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L'histoire mythique du canal de Suez

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Les histoires, d’une manière générale, nous ont toujours et souvent réservé, à la fois, des grands émerveillements mais également des stupéfactions ; cette fois-ci, la fascination est de taille :

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Parfois, et presque tout le temps, lorsque l’occasion se présente, on se demande, souvent : ce que c’est le canal de Suez ? Comment est-il fait? Sa construction ? Pourquoi a-t- il soulevé tant de problèmes, d’embarras et de complications? Comment sont- ils arrivés à le percer ? Parce que, à première vue, ce sont des travaux colossaux et de méga structures. On est un peu consterné et de temps à autre stupéfait quant à sa conception, la profondeur de ses eaux, la longueur des deux rives. Comment un canal de cette ampleur peut faire circuler de très grands bateaux ? Tels que par exemple ceux qui transportent les contenairs et autres. C’est à la fois surprenant et prodigieux.

Cependant, et surtout par curiosité, nous avons voulu en savoir un peu plus sur cette antique histoire, ce grand édifice et surtout son fonctionnement. Ce que nous avons découvert dépasse de loin la raison et encore plus grand de ce que nous n’avions imaginé.

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Introduction

Le canal de Suez, (en arabe قناة السويس‎‎) est un chenal qui se trouve en Égypte, du coté de la ville de Port-Saïd sur la méditerranée. Il s’enfonce jusqu’à la mer rouge.  Les trois grandes villes qui le composent sont : Port-Said, Ismailia et Suez. Ses caractéristiques techniques sont les suivantes :

  • Longueur de : 193,3   km
  • Largeur de :  280 m à 345 m 
  • Profondeur de : 22,5 m

Il relie, via trois lacs naturels (Manzala, Timsah et Amer), la ville portuaire de Port-Saïd sur la mer Méditerranée et la ville de Suez sur le golfe de Suez (partie septentrionale de la mer Rouge), permettant ainsi de relier les deux mers. Percé entre 1859 et 1869, grâce à une levée de fonds énorme à la Bourse de Paris, sous la direction du diplomate retraité français Ferdinand de Lesseps,

Il permet aux navires d’aller de l’Europe en Asie sans devoir contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance et sans déposer les marchandises par voie terrestre entre la Méditerranée et la mer Rouge. Avec l'augmentation du trafic, le canal est devenu la troisième source en devises de l'Égypte. Un blocage du canal entraînerait des pertes d'environ 7 millions de dollars par jour.

Le 6 août 2015, le président égyptien Al Sissi inaugure le « Nouveau canal de Suez » permettant, après un an de travaux, de doubler la capacité de passage. Les travaux ont consisté à élargir le canal existant ainsi qu'à en augmenter la profondeur sur 35 km, et à doubler le canal sur 37 km dans sa partie orientale. Le canal est la propriété de la Suez Canal Autorité, qui est aussi responsable de son administration et de sa gérance.

I- Histoire plurimillénaire du canal de Suez

  1- L’histoire du canal de Suez est non seulement plurimillénaire, mais, elle remonte largement aux anciens temps, les temps de l’antiquité. Il est probable que durant la XIIe dynastie, le pharaon Sésostris III (-1878 à -1843 -1842) (Ere du prophète sayidinat Loot (aleihi El salem) ait fait creuser un canal orienté d' Ouest en Est à travers le Wadi Tumilat, reliant le Nil à la mer Rouge, afin de pouvoir commercer avec le Ta Netjer (le Pays de Pount), permettant ainsi directement les échanges entre la mer Rouge et la Méditerranée.

  2- Son existence est certaine au XIIIe siècle av. J-C. pendant le règne de Ramsès II. Il a ensuite été abandonné. D'après l'historien grec Hérodote, des travaux pour remettre le canal en état auraient été entrepris vers - 600 par Nékao II, mais ils ne furent jamais achevés.

