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Par Ahmed ARBOUCHE

  • La glaise qui fait les Grands Hommes

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     Je suis comme secoué par un besoin de raviver un souvenir qui raconte une histoire des plus édifiantes, bourrée de sagesse et de sagacité, appartenant à ces hommes dont toute leur grandeur avait été pétrie d’humilité. A vouloir connaitre le secret qui élève au rang des nobles, on le trouve chez ces hommes qui s’abreuvent de modestie, de gratitude et de bien ; fait dans le silence et contraire à tout écho . Les choses que nous connaissons sur les hommes ne font que leurs noms ; c’est peut-être ce que nous ignorons d’eux qui fait beaucoup plus leur grandeur.

    En 1978, me trouvant au service national, en qualité d’aspirant chargé des prérogatives de chef de service comptabilité, j’étais appelé, entre autres, à remettre les paies mensuelles au Personnel civil que comprenait notre administration.
    Mon attention était particulièrement attirée par une seule personne ; un gardien pas comme les autres. Un homme dépassant de loin l’âge de la retraite, vivait seul dans un centre de colonies de vacances et jugeant lui être utile, je lui ai proposé mes services pour l’aider à partir en retraite.
    Souriant, il m’a répondu par un refus qui m’intrigua du fait que c’était le contraire à quoi je m’y attendais. Voulant conforter ma bonne intention, il m’invita à m’asseoir près de lui et, comprenant toute la beauté du geste ; se résumant dans un sourire de sage qui ne le quittait pas, il va me conduire dans une pérégrination, dans le temps, pour me raconter son histoire… et quelle histoire !!!

    Chaque famille Algérienne, racontant en film ce qu’elle a vécu pendant la guerre de libération nationale, décroche inévitablement un « Oscar » au festival de Cannes.
    Il me conduisit à Béchar où il naquit et vivait pour me faire part de son histoire insolite.
    Un soir, quand tomba la nuit dans un douar à la périphérie de Béchar, les habitants furent alertés par des aboiements de chiens. Dans ces conditions de guerre, tout le monde était aux aguets et on s’attendait bien sur au pire ; raison pour laquelle on ne fermait pas totalement l’œil.
    Ils ont su tout de suite que c’étaient les Moudjahiddine qui passaient, à leur mot d’ordre : « nous sommes el Khaoua », voulant dire : nous sommes vos frères.
    Ils furent vite reconnus et pris en charge avec tout ce qu’on pouvait offrir de mieux aux invités. Le vieil homme qui était en face de moi était bel et bien la personne qui a pris soin de ces maquisards ; leur offrant une chèvre au souper, sa maison, sa literie et tout ce dont ils avaient besoin. Tôt le matin, ils prirent le café et continuèrent leur mission.
    Quelques années après l’indépendance, un colonel, en la personne de Si Abdellah Belhouchet , partit en mission à Béchar, dans le cadre de ses fonctions d’officier supérieur de l’A.N.P .

    Arrivé sur les lieux et après sa mission, il demanda à être dirigé vers le douar qui l’a si bien accueilli, nourri et logé en ces moments difficiles de guerre. Si je me rappelle bien de la narration du vieil homme, le colonel avait été conduit par hélicoptère.
    Son arrivée au douar ne pouvait passer inaperçue, c’était un événement criard, rassemblant tous les habitants ; venus nombreux émousser leur curiosité …Dire que les invités sont bien reçus dans notre bled, surtout au Sud, serait un grossier pléonasme.
    Après une entrevue des plus conviviales, le rideau est tombé sur le secret de cette visite si inattendue dans un coin perdu, pour susciter une euphorie mêlée de nostalgie et de confusion…des moments difficiles à contenir ; aux états d’âmes graves.

