de l’autre »précise le Coran.

Face à la pandémie

Par Le 29/04/2020

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MC

Face à la pandémie

La survie de l’humanité

Entretien avec Mustapha Cherif

 

Question : Professeur, en tant que philosophe que vous inspire la pandémie mondiale ?

Mustapha Cherif : L’avenir de l’humanité est en jeu. Il est trop tôt pour cerner toutes les significations. Ce sera systémique, même si personne n’en détient les secrets et les conséquences. C’est une nouvelle catastrophe, de par le village global incohérent dans lequel les peuples sont embarqués. Ce qui est certain est le vouloir vivre. Tout un chacun découvre que la vie est un miracle, un don inestimable, qu’il faut préserver. Cela veut dire qu’on ne peut pas se comporter de n’importe quelle manière. Par exemple, on ne peut pas consommer une nourriture impropre, ni pratiquer des actes contre nature, polluer et abandonner des populations dans l’insalubrité et la précarité, au point de susciter des virus et des maladies mortels. La vie a ses règles. Les valeureux médecins qui font preuve aujourd’hui d’un engagement remarquable, partout dans le monde, le savent. Sur le fond, l’oubli de la mort, de la fragilité humaine et du sens à leur donner se pose. Dans cette épreuve, les êtres humains sont confrontés à leur finitude. Les politiques des systèmes hégémoniques, néocoloniaux et spéculatifs, portent atteinte à la santé, à l’écologie et au vivre ensemble. Dans le contexte néo-libéral, des systèmes de santé publique ont subis des mesures d’austérité drastiques, dont les populations paient aujourd’hui un lourd tribut. Les pays soucieux de justice sociale ripostent mieux à la pandémie qui a surpris le monde entier. L’Algérie, nourrit de la culture de la résistance, prend des décisions adaptées, en sachant que c’est une responsabilité collective. A travers les cinq continents, les guides spirituels, les philosophes, les psychologues, et autres vocations bénéfiques rappellent qu’il faut honorer la vie et s’occuper de l’essentiel. Les croyants rappellent que le Maitre des mondes est miséricorde et qu’il faut garder l’espérance. Les militants appellent à la mobilisation contre les injustices et l’oppression. L’histoire est en marche, vers un monde incertain dont on ignore les contours. Reste à être vigilants et disciplinés, se méfier du populisme, de l’alarmisme et des fake-news.

QO : Dans le monde actuel qu’est ce qui fonctionne, ou pas, au point de subir une catastrophe ?

MC : Il n’y a pas de hasard. En effet, il faut discerner. Le monde dominant est à la fois attractif et répulsif. Parmi ses données positives, ce qui fonctionne est la créativité, la recherche scientifique et l’esprit d’entreprenariat. Il semble émancipateur, mais n’a pas su forger une civilisation fraternelle et protectrice. Sur le plan politique, il est antidémocratique. Sur le plan économique, il est inégalitaire. Sur le plan culturel, il est aliénant. Il remet en cause les bases de la civilisation humaine en place depuis des millénaires. Il produit du malaise. La désignification du monde déshumanise. En réaction aveugle, l’autoritarisme, le fanatisme, l’égoïsme et la xénophobie prolifèrent. Des détresses psychiques sont visibles, le suicide a atteint des taux inquiétants. Le chômage et la déliaison sociale sont ses plaies. Le techno-capitalisme est dans l’impasse. Violent, il ignore l’éthique, flatte les bas instincts et repose sur la marchandisation de la vie, l’idée nihiliste qu’il est interdit d’interdire et la logique de la loi du plus fort. La pandémie est la goutte qui fait déborder le vase. L’humanité, interpellée, a besoin d’un ordre juste et qui ait du sens. La question est celle de l’alternative raisonnable. Il est légitime de façonner la modernité selon nos propres buts et contexte historique.

QO : Concrètement comment se dessine l’avenir géopolitique ?