  3- Le canal fut finalement terminé par le roi Darius Ier (vers - 550 à - 486), le conquérant perse de l’Égypte. Darius a illustré sa réalisation par diverses stèles de granit disposées sur les rives du Nil, dont celle de Kabret à 200 km de Pie. Le célèbre adage de Darius dit :

  4- « Le roi Darius a dit : je suis un Perse. En dehors de la Perse, j'ai conquis l'Égypte. J'ai ordonné que ce canal soit creusé depuis la rivière appelée Nil qui coule en Égypte à la mer qui commence en Perse. Quand ce canal a été creusé et terminé comme je l'ai ordonné, des bateaux sont allés de l'Égypte jusqu'en Perse, comme je l'avais voulu et prévu. »

  5- Le canal fut de nouveau restauré par Ptolémée II vers – 250 av. J-C. Au cours des mille années qui suivirent, il fut successivement modifié, détruit et reconstruit, notamment par Amro ben al-As en 640, et devint le « canal du Commandeur des croyants ». Il est finalement détruit au VIIIe siècle par le calife Al-Mansour pour isoler la ville de Médine, et éviter ainsi le risque d'une attaque.

  6- En 1586, avec l'aval du Sultan Mourad III, le Grand Amiral de la flotte ottomane Euldj Ali entreprend de creuser l'ancien canal reliant Suez à la mer Rouge. Mais à ce moment la guerre de Perse se rallume de nouveau, Constantinople se trouve engagée dans d'énormes dépenses et le projet est donc ajourné.

Renaissance

Venise, au début du XVIe siècle, est confrontée à la concurrence des Portugais dans le commerce en Orient. Vasco de Gama a en effet découvert en 1498 une nouvelle route contournant l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Les Portugais évitent ainsi de payer les taxes du sultan d'Égypte pour le commerce et le transport des épices. Mais cette nouvelle concurrence nuit à Venise, qui procurait les épices à l'Europe via l'Égypte. Les Portugais pourront en effet proposer des prix plus bas aux clients de Venise (les Hongrois, les Flamands, les Allemands et les Français).

Il faut donc trouver une solution pour améliorer le passage des épices en Méditerranée. Et dans le débat de Pregàdi, la république de Venise a l'idée de creuser un canal reliant la Méditerranée et la mer Rouge. Le Conseil des Dix recommande en mai 1504 à Francesco Teldi son envoyé auprès du sultan, « une chose que beaucoup envisagent comme une mesure tout à fait opportune pour empêcher et interrompre la navigation des Portugais, c'est-à-dire qu'avec facilité et rapidité de temps il serait possible de faire un canal depuis la mer Rouge qui relie directement cette mer ». Néanmoins le projet n'aboutit pas, à cause de la situation interne égyptienne instable.

II- Constructions, tensions et rivalités au sein du canal de Suez (1859-1869)

La construction était un enjeu international, Ce canal fut construit entre 1859 et 1869 par l'ingénieur français Ferdinand de Lesseps. La construction de ce canal ne plut pas à tout le monde, en particulier aux Anglais qui voulaient construire une ligne ferroviaire en Égypte. Mais ils craignaient surtout la domination des Français, ce canal se trouvant sur la route des Indes, colonie britannique. Bien après sa construction, les Français, les Anglais et les Égyptiens se sont affrontés pour obtenir le canal de Suez. En 1956, Nasser, alors président de l'Égypte, nationalise le canal et l'intègre donc au patrimoine égyptien.

A partir des plans établis par Linant de bellefonds et Alois Negrelli, discutés et adoptés par la commission Internationale pour le percement de l'isthme de Suez, la Compagnie universelle du canal maritime de Suez de Ferdinand de Lesseps construit le canal entre 1859 et 1869. À la fin des travaux, l'Égypte, à hauteur de 44 % de sa valeur, et 21 000 Français en étaient conjointement propriétaires. On a estimé que 1,5 million d'Égyptiens participèrent à la construction du canal et que plus de 125 000 y moururent, surtout du choléra, ces chiffres furent critiqués, considérés comme étant très exagérés.