    Au moment du retour, le colonel avait demandé à voir, seul, l’homme généreux et hospitalier qui leur avait fait don de tout ce qui était en sa possession en ces moments pénibles que fut la guerre et, tête à tête, ils avaient parlé de tant de choses.
    Informé de la situation et des conditions de vie déplorables que menait cet homme après avoir tout perdu pendant la guerre, Si Abdellah Belhouche lui demanda de faire sa valise pour le suivre et aller vivre avec lui pour le restant de sa vie sans qu’il ne manque de rien. L’homme qui n’avait personne et rien à prendre avec lui s’était certainement contenté d’un regard d’au revoir ou d’adieu pour partir et ne plus revenir à cet océan de sable.

    Ce jour là et étant très jeune, j’avais situé - COMME UN EVEREST- ce petit homme (Colonel,son grade à mon époque) qui avait refusé un jour, de se peser devant nous ; tellement chétif ( sur une bascule de la coopérative militaire de Blida) ; qu’aucun Général au monde ne peut égaler…Allah irahmou.
    Sous le sceau de la reconnaissance, je rends un vibrant hommage et galvanise la mémoire de ce si grand homme des Aurès qui a marqué indélébilement l’histoire de notre révolution ; cet homme qui a toujours trouvé une place pour ranger avec ses armes, la caméra de René Vautier et la plume de l’intellectuel. Chapeau bas à ce Grand Homme qui payait ses factures d’eau et d’électricité, qui considérait le soldat chargé de ses commissions comme son propre fils et qui prenait en voiture des auto stoppeurs, croyant qu’ils sont des appelés manquant d’argent pour rentrer chez eux.

  • Cantique à Djamel BENSMAÏL

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    Djamel BENSMAÏL

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  • Novembre n’est pas à vendre !!!

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    Incendies

    France ! la balle de Novembre n’était pas assassine, elle était toujours accrochée à la gâchette qui libère, qui affranchit l’esclave, qui relève la tête, obséquieusement baissée de l’indigène.

    Novembre n’est pas à vendre, c’est la couronne de rameaux d’oliviers qui auréole l’Algérie millénaire, qui la pare de ses plus beaux atours, à la rendre glamour et à trôner là-haut, au summum, au zénith.

    France ! la balle de Novembre, toujours accrochée à la gâchette qui recouvre l’honneur était venue éteindre les flammes de la terre brulée qui déracine un peuple de son sol légitime.

    France ! tes flammes sont dévorantes et assassines ; elles reviennent s’exacerber de rage et ravager les terres du Dahra, là où tu as connu les débâcles, là où tu as laissé des plumes, là ou Dien-Bien -Phu s’est maintes fois répété… Sur la terre d’Algérie.

    Le syndrome du paradis perdu foudroie, aveugle et t’incite à l’éternel rival vindicatif, que nul remède se saura soulager.

    Novembre n’est pas à vendre, il n’est ni à brader, ni à troquer ; il est l’apanage des hommes libres qui ont construit des rêves sur un toit de certitudes.

    Novembre, c’est l’Automne aux joies cachées, c’est les gémissements de douleur qui ont fait éclore l’euphorie d’un peuple, c’est la fontaine qui abreuva sa dignité , sa fierté et son honneur.

    Le vent de Novembre était venu balayer -aussi bien - les feuilles mortes, que les cœurs qui ne battent pas pour leur pays… Pour l’Algérie. Tant pis pour les vils qui, dans leur sale besogne, éclaboussent leurs visages de cirage quand, lustrant- précipitamment- les bottes de leur maitre et tant pis pour les chiens qui paient la corde que leur maitre leur enroule autour du cou.

    Quand on touche à Novembre, il se réveillera, il reviendra, si fort, pour fixer au pilori et faire le procès de celui qui a assassiné le muguet du Printemps un 8 Mai 1945, à Guelma, Sétif et Kherrata ; de celui qui a créé l’apocalypse de Reggane, l’hécatombe d’un peuple et pris en otage un hymne national d’une Algérie libre et indépendante.

    Oh combien de phénix de gloires naquirent des cendres de leurs défaites !

  • Cherchell, condamnée aux peines de l’enfer !

