Miliana, ma douleur…mon rêve, mon espoir !/ Par BENSAADA Bakhta
Commentaires
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merci pour cette belle page. Il est essentiel que la mobilisation pour la protection de la ville et son développement durable soit constante et puissante. IL n'y a pas encore de possibilités de penser la définition d'un projet de développement digne de ce nom. Les propositions existent mais elles restent insuffisantes. Hélas il n'existe pas encore en Algérie de dispositif et de mode de mobilisation d'une communauté pour engager une restauration, une protection, un aménagement et un semis d'actions de développement.
Parmi les priorités il y a la définition d'un projet à faire adopter par l'APC.
Un tel projet doit aussi être accepté et soutenu par les tutelles.
Parmi les priorités il faut de toute urgence:
- un plan de préservation des sources des jardins et des constructions, ce qui requiert un programme de plantations du massif afin que les eaux de pluie soient retenues dans la nappe qui ainsi alimentera les sources, ruisseaux et rivières
- un plan de protection des constructions anciennes avec droit de préemption de l'APC et un projet permettant d'indemniser les propriétaires
- un Plan d'Occupation du Sol (POS) qui interdit toute construction non conforme aux principes de réservation, ce qui signifie des moyens d'indemnisation des propriétaires
- la définition d'un mini POS patrimonial accompagné d'un projet de développement orientant les nouvelles constructions d'une part de sorte à protéger le site de la ville ce qui signifie la définition de nouveaux espaces urbains à développer qui soient intégrés au paysage et qui empêcherait une urbanisation étale du bassin et des pentes du zaccar. La meilleure solution est de penser un plan de développement durable de l'ensemble du massif sur lequel il faut réaliser une chaine de petites cités limitées en surface et reliées par un train type tram raccordés à des mini centres commerciaux et d'activité . IL faut ainsi empêcher l'urbanisation sauvage et étale comme elle se fait et comme le montre l'évolution de Hamma Riga complètement défigurée. Un tel projet doit être accompagné d'une stratégie sur le foncier. etc.. et d'une maitrise des prix qui permette d'empêcher une spéculation constructive mais elle doit aussi intéresser les propriétaires pour qu'ils aient intérêt à conserver des biens de valeur paysagère où pourront être construits de s lotissements intégrés d'habitat collectif, semi collectif et individuel. Le projet d'ensemble rapportera à terme de l'argent aux propriétaires des terrains et des maisons à jardin .. Dans l'ensemble il faut trouver des formes juridiques pour que les APC qui peuvent être organisées dans un Syndicat intercommunal mettent en place des POS spécifiques, un système de transport uintercommunal (un tram à mi versant réglerait et contiendrait les déplacements,ts automobiles qui pourront être limités et régulés sur un axe intégré au paysage etc.. -
Bonjour à tous,
Je vous remercie tous d'avoir apprécié mon article et vous promet d'en écrire d'autres .
Comme le disait si bien Mr Benabdellah Mohamed , nous gardons tous des souvenirs tellement merveilleux que nous n'avons pas remarqué l'état de délabrement de la ville, moi même je ne me suis rendue vraiment compte que lorsque j'ai invité un ami à qui j'ai longtemps vanté la beauté de ma ville natale à venir visiter . Je n'oublierai jamais son expression ce jour là en visitant Miliana il m'avait dit :" c'est ça ta ville tant aimée mais ma parole elle croule de partout ta ville bien aimée ." il faut reconnaitre qu'il était rigolard . Et a partir de là je me suis mise a regarder Miliana autrement ; avec les yeux de journaliste ; et croyez moi ce que j'ai constaté m'a terriblement peiné, des rue et façades délabrés, des devantures de magasins qui font pitiés, jardin publique défraichi ..... et j'en passe .
en effet, tout est a refaire ,a réparer, a réhabiliter et a repenser pour pouvoir au moins offrir un tourisme local et environnemental digne de ce nom e mais pour réaliser ce rêve les enfants de cette ville doivent se bouger et non pas rester derrière leur micro à s'échanger des souvenirs aussi beaux soit-ils, sinon personne ne viendra se préoccuper de leur ville à leur place.
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Bonjour Madame Bensaada,
Merci pour ce puissant cri du cœur. La résonance en est profonde. Oui Miliana, l'Algérie notre douleur, notre rêve, notre espoir...
Slawomir Mrozek – Le maître Polonais du « Théâtre de l’absurde et de l’humour sur fond de désespoir » comme l’étiquettent les dictionnaires, ou un concentré d’humour noir, grinçant, pessimiste servi dans une langue parodique, métaphorique pour exprimer un monde déformé, schématisé dans lequel la forme prend le dessus sur le sens, une forme de dérision sur les absurdités multiples auxquelles nous sommes confrontés au quotidien sans que nous puissions, pensons-nous, y faire grand chose... Est-il si sûr que l'on ne puisse sortir de ce qui nous semble être une fatalité, une forme de "malédiction"?
Un extrait de « La vie est difficile ».
Révolution
Dans ma chambre le lit se trouvait ici, l’armoire là, et entre les deux il y avait la table.
Jusqu’au jour où j’en eus assez. Je déplaçai le lit là, et l’armoire ici.