Les Français envoient plusieurs savants (dont Jacques-Marie Le Père) dès 1798 lors d'expéditions en Égypte, dans le but d'étudier s'il était possible de percer l'isthme de Suez. Dès les années 1820, Linant de Bellefonds et Eugène Mougel Bey. Le projet de canal fut présenté initialement aux Égyptiens en 1833 par Prosper Enfantin, un des principaux ingénieurs et économistes français, qui conçoivent la Société d'études pour le canal de Suez.

Cette société réalise un nivellement topographique précis de l’isthme ; il vient rectifier les données d’un premier nivellement, effectué lors des campagnes de Bonaparte. Et qui signalait neuf mètres de différence, en raison d’une erreur survenue dans les calculs de Jacques-Marie Le Père de 1799. Le nouveau nivellement réalisé par Paul-Adrien Bourdaloue indique une différence si faible qu’un canal sans écluse devient possible.

Un canal controversé

La construction du canal ne tarde pas à créer des tensions; les Britanniques, notamment s’opposent à sa réalisation, qui donnerait une grande influence française sur cette région située en un point stratégique. La grande Bretagne soutenait, d’ailleurs, le principe d’une ligne ferroviaire égyptienne.

Les Anglais font arrêter les travaux à plusieurs reprises : En octobre 1859, avec l’aide du ministère des Finances de l’empire Ottoman, Moukhtar Bey, puis à la mort de Said en 1983. La  construction du canal se poursuit néanmoins grâce au soutien de Napoléon III. Avec la fin de la colonisation de l’Afrique, les rivalités franco-britanniques se multiplient dans la région et le canal de Suez n’est qu’une d’entre-elles.

Le Français envisage en effet de créer une route maritime entre la Méditerranée et la Mer Rouge. C'est le 17 février 1867, un premier navire emprunte le canal achevé, mais il n'est officiellement inauguré que le 17 novembre 1869. La construction du canal se poursuit néanmoins grâce au soutien de Napoléon III. Avec la fin de la colonisation de l'Afrique.

Rompre le traité Anglo-égyptien, ses conséquences !!!

Le 8 octobre 1951, le Premier ministre égyptien Moustapha El-Nahhas Pacha dénonce le traité anglo-égyptien. Le Royaume-Uni refuse de quitter ses bases du canal et renforce ses effectifs à terre à 64 000 hommes au 31 décembre 1951. Des émeutes violentes, actes de guérillas, sabotage de la part des Frères musulmans.

La nationalisation du canal de Suez par le président Nasser Le 26 juillet 1956, avait pour but de financer la construction du barrage d'Assouan. D'autre part, Nasser dénonce la présence coloniale du Royaume-Uni au Proche-Orient et soutient les nationalistes dans la guerre d'Algérie. L'opération de Suez dure une semaine. Les Nations unies optent cependant pour la légitimité égyptienne et rédigent une résolution condamnant l'expédition franco-israélo-britannique.

 Guerre de six jours, guerre de Kippour : 8 ans de fermeture

Onze ans plus tard, en juin 1967 lors de la guerre des Six Jours, Israël occupe l'ensemble du Sinaï et donc la rive orientale du canal, qui va rester fermé pendant 8 ans, jusqu'en juin 1975. Quatorze navires de commerce sont ainsi bloqués pendant 3 016 jours sur le lac Amer, formant la flotte jaune. Israël construit

la ligne de défense sur la rive orientale : la ligne Bar-Lev. En octobre 1973, l'Égypte et la Syrie attaquent Israël par surprise, c'est le début de la guerre du Kippour. La zone du canal redevient une zone de combats. L'armée égyptienne franchit le canal et pénètre profondément dans le Sinaï avant que les forces israéliennes, après quelques jours, ne reprennent le dessus et franchissent à leur tour le canal. Une force de maintien de la paix de l'ONU est déployée.