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    Oui ! L’Académie Militaire de Cherchell, c’est Saint Cyr de l’Afrique et du monde Arabe, oui ! nous tirons une grande fierté de voir notre pays planer au zénith ; la grandeur de cette école doit se situer au diapason de sa renommée continentale et internationale ; malheureusement, la visite annuelle du président ou des officiers supérieurs de l’armée, dans le cadre de la remise des grades aux officiers sortants ; fait fausse note et désordre. Toute la ville est paralysée par une armada de policiers, gendarmes et militaires, déployés tous les 50 ou 100 mètres ( sur des kilomètres) pour assurer le cordon de sécurité – cette fois-ci - au président de la république, venu sous une escorte des plus rigoureuses.

    Des jours bien avant la visite, passant par la nationale, d’où s’arpente l’avenue adjacente menant à l’Académie ; un policier (qui n’a même pas l’âge de mon fils benjamin) m’ordonne de ne pas attendre le bus à cet arrêt ( ancienne Daira) pour m’obliger à cavaler sous ce soleil de plomb du mois d’aout jusqu’à Tizirine…Quelle tyrannie !!! Ils s’en foutent éperdument de notre état de santé, de nos maladies et de nos contraintes.

    J’ai compris et conteste avec véhémence cette équation qui surenchérit un prisonnier Israélien pour être échangé contre 1.500 prisonniers Palestiniens.
    Les images se juxtaposent d’elles-mêmes ; Soubhane Allah ! aussitôt que ce policier m’ait « secoué », il m’est venu en tête l’image de De Gaulle à Cherchell , les années 60 -étant enfant- lorsque nous avions été groupés( indigènes « ramassés » des camps de regroupements) comme des moutons, pour paraitre nombreux quand De Gaulle ferait son discours. J’aurai bien aimé voir une conduite d’homme de loi exemplaire pour me rappeler notre premier président (Ben-Bella) , en visite à Cherchell ; juste après l’indépendance.

    Chaque année, donc, la ville souffre le Martyre, voyant la circulation de ses 60.000 habitants obstruée par une armada de policiers réglementant la circulation à leur guise ; détournant véhicules et passagers au gré d’un programme qui ne tient compte que de l’intérêt d’une seule personne, au détriment de toute une population grillée par la canicule ,sous un soleil d’Aout que nul n’ignore la flamme dévorante de son « chalumeau » .Personnes âgées, femmes et enfants- assoiffés ou cherchant le soulagement physiologique le plus instinctif, ne trouvent même pas de toilettes publiques…C’est honteux ; Ces otages attendent désespérément un bus pour les sauver de l’enfer.

    Chambouler toute la cybernétique de la ville ; qui gère ses affaires, ses déplacements, son commerce, sa croute à gagner etc…dénote la néantisation, voire la déshumanisation. Accepter d’obstruer la voie publique c’est l’usurper et gêner 60.000 habitants dans leurs mouvements et leurs déplacements d’aller gagner une croute, d’aller se soigner, d’évacuer en urgence ses malades ; alors que des nababs dégustent les plus délectables élixirs et nectars dans des calices de rois, confortablement allongés dans leurs divans, bercés par le zéphyr des salons climatisés ; rêvant au festin du roi (qui les attend) ; que nul monarque au monde n’y a goûté.

    A quelques pas de là, des damnés ne trouvent même pas une eau fraiche et potable pour étancher leur soif sous la canicule étouffante ; le pays n’est pas loin d’un paupérisme frisant la précarité avec ses quémandeurs du couffin de ramadan et ses fugitifs , à bord du « radeau de la méduse ».
    Deux jours avant la visite, manquant de Bonacor 5 mg ,un médicament pour cardiopathes ( comme tous les algériens) ; indisponible à El-Hamdania et voyant un interminable embouteillage de voitures s’étendant , je ne sais d’où jusqu’à Bakora, j’ai dû me rendre à Sidi-Moussa puis à Sidi-Amar pour l’acheter.

