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Ali Amrane, l'ancrage d'un chantre

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Parler d’Ali Amrane, c’est aussi découvrir un jeune parolier, compositeur, interprète et chanteur de la chanson amazighte. Ce jeune prodige ne cesse de prouver, de gravir et de franchir les devants de la scène en un temps record. Alors que certains anciens y ont mis beaucoup de temps pour s’affirmer.

Ali Amrane, ce lutin et phénomène ne cesse de s’illustrer et s’améliorer afin de devenir un talentueux chanteur kabyle. Ses chansons mesurées et rythmées avec un style condensé et très percutant, arborant beaucoup de profondeurs dans la compréhension. Ces particularités ont, certes, marqué largement le public. Il possède cette propriété de préparer et d’improviser lui même ses textes. De les interpréter avec panache, avec une mixture enivrante qui laisse ses admirateurs enthousiastes, emportés et surtout sur leur faim. En dernier, distiller la bonne parole et fredonner ces mélodies qui n’arrêtent pas de séduire presque la totalité du pays et celle d’outre-mer.

Depuis fort longtemps, on ne cesse de dire et de répéter que l’amazighité est une culture  nationale. Pourtant, les chansons d’Ali Amrane n’ont pas dépassé les limites de la Kabylie. C’est vrai que cet artiste fut invité occasionnellement au niveau de certaines chaines de télévision et radios de la capitale sans pour autant faire répandre ses tubes à travers les chaines nationales pour que ce dernier soit connu et que ses chansons soient également éparpillées et appréciées à travers tout le pays. Des chansons qu’il avait lui-même écrit les textes et travaillées la mixture des mots ce qui avait donné à ses chansons un tremplin percutant tout en savourant la porté et surtout la teneur.

Nous aurions souhaité écouter ces morceaux afin de savourer la nature du contenu à défaut d’écouter certaines chansonnettes qui envahissent et crèvent les écrans de nos télévisions, elles  ne veulent, non seulement, et absolument rien dire mais aussi frôler davantage le ridicule. Ajoutant à cela ces coiffures curieuses et contraire à notre culture,  la multitude de téléphones portables qu’ils s’échangent perpétuellement. Des chansons purement commerciales qui ont pour titre ou avec certains refrains de type tels que « shampoing » « El Kabda » « Baraka mékassira »« Ain-El-Zerga » inadmissible ! Si comme si nous manquons vraiment de paroliers ! etc… D’où une certaine Lila Hamou d’Oran qui est sorti de son silence pour dénoncer ces déprédations et dépassements. Elle les a qualifiés de tous les noms comme « El Kafiya », « El Gellitt ». Ces pratiques nous ont procuré une gêne considérable surtout sur le plan de la moralité. Certains de nos voisins, ont eux aussi, adhéré à cette spirale : Vendre deux lopins de terre et entrer dans la ville !(بيع 2 عارات ارض و ادخل البلاد).

Ces chansons envahissent la société. Ecoutées par une jeunesse dévergondée qui n’arrivent pas à se repositionner et différencier entre le bien et le mal. Ballottées par le vacarme occasionné par ces chansonnettes, suivies par quelques phrases nuancées. Et, le tour est joué pour enfoncer davantage cette jeunesse dans le ridicule et l’absence totale ou partielle de la moralité. Cette jeunesse est en train de se rechercher, elle piétine, elle n’a pas encore trouvé le déclic adéquat pour s’épanouir et s’affermir. Depuis la décennie noire, elle est confrontée à beaucoup de déroutes, alors qu’elle est la force de demain. Apprenons à ces jeunes comment usiner un boulon, un écrou. Apprendre les métiers de base qui vont les propulser, demain,  vers un avenir certain et sûr. Le renflouement d’argent est une erreur fatale qui va les brouiller et les corrompre. Ces jeunes à un jeune âge très précoce jouent et dilapident des sommes faramineuses. Ajouté à cela ces chansonnettes qui crèvent les écrans, c’est la descente aux enfers. Ces étourderies portent préjudice à nos acquis qui sont nos consciences, connaissances qui émanent du terroir. Elles déstabilisent les cerveaux fragiles et délicats des adolescents et les refoulent inévitablement vers la débauche ! Où allons-nous comme ça ?

Certes, ces chansonnettes à caractères commerciales ne sont pas toutes mauvaises et dégoûtantes néanmoins il existe dans ce registre des chansons qui méritent d’être écoutées et entendues dans un milieu approprié.

Nous aurions souhaité et aimé écouter les morceaux travaillés et étudiés afin de savourer non seulement les paroles mais aussi la composition et les arrangements effectués par ce jeune et talentueux compositeur, interprète et chanteur. D’ailleurs ils sont nombreux à œuvrer de la sorte. Comme autrefois, écouter en famille ou bien en solo, les Hadj M’hamed El Anka, Boudjemaa El Ankis, Ammar Ezzahi, Hadj Hachemi Guerrouabi, Kamel Messaoudi, Abdelmadjid Meskoud, Ahmed Wahbi, Dahmane El Harrach, Abdallah Menai, Hamid Cheriet dit Idir, Malika Domrane, Djallal, Blaoui El Houari et Ouarda el Djazairiya, la liste est longue, était un réel bonheur. Bellemou était un instrumentaliste hors pair, il n’avait rien à envier à ses pairs occidentaux. Il ya une déperdition voire un appauvrissement de nos valeurs sur le plan culturel et surtout sur le plan de la morale.

