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Mais où est donc passé mon village ?

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Ce texte se veut une réponse à notre aimable ami Mr Bradai qui a évoqué le nom de mon village Sougueur ex Trezel, un village qui a perdu toute son attraction d autrefois...

 

Trezel

Parce que la plus forte, et à présent ravivée, rejaillit cette douce évocation de mon village fantôme !

Mon paisible, mon tranquille, mon doux village pris d'assauts de toutes parts, dépouillé, usurpé, défiguré, dévasté comme une terre livrée aux mauvaises herbes, n'est plus, englouti par des années d’indifférence. Mon délicieux hameau de paix se défertilise, se désertifie, s'équarrit et se meurt dans une mutité totale et complice : déficients parce que disséminés et démissionnaires, ses authentiques enfants le pleurent sans larmes.

Leur culpabilité est aussi profonde que leur souffrance.

Mon village exsangue et moribond a capitulé, piégé dans la bourrasque de l'anarchie « urbanisante », déclenchée par quelque espèce rompue au réflexe grégaire de bâtir n'importe où et n'importe comment, faisant fi des considérations architecturales, urbanistiques et autres écologiques ! Qu'importe tout ce verbiage dithyrambique aux yeux de ces bâtisseurs de la vingt cinquième heure ? Cette rhétorique esthétique à propos de la touche distinctive de la région ? Pourvu qu'ils s'accaparent ce délire de promotion personnelle aussi, tels des gladiateurs de l'antique Olympe, plus haut, plus vite, plus fort, ils construisent à perte de vue. 

Ils conquièrent des terres autrefois autrement utiles et…sans relâche, d'arrache pied, pierre par pierre, ils construisent un pied à terre, par-là, par-ci, sans répit…à perdre la vie…ils construisent leur « tombeau de la vie !»  

Du béton, de la dalle s’emparent brutalement du village. Et de voir ces charmantes toitures de tuiles et d’ardoises finir entre les mâchoires dévoreuses des grues assassines, ça vous poignarde l’échine ! Comme les vieux, « ça n’a qu’une goutte de sang dans les veines et ça vous saute au visage », vous assistez impuissants au dépérissement de ce patelin. Le territoire est pourtant si étendu, si relâché et si généreux qu’on aurait pu bâtir de nouvelles villes et prémunir ainsi la mémoire historique de ces milliers de villages qu’on déprave ! On aurait eu alors la possibilité de nous réconcilier en profondeur avec le riche passé de notre pays ! Chaque pierre, chaque tuile, chaque empreinte adhèrent à l’histoire millénaire de ce territoire ! La culture de l’oubli et du rejet, qu’elles qu’en soient les motivations, peut se révéler aventureuse dans la vie d’une nation qui ne consent point à observer les vertus de la diversité ! 

Mon village se dépersonnalise, se dénature, se désagrège dans cette excroissance tentaculaire et démesurée. Ayant tellement pâti, il en ressort tronqué, lui…si charmant, si gracieux, si coquet…aux rues larges et aux trottoirs bien agencés, aux quartiers impeccablement entretenus, aux maisons sobres et sagement alignées, aux allées disciplinées, décorées d'arbres sélectionnés, il se métamorphose en une espèce de bourg non identifiée que la sociologie urbaine doit inventorier sinon inventer. Cette « chose », sale et hideuse rassemble pêle-mêle des gens jonchés les uns sur les autres, au gré du besoin du moment et du…tout venant opportuniste ! Certains « quartiers en chantier permanent » y ont poussé sauvages, prématurés, insoumis et têtus, sans arbres, sans pavés, sans trottoirs, sans égouts. Toutes nues comme des vers de terre, même pas achevées, ces habitations se négocient et se vendent aux plus offrants, aux plus pressants, permettant à de copieuses opérations immobilières de se mouvoir dans d'obscures transactions ! Ces constructions périphériques ont sédentarisé de fortes populations, débarquées d'un ailleurs déraciné et çà et là, telle une métastase, des pôles populeux et insolites se sont multipliés.

Râlant et ankylosé, le cœur agressé et épuisé de mon village a craqué…par suffocation, apostrophant notre conscience pour « non-assistance à petit village en danger d'extinction »  

Mais combien sont-ils ceux qui se soucient sincèrement de cet appel de détresse ? De ce s.o.s ? Le décryptent-ils au moins ? Ressentent-ils alors l'imposant tribut que ce patrimoine est en droit de revendiquer et qui reste impayé ? Cette manie de vouloir détruire tout ce qui est beau relève-t-elle de la simple impéritie, à la limite réparable ou, plus dramatique encore, révèle-t-elle au jour l'ampleur des préjudices de raisonnements mortels, animés de rancœurs vaines et inopérantes d'une époque consommée, régissant autant le dispositif mental des gens ? 

