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De Bab-El-Oued @ Miliana

Une histoire insolite

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Une histoire insolite, très rare en son genre, inspirée de faits réels, nous conduit aux abysses d’une affreuse et horrible prison de l’armée Française durant la guerre de libération nationale, où excelle l’art des tortures, des supplices et des exécutions.

Avant d’entamer le récit de cette émouvante histoire, truffée d’émotions endeuillant nos cœurs, je me dois d’abord d’exprimer ma profonde gratitude et mes sincères remerciements aux responsables de l’exposition affichant les œuvres de certains de nos Chouhada, Artistes (à la Bibliothèque municipale-Cherchell 2008), et pour les précieuses informations recueillies, inhérentes à l’histoire d’un Chahid et de son mouchoir. Ayant saisi et compris l’intérêt et la portée profonde que je vouais à de telles œuvres, ces responsables m’ont confié et permis de trimballer, jusque chez le photographe, une œuvre historique qui vaut des centaines de millions, vue sa valeur emblématique…Merci infiniment pour cette grande marque de confiance à mon égard.


L’histoire relate les faits d’un mouchoir de poche, fugace et sans grand intérêt qui a intimement accompagné un condamné à mort pour faire chemin ensemble et se quitter un jour, l’un exécuté et l’autre, un mouchoir miraculé, un témoin qui en dit long sur la révolution Algérienne et les profondes meurtrissures qu’a connues le peuple. Mais en vérité, ils (le condamné et le mouchoir) font toujours route ensemble sur les pages de l’histoire, cette histoire où confluent, malheureusement, le vrai et le faux, elle nous a mentis en nous enseignant que la France est une grande civilisation où a été promulguée la déclaration des droits de l’homme; le libérant de l’esclavagisme et du vampirisme, comme elle nous a mentis en culpabilisant Oswald dans l’assassinat de Kennedy et les deux tours de la W.T.C et l’Irak etc…
Un mouchoir qui nous fait éclater en sanglots mais, comble du paradoxe, n’essuie aucune larme, se trouvant dans la poche du condamné, a servi de toile à un artiste qui n’a comme paysage que les murs de cette prison où finit la vie, les portes métalliques des cellules ténébreuses et une cour intérieure servant de « récréation » aux prisonniers.
Sans tact, ni adresse et loin du respect des proportions et des perspectives auxquelles sont astreints les artistes, le condamné donne libre cours à sa spontanéité pour estomper ce lugubre et morbide paysage que vous voyez sur la photo en essayant de faire éclore d’un cauchemar, un rêve et des abysses des ténèbres, une éclaircie d’espoir en parlant d’indépendance, de liberté et d’amour. Comme métaphore, je ne trouve pas autre que de comparer ce sentiment d’espoir à une bulle d’air qui se libère du fond d’une mer, qui se débat désespérément jusqu’à faire surface et voir la lumière du jour.
Sentant sa mort prochaine, notre ami confie son mouchoir, son œuvre inestimable, à l’un de ses compagnons de prison en incombant à tous la responsabilité de faire de ce mouchoir un miraculé qui survivra jusqu’au jour de l’indépendance. Après son exécution et à chaque fois qu’arrive l’heure fatidique et fatale de celui qui le détient, le mouchoir est confié au suivant.
Il arrive que le prochain se retrouve avec deux mouchoirs, celui-ci qui le fait pleurer et le sien qui essuie ses larmes.
Ainsi, de poche en poche, notre miraculé mouchoir est devenu le rescapé de ces prisons où finit la vie, où le mot pitié est interdit d’accès à ces arènes de terreur et d’horreur. Comme le monde est petit et la vie courte, je me retrouve, un jour, en compagnie de deux anciens combattants à qui je racontais, triste et endeuillé, cette émouvante histoire. Ils m’ont prêté oreille et écoutaient attentivement le cours du captivant et tragique récit qui les a, à leur tour, secoués au plus profond, au paroxysme. Un effet surprise m’a bouleversé lorsque le deuxième Moudjahid que je ne connaissais pas m’a fait part du fait QU’IL ÉTAIT L’UN DES CONDAMNES A MORT.

