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Visite à Istanbul

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Istanbul, bien-aimée à jamais

Istanbul

Byzance, Constantinople et enfin Istanbul, la ville est un haut lieu de tourisme de toutes les curiosités, historique, culturelle, religieuse, gastronomique et d’une nature fascinante. Une gigantesque agglomération cosmopolite abritant plus de quinze millions d’habitants, chevauchant sur deux continents, l’Europe et l’Asie séparés par le sublime Bosphore, une ancienne capitale politique et administrative avant Ankara, un carrefour de civilisations, elle demeure tout de même un pôle commercial important pour la Turquie et ne cesse de se développer et connaitre un meilleur rayonnement depuis l’ère byzantine, romaine et ottomane, des successions toutes guerrières et impitoyables.

Le sultan Souleymane, le magnifique, qualifié d’homme de la renaissance jouit toujours d’une estime et d’une bonne réputation au sein de la société stambouliote et turque à travers les âges pour avoir fait preuve d’une saine et juste gouvernance durant son règne d’un demi-siècle environ défiant l’adversité conquérante dans des terres lointaines et s’accordant des défis titanesques dans la construction et l’entretien des fortifications, des palais et des ouvrages religieux somptueux tels la mosquée Souleymane portant son nom au seizième siècle, conçue par l’illustre architecte Sinan.

Le sultan Ahmed à son tour et pour plus de dominance et de notoriété de son empire fit appel à son architecte royal Aga, élève de Sinan pour bâtir la mosquée bleue et qui la voulait recouverte d’or n’était l’intelligence de son concepteur semblant comprendre six minarets au lieu du précieux métal dont la phonétique des deux mots est de même résonance dans la langue turque. Voulant à dessein concurrencer la mosquée El Haram de la Mecque, il reçut les foudres de la communauté musulmane et se racheta par le financement d’un septième minaret des lieux saints. Le Sultan Selim entre autres dignitaires et califes relève également d’une lignée d’empereurs qui avaient tous l’esprit de la démesure en s’illustrant par des constructions gigantesques marquant leur présence constituant de fait le reflet de leur puissance et de leur règne. Des siècles durant, l’opinion en général est des plus respectueuses envers ces personnalités de légende dont l’empire s’étalait sur trois continents, cependant, le destin a fait que certains connurent la misère en exil dès le début du vingtième siècle.

Vendredi 09 Mars 2018 à 17h00, un Airbus de la Turkish Airlines (TK) A 330 avec 300 passagers à bord dont une vingtaine de milianais et milianaises candidats pour la Omra via la Turquie décolle d’Alger à destination d’Istanbul. Le personnel en service est d’une amabilité exemplaire, maniant le geste à la langue ottomane, arabe, anglaise et française pour faire passer le message de bienvenue aux clients et répondre gentiment à leurs besoins de confort. La flotte aérienne dispose désormais de meilleures conditions de navigation en terme de sécurité, de restauration et de service à bord. La compagnie s’affirme aussi par la remise de cadeaux à usage pratique et gadgets enfants pour mieux fidéliser sa clientèle.

Des plateaux repas nous sont offerts et quelques nouveaux voltigeurs manifestèrent une attitude expressive face à un fin menu composé de caissettes contenant des ingrédients en petite quantité bien choisis aux conditions du vol pour éviter tout malaise à toute personne. Nous dégustâmes sans pointe alléchante le contenu, les yeux rivés sur le petit écran en poursuivant l’appareil survolant de nuit la méditerranée et la botte italienne. Au bout de trois heures de vol, la carlingue atterrit sur le tarmac du grand aéroport international Atatürk, il était 22h15, décalage horaire oblige. A signaler l’impressionnant mouvement et le nombre des appareils de la TK desservant le monde sans détachement de sourire de son personnel navigant, une flotte moderne et de qualité enviant des compagnies plus prospères comme British Airways, Lufthansa ou Air France.