Juin 1975 : réouverture du canal

Après 15 mois de travaux, de déminage du canal et de ses abords, avec l'aide des marines américaines, britanniques et françaises, qui permettent de retirer 45 500 mines, 686 000 engins anti-char et anti-personnel et 209 tonnes de matières explosives, le canal est officiellement rouvert le 5 juin 1975 par le président Anouar el-Sadate qui le descend de Port-Said à Ismaïlia. Le lendemain, le premier convoi franchit le canal vers la Méditerranée. Durant quelques mois, le temps de remettre en état complet les installations du canal, un seul convoi par jour peut passer.

En 2014, Travaux d’extension

Le 5 août 2014, l'Égypte annonce son intention de creuser un deuxième canal parallèle au canal de Suez sur sa partie orientale, afin de permettre de supprimer la circulation alternée des convois dans cette partie du canal. Ce nouveau canal a une longueur de 72 km et coûte environ trois milliards d’euros. Ce projet réduit le temps d’attente maximale de passage pour les bateaux de 11 à 3 heures. Les travaux impliquent l'approfondissement et l'élargissement du canal existant sur 35 km, ainsi que le creusement d'un nouveau canal de 37 km au niveau de la ville d'Ismaïlia.

Le canal offre un raccourci considérable aux transporteurs maritimes, leur évitant ainsi de contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Sans Suez, leur trajet serait rallongé de 7 à 10 jours. S'il occupe une place importante, le canal n'est pas pour autant vital. Sa fermeture de 1967 à 1975, après la guerre des Six-Jours, avait certes eu des effets particulièrement négatifs sur le commerce maritime international. Aujourd'hui, ce sont quelque 18.000 bateaux qui empruntent chaque année le canal de Suez.

Le canal permet d'acheminer toute sorte de marchandises notamment en provenance de la Chine et de l'Inde. En 2013, 4,7 % des produits pétroliers auraient transité par Suez ou par l'oléoduc Sumed qui relie également la mer Rouge à la Méditerranée. Trois types de bateaux le traversent: les grands porte-conteneurs, les pétroliers et les vraquiers qui transportent des marchandises (céréales, granulats, sable).

III- Chronologie

- 1832 : Ferdinand de Lesseps est nommé vice-consul de France à Alexandrie.

- Août 1833 : les saint-simoniens embarquent à Marseille pour se rendre en Égypte. Ils ont déjà des idées en tête concernant le canal de Suez.

- Novembre 1854 : Mohammed Saïd, le fils de Mehmet Ali, devient vice-roi d’Égypte. Il accorde à Ferdinand de Lesseps le pouvoir exclusif de constituer la compagnie qui percera l’isthme de Suez.

- 5 novembre 1858 : une souscription est ouverte pendant un mois pour récolter des fonds pour la compagnie.          

- 15 décembre 1858 : Ferdinand de Lesseps constitue la Compagnie universelle du canal maritime de Suez, elle s’occupera de creuser le canal. 

- 25 avril 1859 : le premier coup de pioche est donné pour la construction du canal.

- Janvier 1863 : Mohamed Saïd meurt et laisse sa place à son neveu Ismaïl Pacha.

- Avril 1865 : Ferdinand de Lesseps organise la première visite du chantier du canal aux personnalités.

- 17 novembre 1869 : le canal est inauguré par l’Impératrice Eugénie dont le navire est suivi de 77 navires de nations maritimes. Sa largeur moyenne est de 345 m (initialement 52 m). Sa largeur minimale est de 280 m. La largeur navigable sous 11 m de tirant d'eau est de 190 m (initialement 44 m).