    Dans les pays qui se respectent et respectent leur peuple, la voie publique est un droit sacré, inaliénable et inviolable que nulle autorité n’a le droit d’enfreindre. Tous les grands hommes que l’histoire a retenus dans ses pages sont ceux qui ont été hissés au rang des nobles par la perche de l’humilité et par leur dévouement à la condition humaine… Les autres sont seulement des noms - dérisoires- inscrits sur le sable ; que le passage des vagues escamote, au détour d’un regard ; ou de quelconques feuilles mortes qu’emporte un vent d’automne !!!
    « Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue » ( Nicolas Boileau).

    Volet N° 2 : Allant annuler la publication de cette harangue, j’ai vite renoncé et me suis fait un devoir moral de braver la loi de ces quelques généraux qui barricadent la ville pour assiéger sa population, au point de ne pouvoir circuler pour attendre un bus, acheter un médicament ou prendre sa petite barque pour accrocher à son hameçon, une croute aux becs d’oisillons qui attendent.

    Advienne que pourra, Oui ! C’est une implacable vérité et non une abnégation car ; je me considère mort il y’a longtemps ; depuis que mon enfance ait été avortée dans les camps de concentration de l’armée française et, depuis … Certaines choses n’ont pas tellement changé.

  • Le monde se meurt …

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    J’ai comme l’impression qu’un pouvoir occulte de diables et d’anges du mal régente ce monde, à contrecourant de la Raison ; pour conduire une famille humaine désemparée et aux abois, vers de ténébreux desseins.Unnamed 2

    J’ai comme l’impression que des esprits malfaisants nous prescrivent des breuvages pernicieux et morbides ; passant pour des remèdes ; à nos maux.
    Les fumées de leurs encensoirs ne sont que leurres et hallucinogènes, nous conduisant à confondre les mirages avec l’eau qui sauve l’assoiffé du désert.

    J’ai comme l’impression que les présidents du monde veulent conduire- en troupeaux- les peuples ; de leurs « écuries » aux abattoirs ; pour produire davantage de viandes aux prédateurs…Leurs museaux sont avides de sang.

    J’ai comme l’impression que la déshumanisation ressuscite Machiavel jusqu’à jouir et redire « la fin justifie les moyens ».

    J’ai comme l’impression que les présidents du monde, en parfaite accointance, veulent justifier une surpopulation de la planète ; dont le trop-plein est à soustraire… Par épandage de gaz toxiques.

    J’ai comme l’impression que les guerres ne leur suffisent pas ; ils imposent de préconiser des solutions adéquates et d’efficacité déconcertante ; cultivant la vulnérabilité par les seringues et les vaccins et, en véritables imposteurs, se fardant de charisme ; ils sèment leur Sida, leur Ebola et leur Corona.

    J’ai comme l’impression que le lobby des présidents du monde décide de museler les peuples et les confiner dans leurs « écuries » pour avoir désobéi. Peu importe s’ils n’ont pas de vivres, s’ils ont faim, s’ils ont soif et s’ils n’ont pas d’argent. Cet arrêt sur image profite aux pouvoirs machiavéliques et aux prédateurs qui font des peuples comme font les esclavagistes de leurs galériens confinés aux soutes de leurs bateaux.

    J’ai comme l’impression que nos frères Algériens, parlant des nécessiteux se comptant par millions, ont grandement besoin de notre soutien moral et matériel pour endiguer cette crise de grande atrocité à l’effet de pallier aux conséquences dévastatrices ; en perspectives. Il s’impose donc à tout un chacun – citoyen ou responsable- de se sentir concerné et interpelé par sa conscience pour se procurer cette grande satisfaction DU DEVOIR ACCOMPLI.

