À vol d’oiseau, , on la voyait à l'œil nu cette colline appelée "Gaadette Benzarfa c’est du coté d’un point culminant du village. L’endroit étant ardu et culminant, déterminé par un grand espace de terre et d'arbres d’ombre. Là, se trouvait autrefois une caserne militaire. Quand l’armée est venue s’établir, ça été au début des événements survenus un peu ailleurs que partout, m'avait dit Père Que dés son arrivée au village, l’endroit du campement fut choisi et on cantonna le quartier général.
Après s’être vue accréditer solennellement par la municipalité, l’armée va installer une caserne militaire pourvue de toute sa logistique au village. Il fut l’arrivée par la suite de l’effroyable escadron des Dragons. Pour l’armée l’endroit choisi dans le lieu et l’espace pour son quartier général a été encore inouï. Sa position se localisait à un endroit du flanc du village donnant sur le côté des hauteurs de la campagne "El Gountas" d’où sans aucun doute viendrait tout danger. Au vue de la situation, jour et nuit, à partir d'une guérite mise en hauteur, tout le coin de cette périphérie était à surveiller d’une vigilance particulière.
L’armée s’est accrue encore par de nouveaux recrus de la région. De jeunes autochtones las de travailler la terre, ou d’être saisonniers à la traine d’emploi. D’autres gens d’ailleurs aussi connaissant bien les gens de la région et les douars à proximité, viendront et seront engagés. C’est ainsi grâce à eux que les corps de l’armée vont se faciliter les opérations de ratissage. Ils seront aussi durant leur engagement à fournir à l’armée des renseignements. On les appellera harkis.
Il fut pour la population autochtone européenne le grand soulagement enfin. Mais à l’autre population indigène, la présence de l’armée et les patrouilles de jour et celles constantes de nuit donneront inquiétude et frayeur. Il fut alors au village, un temps du couvre-feu. La méfiance commença à régner ,la confiance a disparu entre les gens et il y a eu la peur d’autrui et la répulsion, me disait encore mon père.
Parfois la torture au supplice, incitait tout interpelé ou prisonnier à dire n’importe quoi. Cela s’est avéré des fois où des innocents passeront aussi à trépas me disait-il.
Des rafles au centre du village qui se répétaient chaque fois et ce qui n’est pas du tout anodine pour l’armée comme tant d’autres qui se font dans les rues et cafés maures quand il y a doute de présence d’étrangers.
Dans une des rafles où l’opération consistait à vérifier l’identité des gens venus d’ailleurs si parfois il y a rumeur d’infiltration de personnes douteuses.
C’était par un matin d’un jour de marché hebdomadaire disait mon père. Cette fois avant les coups de neuf heures que prévu, parmi la masse de gens arrêtés et regroupés au hasard, on a prit leurs cartes d’identités auparavant. Et on procédera au questionnement apres. À une personne parmi tant d’autres, interceptée à cette personne qui fut interpelée on lui présenta sa propre carte, et dire s’il connaissait la photo de la personne sur la carte. Il jura par tous les noms qu’il ne l’avait jamais vu ni connu.
Sans pour autant dire ce que fut ce temps pour tous, c’est où il est nécessaire de ne pas dire la vérité consciemment, alors qu’on la connait sciemment pour ne pas la dire pour une cause. Dire une vérité abstraite ou concrète c’est dire qu’elle existe, mentir une vérité par peur c’est cacher une vérité que l’on connait. Ainsi me disait mon père, la vie allait continuer son train de vie au village.
Je me rappelle aussi d’un jour de marché, et c’est pendant les vacances que je me trouvais au coté de mon père. À la place habituelle où mon père s’installait dans un coin acheter ce que lui remettent les campagnards qui venaient de loin j’étais là à compter et à recompter pour arranger avec de la paille les œufs afin qu’ils ne cassent pas. Ce jour là, une scène choquante et offensive s’est déroulée devant tout un monde présent. Sur un beau cheval, c’était un pur sang rare, un campagnard venait d’arriver à la porte d’entrée grande ouverte du marché. L’homme est resté monter sur sa monture comme à ses habitudes. Je le voyais ainsi souvent apporter pour mon père un couffin d’œufs et quelques poules et dindes à vendre. À la grande porte d’entrée, il paya le franchiseur mais ne descendit pas de cheval encore. Ce n’était nullement interdit. Au moment qu’Il allait accéder et à se diriger à l’intérieur du côté bestiaux du marché. C’est là, où tout prêt de l’entrée le garde-champêtre au képi de gendarme était à surveiller le mouvements des gens l’interpela. D’abord il le fit descendre de sa monture. Par la suite après juste quelques mots entre eux, le garde champêtre l’empoigna et l’emmena un peu plus loin. Et contre le mur sortit son pistolet de l’étui. On le voyait pointer son arme au ventre de l’homme. L’individu est resté calme,tous les gens présents attendaient ce coup de feu qui allait sortir et voir l’homme s’écrouler. Au lieu du coup de feu, Le champêtre alors le frappa par la suite d’une gifle et d’un coup de poing, son chèche tomba à terre, sa tête rasée comme tous les paysans de la campagne faisait rire l’agent de l’ordre. Non satisfait, il le secoua encore pas le col et d’un autre coup sur la tête il le chassa. Plus jamais je ne l’ai revu revenir un jour de marché. Peut être qu’il était parmi ceux qui au djebel défendent leur dignité et qu’on les appelle « Fellagas ».
Bien auparavant le village vivait paisiblement malgré les différents qui subsistaient entre colons et indigènes. Et aussi entre colons et petits propriétaires terriens. Une gendarmerie avec son corps par contre était bien en place avec les premiers colons installés au village. Et tout jeune Père connaissait tout les recoins du village et pour connaitre aussi toute la population qui se comptait en ce temps au bout des doigts. Il y avait un seul médecin qui exerçait et s’occuper d’une infirmerie pour indigènes au village. Une’ infirmerie aménagée en un petit hôpital avec des lits de camp.
INFIRMERIE DU VILLAGE / Djendel Lavigerie


Oued Cheliff
Commentaires
1 Miliani2Keur Le 18/06/2023
ton recit se lit comme un grand roman, sur un sean de porte, ou a une fenêtre...
quel age avait-tu quand Gaadet Benzerfa fût garnie !?
un long fleuve qui evoque une topographie qui n'est plus et des arbres sûrement disparus ou dégarnis
merci moh pour ce pan de mémoire
Ajouter un commentaire