Le canal entre Port-Saïd et Suez a une longueur de 162 km. Les chenaux d'accès au nord et au sud portent la longueur totale de l'ouvrage à 195 km. Trois chenaux de dérivation d'une longueur totale de 78 km sont situés à Port-Saïd, dans le lac ancien d'El Ballah et au Grand Lac Amer. Par suite de sa faible profondeur, les supertankers vident une partie de leur pétrole en entrant dans le canal, et les rechargent en sortant, le pétrole en question circulant par oléoduc.

IV- Environnement

Du point de vue environnemental, la construction du canal a eu comme premier effet d'isoler physiquement l'Afrique de l'Asie. Pour toutes les espèces animales non volantes. C'est la première coupure écologique aussi importante jamais conçue et réalisée par l'Homme, avant celle de Panama qui a séparé les deux Amériques, du Nord et du Sud.

Le transfert de millions de mètres cube d'eau via le canal, en mettant en contact deux mers séparées depuis des centaines de millions d'années. A été l'occasion de migrations massives d'espèces et de parasites ou microbes, dont certaines ont un potentiel invasif, soit par le canal, soit par l'eau de ballast des navires ou par les propagules transportées sous leur coque.

Les invasions biologiques d'espèces marines se faisant par l'intermédiaire du canal ont été baptisées « migrations les susiennes », et elles menacent l'équilibre écologique déjà précaire de la mer Méditerranée. Les fumées et gaz d’échappement des navires contribuent à polluer et acidifier l'air et provoquer des pluies acides dans la région (cf. fioul lourd mal désoufré ou même non désoufré) Le canal de Suez en permettant d'éviter le passage au sud de l'Afrique a plus que décuplé le trafic. Alors que la zone couvre moins de 1 % de tous les océans. Le risque d'une grave marée noire persiste.

1-Sécurité maritime (accidents)

En dépit de mesures de précaution et de sécurité accrues ; outre le risque d'attaques ou d'actes terroristes sur des navires naviguant sur le canal, les risques d'accident persistent. Dès son ouverture, le canal de Suez a connu des accidents. En 1920, le Karaboudjan, un bateau à vapeur, a pris feu en traversant le canal et a explosé. Tuant près de la moitié de ses marins et bloquant la traversée du canal pendant trois jours. Le risque de marée noire est le plus craint ; déjà en 1956, quand Nasser a nationalisé la Compagnie du canal de Suez, 50 % des approvisionnements pétroliers français et britanniques y passaient. Les accidents les plus récents sont : celui du  Al Samidoun en janvier 2005 ; celui du pétrolier battant pavillon libérien, le Grigoroussa 1, qui a heurté le 27 février 2006 une berge dans la partie sud du canal, perdant environ 3 000 tonnes de fioul lourd sur 58 000 tonnes, sur une distance de plus de 20 km, avant qu'on ait pu l'entourer de barrages flottants et le remorquer jusqu'au port de Suez ; les autorités du canal n'ont pas détaillé par la suite les mesures de dépollution qui auraient pu avoir été entreprises ;en septembre 2006, c'est un bateau utilisé pour la maintenance du canal de Suez ; le Khattab qui fait naufrage en pleine nuit  (deux morts, six blessés et cinq disparus) près d’Ismaïlia. 

2-Attentats terroristes & transit

Les « goulets d'étranglement » ne permettent pas la croissance du trafic ni de la taille des cargos et sont considérés comme des « talons d'Achille de l'économie pétrolière mondiale » (l'exemple le plus notable est le détroit d'Ormuz (30 % du tonnage pétrolier) Fin août 2013, le porte-conteneurs le Cosco Asia a été la cible d'une attaque terroriste alors qu'il remontait le canal vers la Méditerranée. Cette attaque, sans réelle conséquence pour le navire, met en lumière les problèmes de sécurité et la difficulté pour l'armée égyptienne de prévenir les attentats.

