Nous étions au début d’une année scolaire, la classe 3 s'attendait qu'un prof d'anglais s'amène comme il fut à toutes les autres classes 1 et 2 mais voilà qu'au bout du corridor qui relie la salle 6 à d’autres salles du couloir on voit venir la personne du Surgé Abdelwahab accompagné d’une autre personne inconnue à tous, plus petit de taille de grosses lunettes de vue lui couvraient les yeux.
Un large par-dessus d’hiver qu’on en voit plus maintenant de nos jours lui couvrait ses petites épaules. Ce pardessus lui tombait jusqu’aux bas des genoux. Ce qui le rendait encore plus petit de taille. Il avançait en parallèle avec notre surveillant général tenant dans sa main droite une petite serviette en cuir et qui dans sa démarche se balançait allant de l’avant à l’arrière. Dés à l’instant de son approche vers nous, notre attention fut attirée par quelque chose d’autre d’anormale dans l’aspect physique du bonhomme. Quelque chose manquait en lui. Bien après réflexion, on a fini par comprendre qu’au bas de la manche gauche de son pardessus, ni sa main ni ses doigts n’apparaissaient à la lumière du jour comme l’autre main de la partie du corps. C’était à cette première vue surprise que nous a été apparu Cervera en ce personnage encore inconnu pour nous.
Quand Mr Abdelwahab dans cette allure a lui fort remarquable et mémorable s’arrêta au devant de la porte de la salle, méthodiquement il l’ouvrit tout en nous priant d’entrer en silence, nous sûmes alors que l’accompagnateur ne peut être que notre nouveau professeur d’anglais tant attendu. Mais ce n'est qu'après être tranquillement assis sur nos chaises qu’en cette circonstance actuelle et présente à notre sens de l’ouïe et de la vue, l’interlocuteur qu’était notre surveillant général nous le fit présenter comme le nouveau professeur d'espagnol à notre lycée.
A peine ce mystère dévoilé que nos beaux yeux qui rayonnaient de joie à un moment donné laissèrent apparaitre dans leur regard une déception totale à cette annonce cruciale qu’on ne fera non pas anglais mais l’espagnol. En ce moment bien crucial pour nous aucun n’en avait le cran d’en dire quelque chose de plus devant cette présence autoritaire d’un Surgé tel que Mr Abdelwahab que nous connaissions... Est-ce après les maths, les sciences, l’éducation physique c’est au tour de la langue vivante imposée de combler le fond de notre savoir. A notre connaissance, du choix de la langue aucun de nous élèves de cette classe n’avions opté pour la langue espagnol. Mais, il est dit que ce que qui est fait est fait et c’était en cours qu’en se désintéressait totalement de ce qui plaisait à ce cher prof Cervera. Cela faisait pour ce moment notre force à refuser cette langue, quant à l’administration du lycée du moment qu’elle l’avait imposée sans notre consentement, elle fut pour l’administration ce talon d’Achille cette faiblesse qui n’aurait pas dû être qui va la mener à se confronter nos parents pour les convaincre et résoudre ce problème au plus tôt.
Quant à nous dans l’ensemble, comme malheur à notre sort en n’en voulait pas à la personne de Mr Cervera. Ce qui nous intéressait faire de l’anglais et non pas l’espagnol. C’était des moments fous qui s’en suivirent qu’on passait avec lui en cours où chacun était libre de faire ce qui lui plaira de faire. Au fil des jours de la semaine les cours se suivent et se ressemblent, on ne voulait pas de l’espagnol. Et dans nos petites cervelles l’idée tramée persistait comme ça se dit dans l’adage : « Que Cela est prouvé qu’on obtient guère d’un homme ce qu’il ne veut pas faire. »
Mais ce Prof aux yeux pensifs savait comment utiliser cette faculté qui la tient peut-être de son expérience d’homme mûr pour nous en faire comprendre quelque chose de merveilleux dont nous tenions à la rejeter sans la connaitre. Sans avertir la surveillance ou mettre dans l’embarras l’administration du lycée Cervera en homme compréhensible employa sa façon d’enseigner pour nous dire tout simplement qui veut être aimé, qu’il aime. De cours en cours de sa patience et son amour à autrui il s’arrangeait pour faire tout ce qui était dans son possible pour nous faire admettre que l’espagnol est comme l’arabe tout en prenant ces exemples dont je me rappelle bien : de ce qu’on appelle en français mortier en bronze et de son pilon appelé el mihraz en arabe qu’en espagnol on l’appelle el mihraz, que la savate qui est chaussure en français et sabbat en arabe se dit aussi el Sabato en espagnol.
Il finira par nous dissuader par divers arguments à nous faire renoncer à cette obsession arbitraire à nos idées. Au fil du temps sa patience a fini par l’emporter sur nous et ils ne nous restaient qu’à suivre ses cours qui se faisaient par des écritures aux multiples bâtons de craie colorés sur un tableau noir. Il arrive même que s’il s’endort parfois profondément derrière son pupitre et que cela n’arrive que pour la circonstance au moment d’une composition trimestrielle il ramène des lunettes noires qui lui cacheront ses yeux pour nous en donner libre cours et qu’à cela permettra à chacun d’avoir une note au-dessus de 15 jusqu’à 21 sur 20.
Pour lui dès le début de notre contact, il savait qu’l était nécessaire d’avoir cette patience avec nous, qui grâce à elle il a pu créer l’ambiance que nous avions connu avec lui. Il était sincère avec nous, il nous parlait avec franchise il était plein de respect et de loyauté. Par le temps, nous avions fini par l’aimer et l’estimer. Il était l’apanage de la jeunesse que pour les internes, il en était cette bénédiction qui fera vibrer leurs rêves tous les jeudi soir. IL suffisait pour chacun d’avoir 20 cts avec soi en poche, le prix d’une entrée pour un film bien choisi par lui tel que « les disparus de Saint Agil». C’était ça Mr Cervera, tel que nous l’avions connu tout au début de nos 12 ans à cette époque.