Toute inimitié, toute haine, si légitime soit-elle, reste amorale, seul le pardon mérite respect mais cela réclame vaillance de cœur et noblesse d'âme ! Serions-nous donc « portés » sur la barbarie vengeresse et le vandalisme punitif ? Cela est un autre débat. Quoiqu'il en soit, un souci catégorique nous renvoie à la face cette effarante interrogation :

- Mais où est donc passé mon village ?

- Porté disparu…un peu comme les vieux métiers…hélas, on n'en fait plus ! 

Alors, quelque part dans mes rêves persécutés par des remords, je revendique ce paisible, ce tranquille, ce doux village et c'est toute mon enfance trahie, mon adolescence meurtrie qui le clament à cor et à cri…à coups de souvenirs et de nostalgie. 

Je survole le temps et se défilant sous mon regard, je vois revivre le jardin public combien choyé de ses vénérables serviteurs tous fiers de sa flore abondante, de ses généreuses fontaines versant sur leurs vasques de marbre des jets d’eau ininterrompus. Je poursuis du regard les folles trajectoires de quelques téméraires gouttelettes, expulsées plus haut et plus loin par la force du débit, qui humectent avec ostentation le gazon d’où s’échappe un doux effluve, émoustillant la loquacité des oiseaux pendant la saison des amours. J’évoque ici nos interminables controverses, assis sur ces larges bancs où tant de chimères et d'espérance ont fleuri dans nos juvéniles esprits bercés du clair de lune de nos brèves nuits d’été.

Je vois, acclamée de mille voix vibrantes, notre chère équipe locale dès son apparition sur le terrain et le stade municipal s’enflammer à chaque slogan scandé par les supporters abrités sous l’ombre des pins ravinés de résine aux odeurs qui taquinent les narines. Je me revois agrippé au grillage, grignotant ces succulentes cacahuètes encore chaudes, grillées et salées offertes par mon grand frère, à l’époque, pétrisseur. Ainsi dans ma tête une équation sans inconnue s’était définitivement établie : dimanche = stade + cacahuète donc détour obligé par la boulangerie de Si Youssef ! Ce rituel m’a accompagné durant une bonne partie de mon adolescence. J’entends encore nos commentaires incisifs et acerbes à l’occasion de chaque « ratage », commentaires qui se poursuivront tard dans la nuit au café « El Badri » ! Le boulodrome discret et jalousement enserré de platanes m’apparaît avec sa petite foule d'accoutumés se désaltérant après une partie de pétanque et dansant un soir d'été naissant. Je découvre en train de s'animer furtivement sous un matin levant, la place publique de sporadiques allées et venues de gens pacifiques et allègres. Je retrouve les regards familiers de gamins aux visages exubérants à l’approche des liesses des kermesses et des réjouissances de fin d'années scolaires. Je reconquiers ces longues veillées des rudes et durs hivers. Blottis aux poitrines clémentes de nos grand-mères, engourdis et le regard hagard, nous épongions notre soif d'histoires sur l’affolante « Tergou » ou le fabuleux « Smimi ennda*», personnages sans âge qui envahissent les rêves de nos nuits, auprès d’un feu de bois crépitant dans nos vieux âtres. Je m’ennuie souvent de ces parfums âcres et sauvages des coquelicots, des boutons d’or, des marguerites et des géraniums cueillis lors de nos promenades printanières à travers champs et fermes. Mon corps se souvient de nos baignades d’été où l’on se barbotait, tels des canards sauvages, dans l’oued Soussellem, heureux comme des anges. Comment oublier l'ambiance automnale de la saison féconde des vendanges, source de travail et de fruit du pauvre, au quotidien ? (Aujourd’hui que le raisin a disparu de notre paysage, cédant le pas aux tempêtes de sable intempestives et stressantes, on ne comprend que mieux « les raisons de la colère » des éléments déchaînés !). J’écoute le crieur public « el berrah » et ses communications communautaires qui se répandent de bouche à oreille ainsi qu’un feu de mèche dans tout le village. J’entends les incessantes invites du « guerrab », un personnage providentiel toujours là, son outre en bandoulière, faisant retentir les sons familiers de sa cloche prêt à étancher votre soif. Il vous verse dans une coupe de cuivre une précieuse eau revigorante assaisonnée d’un arrière goût d’huile de cade dont la fraîcheur se balade longtemps dans votre palais. Et les tumultueux brouhahas du souk et ses curiosités pittoresques parvenues de tout horizon ! Cette singularité, cette diversité… Tout cela hissait notre fierté d’un dièse.

