Rezkallah Bacha

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 Il s’adonne au genre musical depuis son très jeune âge :

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 Saxophoniste, comédien et enseignant, Rezkallah Bacha est aussi un  féru de la chanson « Chaâbie », un genre musical qu’il a adopté et dont il a appris les rudiments auprès de frère Bouziane. Ce dernier  était aussi un excellent chanteur et interprète de chaâbi qui, malgré son talent, n’a pas reçu en son temps les faveurs de la télévision et la radio nationale, contrairement à des chanteurs  moins doués que lui.

               Rezkallah bacha en sc ne lors tlemcen capitale arabe de la culture                                                                                 A Tlemcen

 Rezkallah Bacha est né le 29 septembre 1957 à Chlef, Ses parents, ont déménagé pour aller vivre à Ain Defla. Très jeune, Rezkallah commença déjà à taper de la « derbouka » et du « tar »de son frère ainé, Bouziane, un grand  chanteur de chablis méconnu  qui a pourtant chanté  ce genre  de 1963 à 1980.

A l’âge de quatorze 14 ans. Rezkallah dut, pour des raisons familiales, s’initier avec son frère, feu Mohamed, aux travaux de garniture d’automobile et de réfection des salons. Il aidait également son frère pour préparer les marionnettes au foyer d’animation de la jeunesse (FAJ). Ce travail  lui ouvrira le chemin pour devenir plus tard un professeur d’enseignement professionnel (PEP) au niveau  du CFPA  de Botane à Khemis Miliana.

« Tout a commencé un jour A et cela grâce à mon frère ainé Bouziane, qui était déjà chanteur  de chaâbi. De temps à autres, il il m’initiait non seulement aux tambours qu’on croit faciles comme le « tar » et la « derbouka » mais également à répéter avec lui des couplets de chansons « chaâbi ».Déjà, très jeune, l’aubade du chaâbi m’avait bercé et emporté pour toujours. Là où j’allais, je fredonnais quelques accords. Ensuite,  ce fut au FAJ où j’ai vraiment aiguisé mon sens artistique. Le FAJ était en quelque sorte une espèce comme un véritable temple où se pratiquaient diverses activités culturelles qui attiraient de nombreux jeunes. C’était en quelque sorte une espèce de maison de la culture  et des sports où l’on pouvait pratiquer la musique, le ping pong, le tennis, le football, la pétanque, s’initier à l’animation  des marionnettes, au théâtre et assister aux projections  et débats  du cinéma club »      

Rezkallah, poursuit : « les dirigeants de ce temple à merveilles étaient des gens très connus dans la région, qui possédaient et un profil d’animateurs confirmés, C’était le cas de feu Zidour Ali, feu Rachid Rezkallah, Abdelkader Korfi, Medjdoub Bacha, Mohamed Bacha Mohamed Chaâchoua et Ahmed Kabli, entre autres…On était là, on, se recherchait tout le temps  pour découvrir réellement notre vrai chemin artistique ».

Selon notre interlocuteur, les jeunes étaient bien encadrés parce qu’ils avaient cette rage d’apprendre et d’évoluer. Pour ma part, je voulais devenir saxophoniste, j’étais fasciné et très attiré par cet instrument, j’étais quelqu’un d’engagé. Je voulais jouer ces morceaux de musique qui galvanisent les supporters des équipes de football. Mais mon frère Bouziane m’a convaincu que ma véritable vocation, c’était le « chaâbi ».Il me disait toujours  que ma voix était parfaite pour l’interprétation de la chanson « chaâbie ».Sur son insistance, j’ai finalement opté  pour ce genre de. Il faut dire que beaucoup de mes camarades trouvaient que je possédais  de très bonnes dispositions et aptitudes pour la chanson « chaâbie ». J’ai réussi à réunir plusieurs troupes  en passant par le chant moderne, le chant oranais pour justement finir au chant du chaâbi.

Perpétrer la tradition

Pour Rezkallah Bacha, la musique chaâbie s’est imposée il y très longtemps à Ain Defla, bien avant les années 1940. Un article, écrit par Djilali Deghrar, sur les débuts du chaâbi dans notre ville, il a été publié dans un quotidien oranais en 2010 sous le titre : « En 1940, Ain Defla possédait déjà son chantre dans la chanson du chaâbie » Le chanteur de l’époque s’appelait Kaddour Djilali dit Belarbi.

« On s’était fixé définitivement  avec une troupe composée de : Benaissa Benzahra, (derbouka et tar), Salim Lounici (banjo), Mustapha Sadi (banjo), Rezkallah Bacha (mandoline), Nacer Bouabdellah (violon), Mohamed Hammadi (banjo, flûte), Abdelkader Hadjer (derbouka).Ma voix enrouée, qu’on dit aussi mielleuse et un peu grave avaient fait le reste. C’était cette voix et surtout les conseils  de mon frère qui m’ont vraiment permis de ce choix. Et, depuis, je ne cesse de progresser dans ce style, souligne Rezkallah, ajoutant avoir apporté des nouveautés dans la préparation, le moulage et surtout le change d’orientation ».