C'est pourquoi des bases navales et une flotte de guerre sont entretenues en permanence dans la région. Le transit des navires est organisé en convois alternés (sud → nord et nord → sud), au rythme d'un convoi par jour en route vers le nord et deux convois en route vers le sud. Les navires se croisent au Grand Lac Amer principalement. Un deuxième croisement se fait pour le deuxième convoi en route vers le sud. Après la guerre des Six Jours de 1967, le canal resta fermé jusqu'en 1975, une force de maintien de la paix de l'ONU restant sur place jusqu'en 1974.

97 bateaux par jour ; un objectif ambitieux

Avec la construction de cette nouvelle voie, l'Égypte veut désormais se positionner sur le long terme. Aujourd'hui, environ 49 bateaux empruntent chaque jour le canal. Les autorités misent sur un doublement du trafic d'ici à 2023 qui pourrait permettre le passage de 97 bateaux par jour. Les autorités égyptiennes espèrent ainsi accroître les revenus qu'elles tirent des droits de passage de 4,7 milliards d'euros en 2015 à 11,7 milliards d'euros en 2023.

C'est un objectif jugé très ambitieux. « Il était très difficile de dire si la projection du gouvernement est exacte. Elle dépend de beaucoup d'autres facteurs comme la croissance attendue pour ce qui est du commerce international durant la prochaine décennie, les prix du pétrole sachant que près d'un tiers de ce qui passe par le canal est le pétrole en provenance du Golfe vers l'Europe.» Les experts demeurent d'ailleurs prudents sur l'impact réel du nouveau canal de Suez sur le commerce maritime mondial. «Le dédoublement du canal ne signifie pas obligatoirement que le trafic sera doublé dès demain».

V Conclusion

Le canal de Suez fut réalisé après tant de périples et cela malgré cette épopée lointaine. Elle nous a permis justement de revenir en arrière afin de mieux comprendre la véritable situation. Certes, le parcours était jalonné d’importants obstacles mais, avec le temps, des solutions furent trouvées pour apporter les achèvements indispensables et nécessaires au projet. Cela a été sensationnel et extravagant.

Par DEGHRAR Djillali

Commentaires (11)

aziz
  • 1. aziz | 25/03/2018
Salut Amar,
Omra Makboula mon frere et une fois labas, penses et pries pour nous, en attendant que nous le fassions nous meme.
Prends bien soin de toi et a bientot de te revoir Inchallah, toujours a ta convenance, Londres ou Amsterdam.
Aziz
Kéryma
  • 2. Kéryma | 21/03/2018
Mon cher Djilali
J'ai lu ton article à tête reposée, et je peux te dire que le canal de Suez est plus qu'une simple leçon apprise à l'école dans ma jeunesse!
Merci beaucoup, au moins on en apprend des choses avec toi et mazel! Avec nos amis aussi, je ne le nie pas!
Kéryma ton amie,
Kéryma
  • 3. Kéryma | 21/03/2018
Merci khouya Amar!

Mes bonnes pensées t'accompagnent, inchAllah ce sera un merveilleux voyage encore une fois, et une 3omra bien accomplie.

Je souhaite la même chose à Madame Ayadi

Ton amie de toujours Kéryma,
Question: Kada est du voyage???
Amar Ayadi
  • 4. Amar Ayadi | 20/03/2018
Bonsoir Khouya Kamel Semmar

Ce n'est pas l'envie qui me manque de revoir un peu tout le monde.
J'ai même promis à Aziz de lui rendre visite, à Londres ou à Amsterdam.
Pour le moment, on m'a programmé ( da3wete Al Khaïre ) pour une 3eme 3omra ( un cadeau de mes enfants): Alger / Istanboul /Al Madina / Mecca / Oran.
J'ai déjà fait le voyage deux fois et c'est magnifique !
Comme il fait très chaud, on boit énormément, aussi j'ai trouvé le remède , une bien fraîche deux fois par jour.

