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SI TU N'ETAIS PAS NEE, NOUS NE SERIONS PAS

T 4

 A ma mère, ma première école...

J'ai préféré  parler de toi à l'occasion de l'anniversaire de ta naissance et non celui de ta disparition.
Et comme c'est le 1er janvier, il ne peut passer inaperçu.

Comme tous les 1er Janvier, c'est d'abord la douceur de ton visage, de ton sourire et de ta voix qui accompagne mon réveil.
Comme tous les 1er janvier, me reviennent un tas de tes gestes et comportements.

Je revois le gâteau sec auquel on avait droit juste après notre bain.
Je te revois jonglant avec deux, trois ou même quatre oranges avant de nous les distribuer. Je revois ton équité qui te faisait nous partager un fruit (s'il n'y en avait qu'un seul) afin que tout le monde ait sa part.
Je revois les soirées où tu nous gratifiais de ton art de l'imitation!


Tu nous as préservés de tous les soucis qui dépassaient notre âge. Tu as réussi à protéger notre insouciance jusqu'au bout. Nous dormions sereins et comblés surtout si tu nous racontais les "Mhadjiate" que nous aimions tant!

J'entends tes supplications un soir de raffle de l'armée coloniale... Tu suppliais le moudjahid qui se cachait chez nous de ne pas tirer. Tu avais peur pour nous.*

Je revois tes mains tantôt pétrissant, tantôt cousant, tantôt tricotant ...au son discret de ta voix qui fredonnait tes chansons préférées.
"Les vêtements rangés doivent être empilés comme des enveloppes!".C'est ainsi que tu m'initiais à l'ordre et au rangement.

Tu qualifiais les femmes discrètes et laborieuses de "doudete el qezz" ( le ver à soie qui fabriquait dans la discrétion le fil le plus précieux). Et tu en faisais partie.

Tu étais exigente avec nous mais tu l'étais autant avec toi-même. Tu nous as inculqué la discrétion, la probité, le sens du devoir.

Et  je dois reconnaître que tout cela n'a été aussi concret pour moi qu'à la naissance de ma fille. Ce soir là, alors que tu la berçais, moi je pleurai toutes les larmes de mon corps. Je comprenais combien tu m'étais précieuse et combien difficile ma tâche de mère allait être.

Mon père** et toi vous êtes relayés et complétés dans votre noble mission qui était de faire de nous des adultes conscients et responsables.

Nous vous serons toujours redevables d'avoir assumé votre rôle d'éducateurs avec abnégation et un grand sens du devoir et du sacrifice.

Repose en Paix ma Mouima.

Par Safia BELHOCINE

Commentaires (1)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 23/08/2015

Bonjour Safia,

Bonjour à tous,

Un retour aux sources, à la source fortement enraciné dans l'amour de la mère, l'amour de la terre... Nourricières toutes deux...

Beaucoup de tendresse, d’émotion, et de nostalgie dans l’évocation de ces précieux souvenirs que nous partageons tous, et qui demeurent profondément imprimés en nous et pour toujours.

N’est-ce pas l’amour maternel profond, entier, généreux, enveloppant, sécurisant, désintéressé qui nous donne la vie, l’en-vie ?

N’est-ce pas l’apprentissage de cet amour tout au long de notre enfance qui nous dote de cette aptitude, de cette capacité à donner de l’amour à notre tour ?

Car enfin, ce qui importe ce n’est pas tant ce que nous donnons, mais l’amour avec lequel nous le donnons.

Le père dans tout cela ? Comme le dit Hesburg et sans que le rôle du père se réduise à cela, ce qu’un père peut faire de plus important pour ses enfants, c’est d’aimer leur mère.

Meilleurs vœux aux natifs d'août et d'au-delà!!

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