Au sortir de l’Aéroport, une brise glaciale nous effleura le visage, nous réalisâmes aussitôt que nous sommes loin de l’Afrique et la clémence du temps. Le bus démarra et nos yeux balayèrent tous les coins et les lumières de cette gigantesque métropole. Le sympathique Ayoub sujet marocain notre guide nous emmena à l’hôtel Pélican pour élire domicile et se reposer en bénéficiant d’un quartier libre le lendemain. Ce circuit touristique et religieux fut présenté dans tous ses détails aux candidats et reçut l’approbation de ces derniers, confiants par l’expérience et l’habileté affirmées de l’opérateur. Mais dans ce genre d’aventures, la rencontre avec de bonnes ou de mauvaises surprises est de légende comme celle que nous venons de subir en atterrissant dans un hôtel moins coté à nos attentes. Nous nous contentâmes tant bien que mal du calme régnant, de la proximité du centre urbain, de la propreté et du service.

Au matin du Samedi 10 Mars 2018, le coin restaurant richement achalandé de café, de gourmandises, de fromage et de vitamines nous ouvrit l’appétit et nous y allâmes savoureusement avant de faire dehors connaissance avec l’environnement immédiat, une ville grouillante de monde, une circulation dense en ce début de week-end européen. Nous sommes dans la commune de Fatih en se préparant à se familiariser avec les contours du quartier appelé Eminonu en se dirigeant en premier lieu au bureau de change, la conversion monétaire étant de 467,00 lires turcs pour 100 Euro. Le lèche vitrines commença assez tôt et la tentation fit déjà des victimes parmi les impatients, les dépenses s’accélérèrent avant que les bons esprits freinent les dépensiers en les ramenant à la raison et en les conseillant de faire d’abord des repérages, gouter aux découvertes et faire plaisir aux yeux par la beauté naturelle des sites et des humains, toutes confessions et classes confondues.

Des magasins d’habillement de haute facture, des commerces de produits divers florissants, des odeurs, des senteurs du terroir, de la cuisson chatouillant les narines, des rabatteurs de tout âge vous conviant à visiter les locaux, en effet le label turque a dépassé les frontières et se négocie au même titre que les autres marques. Le grand Bazard est un immense marché couvert proposant toutes sortes d’articles d’artisanat, tapisserie, bijoux, fantaisie, décoration, argenterie et autres souvenirs. Lorgnant du coté de la rive du pont galata, sur une grande placette bordée de majestueux ouvrages et la splendeur du Bosphore, je ne puis résister à l’envie de croquer des châtaignes cuites, le nez agressé je fus aussitôt servi, l’occasion d’atténuer ce manque chez nous, devenu un produit rare. Toute une journée consacrée à la marche sillonnant les boulevards et immortalisant notre présence auprès des monuments pour assouvir notre curiosité dans des lieux chargés d’histoire.

La visite guidée reprit le matin du dimanche avec l’aimable Alyeh, étudiante turque désireuse de s’appeler El-Alia maitrisant l’Anglais et l’Arabe, cela nous facilita l’effet de communication et la compréhension des légendes rapportées à chaque ouvrage d’une impressionnante architecture et autres vestiges. A l’hippodrome de Constantinople situé en hauteur dominant la mer Marmara, Galata et Anatolya, nous fumes admiratifs des explications formulées par Miss El-Alya à propos de deux obélisques et une colonne en bronze plantées sur la place dont l’une de Théodose, portant des gravures pharaoniques acheminée d’Egypte par voie maritime. L’autre en pierre dépassant les vingt mètres est celle de Constantin le Romain, en bronze celle serpentine qui fut conçue à partir d’un lot d’armes perses fondues et édifiée à la gloire des grecs vainqueurs.