Je te laisse deviner de quoi il s'agit et ce sera à la santé de toutes et tous les amis (es).

Au plaisir de se revoir !
Avec une pensée spéciale à nos amies Noria et Keryma!
aziz
  • 5. aziz | 18/03/2018
Kamel bonjour, content de te lire et merci pour ta précision. Merci aussi à Djilali Deghrar d'avoir partagé avec nous, cet ecrit mythique et remarquable sur le Canal de Suez. J’espère que Cheikh Amar Ayadi qui n'est pas plus Cheikh que toi et moi, nous rejoindra au mois de Mai, j'en serai certainement ravi ainsi que bon nombre d'entre nous.

J'avais vu des gravures il y a déjà quelques années, chez un ami historien Hollandais, un adorateur de notre Émir Abdelkader et collecteur de toute relique en rapport avec lui, prof, à l’université de Leiden, la copie d'une gravure sur l'inauguration du Canal de Suez, avec tous les VIPs de l’époque, en premier lieu, bien sûr l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, debout et à côté, dans son burnous algerien magnifique, notre Émir Abdelkader, Allah Yarhmou. Je suis ravi aussi d'apprendre que sa demeure, à Damas, a été restaurée, en espérant que les aléas de la guerre courante ont épargné. Mais bien que historique et chère pour nous, cette maison n'est rien à côté des milliers et milliers de morts Syriens, innocents qui tombent chaque jour pour lesquels la miséricorde et la bénédiction d'Allah va ainsi que nos pensées et prières.

En ce qui concerne le Canal de Panama, j'ai travaille en Colombie pour BP, milieu des années 80s et j'ai eu la chance de visiter Panama City et bien sûr le fameux canal, mais j’étais sur terre ferme et je n'ai pas eu la chance de le traverser. Une œuvre grandiose, initiée par ce même Ferdinand de Lesseps, mais qui n'a pu la mener à terme. Ce sont les Américains qui l'ont repris, en utilisant une approche totalement différente de celle des Français, à savoir un système d’écluses gigantesques, au lieu de l’idée original de Ferdinand de Lesseps qui probait un creusement jusqu’à niveau mer, de bout en bout du canal, ce qui aurait susciter des travaux de terrassement gigantesques avec un coût humain et financier astronomique.

Amitiés,

Aziz Oudjida
Kamel Semmar
  • 6. Kamel Semmar | 18/03/2018
@Aziz,
La maison de l'émir à Damas a été restaurée
voici le lien: touaibi.com/le-message-de-m.-khani-a-damas..html
Kamel Semmar
  • 7. Kamel Semmar | 18/03/2018
@AZIZ
Heureux de te lire aussi. En effet, j'ai un peu navigué étant jeune, mais j'ai pas été partout, et j'ai pas traversé le canal de Suez, mais j'ai traversé l'autre, plus loin, de Panama. Voila, vous avez vu très juste, c'est bien de notre valeureux Émir Abdelkader, que tous les algériens aiment , en particulier les Tenietiens et les Milianais. J'espère te voir le 1er mai 2018 inchALLAH, et un coucou à notre cheikh Amar Ayadi.
Kamel Semmar
  • 8. Kamel Semmar | 18/03/2018
@ M.Djilali Deghrar,
Votre écrit m'a intéressé au plus haut point et je vous remercie pour ce précieux apport. le premier point concernait Amrou Ibn el Ass, ce dernier n'a fait qu'obéir aux ordres du "Commandeur des croyants" Omar Ibn El kahtab RADHIA ALLAHOU 3ENHOU, d'où le nom de canal du Commandeur des croyants. Les sources occidentales omettent à dessein de citer les noms des grandes figures musulmanes pour les raisons que l'on sait. Ce Khalif, parmi les nombreuses raisons qui l'ont poussé à reconstruire le canal, c'est pour faciliter l'expansion de l'islam vers l'occident et l'accomplissement d'un des piliers de l'islam, le hadj, aux musulmans des pays du Maghreb. Au début des travaux de percement du canal, manuellement et dans des conditions climatiques très difficiles, la main d'oeuvre égyptienne a refusé et s'est même opposée aux travaux, bloquant le projet. Pour résumer, l'Emir Abdelkader a intervenu auprès de la population par une fetwa qui classait ce projet comme porteur de prospérité à l'humanité et aussi pour permettre un "hadj" facile aux Maghrébins musulmans, ce qui eu un résultat positif, et les travaux prirent une bonne allure, à la grande satisfaction de Lesseps. L'Emir a même contribué financièrement et des centaines de milliers d'égyptiens prirent part aux durs travaux, et dont des milliers laissèrent la vie. WA ALLAHOU A3LAM, je ne fais que résumer ce que j'ai lu.
Djilali DEGHRAR
  • 9. Djilali DEGHRAR | 17/03/2018
Monsieur Semmar Kamel, bonsoir

