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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

« HEYZIA » Anthologie d’une épopée d’amour.

 Il est fort intéressant de jeter un profond regard sur une partie de notre patrimoine culturel dont une bonne partie se dissipe déjà à travers le temps ; ne serait-ce pour enseigner, pour transmettre à nos générations futures ce que nous avons vécu ou ce que nos parents, grands parents nous ont laissé.
Tout le monde a Sans doute déjà entendu parlé de « HEYZIA » et du poète populaire « BEN-GUITON » qui a drainé beaucoup de chanteurs à associer leurs voix à de multiples instruments pour en sortir de ce cadre écrit une ode qui restera éternelle et qui refera vivre « HEYZIA » à jamais. Le plus intéressant dans tout ça c’est le contenu du poème qui reste inachevé jusqu’à nos jours, car certaines études citent que beaucoup de vers ou même peut être des strophes entières ont disparu; ce poème légendaire est une épopée composée par un poète nommé « BEN-GUITOUN » -Ibn guiton Seghir- donc auteur de ces fragments poétiques amoureux et qui, sollicité par « saayed  " سعيّد » le mari de la défunte « HEYZIA », a perpétué l’ampleur de ce drame pour lui, et n’a aucun moment hésité à donner de sa plus belle plume ce qui se chante sur les bouts des langues de nous jours.

  • Consolez-moi mes amis : j'ai perdu la reine des belles ;
  • Elle repose sous les pierres du tombeau.
  • Un feu ardent me dévore ;
  • Ô frère je suis malade, mon cœur s’en est allé
  • Avec la svelte Heyzia.

Parlant de Heyzia la fille d’Ahmed BEN-EL-BEY dans la réalité, BENGUITOUN l’a décrit à travers ce deuil. Elle est née probablement en 1855 et, dans le poème, elle avait 23 ans, soit en 1878 de l’ère chrétienne. Elle s’est éteinte en mille deux-cent ; ajoutez à cela quatre-vingt-dix, puis cinq. 1295 de l’hégire soit 1878 de l’ère chrétienne.
Revenons aux causes de sa mort. Plusieurs versions ont été citées, mais aucune ne semble plausible, surtout celle qui rapporte qu’elle a été tuée par erreur par son mari au retour de la chasse ; en la voyant habillée d’un burnous debout un fusil à la main ; Saayed l’a prenant pour un intrus a tiré, sans hésiter, sur sa propre femme la tuant ainsi. Le poème décrit une généralité du drame mais ne le détaille point.

  • Le vent a soufflé sur elle et l’a arrachée,
  • Je ne pensais qu’elle tombe ; alors qu’elle était bien portante,
  • Campés à oued tell ; la reine des jouvencelles m’a dit adieu, mon ami
  • En cette nuit elle est partie à jamais, les yeux noirs, elle a quitté ce monde.

Elle est peut-être morte d’un malaise, nul donc ne peut avancer quelconque version sur son décès qui reste une énigme car le texte ne révèle rien de cela sauf ce malaise entre deux haltes.
le poète BEN-GUITOUN a aussi chanté réellement avec une langue pure, une langue de tous les jours, la beauté de cette femme, ce vécu, cet amour fou qu’avait porté un jeune homme pour une jeune demoiselle qui valait à ses yeux tout ce qu’il y avait de précieux en ce monde.

  • Ô fossoyeur ménage la gazelle du désert,
  • Ne fait guère tomber de grains de sable sur Heyzia.
  • Je jure sur le saint coran que je ne ferais tomber point grains
  • Sur la reine éblouissante.
  • Si cela fût dans l’adversité je combattrais trois escadrons.

Le texte original comporte certains mots encore vague de signification ; d’ailleurs des études sont en cours afin d’ôter certaines zones d’ombres.
Revenons à SAAyed. Il fût donc le malheureux amoureux qui n’a jamais vu son amour allait jusqu’au bout de ses rêves. On dispose de peu d’informations sur lui, mais en revanche, on a beaucoup parlé du poète Mohamed ibn (ou: ben) Seghir ibn (ou: ben) Guitoun de la tribu des Ouled Sidi Bouzid, né probablement en 1843 à Sidi Khaled, une oasis connue pour ses poètes, à une centaine de kilomètres environ au sud-ouest de Biskra.
On aussi beaucoup Parlé de HEYZIA, le nom d’une jeune femme issue de la famille dominante des Bouakkaz de la puissante tribu des Dhouaouda (descendants, selon certains dires, des tribus des Beni Hilal venant d’Arabie au Maghreb vers le XIe siècle ap. J. C. venant d’Arabie). Cette tribut occupait des riches plaines de Sétif au Nord jusqu’à l’oasis de Ouled Djellal au Sud, et bien plus loin encore si l’on jugeait par l’influence de son Cheikh el Arab (titre donné à son chef qui signifie littéralement : Chef des Arabes) à l’époque. Heyzia, fille d’Ahmed ben el Bey, était amoureuse de son cousin Saayed, orphelin recueilli dès sa tendre enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de Heyzia.
La fin du poème est bien plus émouvante .

  • Ô bon Dieu console ce dépossédé ; je pleure comme un étranger
  • Et je fais pitié même à mes ennemis,
  • Je ne mange point ; car la nourriture n’a de goût pour moi et je ne dors car mes paupières refusent de se fermer.
  • Entre sa mort et mes paroles il n’y a que trois jours,
  • Elle m’a dit au revoir et puis elle n’est plus revenue
  • Mon cœur est parti avec, svelte Heyzia
  • (Avec celle qui est partie pour toujours). 

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La ruelle où se situe la maison de Heyzia à Sidi Khaled

Commentaires (1)

benyoucef
  • 1. benyoucef | 09/03/2015
Bonjour tout lemonde
A titre d'information,lors de la visite de madame la minisitre de la culture à l'opéra d'Alger qui est en construction,elle a déclaré que ce grand établissement culturel qui sera inauguré en octobre 2015,accueillera comme premiere représentation artistique: l'opéra de Heiziya.
Amicalement

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