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Le maréchal-Ferrant

Par Benabdellah Mohammed

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  Comme promis aujourd'hui je vais citer un personnage qui a fait partie de notre jeunesse et qui a meublé notre temps pendant un certain moment.Il a eu le mérite d'exercer un métier que seuls des hommes forts pouvaient l'accomplir et avec une certaine dextérité.Il possédait un local en face" de placet el fham" juste sur le côté droit en face également des pompiers. Il possédait une clientèle un peu particulière parfois docile et quelques fois nerveuse.Vous avez peut-être deviné il s'agit du maréchal-Ferrant Ammi Ameur,Allah yerhmou.Très tôt le matin il ouvre son local met ses habits de travail et actionne sa forge en créant un brasier sur un genre de four. Il attise sur le feu avec un grand soufflet. Aussitôt le brasier prêt il commence à façonner les fers à cheval en tapant sur un morceau de fer ardent qu'il immobilise à l'aide d'une grosse pince. Après plusieurs essais, le fer est prêt. Et ainsi de suite jusqu'à former un stock qu'il utilisera dès que se présenteront les clients. Il faut dire que ceux-ci se précipitent pour être servis les premiers. Sa clientèle était formée de mules, de mulets, d'ânes, d'ânesses et quelques rares fois de chevaux. L'opération de rechange des fers se fait en plusieurs temps. C'est tout un rituel. D'abord calmer l'animal qui a tendance à s'énerver puis se positionner le dos dans la même direction que l'avant de l'animal. Le propriétaire aide l'artisan en soulevant la patte de l'animal et en la fléchissant vers l'arrière. Une inspection du sabot est souhaitée et s'il faut le nettoyer c'est à l'artisan de le faire. Le curetage du creux se fait à l'aide d'un outil spécial qui dégage le sabot pour pouvoir être muni de fer. Parfois il faut limer le sabot car comme les ongles il a tendance à s'allonger et pour que le fer lui aille comme un gant il faut couper les extrémités débordantes. La pose et la fixation du fer sont la dernière étape. Comme pour les humains il faut trouver le fer qui épouse parfaitement la forme du sabot. Une fois trouvé c'est le moment de le fixer sur le sabot. De gros clous sont introduits dans les trous du fer et c'est à ce moment qu'entre en jeu le marteau pour les enfoncer et consolider le fer sur le sabot. L'animal en ce moment est tenu fermement car il s'affole lorsque le marteau commence à être actionné. Les extrémités des clous qui dépassent sont coupées à l'aide d'une cisaille affilée. La patte est ainsi délivrée et place aux autres. L'opération de rechange des fers ne dure que quelques minutes. Le propriétaire semble satisfait du travail accompli par l'artisan, s'acquitte de la facture et s'en alla. Au suivant... et c'est ainsi toute la journée, durant toute l'année. Nous étions jeunes et nous étions fascinés par le métier que faisait Ammi Ameur.

Commentaires (10)

BA
  • 1. BA | 18/04/2014
Mr Benabdellah Mohamed vraiment je suis epoustouflee par l exactitude des détails que vous faites surgir a chaque fois sur différents endroits ou faits ayant une relation avec Miliana.Bien que je n ai pas eu le privilege de vivre a cette epoque mais c est comme si j y etais.Bravo.Quant a vous Meskelil je me suis toujours posee la question des 3 coups du marechal ferrant sans pouvoir trouver d explications logiques .Dieu merci Qassida a enfin eclaire notre lanterne.Pour cela merci.
Meskellil
  • 2. Meskellil | 16/04/2014
Qasida, vous avez du bien rire de mon explication "naïve", en tout cas, moi j'en ris! C'était donc ça, cette histoire de coups!! (moi, je n'en entendais que deux, et donc il y en avait même un troisième!). Et moi, toute contente et fière de mon explication! Eh, c'est que je me suis toujours posée cette question lancinante de la raison de ce petit coup et de son utilité, et tout naturellement j'ai pensé que le forgeron ne pouvait arrêter son bras d'un coup après un tel élan, et que le petit coup... Bon, j'arrête parce que je m'enfonce de plus en plus. Dire qu'on se trimbale des obsessions de ce genre durant toute sa vie!! Merci Qasida d'avoir enfin levé le voile sur ce mystère.
Quasida
  • 3. Quasida | 16/04/2014
Et on ajoute et en rajoute encore !!!
Pour les trois coups du forgeron cela s'explique par ce ci:
le forgeron travaille avec un aide .L'aide en face de lui frappera le fer rouge à l'aide d'une masse, le forgeron lui a à une main la pincette qui tient le fer tout rouge sorti des braises et l'autre main un marteau . Et là on voit ce travail formidable en cadence du forgeron et de son aide . A chaque fois que l'aide fait entendre son coup ,le forgeron le suit d'un premier coup et le second petit coup sur l'enclume c'est pour lui donner le signal de retaper encore une fois le fer rouge.

