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La musique arabo-andalouse/ Par la rédaction d'Alger-Miliana

La musique arabo-andalouse ne s'enferme pas dans les livres. Elle vit autrement, au creux de l'oreille, de la main d'un maître à celle d'un élève. C'est un secret de famille qu'on se transmet à demi-mot, presque en murmurant, de peur que le papier ne lui enlève son âme.El 3oud

Tout commence par un départ forcé. En 822, dans un Bagdad étincelant, un jeune musicien nommé Abd al-Rahman ibn Nafi’ brille un peu trop. Son maître, Ishaq Al-Mawsili, ne supporte plus cet ombre portée sur son propre génie. La jalousie l'emporte, et le disciple doit fuir. La légende le rhabille alors d'un surnom : Ziryab, « l’oiseau noir ». Était-ce pour le timbre si particulier de sa voix ou pour le grain de sa peau ? Le mystère reste entier. Mais le vol de cet oiseau le mène jusqu'à Cordoue, à la cour illuminée des Omeyyades. Là-bas, au contact d'une terre nouvelle, sa musique prend racine.

Elle ne s'éteindra plus. Traversant les siècles et les mers avec le destin tragique des exilés d'Andalousie, elle vient trouver refuge au Maghreb. Les cités du Nord en font leur bien le plus précieux, une mémoire vibrante et vivante qu'on continue d'écouter, de chérir et d'entretenir comme un feu sacré.

Au cœur de cet héritage se dresse la nouba. C'est une architecture exigeante, presque mystique. Autrefois, il y en avait vingt-quatre, une pour chaque heure de la journée, comme pour caler l'âme humaine sur le cours du soleil. Le temps en a effacé la moitié en chemin... mais celles qui restent n'en ont que plus de valeur. C'est la beauté des choses fragiles.

Quand l'ensemble s'installe, le oud prend place au centre, solide comme un tronc centenaire. Autour de lui, les cascades du qanun, la plainte délicate du violon, le souffle mélancolique du nay et le battement du cœur offert par les percussions. Tous ensemble, ils brodent une toile invisible où chaque note raconte une histoire et où chaque silence transmet une mémoire.

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