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Mes Souvenirs de Miliana/ Par Mohamed-Rachid YAHIAOUI

Mes souvenirs me font descendre dans les abysses du temps et nous voilà en 62/63 où nous étions (Elèves du Cnet) quelque peu les SDF en attendant notre luxueux bloc dortoir/restaurant :Les anciens eleves CET/ 1961 1962 Au lycée FERROUKHI où nous étions en internat et bénéficiâmes donc de la restauration, dortoir N°1 (Lit simple, armoire individuelle, table de nuit, drap et couverture pliés à la militaire et études de 5 à 7). Au lycée Abdou, nous acquîmes les premières leçons de sténo, de comptabilité dans l’annexe (baraques). Lors de nos heures creuses, nous passions nos heures d’étude dans la salle de sports quelquefois en galante compagnie non sans le côté amical, faisant ainsi grincer les dents à nos amis internes de FERROUKHI.

Avec un petit sourire aux lèvres semblable à celui d’un enfant à qui on a remis un bonbon, j’entends encore le clapotis frémissant d’une eau cristalline qui brisa la roche bleue du Zaccar et descendit en pente prononcée, vient caresser les gargotes de Torra, puis, tel un anaconda, va en serpentant   jusqu’à la Pointe pour se jeter rageusement sur les potagers et les vergers de Zougala. Cette eau impétueuse était un torrent fougueux qui, arrivée à la plaine en contrebas, devient une eau fainéante, s’arrête là, atermoie ici, repart à contrario pour finir, éreintée dans Oued Boutane. 

Mes souvenirs me renvoient les odeurs enivrantes de « mesk Elil » et autre « soltane Ghaba », l’odeur balsamique de la chlorophylle dégagée par les potagers nouvellement arrosés après que le disque solaire ne se soit penché sur « bab El Gharbi », inondant Korkah de ses derniers rayons de feu.

Fête des CerisesNous sommes en 1965, c’est le mois du Muguet, la rue Saint Paul est parée de ses plus beaux atours, jalonnée de platanes centenaires dont les cimes forment une nef de cathédrale, qui descend en pente douce jusqu’à l’horloge, sous les airs du tube de l’époque de Ouafia qui chante « Ana El Ouahdania ». Miliana en ce mois attend fébrilement sa fête des cerises qui va être inaugurée par le président Ben Bella. Char fleuri, flonflon d’une musique moderne à la piscine, gala de boxe à la Pointe, cornets de cerises à profusion. Air bon enfant.

Folow my, please : Place des Martyrs en face du Jardin, Studio de Monsieur Zazak (moustache à la Viking), Librairie Azizi, imprimerie Bentabak, le magasin atypique de Ismail Dahlouk, hôtel et l’église qui nous a servi de dortoir et nous voilà le nez dans la verte Zougala qui écrase El-Khemis de son poids millénaire.  Spectacle aérien grandiose que l’on admire à partir de la Pointe des Blagueurs : chapeau du gendarme, Sidi Sbâa, et voilà l’autocar de la SATAC qui serpente la route bordée de vendeurs de fleurs. Spectacle en hauteurs du Zaccar et ses « gueules noirs » descendant des obscurs tunnels avec, à leur ceinture, leur inséparable lampe à carbure et leur musette.  

Comment puis-je oublier ces moments exquis après que j’eusse eu le coup de foudre de la ville des cerises ? Je paraphrase toujours Alain PROUST dans le texte en disant « Si nous pouvons donner à nos souvenirs le support d’une sensation du présent, alors ils reprennent vie comme les morts d’Homère dans l’Illiade » A. Proust (le temps retrouvé).

Retrouvons-nous tous ensemble en souvenir de la ville de Sidi Ahmed Benyoucef et des « chaifates » durant le « rakb » des Beni Farh et jetons sur la table de nos tenaces souvenirs les moments fabuleux que nous avons vécus.

Flash-back. Retour la réalité de la cité qui n’est point sa vérité d’antan. Miliana déliquescente et en déréliction, Miliana brisée par la bêtise humaine, Miliana clochardisée, Miliana hypertrophiée, mais Miliana toujours debout grâce aux étais que sont ses véritables fils.

Miliana, ce phœnix qui renaitra de ses cendres.