 

« Contes du terroir » 

Je perçois les cliquetis matinaux et les clameurs si familières de nos métiers qui ont tant séduit mon oreille, en suscitant ma curiosité toute enfantine : Du tisserand habile aux mains agiles perpétuant la chaleur charnelle du tapis et de la djellaba, traditions élaborées de notre terre maternelle, au teinturier artiste, par des couleurs nuancées, prodiguant la gaieté dans la simplicité franche et naïve du bon vivre champêtre. Du forgeron fort et solide à qui pas un fer ne résiste, rougi au soufflet par la flamme vermeille, modelé au marteau sur l'enclume qui renvoie au dehors son échos cadencé, au cordonnier aux mains lestes et alertes, maintenant coriacement la rugueuse vie de nos souliers vagabonds. Et ce bourrelier qui, en les pavanant, anoblit le cheval et son cavalier quand la fantasia est à l'honneur ! Que dire du menuisier ébéniste dont nos rustiques armoires, œuvres repues d'affection et de passion reçoivent les senteurs inégalées des bois du terroir et conservent, jusque dans leur rainure, l'empreinte indélébile du maître d'art ! Ah ce généreux boulanger ! Lui qui nous fait vivre, qui nous fait manger de ce pain nutritif, pétri de bon cœur par ses mains nourricières…et combien d'autres petites choses encore, imperceptibles à l'œil brut et profane, que je me dois de celer par dilection pour les passionnés qui ne savent bien voir qu'avec leurs cœurs ! C'est toute l'âme ressuscitée de mon village qui se réveille et se meut ! 

Alors, une unique convoitise, une seule hantise sature entièrement mon être : vivre de toute ma vie de « sougri » les précieux fantasmes de mes rares nuits « trézéliennes » ! Il nous faut le dire; nous n'avons pas été assez préventifs pour retenir une règle de vieil usage, passée en adage : que le futur se corrige, se remanie et s'édifie de son passé, et que les belles choses, d’où qu'elles viennent, doivent se maintenir sans quoi ce serait un manquement au passé, une offense au présent, un mépris à l'avenir, un outrage à la vie. 

Mais pour s'en guérir, doit-il suffire de chérir les souvenirs ? Et quelque harcelante et entêtée que demeure leur endurance, résisteraient-ils alors à l'oubli ? L'oubli est humain…la douleur davantage.

Où que nous allions, quoique nous fassions, ce passé-là est permanent car si simple, si divers, si coloré qu'il s'impose à notre être intégral et, en nous faisant mal partout, nous fait du bien quelques parts. On ne peut que mieux pénétrer la désillusion et la déchéance de générations entières, qui peinent à traînailler le pesant cadavre d'un présent en décomposition incessante. Fantomatiques, faméliques, nous nous agrippons de toutes nos âmes, d'un ultime souffle d'inhalation, à cette époque quasi-fictive, avec cette résolution d'aspirer, en l'espace d'une éternelle échappée, aux félicités d'une ascension sans détour et sans retour ! 

Oh ! Compagnons égarés, amis épars de mon village confisqué ! Il me tarde de vous rejoindre, maintenant que l'espoir qui me faisait vivre a cessé de vivre, et déjà parmi vous, me ressourcer et m'identifier enfin !

 

Par Said BELFEDHAL

Commentaires (3)

Bradai
  • 1. Bradai | 03/04/2021
Salem Mr Belfedhal

je dedie ces paroles, pour votre beau village. Il suffit de les écouter avec de la musique des "The Crystals -la chanson Da dou ron ron ron.
- Da Doo Ron Ron (QG) The Crystals - Da Doo Ron Ron (HQ) - YouTubehttps: //www.youtube.com ›