  • Rendez-leur…

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    Rendez-leur…

    Leur enfance, leur innocence, leur douceur et leur tendresse.97996469 2664922263614237 1782385417518055424 n 2
    Rendez-leur, leur sommeil, leurs rêves et leur espoir.
    Rendez-leur, leur univers fait, seulement, d’étoiles et de lumière.
    Rendez-leur , leurs jouets ; le simple bout de bois, œuvre de menuisier,

    Qui devient pistolet ; qui enhardit et aguerrit mais, sans nulles balles assassines.
    Rendez-leur, la simple corde que roulent les fillettes sautant ; cheveux aux quatre vents ;
    Semant toute la joie et le bonheur du monde…
    Pas la corde de l’adulte, qui pend et qui guillotine l’innocent.

    Rendez leur, leur marelle pour sauter et atteindre le bout du monde, au détour d’un regard.
    Rendez-leur, le simple roseau qu’on enjambe et qui passe pour cheval ;
    Qui gagne toutes les batailles sans glaive et pas une goutte de sang.
    Rendez-leur ; leurs cartables et leurs cahiers pour dessiner sur une feuille,

    Un monde infini, fait de fantasmes et de rêves.
    Rendez-leur, leurs écoles et leurs sentiers bordés de haies sans faire frontières.
    Rendez-leur, leurs plumes pour écrire le sublime qui abolit la bêtise humaine ;
    La plume qui ne fait ni surcharges ni ratures et qui n’a besoin de gomme,

    Pour dessiner un grand cœur, à contenir tous les hommes …
    Loin des guerres, de leur horreur et de leur haine.
    A dessiner un immense printemps qui escalade jusqu’à atteindre décembre.
    Rendez-leur, leur monde innocent et candide ;

    Où l’ogre est toujours vaincu et fixé à la potence.
    Où les contes de grand-mères sont conduites à suivre et morale de toujours.
    Au diable ; vos guerres, vos bombes, vos brasiers et votre haine !

  • Les oiseaux se cachent pour « survivre »

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    Les oiseaux se cachent pour « survivre » et, savoir discuter avec la solitude procure un confortable siège entre le sage et le poète. De là, on peut donner libre cours à l’imagination pour voguer aussi loin et faire des pérégrinations qui vous conduisent jusqu’au tréfonds de l’âme. Mon ami Mohamed Kidad, notre lecteur solitaire est de ceux-là.Les oiseaux se cachent pour « survivre »

     Tellement humble, cultivé et instruit que ses qualités et son caractère sublime l’élèvent au rang des nobles. Il n’a d’amis proches que ses livres de poche et nous, il est d’une profonde spiritualité à rendre le simple si beau ; ce n’est pas magique mais c’est une faculté des grands hommes ; tellement ses mots sont si bien sculptés et polis, à ne laisser entendre aucune bavure.

     Je peux, sans exagérer, vous dire, que voyant son ombre et suite à un quelconque effet d’optique ou à une ubiquité ; il est capable de lancer spontanément un salut ; la confondant à un passant …Tellement respectueux.

     Mon admiration ne cesse de fixer cet homme très instruit qui impose le respect là où il se trouve, sauf à ces parvenus et ces va-nu-pieds qui peuplent nos administrations lesquels, profitant de leurs postes l’emploient dans des taches qui ne font dégrader qu’eux-mêmes.

     Au cours de nos discussions, on dénonce leur comportement mafieux ; il me parle d’un élu municipal fortuné à lustrer de son oseille le pavé de la ville qui l’a employé à des fins personnelles ; lui repeignant son domicile à l’œil et aux frais de la mairie…pour donner une image qui formule l’autopsie du complot qui a disloqué la nation.

    Son niveau intellectuel, son séjour en Italie et sa vaste culture le placent au zénith parmi les grands hommes et comme la vie et les hommes distribuent des rôles - à tort - il se retrouve casanier comme moi qui n’ai jamais quitté son pays de peur de respirer l’oxygène d’un autre ciel... Croyant suffoquer ???
    Le peintre et le calligraphe se retrouvent souvent tête à tête quand la municipalité et sa horde préparaient pompeusement les visites officielles, les élections toutes confondues ou les festivités ; le tout considéré comme moyen de gaspiller et faire couler l’argent à flots …au détriment du citoyen.
    Un jour, il m’a lancé une expression qui s’incruste dans ma mémoire pour y rester à vie comme une citation gravée sur une plaque de marbre, me disant : « dans leur aveuglement, toi l’insoumis, vit sans leur merci ; ils te font appel malgré eux ».