1- Qui est Ali Amrane ?

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 De son vrai nom : Ali Koulougli, Auteur, compositeur interprète d’expression algérien. Né le 20 mai 1969 (47ans) à Iguariden (Maâtkas) un petit village de haute Kabylie au nord de l’Algérie.  Genre musical : rock algérien, musique kabyle.

 Un son rock, une voix rauque, des textes incisifs, Ali Amrane, continue de traîner avec lui sa valise. Blouson de rocker, un air de Rimbaud, Ali Amrane a apporté un souffle nouveau à une chanson  kabyle affaibli (essoufflé), redondante (bavarde-inutile). Il est allé puiser dans les terroirs de grands-mères. Se ressourcer au niveau de ces vieux briscards de la chanson kabyle comme ses ainés (Boudjemâa El Ankis, Hamid Cheriet dit Idir, Lounis Ait Menguellet, Malika Domrane, etc….        

 

 

Parcours artistique

Amrane étant le prénom de son arrière-grand-père. S´il prélève sa source dans sa Kabylie natale, Ali Amrane condense un mélange d'attirances locales et occidentales. Au chant et à la guitare acoustique, il aborde un style dégarni, sans décoration; ses compositions, quant à elles, empruntent leur rythmique à l’univers folk rock, avec des intonations variées.

Ali Amrane a aujourd’hui séduit un large public, de même que la reconnaissance de ses pairs, comme Abranis, Idir ou encore Takfarinas, qui approuvent sa démarche artistique, comme une nouvelle voix, dans l’histoire de la chanson kabyle. A peine sorti de l’adolescence, Ali se distingue par l’écriture de ses poèmes, les meilleures et premières compositions, issues des coutumes ancestrales qui ont forgé sa jeunesse. D’ailleurs, ces anciens résidus sont traduits par l’ensemble des artistes populaires de la région.

Il a écrit ses premières chansons vers l'âge de16 ans, dans le genre traditionnel. Certaines ont été interprétées avec succès par des chanteurs populaires tel que Lani Rabeh, ou Hamel Slimane. En 1988, il a rejoins la « compagnie » théâtrale Meghres à l'université de Tizi-Ouzou comme musicien pour la chorale. A la même époque, il commençait à plaquer ses premiers accords sur les chansons des Beatles, Idir, Simon and Garfunkel, Moustaki, Cabrel, Inasliyen, Pink Floyd, Abranis, Cat Stevens,...Il abordait une nouvelle manière de jouer de la guitare, il découvrait la musique occidentale, l'harmonie..., ses compositions commençaient à s'imprégner de ces nouvelles influences et à prendre une autre direction, plus folk rock. Aussi, en parallèle à la chorale, il commençait à se produire sur scène, et à l'occasion, à glisser une de ses chansons dans son recueil.

En 1998, l’enregistrement d’un album en solo au titre éloquent, Amsebrid (Le Routard), signe son engagement artistique. Aussi poursuit-il sa route en tournée, sillonnant la Kabylie : à la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou, au Théâtre Régional de Bejaïa et dans les festivals traversés, sa maturité artistique est reconnue et maintes fois récompensée, d´un premier prix entre autres, décerné par le Festival National de la Chanson Amazighe. De plus en plus, sa recherche tend vers l´épurement comme pour rejoindre sa quête d´universel. L’incantation et la douceur de la voix, la virtuosité de la musique en appellent à une positivité déterminée : aller de l´avant, en voyageur, en poète, et surtout en rassembleur pour la fraternité et l’amour.

En 1998, après une petite expérience de studio, des concerts, des émissions de radio, ponctués d'incertitudes, de boulots de survie, du 1er prix du festival de la chanson amazigh et surtout d'un passage de trois année par l'Institut de Langue et Cultures Amazighes de l'université de Tizi-Ouzou. Entre temps, il monte le groupe Tura pour faire de la scène et dans la foulée, ils ont eu le 1er prix au festival national de la chanson amazigh et 2ième au festival de musique de la Soummam.

De même, le voyage lui était devenu incontournable de Tanger à Helsinki, en passant par des villes européennes telles que Barcelone, Amsterdam et encore d’autres. Il nourrit sa recherche du design, posant l’artiste engagé en citoyen du monde. Chemin faisant, sa musique appréhende  de nouvelles couleurs, toujours plus libre.