L’hippodrome connut des transformations suite à des démolitions de gradins servant autrefois de tribunes aux amateurs de courses de chevaux du temps des romains. Il fut édifié au même endroit l’actuelle mosquée bleue et tout autour une suite de palais résidentiels. La mosquée bleue du Sultan Ahmed est en rénovation partielle avec une visite autorisée dans la cour centrale entourée d’arcades et surmontée de splendides dômes mettant en valeur la dextérité ottomane en matière d’édification. Il est même indiqué que la visite est interrompue au moment des prières. La Basilique Sainte Sophie à proximité transformée en musée demeure close pour travaux néanmoins les décideurs optèrent pour que l’appel du muezzin sans pratique du culte musulman ne s’interrompe pas du haut de cette édifice.

Entrée payante au palais Topkapi abritant un patrimoine inestimable mobilier et immobilier de l’ancien empire ottoman. Les salles utilisées jadis à d’autres fonctions impériales couvrent dès lors d’autres expositions comme celle du trésor réservée à l’armurerie. La grande cuisine aux hauts fourneaux a gardé son cachet pour l’admiration des visiteurs tant les ustensiles et la céramique du sultan étonnent par leur forme et leur aspect. La pièce la plus attirante et de forte émotion est celle où sont exposées les reliques musulmanes, l’épée de notre prophète SAAWS, une dent, un poil de sa barbe, un sabre de bataille, l’empreinte de son pied, une lettre et d’autres objets sacrés encore, le bâton de Sidna Moussa, le turban de Sidna Youcef, les épées des compagnons, et la calotte ou chéchia de Sidna Ibrahim. le Saint manteau du Prophète Mohammed et la robe de Fatima-Zohra étant retirés probablement pour entretien et meilleure conservation. Ce trésor fut rapporté par les sultans lors de leurs grandes conquêtes s’étalant jusqu’en Arabie. L’immense surface couvre plusieurs pavillons aux alentours de jardins finement entretenus épanouissants de verdure et de fleurs.

Au rythme des flots du détroit, la chance nous sourit l’après-midi du dimanche en chassant la brume enveloppant la mer Marmara pour laisser entrevoir sur l’autre rive un tableau fascinant de la partie asiatique, ses belles maisonnettes blanches, d’autres palais, pied dans l’eau, au milieu d’une exaltante végétation, nous esquissâmes un sourire quant à la condition levée d’emprunter le Bosphore.

Cap sur l’embarcadère en disposant d’un laps de temps pour casser la croute aux environs de 14h00. Nous prîmes place sur le bateau taxi, bien calés sur le pont, horizon ouvert et bien dégagé. A petite allure, la brise de la mer noire s’incrustait sous nos aisselles et fouettait notre visage, un sentiment de naviguer vers l’inconnu nous submerge. Regroupés en famille ou entre amis, chacun mesurait intérieurement la densité de cette satisfaction en balayant des yeux les deux rives, Galata et sa tour à gauche, au moment même où Sofiane Feghouli tapait sur le ballon, c’était l’heure du match, à droite province disait-on d’Anatolya et son relief paradisiaque. Des merveilles des deux cotés à vous laisser imaginer une utopique acquisition d’une demeure en ces lieux magiques, oui, les rêves sont permis.

Au croisement des autres bateaux, la fiesta sur la terrasse, ça dansait et s’éclatait à la recherche du vrai bonheur, le cadre romantique s’y prêtait, alors, autant en emporte le vent dans cette partie médiane captive d’Europe. Bercés, selfies en mouvement, le bateau tanguait au gré des vagues quand nous perçûmes une musique de chez nous, douce et ensorcelante, Ya zina, ma derti fina, notre pensée s’y implanta instantanément dans le décor d’où nous venions, notre mère patrie, ruinée par les mauvais esprits que seule une providence pourrait lui être salutaire. L’On nous signala la présence remarquée d’une mosquée sur les hauteurs de la région maritime de Marmara, ses minarets filant vers le ciel, Tayeb Erdogan vient d’adhérer à la dynastie des bâtisseurs. Le nombre de mosquées étonne en effet et leur architecture étonne plus. Au retour nous croisâmes des dauphins dans leur nage favorite, piquer une tête et ressortir, un plaisir à partager entre la méditerranée, Marmara et la mer noire ayant pour vecteur commun, le Bosphore. Accueillant de plus en plus de touristes de tous les bords, la prospérité d’Istanbul amorce une croissance économique vertigineuse et se fait une place imposante et incontestable en Europe marquant des points pour son adhésion unioniste.