    Ces étalons « à labelliser » dans la société est un impératif des plus urgents pour recouvrer ces valeurs qui conduisent au summum, à la gloire et à la postérité. Ces modèles de sociétés pavoisent nos rues, nos places publiques et leurs places si bien lustrées, dans nos esprits. Ils sont si indispensables pour régler l’horloge et le temps précieux de la ville. La conjoncture et le maudit hasard tournent au mal pour ternir malencontreusement l’image des nobles alors qu’ils sont là à donner plus de vivacité et de volupté au prisme des couleurs.Je rêve de voir un nouvel horizon se lever sur de tels hommes intègres, honnêtes, jalousant leurs prérogatives, au paroxysme; à faire naître des opportunités et à réhabiliter Mohamed et tous les oiseaux rares qui se sont trop cachés pour survivre.

  • Le temps des glanages

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  • Le pays où le roseau passe pour maïs...

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    Le pays où le roseau passe pour maïs. Par le biais de ces pérégrinations virtuelles qui nous conduisent aux lointains ailleurs, sans visa ni passeport ; pour suivre à travers notre écran de télévision ces merveilleux tours de cyclisme très instructifs, éducatifs surtout culturels et édifiants ; nous découvrons le monde, les hommes, leurs pays, leurs cultures et leurs histoires respectives.

    Le Giro d’Italie, le célèbre tour de France, la Vuelta Espanole, le tour de Hollande, de Norvège, de Belgique et très loin encore, le tour de l’Utah, en Amérique du nord.
    Les caméras nous font découvrir , parallèlement au passage des cyclistes , les paysages les plus pittoresques, captivants et époustouflants ; surtout vus du ciel. Des paysages nous subjuguent par leurs fantasmes à nous couper le souffle et nous nous demandons, quelquefois, comment et pourquoi ces images nous parviennent gratuitement.

    Une fois, je me suis posé la question : où est notre fameux tour d’Algérie ? puis je me suis ressaisi illico facto réalisant que je venais de penser à une chose insensée, absurde même ; j’avais si honte d’imaginer les tonnes d’ordures qui jonchent nos villes et les fossés les séparant ; les routes défectueuses à faire chuter tous les coureurs ; même l’autoroute la plus chère au monde fait partie du paysage « ignominieux » ; à faire pleurer ceux qui aiment cette si précieuse Algérie.

    Croyez-moi, cela fait des années que je suis ces tours. Mon esprit d’observateur me fait scruter au plus fin détail ces paysages splendides. Champs, plaines, collines, rivières, étangs et châteaux peignent des vues panoramiques envoûtantes ; agrémentées de verdoyance paradisiaque. A la fin de chaque étape – désolément- je me situe et réalisant que ce décor n’est pas le nôtre ; je suis envahi d’un sentiment maladif et morbide de voir notre si beau pays entre les mains de brigands.

    Je vais vous surprendre en vous disant qu’ayant suivi à la loupe tous les tours (de tous ces pays), sans remarquer une tige de roseau croître quelque part. Dans nos terres où « tous les trésors étaient cachés dedans » ; méritant bien cette réputation de « grenier de l’Europe », elles sont hélas malades et infécondes nous mettant devant la contrainte de tout importer.

    L’avance anarchique et inquiétante du béton a étouffé les terres les plus fertiles ; les badlands ont eu raison des loess et des tchernozioms…crimes, vols et violations s’ensuivent et caractérisent bien le parachèvement de la politique de la terre brûlée adoptée par le colonisateur…TFOUH ! pouvoir assassin.
    Il est bien vrai, à en croire Jean De La Fontaine, que le roseau a vaincu le chêne ; mais un pays ne peut se construire en adoptant une politique de « cultures intensives » de roseaux !!! ???