Commentaires (7)

Miliani2Keur
  • 1. Miliani2Keur | 05/10/2018
un temoignage de l'age d'or Yahiaouien et Algermilianais avant que le nivelage FakeBookien ne passe par la prairie...
La miliana sensuelle, aqueuse, parfumée, fantasmee, eclat de paradis, sa palettes de personnages vrais frais, son temps en supens, sa geographie rageuse et notre eternelle enfance comme veillisance qui pleure a s'y perdre, et la plume de notre démesuré Rachid impudique de talent et de verdeur a tracer ses lignes et nous les jicler en pleine face...
merci Noriaaaaza d'avoir remis en vitrine ce ptit bijoux
ZOUM
  • 2. ZOUM | 12/06/2014
CHER(E)S AMI(E)S,
JE TIENS A M EXCUSER DE NE POUVOIR ASSISTER AU RDV DE CHERCHEL AUQUEL J ATTENDAIS AVEC IMPATIENCE DEPUIS DES SEMAINES.
UN CHANGEMENT IMPREVU DE MON PROGRAMME DE DERNIERE MINUTE A EU LIEU ,DECIDE EN FAMILLE,CE QUI ME CONTRAINT MALHEUREUSEMENT DE NE PAS VOUS JOINDRE LE 14 COURANT...
JE REGRETTE BEAUCOUP DE NE POUVOIR ETRE PARMI VOUS A CHERCHEL UNE VILLE QUE J AIME TANT SURTOUT EN PERIODE ESTIVALE.NEANSMOINS JE VOUS SOUHAITE A VOUS TOUTES ET TOUS BEAUCOUP DE JOIE POUR CETTE AMICALE RENCONTRE , BIEN QUE JE SERAI MALGRE TOUT, DE TOUT COEUR AVEC VOUS PAR LA PENSEE.

BIEN A VOUS,
AVEC MES AMITIES,

mourad
Meskellil
  • 3. Meskellil | 12/06/2014
Délicieuse lecture! Le chemin vers Miliana d'antan s'éclaire au fil des mots. Des souvenirs bienheureux que l'on pensait à jamais perdus, nous rendent notre sourire attendri, de leur lointain exil. Merci.
Chantal
Bonjour Med,

Le message de Jack Lenoir me rappelle ma propre enfance à Miliana. Comme lui, je ne me souviens plus du nom de mes camarades de classe à deux ou trois exceptions près. Je ne me souviens plus du nom de mes professeurs, excepté lorsqu’une abdounate me donne un nom et me dit : « mais, oui, souviens-toi Chantal, il était comme ceci, comme cela … ». Et, là, seulement, je me souviens (mais cela n’arrive pas souvent). Il faut bien dire aussi qu’il y a une question de génération et, étant née en 1947 … lorsque je me suis retrouvée dans la cour du Lycée Mohamed Abdou en mai 2013 … je n’en ai pas beaucoup trouvé de mon âge … pour ne pas dire pas du tout ! lol ! Tout comme Jack Lenoir je me souviens aussi des figues de barbarie à la sortie de l’école … des noyaux d’abricots avec lesquels nous jouions dans la cour de récréation (les filles aussi y jouaient ! lol) … sans oublier les gâteaux bien sucrés du Ramadan. Le marché sur la place devant le Jardin Public était lui aussi très caractéristique. Jack Lenoir a vraiment bien connu Miliana !!
bradai
  • 5. bradai | 11/06/2014
A tous les nostalgiques d'un temps révolu mais qu'on le ressent dés qu'on le rappelle à la mémoire.

En lisant le commentaire de Lenoir qui suit j'ai vu que sa place mérite d’être lue 'avec les écrits de Yahiaoui en souvenirs d'une si belle ville .
2. LENOIR jack 21/06/2013
bonjour à tous,
que de souvenirs,que d'émotion...(trop sans doute)qui reviennent à la lecture de tous les messages de ce site!!!
j'ai vécu à Miliana dans les années 58-60,comme fils de militaire français.je ne me souviens malheureusement plus des noms de mes camarades de classe ou de ceux de mes professeurs.je ne me souviens bien que des maisons où nous avons habités ma soeur danielle et moi avec nos parents.
la première était juste en face de la piscine et, derrière chez nous, habitait la famille Allouch, le père était plombier je crois...
l'année suivante nous sommes parti habiter dans une cour militaire.
ha! mordre dans une figue de barbarie à la sortie de l'école,
jouer avec des noyaux d'abricots dans la cour de récréation,se goinfrer de gâteaux sucrés à la fête du Ramadan,le marché sur la place devant le jardin public....
je n'ai pas revu Miliana depuis toutes ces années mais je crois que c'est elle qui garde le plus de place dans mon coeur!!!
gardez tous cette enthousiasme et cette joie de vivre
Jack
Kader Refine
  • 6. Kader Refine (site web) | 11/06/2014
bonjour tout le monde , bonjour Kéryma ! 6h.du matin ; une prière matinale pour toi ! qu ' Allah par ta guérison nous donne cette joie tant éspèreé et attendue.
bradai
  • 7. bradai | 11/06/2014
Revoir Miliana,c'est revoir chaque fois sa jeunesse .Revoir un temps qui nous a marqué tout jeunes par notre presence dans cette ville. Eleve des années 60 ,un copain de classe m'a dit un jour à chaque fois que je passe près du lycée Mustapha Ferroukhi,j'ai la sensation d'etre encore éleve.

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