Oui ; J’y suis allé à un beau village un jour Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
C’était ce jour d’un samedi , pas pour une visite mais seulement de passage
Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Quand j’y etais Dans ce beau patelin et voilà mon cœur s'est arrêté
Quand Quelqu'un m'a dit que son nom était Trezel ,
Et Puis un autre aussi m’a dit c’est plus trezel maintnant mais Sougueur
Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Ce quelqu’un m’est devenu un grand ami, Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
il avait aussi un frere et il avait un ami aussi Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
EH ! L’ami qui était,s’appelait Abderahmane,
Quand au frerot il s’appelait Said ,
l’ami tout court s’appelait Nouredine Bernoulli
Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Ouais, mon cœur s'est arrêté encore une fois Oui, Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Leur nom de village m’ont- -il dits était Sougueur et non plus tout comme autrefois
Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Et quand l’ami m'a raccompagné chez lui voir sa , maison
Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Je savais que ce qu'il faisait c’était pour me faire voir autre chose que ça
Quand il a attiré mon attention c’était pour voir son beau jardin d’antan
Mais son beau jardin n’avait plus de fleurs comme autrefois Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
L’ami avait l'air si calme pour ne pas me dire que c’était plus jolie comme avant Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Mais C’était un beau village quand il allait à l’école et qu’il était tout heureux d’avoir un beau jardin
Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Un jour bientôt je lui ai dit , que je vais faire comme lui Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Je lui ferais la surprise,lui montrer mon beau village Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
lui montrer le beau village avec un oued qui n’a plus d’eau aussi Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron Ouais,
Mais je sais qu’il sera tout content . Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron.
.tout content d’avoir vu aussi mon village Da doo ron-ron-ron, Da doo ron-ron
Bradai
  • 2. Bradai | 03/04/2021
Salem Mr Belfedhal.
Villageois d'un temps ,on repensera toujours à ce temps des fleurs des champs ?On en rtevoit plus de ces fleurs et plantes qu'on puvait manger detruites maintenant par des pesticides afin de limiter les risques de pertes des recoltes. Oh oui faire un bien pour faire du mal ! Quelle paradoxe vivant nous notre temps!!!.

Dans un tour de France qu'on passe à la Tele ,parfois je reste à admirer non pas les coureurs avec leurs velos ou ce qui est premier ou dernier.Mais je reste à admirer ce beau paysage vu d'en haut .A voir et à regarder aussi longtemps que l'emission ne cesse , les lieux avec leurs villages restés authentiques avec leurs toitures rouges ce qui n'est plus le cas chez nous.
Je crois que c'est difficile d'oublier qu'on avait un jardin avec des fleurs dans le temps, et qu'aujourd hui c'est une toiture en beton qui le remplace. Meme pour un decor de maison on en voit plus de nos jours de cheminée.
Il n'y as pas si longtemps qu'en compagnie de quelqu'un,alors qu' on etait de passage devant une ancienne maison qu'on vient de démolir. je lui ai dit Levraux est parti maintenant .Il me dit qui est Levraux .
Je lui ai dit c'est cette maison construite avec de la pierre dure et du mortier , l'epaisseur de ses murs allaient jusqu'à 50 cm avec un toit rouge et une devanture.IL me dit pourquoi l'avoir demolie elle tenait encore bon.Je lui ai dit qu' ellle va etre rempacée . Il me dit mais alors c'est toujours bon de remplacer quelque chose de vieux par une une nouveauté. Je lui ai dit mais moi cette vieille maison me rappelle une enfance quand je venais chaque soir prendre le 1/2 litre de lait et tu vois cette place construite maintenant comme une prison c'est là où on jouait .
Je crois que tous nos villages se ressemblent maintenant par leurs toitures de beton.et vivre dan une ville ou villlage c'est kif kif on achetera notre litre de lait dans un sachet de nylon.
A ce beau village qu'était Sougueur ex Trezel on voit bien qu'il tient encore au .Cher Ami . merci encor de nous avoir fait vivre un moment dans votre ancien village .
Belfedhal Abderrahmane
  • 3. Belfedhal Abderrahmane | 03/04/2021
BONJOUR TOUT LE MONDE
Me voila enfin face a un coin qui vient de s ouvrir comme par enchantement suite a une absence on ne peut dire que longue et inexpliquee Eh bien cher frerot tres content de te lire a nouveau surtout quand la plume se deverse dans un flot de souvenirs je sais que tu as finalise ton livre non edite a ce jour, intitule les menottes du passe et j ai eu le grand plaisir de parcourir certains passages j espere qu un jour les amis et amies du site auront l occasion d ouvrir ces menottes pour le plaisir d une lecture a faire remonter les temps les plus doux et les plus agreables Pour revenir a trezel avec un constat des plus objectifs je dois admettre que beaucoup de choses ont change avec l age et le temps mais mon cher frere doit on regretter le temps ou l age? ou les deux a la fois?notre village etait une merveille, nos enseignants etaient plus que merveilleux et nos traditions etaient de l or pur mais a cause de gens qui avaient perdu le sens du nord et bafoue toute notion de responsabilite SOUGUEUR a l image des autres villages est devenu l ombre de lui meme
QUE DIEU protege encore une fois merci pour un retour durable dans les colonnes de l exellent site qui pour nous tous est un reel reservoir a la hauteur de nos aspirations jespere que les autres coins dont l absence se fait sentir s aligneront sans tarder a la formule magique O sezam ouvre toi je l espere de tout coeur

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