  • Voyage dans le Temps

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    Depuis que je me suis installé, définitivement, dans un village agricole; mon admiration est si grande et ne cesse d’être captivée par un infatigable octogénaire ; refusant depuis sa toute jeune enfance l’oisiveté, l’indolence et la fainéantise - dans toute ses formes - comme il est si bien décrit par ses voisins. Aujourd’hui âgé et non en mesure de travailler la terre comme il l’a tant fait jadis ; il se contente d’accompagner ses brebis paître, vers les champs et prairies, loin du hameau pour retrouver toute la sérénité qui fait son bonheur de vieil homme fuyant le vacarme et le brouhaha de la civilisation.

    Je suis étrangement parachuté aux années 90, sans savoir comment s’est fait le rapprochement entre ce vieil homme et l’histoire d’un jeune français que j’avais lue sur un magazine, ces années-là. Se dirigeant vers son centre d’examen du baccalauréat, il dit à sa mère, en sortant de la maison : « à ce soir ; maman ! » ... Un soir qui mettra 20 ans pour arriver et permettre à la mère de revoir son fils. Certaines histoires paraissent si étranges et insolites qu’elles semblent découler de la fiction. Effectivement, le gamin a disparu de la circulation et toutes les investigations n’ont abouti à aucune piste pouvant élucider le mystère de la disparition du jeune candidat.

    Le jeune homme, profitant de la moindre évasion le conduisant aux magies des lointains ailleurs ; embarque à bord de l’un de ces camions de longs trajets menant jusqu’à la fin du monde pour lui faire découvrir les fantasmes et non les mirages des déserts. Il a pris place comme font les « herraga » . Il se retrouve en Afrique, dans une transsaharienne, loin de la salle d’examen et de toutes les formules de chimie et des théorèmes qui veulent le modeler en homme de science et de progrès. Là, en Afrique, berceau de l’homme et de la civilisation ; parmi les Touaregs ; notre jeune ami français s’appellera désormais El-Bachir. Il dira que dans ce désert ; il semble que tout lui appartiendra ; aussi loin que la vue porte dans cet univers de sable sans dimension, où la notion de frontière n’existe pas et qu’il sera le Maître d’un monde où le conformisme n’a pas droit à l’existence.

    Cette pérégrination se veut dans l’espace et en profondeur de l’âme pour découvrir deux mondes à la fois ; découvrir cet immense désert qui est en fait un autre monde où la vie revêt une autre dimension et agir en fonction de ce que dicte l’instinct, d’où la spontanéité, sans gestes et sans paroles, où les sentiments sont les maîtres de l’expression, des relations et de la communication.

    Le jeune El-Bachir est pour moi un pionnier qui part en « astronaute » explorer notre terre ; où beaucoup de sociétés, tribus, peuples restent à découvrir. Il n’est pas nécessaire de dépenser des milliards de dollars pour nous faire découvrir la lune, Mars et nous parler de galaxies ; alors que la famille humaine compte des populations troglodytes vivant dans des grottes, à l’état primaire, rappelant l’homme originel.

    Refusant la vie moderne et ses revers, El- Bachir s’est installé avec les Touaregs, s’est marié avec une fille du bled et voilà qu’il se retrouve avec deux enfants. Au fil du temps, des touristes affluèrent de tous les coins de la planète pour goûter aux fantasmes de mère nature et, dans le respect de ce que disait Paul Eluard : « les rencontres du pur hasard n’existent pas » et « il n'y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » ; l’heure fatidique arriva pour permettre à des touristes français de s’apercevoir que le jeune Targui qui maîtrise étonnamment la langue de Molière n’était que le jeune candidat français qui s’était volatilisé ,il y ‘a 20 ans. Les médias français et étrangers s’étaient rendus sur place ,en masse, pour couvrir un événement sans précédent. La mère a enfin retrouvé « ce soir » tant espéré ; après 20 ans de déchirement et de stoïcisme et… l’euphorie était à son paroxysme.