Vous auriez du citer le nom de ce personnage algérien qui fut invité par Ferdinand Lesseps lors de l' inauguration du canal de Suez.
Vous citer la personnalité sans mentionner son nom c'est bien dommage. Il m'a fallu beaucoup de recherches pour écrire ce papier. Sincèrement je ne connaissais pas le nom de ce valeureux algérien.Au contraire si je l'avais su à temps je l'aurais indiquer avec fierté
Je ne suis pas de ceux qui change de visage comme ils changent de chemise.Nous respectons tout d'abord notre notre personnalité comme nous respectons celle des autres.J'aurais préféré que vous nous citer cette personnalité algérienne pour que les lecteurs et moi même nous le saurons .j'ai toujoutrs dis que nous les anciens, nious nous complétons alors pourquoi cette appréhension?
aziz
  • 10. aziz | 17/03/2018
Salut Kamel, content de te lire. Deux petites questions ''if I may'':
1. Est ce que tu as traverse le Canal de Suez, quand tu etais en activite ? Je sais que tu a ete marin dans ta vie active.
2. Est ce que tu fais reference a L'Emir Abdelkader qui a ete l'invite de l'Imperatrice Eugenie Bonaparte, l'epouse de Napoleon III, a l'linauguration du canal ?

J'ai travaille en Syrie, fin des annees 90's, du temps de Hafez El Assad, avec BP, (British Petroleum) poste a Damas, pendant 7 a 8 mois. J'en garde des souvenirs merveilleux et j'ai eu la chance d'aller visiter le quartier des Algeriens, avec la maison de l'Emir, qui malheureusement tombait en ruine. Aussi visite plusieurs fois, la mosquee El Oumayade, ainsi que la fameuse Rue Droite et bien d'autres merveilleuse choses.

J'ai aussi visite cette fois ci, pas loin de la ou j'habite l'Abbey Saint Michel, a Farnborough, a Surrey, la ou sont enterres l'imparatrice de France eugenie, som mari, Napoleon III ainsi que leur fils. Jusqua present la France reclame le rapatriement des depouilles de l'Empereur et de l'Imperatrice, ainsi que de leur fils mais sans succes.
Kamel Semmar
  • 11. Kamel Semmar | 17/03/2018
Salam 3alaykoum,
je suis impressionné par les détails concernant l'histoire de la construction et de l'exploitation du canal de Suez. Je suis aussi consterné de constater que le travail de recherche ait complètement occulté un personnage ayant joué un rôle de premier plan et sans lequel le projet n'aurait pu voir le jour. Ce personnage est une éminente personnalité algérienne, universellement connue et respectée. Il a été l'un des invités d'honneur de Ferdinand de Lesseps lors de l'inauguration du canal, l'un des premiers à le traverser sur le navire de l'impératrice, pour services rendus et même participation financière. Bien sur, on l'oublie chez nous, on l'ignore volontairement ou par ignorance.

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