________ALLAH YARHAM ECH-CHOUHADA________

Par Ahmed ARBOUCHE

Commentaires (6)

fazin
  • 1. fazin | 08/01/2017
Bonsoir à tous et toutes ,
L'histoire de ce mouchoir emblematique est poignante et nous rappelle que pour acquerir cette independance ,notre pays a paye un lourd tribut ,En effet ,la colonisation brandie en tant qu'action civilisatrice est en fait venue aneantir tout un peuple ,en lui volant son identite et son ame .Que de gens furent emprisonnes ,subissant des tortures insurmontables,des actes barbares et combien nombreux ceux qui sont passes par la guillotine sans trembler en scandant Allahou Akbar !!!! Le simple fait d'evoquer ça, me donne la chair de poule mais demontre combien leur foi etait grande et combien leur bravoure etait exemplaire .Il est de notre devoir de ne pas les oublier et de les evoquer à chaque circonstance qui se presente afin que la memoire reste vivante et que les generations à venir sachent le prix paye pour liberer cette terre des serres des rapaces qui s'en sont appare.Allah yarham èchouhadas .
arbouche ahmed
  • 2. arbouche ahmed | 05/01/2017
Mes Remerciements aussi à mes très chers amis : Mohamed Benabdellah et Djillali Deghrar pour avoir évoqué et fustigé,véhémentement, les tragiques moments et les meurtrissures qui s'inscrivent dans les pages sombres de notre histoire ,oeuvre du colonialisme. Ces plongeons dans un créneau de notre passé,non par plaisir mais nécessité oblige,ne sont que des rappels pour perpétuer la mémoire et lutter contre l'oubli,des requiem aussi pour prier en faveur de ceux qui ,par la pus grande abnégation,ont sacrifié leurs vies pour éclairer celles des autres.
djilali deghrar
  • 3. djilali deghrar | 05/01/2017
Cher Ahmed, bonsoir

FORMIDABLE HISTOIRE QUI NOUS INTERPELLE ET ET NOUS RAPPELLE CERTAINS MOMENTS DU PASSE. L’ÉMOTION FUT GRANDE ET EXCEPTIONNELLE .BRAVO ET MERCI ENCORE .
Benabdellah Mohammed
  • 4. Benabdellah Mohammed (site web) | 05/01/2017
Essalem à toutes et à tous.Histoire vécue émouvante.On imagine le courage de ces valeureux martyrs qui attendaient la mort avec fierté et qui certains trouvent le moyen de faire parvenir des messages aux futures générations.La devise du martyr précité"Loin des yeux près du coeur" trouve toute sa valeur et son sens.Il est inutile de ressasser ce qu'a fait le colonialisme d'autres l'ont déjà fait mais on garde toujours cette amertume et ce sentiment étrange d'impuissance.Merci Ahmed pour cette histoire qui a eu le mérite de nous rappeler, encore une fois et toujours, le noble sacrifice de nos valeureux martyrs qui nous ont permis, par la grace d'Allah, de vivre libres et indépendants dans notre chère Algérie .Gloire à nos chouhadas.
Arbouche Ahmed
  • 5. Arbouche Ahmed | 04/01/2017
Bonsoir Chantal
Remerciements sincères et profonde gratitude à Noble Chantal pour ses éloquents commentaires et ses prises de position , toujours dans le vecteur du bien, du juste et du sublime. Pétrie d’une glaise qui lui confère ,inévitablement ,la qualité de pure Algérienne ,à part entière, sans frontière invisible aucune ,Elle ne cesse de militer pour dénoncer tout ce qui n’est pas régenté par la Morale ,elle vient ainsi s’ajouter au répertoire de nos amis de toujours comme :Louise Michèle, Henri Maillot Frantz Fanon et tant d’autres. Nous te vouons un grand respect pour avoir compati à toutes nos histoires de détresse où les « save our souls » (S.O.S )ont été lancés .Tu seras la bienvenue sur cette terre qui t’a vue naitre et grandir que tu défends avec acharnement comme si tu y vivais.
Bonne et joyeuse année.
Chantal
Bonjour Ahmed,

Aussi bouleversante que soit cette histoire sur le plan émotionnel, il convient de ne pas oublier ces hommes (et ces femmes) qui se sont battus (au sens propre et au sens figuré) pour obtenir leur liberté sur un territoire qui leur appartenait. Par ailleurs, elle illustre parfaitement ce que disait Victor Hugo: "L'épuisement des forces n'épuise jamais la volonté". Elle met également en exergue l'abomination de ce qu'a été la colonisation d'une manière générale et de l'Algérie en particulier. Si, au cours de mon enfance, j'ai été, bien involontairement, le témoin de certaines scènes d'injustices et d'humiliations envers le peuple algérien qui m'ont révoltée sans qu'il me soit possible (compte tenu de mon jeune âge) de "dire" et de "dénoncer", à l'aube de mes 70 ans, je n'ai rien oublié et ces scènes resteront à jamais gravées dans ma mémoire. En tant que française, en ce qui me concerne, les affres de la colonisation m'auront conduite sur le chemin inverse, à savoir que je reste fidèlement attachée à ce pays et au peuple algérien.

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