Pendant un certain temps je sentis couler en moi un courant novateur vivifiant. Mais au bout de quelques jours... l’ennui revint.
J’en tirai la conclusion que la source de mon ennui était la table, ou plutôt sa position immuablement centrale.
Je poussai donc la table là, et le lit au milieu. De façon anticonformiste.
Cette seconde nouveauté me redonna de la vitalité, et tant qu’elle dura, j’acceptai la gêne anticonformiste qu’elle occasionnait. En effet, je ne pouvais plus dormir maintenant le visage tourné vers le mur, ce qui avait toujours constitué ma position préférée.
Au bout d’un certain temps, néanmoins, la nouveauté cessa d’être nouvelle, et seule subsista la gêne. Dans ces conditions, je poussai le lit ici, et l’armoire au milieu.
Cette fois, le changement fut radical. En effet, l’armoire au milieu de la chambre, c’était plus que de l’anticonformisme. C’était de l’avant-garde.
Au bout d’un certain temps, néanmoins... Ah, ce maudit « certain temps » ! Bref, même l’armoire au milieu de la chambre cessa de me paraître quelque chose de nouveau et d’inhabituel.
Il convenait d’opérer une cassure, de prendre une décision fondamentale. Si, dans le cadre ci-dessus défini, aucun véritable changement n’était possible, il importait de sortir complètement de ce cadre. Dès lors que l’anticonformisme se révélait insuffisant, dès lors que l’avant-garde ne donnait aucun résultat, il fallait accomplir une révolution.
Je pris la décision de dormir dans l’armoire. Tous ceux qui ont essayé de dormir debout dans une armoire savent qu’avec une telle absence de confort on est absolument assuré de ne pas trouver le sommeil, sans parler de l’exténuation qui s’empare des jambes, et des douleurs dans la colonne vertébrale.
Oui, ce fut la bonne décision. Succès, victoire complète. Car, cette fois-ci, même le « certain temps » n’eut aucune prise. Au bout d’un certain temps, non seulement je ne m’habituai pas à mon changement, c’est-à-dire que le changement demeura changement, mais au contraire, je ressentis ce changement avec de plus en plus d’acuité, car la douleur allait croissant à mesure que le temps passait.
Tout aurait donc été pour le mieux, n’eût été ma résistance physique, qui s’avéra limitée. Une certaine nuit, je n’y tins plus. Je sortis de l’armoire et m’allongeai sur le lit.
Je dormis trois jours et trois nuits. Après quoi je poussai l’armoire contre le mur, et la table au milieu, car l’armoire au milieu me gênait.
Maintenant le lit se trouve ici, comme avant, l’armoire là, et entre les deux il y a la table. Quand l’ennui me guette, je me remémore l’époque où j’étais révolutionnaire. -
ESSALEM à toutes et à tous.Quand il s'agit de Miliana je ne peux résister à la folle envie de mettre mon grain de sel.En effet Miliana m'a vu enfanter, m'a vu grandir, m'a éduqué et m'a appris beaucoup de bonnes choses.Je garde jalousement des souvenirs tellement doux ,tellement forts que je me remémore très souvent quand je flane dans ses rues.Chaque coin de la ville évoque pour moi des situations diverses, parfois heureuses et parfois tristes.Je me vois grandir.D'abord à l'école maternelle avec Mme Grosse-tete puis à l'école primaire Charles Andrei avec feu Mr AntriBouzar( passage très court du fait du colonialisme:école réservée aux petits français ou à certains algériens privilégiés) puis à l'école primaire Léon Maubourguet avec Mr Molle, Mr Benamara... et enfin le prestigieux lycée Mustapha Ferroukhi .Chaque étape du cursus scolaire était riche en évènements.On a rencontré une multitude de personnages différents les uns des autres.Chacun d'eux avait une histoire, une nouvelle à nous raconter durant les glaciales journées d'hiver.Durant la narration on découvrait une autre personne,ce n'est plus le prof craint.Des moments inoubliables qui restent ancrés dans notre subconscient.Miliana restera éternellement cette ville envoutante,accueillante et hospitalière malgré le degré de dégradation très avancé de tous ses coins et recoins.L'esprit de la collecte des signatures pour le jardin public doit etre étendu à toute la ville car elle en a bien besoin.Seuls ses enfants pourront le faire avant qu'il ne soit trop tard.Au passage je remercie Mme Bensaada pour le cri de détresse qu'elle a lancé pour"Sauvons Miliana" .
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Bonsoir Madame Bensaada,
En lisant votre texte, je suis tellement attristée par ce constat car je suis toujours aussi profondément attachée à cette ville de mon enfance. Avant de lire votre texte, j'ai vu, en premier, cette belle image de Miliana. J'éprouve toujours la même émotion en voyant cette horloge que j'entendais sonner de ma chambre qui se trouvait rue St. Paul.
J'espère vivement que l'avenir permettra aux Milianais mais surtout aux "décideurs" locaux et nationaux d'agir avant qu'il ne soit trop tard pour préserver le patrimoine de cette ville, de son Zaccar inoubliable et de son environnement en général pour lesquels je garde une infinie tendresse.
Inch'Allah !
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