L’empreinte du groupe commençait à s’implanter un peu partout et la reconnaissance de ses mérites donna des ailes à ses membres. Rezkallah, qui ne cessait de fredonner  des chansons du répertoire « chaâbi » Lorsqu’il s’adonnait à son activité qui était la garniture pour autos et salons et surtout la confection des marionnettes, a beaucoup  appris sur les subtilités  de ce genre musical caractéristique  de l’Algérois. C’est grâce à sa maitrise  de cet art qu’il a pu apporter des changements et un style nouveau. Il témoigne qu’un certain Allili Ahmed dit Lalmas lui avait procuré des livres sur de qacidat (poèmes) de chaâbi, cela m’a permis de mieux corriger et anticiper sur des passages jusqu’à ce jour incompris et surtout mal interprétés. En tout cas, ces livres m’ont été d’une grande utilité », avoue-t-il.

 En progressant, il ne cessait d’aller un peu partout se produire en Algérie, il a eu la chan le monde merveilleux  mais  très fermé du chaâbi, il a eu à connaitre  les maitres du genre andalou, duquel prend le chaâbi, à Tlemcen, Sidi Bel Abbès, AinTémouchent, Alger et à Oran. Il a connu de grands noms de la chanson algérienne comme SamirToumi, Badji Bahri, Karim Ouidet et Rim Hakiki. « Ce sont des chanteurs  très connus  qui m’ont tout le temps encouragé, le chaâbi représente  pour moi la clarté, l’éducation, pour le comprendre, il faut savoir l’écouter  et el respecter, nous dit-il ».

De l’interprétation à la composition

« J’ai réussi égal sur ma mère ainsi que d’autres chansonnettes. Je suis arrivé à faire la composition moi-même. Je ne voulais pas les commercialiser mis je les chante en tournée et dans les fêtes de mariages », nous apprend-il. Aux yeux de Rezkallah, chanter le chaâbi, c’est aussi affirmer certaines valeurs humaines. « Ce chant était et très prisé par des gens qui possédaient des qualités humaines comme, ne pas semer la haine et la discorde entre les gens, se surpasser et dépasser certaines contradictions terrestres pour élever son âme et son esprit, chanter et glorifier la joie, l’amour, l’amitié  et le sens  des responsabilités, montrer l’esprit vertueux et courageux de l’homme, avoir la « rojela » et ne pas faire montre de trop de fierté. Celui qui ne possède pas ces qualités ne peut en aucun cas apprécier  ou du moins savoir écouter les chansons chaâbies».

Les « chouyoukhs (pluriel de cheikh, maintenant les maitres), exprimaient la sagesse et la pureté de l’âme à travers  des paroles  d’une très subtilité » linguistique. Les propos étaient voilés, c’étaient des paraboles difficiles à saisir par les non initiés. Avec intelligence. Ils savaient répondre à leurs détracteurs, ils rendaient la monnaie à la pièce de leur s rivaux avec une grandeur  et une affinité  qui laisse pantois plus d’un. Et, tout cela sans écart de langage.

C’est vrai que pour bien comprendre le sens  des qacidat chaâbies, il fait comprendre les mots  au second degré, savoir apprécier le sens de la répartie. L’extrême finesse des phrases que certains comparent à un breuvage enivrant. Le choix des mots, la composition lyrique, les histoires elles mêmes – la quacidat  est un long poème racontant une époque, une aventure, un destin – sont belles et captivantes.

Malgré leur apparente désharmonie, les orchestres chaâbis sont organisés  à la perfection : tous les musiciens  de l’orchestre travaillent sous l’œil vigilant du cheikh qui se fait comprendre par un simple hochement de tête, une variation de voix, une note de spécifique sur son instrument, pour éviter les errements ou que l’on sorte du thème. Chaque cheikh privilégie un style  et un mode d’interprétation  tirant ses origines  des noubas andalouses.

L « chaâbi » est ainsi : c’est ce breuvage avec ses tasses que ne peut comprendre que l’illuminé, comme l’a si bien dit un grand poète andalou.

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Sami toumi badji bahri rezkallah bacha et karim ouidetSami Toumi - Badji Bahri - Rezkallah Bacha et Karim Ouidet

Par DEGHRAR Djillali

Commentaires (3)

Miloud
  • 1. Miloud | 31/03/2017

Bonjour hé bien on vient de voir dernièrement en date du 18 mars dernier chikh rezkallah sur scène lors de l'hommage rendu à son frère mohamed bacha où toute la famille était présenté et tous les chanteurs chaabi des environ y compris chikh kasmi où en a rendu hommage par l'association des passionnés du chaabi et aussi la directrice de la culture de ain defla la soirée a la grande salle qui était pleine et joyeux anniversaire à l'association des passionnés du chaabi qui a 11ans.

miloud
  • 2. miloud | 29/10/2014

bien bien pour mon frere rezkallah je lui souhaite que du bonheur.

Chantal

Outre le fait que j'adore, vraiment, ce genre de musique, je tiens à féliciter Rezkallah Bacha ainsi que son frère Bouziane qui, grâce à leur détermination, ont persisté dans cet art difficile qu'est la musique et ce, pour notre plus grand plaisir.

Merci à toi Miliani2Keur qui attire toujours notre attention en mettant en lumière les artistes. Ceux que tu viens de me faire découvrir le méritent non seulement par leur talent mais également par les idées empreintes de sagesse qu'ils véhiculent.

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