Le forgeron disait à son aide par ce troisième coup /
Frappe le fer tant qu'il est chaud.frappe!!! frappe!!!
Parfois cela déplait au forgeron les coups mous de son auxiliaire qu'il refroidit le fer et le rougit à nouveau et le remet sur l'enclume et le travail de la cadence reprend c'est pour ça qu'on entendait toujours les trois sons .Le coup le plus pénible etait celui de l'auxiliaire pour qu'il forme ses biceps à la grande joie du forgeron.
Meskellil
  • 4. Meskellil | 16/04/2014
Bonsoir,

Chez le forgeron, j'entends encore le son du marteau sur l'enclume, petit détail: il y a toujours une grand coup et un tout petit qui suit, et ce qui est curieux, c'est que tous les forgerons font ça, peut-être pour amortir un peu l'élan du premier coup!
Chantal
  • 5. Chantal | 15/04/2014
Merci Mohamed pour cette description vraiment très précise. Cela m’épate que l’on me parle d'un lieu dans lequel j’ai vécu pendant huit ans, à savoir de 1954 environ à 1962 … et que l’on me précise que c’était … « la porte qui donne sur la petite rue et non la rue St. Paul » … J’avoue que je suis époustouflée ! J’irai voir cette 3ème rue … à gauche … lors de ma prochaine visite à Miliana !

Med Bradai … vous aussi vous m’avez fait revenir en mémoire le son du marteau sur l’enclume ! J’ai l’impression d’entendre ce son simplement en vous lisant. C’est tout de même extraordinaire !

Quel bonheur que ce site existe ! Mais qu’aurais-je fait sans toi Noria !
keryma
  • 6. keryma | 15/04/2014
Ouuupssss! Les amis je parlais beaucoup plus du forgeron!
bradai
  • 7. bradai | 15/04/2014
Mohamed bonjour.

Mohamed ,permet moi d'ajouter le son du marteau sur l'enclume qu'on ne peut ni voir ni entendre sur cette toile si bien décrite. C’était ce son qui faisait le charme de la forge et permettait au maréchal - ferrant d'attirer sa clientèle de loin.
Le maréchal _ferrant avait aussi une matraque avec au bout une lanière cuir avec laquelle son aide maintenait le museau de la lèvre de la bête parfois difficile à maintenir .
Le maréchal _ferrant me rappel cette enfance ,où à son insu on prenait les montures attachées et laissées par leurs propriétaires qu'il avait pour tache de les ferrer.On les prenait même au risque d’être attraper par nos deux gardes- champêtres pour ce plaisir d'un petit galop dessus dans la nature un certain temps avant de les restituer en les laissant rejoindre seules leurs lieux d'attaches.
keryma
  • 8. keryma | 15/04/2014
Bonjour Mohammed,

Nous allions chez le maréchal-ferrant une fois tous les ans: Le deuxième jour de l'Aïd el Adha (la fête du mouton), et bien je ne sais pas si cela se faisait à Miliana, mais mon père nous y emmenait pour que le m.ferrant flambe la tête et les pieds de notre mouton, et je peux t'assurer qu'il y avait de l'attente! Mais notre joie était grande quand notre bouzelouf était prêt.
Nous le regardions faire avec son chalumeau... Il faut dire qu'aujourd'hui je ne supporte pas voir tout ça, encore moins regarder un mouton se faire égorger! Quelle histoire!

Amitiés,
Kéryma,
Benabdellah Mohammed
  • 9. Benabdellah Mohammed (site web) | 15/04/2014
ESSALEM à toutes et à tous.@Chantal merci pour les compliments quand à l'endroit où se situait le maréchal-ferrant, il s'agit de la" place du charbon"indiquée à Miliana.Du café de feu Mr Vincent, votre père ,et de la porte qui donne sur la petite rue et non la rue St -Paul, vous partez tout droit. A la 3eme rue à gauche se trouve la place et sur son extrémité droite dans sa partie postérieure se trouve l'artisan dont il a été question.La photo qui illustre le texte montre le local de Ammi Ameur.Je remercie Noria de l' avoir dénichée.La description du travail du maréchal-ferrant est le résultat de longs moments passés, sans lassitude, devant son local,assis à meme le sol avec des copains.Le métier de maréchal ferrant a disparu après le décès de Ammi Ameur Allah yerhmou.Bonne journée à toutes et à tous.
Chantal
  • 10. Chantal | 14/04/2014
Merci Mohammed pour cette excellente description. Elle est tellement « fidèle » que ce souvenir m’est revenu en mémoire aussitôt. Je l’avais totalement occulté ! Par contre, je n’arrive plus du tout à me souvenir où se situait le maréchal-ferrant à Miliana !

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