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Retour dans mes Souvenirs

Soleil usurpé...

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Que voulez-vous que je vous dise de mon pays ?  Qu’il est très grand, très beau, assez beau pour faire rêver des tas de gens ? Que quelques millions d’âmes sur une piste vaste de plus de deux millions de km2 cavalent tout le temps, en quête d’une plausible place au soleil ? Que les trois quarts de ces millions se bousculent au seuil de la pauvreté, pendant que le soleil, lui, brille de tout son éclat sur un autre coté de la piste ? Que voulez-vous que je vous dise encore de mon pays ? Que des valeurs telles que le labeur de la sueur, la droiture, la loyauté ne nourrissent plus leur bonhomme et ne méritent guère, dans ce parcours du résistant, qu’on crève pour elles ? Vous enchanterait-il de savoir que mon pays possède pourtant un immense ciel d’azur éclatant, souriant à un littoral d’une interminable majesté, bardé çà et là de corniches et de forets à charmer plus d’un ? Un océan de sables fins et de dunes dorées aux couchers de soleil fabuleux ? Que sous ces dunes reposent des trésors insoupçonnés de substances minières ? Que cette mosaїque de paysages si vastes, de cultures et de traditions millénaires nous font presque oublier le reste du monde ? Que pourrais-je vous en dire encore ?

      Certes, on peut taire l’accablant réquisitoire de ce préambule et ne retenir que l’élogieuse plaidoirie qui le termine, caressant mon pays d’une infinie douceur dans le sens complaisant de nos poils blancs mais l’embêtant est que toutes ces richesses – cette rare et belle collection de cartes postales – nous demeurent inaccessibles !

            Cela vous surprendrait-il si les hommes de l’ombre de ce pays vous disaient qu’ils ont trimé durant leur vie intégrale pour satisfaire un tant soit peu leur misère toute physiologique ? Que de la naissance à la mort, bon an mal an, ils ne sont même pas parvenus à se débarrasser des contraintes de leur estomac, condamnés à le remplir vainement, ce tonneau des Danaïdes lui consacrant toutes leurs têtes de bêtes de peines et leur génie escarpé brûlant ses derniers neurones ? Et qu’ils n’ont jamais soupçonné, ne serait-ce qu’en rêve, l’accession aux plaisirs supérieurs de cette belle et vaste nation ? 

      Les projets d’un avenir meilleur ? Vous plaisantez ! Ça, c’est pour les gens qui réfléchissent, qui, tout le temps le ventre farci ont la tête à ceci ! Eux ne savent même pas rêver car ils n’ont pas ce privilège, tout préoccupés qu’ils sont par leurs têtes enfoncées dans leurs entrailles !

     Qu’en est-il du coté des hommes de la lumière ? Vous hésitez à y aller ? Ah ! Il vous faut peut-être un « visa d’entrée » au pays de leur soleil qui rayonne par tous les temps, de tous les rêves, de tous les excès, de toutes les arrogances et les suffisances ! Ils vous confirmeront (en aparté, n’est-ce pas ?) tout leur enthousiasme et leur joie de vivre dans ce pays si agréable et si irradiant de lumière ! Ceux-là n’ont pas besoin, pour arriver, de courir. Ils y parviennent d’office et sans coup férir. Ils sont nés sous le soleil, ayant toujours lui pour eux et avec ou sans efforts, ces fils de l’astre vont à la rencontre de leur avenir, naturellement éclairé devant eux par la grâce des seigneurs du beau temps : Un tapis roulant et lacté les y conduit. Rien à voir avec ces dératés qui courent depuis leurs lointaines et sombres naissances, cumulant coups durs du destin sur fond de traversées interminables de désert ! Rien à voir avec ces hommes de l’obscurité qui persévèrent à tatillonner de toute la force de leurs volontés, à la recherche d’une vie moins rude, plus clémente pour déceler en vain l’anfractuosité du tunnel qui ouvrirait sur la vie enfin…ou sur la mort ! La tête encore gavée de rêves interdits et inutiles sur lesquels ils n’ont jamais fantasmés, hantés du spectre de leur échec  majuscule, ils s’essoufflent et s’épuisent sans jamais avoir eu le temps d’apprendre à sourire. Que voulez-vous que je vous dise enfin de ces « damnés de mon pays ? »

      Que valent les splendeurs de ce littoral, l’immensité de ce désert, cette diversité de cultures, de langues et de traditions face à leur regard dégarni et impuissant qui n’a jamais outrepassé son champ de vision, réduit à la limite de l’horizon ? Dans leurs yeux éteints, se déchiffre la détresse surhumaine, se devine aisément sur leurs visages émaciés, en se confirmant, l’éternelle peine. Parce que ce soleil-là leur est dispendieux, puissent-ils, mon Dieu, prétendre à un peu de chaleur humaine ?

      Il faudra qu’un jour, ils commencent par relever cette tête enracinée dans les méandres dédaléens de leurs insatiables viscères et affronter ces « intouchables » qui vivent au-dessus de leurs épaules, avec tous les moyens du pays, devenant invincibles et invisibles ! 

      Ça, c’est tout mon pays ! Pourrais-je espérer, encore de mon vivant, pour une fois, voir l’Histoire, éclairée de son impartialité, réhabiliter ses hommes oubliés, égarés dans leurs contrées ténébreuses, exclus de leur propre et vaillante guerre si lumineuse ! Ils souffrirent, moururent, consumant toute la lumière de leur cœur et de leur foi pour que cessât, un jour, la longue nuit expansionniste, que leur pays existât, inondé partout du soleil de la liberté !

      Et l’indépendance, bien après, demeure pour eux, pour leurs enfants, une bien autre sombre intrigue ! Censés vivre debout et fiers, encore une fois, ils s'inclinent, tête baissée, prenant conscience trop tard que le pays a créé ses propres colons, produits chez nous, de notre sang et de notre chair, tout comme nous, mais…avec ce signe particulier : Le soleil ne rayonne que par et pour eux ! 
Que voulez-vous que je vous en dise de plus ?
 

Par Said BELFEDHAL

Commentaires (1)

Belfedhal Abderrahmane
  • 1. Belfedhal Abderrahmane | 05/01/2019
bonsoir a tous
bonsoir said
bonsoir meskellil et cette absence? c est comme ce soleil qui apparait timide puis aussitot il disparait laissant place a une temperature basse, donc mon cher said, il ya enormement de couleurs dans le soleil, ce grand signe de dieu et qui peut se vanter de vouloir ou pouvoir l usurper? cree depuis l aube des temps, bien avant la creature de l espece humaine, le soleil brille pour la vie
cependant les comprtements avides, egoistes et souvent frappes de cecite nous poussent a s interroger sur le pourquoi profond sur leur nature et la portee a saisir mais finalement ce qui est revoltant c est quand ces comportement deviennent naturels et habituels difficiles de s en separer pour ne pas dire dififficiles de s en liberer ou de s en debarrasser el jahlou dhalam w el ilmou nour w SALAM

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