Le Shopping reprend le lundi en disposant de temps libre de nouveau. Ruée sur les fringues et les souvenirs, on comprend dès lors l’engouement de tous ces algériens à inonder le marché turc flairant les bonnes affaires pour les revendre au retour en triplant le prix. De boutique en boutique, le (zyeutage) n’en finit pas devant l’embarras du choix, le nez aussi, à rude épreuve de sniff devant les délices et amuse gueules de tout genre. D’un coin à un autre, le guide Mohammed encombrée par sa petite famille se fraya des chemins au milieu de la foule pour exaucer les vœux et les désirs de chacun. Si Slimane l’octogénaire ne trainant pas le pied devança le groupe sans souci de se perdre, surement envouté par le charme et l’effervescence des lieux. Il se fait rejoindre à chaque fois par l’un des membres en lui recommandant de plus d’attention. De temps en temps il nous gratifia de sa touche humoristique et amusante, un sacré numéro. Dans ce dédale de fourmilière, quelques familles disparurent de nos radars emportées par ce tourbillon d’acheteurs potentiels en quête d’habits et d’accessoires fort utiles.

Fatigués le soir et chargés de paquets et de sachets, nous regagnâmes le gite par Tramway. Les chambres s’encombrèrent d’achats précoces. On s’oublie pour un temps avant de se ressaisir et repenser au lointain voyage et l’objectif principal. Ablutions, Salat parfois dans de luxueuses mosquées aux alentours avant de prendre place au restaurant (Yemek) signifiant (Manger). Des plats bien mijotés au goût des maghrébins et à bon prix jusqu’à taxer le lieu de maqam ezzouali, à vrai dire ce n’est pas gratuit parce qu’en dinar convertible cela nous revient à une moyenne de mille dinars le repas.

Le séjour prit fin le Mardi avec la visite du parc des œuvres miniatures. Plus qu’une merveille en étudiant la touche technique des maquettes, elles s’inspirent toutes de la réalité mais d’une moindre échelle en alliant l’art et la manière, la main experte. Eparpillées sur un hectare environ, elles attirent les regards et laissent les visiteurs pensifs au génie créateur, l’Aéroport, diverses mosquées, le stade de Galatasaray et son mécanisme de simulation d’un match virtuel et une entrée spectaculaire des joueurs acclamés par des supporters acharnés au son d’un chant à la gloire du club local.

En fin de journée, nous ralliâmes l’Aéroport pour s’embarquer sur un vol de la TK en partance pour Médine prévu à 23h00, avec l’échange des compliments, nos formules d’usage et celles de nos accompagnateurs étaient empruntes d’humilité et de politesse.

Par Mohammed MIDJOU

Commentaires (2)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 05/11/2018
J’ai eu plaisir à flâner à travers votre regard frais, spontané, observateur charmé par cette ensorcelante ville qu’est Istanbul. Je vous ai accompagné pas à pas dans les lieux que vous décrivez et qui me sont familiers sauf pour la Turquie miniature, et j’ai déambulé avec vous dans les rues du marché couvert exubérant de ses couleurs et senteurs… et j’ai même pris tant qu’à faire un bon thé accompagné de tomates, fromage blanc, olives, yoghourt et miel le matin au petit déjeuner, un vrai régal! Merci Mohamed, c’est toujours un grand plaisir de vous lire, votre plume est très sensible, je me répète bien sûr, et l’émotion y est présente de bout en bout.
Chantal
Merci Med Midjou pour ce partage de votre voyage à Istanbul joliment décrit.

Bonne journée à tous !

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