En 2000, il quitte sa montagne pour un nouveau voyage pour l’Europe, cette fois sans billet retour : il s´installe à Paris. Seul ou accompagné de sa formation –Il joue d’abord dans des cafés spécialisés à cet effet, il contribue à divers concours et événements culturels, il réussi à se produire dans plusieurs salles locales... Un an après sa représentation en 2003, il est programmé dans le cadre du concert du Printemps berbère au Zénith de Paris, aux côtés d´Akli ou encore Gnawa. Dans la foulée, sa chanson Xali Sliman (Tonton Slimane) a fait un grand tabac,

soutenu par la diffusion de son clip vidéo à la télévision. Avant même la sortie officielle de l´album du même titre en 2005, la chanson occupe la première place au hit parade de la fréquence kabyle pendant pas moins de cinq semaines. Suivies alors les représentations sur les scènes française et algérienne, ainsi que les apparitions médiatiques : quelques jours après la clôture du festival Tizi Rock, il est l’invité principal de l'émission radiophonique Thibugharin G’id-live pour un direct de l’auditorium de la Radio nationale à Alger.

 

2- Renouveau dans la chanson kabyle

En 2008-2009, Ali Amrane a pour objectif principal à la mise au point de son troisième album tout en participant à quelques concerts dont deux Zéniths à Paris. Il faisait tout ce qui était en son pouvoir afin d’unir toutes les méthodes nécessaires pour la réussite de son enregistrement afin de donner un nouveau sens à sa profession. Alors, il a commencé à se définir et prendre des alliances sûres et reconnues qui vont lui permettre de prendre des envols sûrs vers les lieux de la consécration.

Ali Amrane a choisi l’étranger pour s’affirmer davantage et faire valoir sa musique et aussi se doter de l’arme de l’expérience. Donner à ses chansons ces tournures et ces techniques qui favoriseront le développement en leur donnant un essor immense tant sur la scène nationale et internationale.

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Répondant à une question supposée être importante sur son choix pour son propre style, il dira : ce style de musique permettra à la chanson kabyle d’être écoutée non seulement par les kabyles mais également par un public qui ne la connait pas spécialement. C’est une manière de la rendre encore accostable à de nouvelles oreilles, d’élargir son public et la renouveler pour être aussi en phase avec notre temps.

 

3- Quelques réponses à des questions posées ici et là :

Questionné aussi sur les reprises avec les anciennes chansons ne peuvent-elles pas freiner l’évolution de la chanson kabyle ? Il a aussi répondu en affirmant ceci : Il y a reprise et reprise ! Si on reprend une chanson pour lui donner une dimension nouvelle tout en apportant des arrangements différents, une interprétation…cela peut être positif. Si par contre, on la reprend juste dans l’espoir de se faire connaître parce que la chanson est elle-même connue, je trouve que cela n’a aucun intérêt artistique. La reprise, en elle-même, ne freine pas l’évolution de la chanson ; c’est le manque de créativité et de structures de production professionnelles qui la freine.  

Une question fut abordée sur l’accueil réservée à la chanson kabyle, il a répondu en disant ceci : Il y a plusieurs chansons kabyles et j’imagine qu’il y a des genres qui sont mieux reçus que d’autres. Il est plutôt bien reçu par le public dans les concerts qu’il donne, c’est peut-être parce que sa musique parle aux gens même s’ils ne comprennent pas les paroles.

 

4- Conclusion

Ali Amrane avait toujours envoûté son public Le souffle de la terre qui l’a vu naitre se répand d’une manière apparente et leur donne définitivement un cachet kabyle qui est reconduit dans l’espace musical mondial, bien aussi sur le plan du rythme ainsi que celui de la mélodie.

En plus, après tant de dépenses d’énergies et de prospections, il parvient à déterrer du patrimoine oublié, une collection de chansons et d’anciens airs qu’il arrive à reprendre dans un nouveau montage en leur donnant une force de charme et cela jusqu’à l’envoûtement. Aucune oreille même rebelle ne résisterait pas à l’écoute de « Aglalas « ou encore à « Ssfina » qui font le bonheur de ses admirateurs.

Ali Amrane, est un poète engagé, ses textes portent somptueusement les irritations des siens à travers les mers et les continents dans un bel écrin qui mérite toutes les félicitations.

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Par DEGHRAR Djillali

Commentaires (2)

bernisse lahcen
  • 1. bernisse lahcen | 21/03/2017
Ali Amrrane, ce virtuose

Ali Amrane est de la trempe de ces chanteurs qui impressionne le monde de la culture tant par ses paroles et sur tout la musique. Issu d'une famille très pauvre, il ne cesse de grandir et faire valoir son talent et cela sans oublier d'où il venait. Bravo

Lahcen
Messaoud
  • 2. Messaoud | 18/03/2017
Monsieur Djillali DGHRAR

Je vous remercie d'avoir su, et comment, mettre en évidence notre rossignol Ali Amrane qui est peu connu dans son pays.Par contre en outre-mers,il est en train d'exploser.Merci monsieur Djilali d'avoir pu et su le présenter dans cet article et le grand merci revient à vous.

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