MC : Sur la base de nouveaux rapports de force, les pays du Sud auront raison de remettre en cause l’iniquité de l’ordre dominant. C’est le début de la fin de l’architecture imposée après la deuxième guerre mondiale. La crise profonde du néolibéralisme, qui exploite les peuples et la planète à bas coûts financiers et de désastres pour la santé physique et moral de l’humanité. Pour le XXIème siècle, ce système mise sur le numérique et l’intelligence artificielle, un monde virtuel déshumanisé. C’est autour de la table des négociations que les grandes puissances et le monde entier doivent s’atteler pour coopérer et solidairement combattre le virus et à terme instaurer un nouvel ordre mondial juste. Il s’agit de la survie de l’humanité.

QO : Quelle est l’alternative ? Est -il possible de changer le monde, de revenir à des normes anciennes ou de réinventer d’autres ?

MC : L’espoir est permis, les gens ne sont pas dupes. Ils veulent le progrès, mais refusent qu’on leur vole leur vie. Il ne s’agit pas d’utopie, ou de retour vers un passé précapitaliste, ou de nostalgie d’un âge d’or quel qu'il soit. Il est légitime de dénoncer la logique prédatrice et la falsification de l’histoire, de rechercher un nouvel humanisme, de préférer le bien commun et de conjuguer économie de marché et règles éthiques, fondées sur la justice sociale et l’équilibre entre les biens collectifs stratégiques, services publics à préserver, et les biens particuliers. Les peuples veulent un monde où la dignité n’est pas bafouée, où les besoins essentiels soient garantis, marqué par une juste répartition. Il y a des penseurs critiques et divers au sujet des failles. Sont un héritage éclairant pour assumer nos responsabilités, les œuvres de penseurs comme Rousseau, Spinoza, Marx, Grasmci, Freud, Lacan, René Guenon, Emmanuel Mounier, Derrida, Berque, Samir Amin, Omar Aktouf, Edgar Morin, J-L Nancy, et sur un autre versant Ibn Khaldoun, Abu Hamed Ghazali, Ibn Rochd, ibn Arabi et l’émir Abdelkader. Sans nier la pensée traditionnelle, produire une nouvelle culture politique, un nouveau droit international et une gouvernance mondiale est urgent. La question est de concilier justice et liberté, éthique et efficacité, mondialité et spécificité. L’avenir de l’humanité est ouvert.

QO : Vous pointez une fin de civilisation, comment l’avenir se présente-il ?

MC : Nous vivons un bouleversement. L’humanité sera capable de surmonter cette épreuve, d’inventer une nouvelle civilisation universelle à condition qu’elle soit solidaire et favorise l’alliance du mondial et du local. Les sociétés techniquement développées ne renonceront pas facilement à leur mode de vie consumériste et inéquitable et la lutte entre les grandes puissances risque de redoubler de férocité, mais les peuples refusent la guerre et l’hégémonie d’une conception du monde périlleuse. Pour forger une société de la connaissance, patriote, compétente et vertueuse, il y a lieu de repenser le système éducatif. L’UNESCO, en particulier, doit être fortement soutenue. Pour bâtir un ordre mondial juste, aboutir à une véritable solidarité et affronter ensemble les grandes crises, il y a lieu de repenser l’interdépendance et l’organisation mondiale de production, notamment des médicaments. Dans le contexte de l’éveil des consciences et d’un monde connecté, tout sera possible si l’on est solidaire, en veillant à notre souveraineté individuelle et collective. La crise n’est pas seulement sanitaire et économique, mais existentielle. Sans l’éclairage du sens de la vie, les autres dimensions resteront insuffisantes. Le confinement auquel des milliards d’humains sont soumis est une épreuve qu’il faut respecter. Ce n’est rien par rapport à la perte de sens, de l’éthique et de justice sociale que l’humanité subit depuis trois siècles. Il faut débattre, respecter le droit à la différence et mettre fin à la politique des deux poids et deux mesures. L’éthique musulmane de la médianité est vivace. Elle enseigne que l’avenir est imprévisible, rien n’est donné d’avance et qu’il est de notre devoir de faire l’effort, de lutter, afin que le vrai, le beau et le juste adviennent. Confiance en la volonté divine, sens de la responsabilité dans le partage et priorité à la science, sont l’alchimie pour relever le défi.

*Mustapha CHERIF est philosophe, lauréat du prix UNESCO du dialogue interculturel.