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Le Saint Sidi Bouderga, Khemis-Miliana

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Sidi Boudergua naquit probablement à l'aube du 16éme siècle vers, de 1490 à 1510, mena la révolte en 1544 et mourut probablement vers la fin de l’époque entre 1560 et 1580.

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  En allant de Khemis Miliana vers Alger à 500 mètres environ au bas-côté de la route sur la droite se trouve le tombeau de Saint Sidi Bouderga ou bien Sidi Boutrik. Sidi Bouderga et ses compagnons ont fait voir de toutes les couleurs à leurs ennemis qui étaient non seulement des envahisseurs, des tueurs sans pitié, des pilleurs (des voleurs). Le saint en question avec ses cavaliers furent diabolisés, pourchassés, exécutés sur les places publics, bannis avec toute leur famille de leur pays et devinrent ainsi des oubliés de l’histoire…

 Personne ne pouvait prétendre connaitre vraiment Sidi Bouderga, souvent assimilé à la feuille de Darga (Cactusde figue barbarie), Egalement de Boutrig, A cause peut être aussi de s’assoir habituellement à côté d’une route appelée (Trigue) Il fut aussi appelé Soumata parce qu’il venait de la tribu de ses origines (Soumata), Désigné par les Turcs comme Souffay à cause de l’endroit où généralement il passait ses temps perdus et où il se recueillait. Ses ancêtres et son arbre généalogique furent introuvables ainsi que sa descendance. Si comme les Turcs voulaient profondément et à tout prix effacer et supprimer son passé, son existence et son présent. Tout ce que nous savons, c’est qu’il venait de la tribu des monts des Soumata et pas plus. L’importance de ce personnage ne pouvait justement passer inaperçu. Sans pour autant connaitre et comprendre son histoire et celle de sa région. Un personnage central qui a marqué son époque et son temps de son  empreinte. Le peu d’ébauche de ses récits, qu’on avait pu reconstituer grâce à des épigraphes établies par les écrivains de la région tels que Dr Fatah Adnani, et M.Khalfi  et surtout grâce au concours de notre unique écrit de référence, celui de Diego De Hiedo, captif espagnol des corsaires d'Alger de 1578 à 1581 sur les Rois d’Alger. (Seule référence écrite).

Certains disaient de lui que ce n’était pas un véritable saint. D’autres indiquaient que c’était un très bon cavalier. Un vrai militaire qui voulait et aimait principalement combattre et chasser les Turcs qui procédaient à des exactions sans limites et se comportaient comme de véritables barbares. Par contre, ceux qui l’on connu dans son temps et leurs récits furent nombreux et transmis de bouche à oreille. Disaient de lui qu’il était un très bon érudit, il était très écouté, aimé et surtout très entendu. Le tombeau à Khemis-Miliana, celui de Djendel et encore dans l’Oranie (Tlemcen ou Mascara). Furent également les lieux où Sidi Bouderga aimait se concentrer et réunir ses braves pour lancer un assaut ou bien préparer une attaque.

Et, c’est ainsi que commença l’histoire de Saint Sidi Bouderga, Boutrig, Soumata ou bien Soufay…   

Quand Khair-Eddine devint gouverneur d'Alger il le nomma général en chef qui avait la besogne principale de brutaliser et de forcer l'Algérie profonde à payer l'impôt. (Depuis le qualificatif d'Agha signifiait chef des Armées alors qu’initialement cela voulait dire littéralement unique) Hassan Agha devint alors gouverneur d'Alger après le départ d’Aroudj à Constantinople en 1535. Comme ses prédécesseurs Aroudj et Kheir Eddine avaient des alliés et des ennemis qui refusaient de se soumettre à une bande de corsaires bien organisée et soutenue par Constantinople, avec une sauvagerie indescriptible et inénarrable. Ces pseudo turcs (les frères Barberousse n'étaient pas Turc) composés tous les truands et bandits de la méditerranée s'acharnent sur les pauvres tribus de l'Algérie profonde pour leur enlever de force ou de gré leurs maigres subsistances ou à défaut leurs femmes ou leurs enfants, ainsi les incursions de ces brutes étaient vécues comme un horrible cauchemar par la population.

Hassan Agha était extrêmement redouté, sans aucune indulgence, il plaça des garnisons dans presque tout le nord l'Algérie dans le seul but de ramasser l'impôt et de défier toute tentative de révolte, il commanda personnellement des opérations vengeresses contre la Kabylie et Tlemcen ainsi il puni durant son passage d'Alger à Tlemcen tous les villages indociles quant à la présence Turque. Dans la région du Zaccar Hassan Agha lança une véritable expédition punitive contre la population, leur honneur était bafoué, le premier qui osait s'exprimer était aussitôt décapité, il avait semé la terreur mais de retour de Tlemcen il tomba malade et mourut en septembre 1543 à l'âge de 56 ans. La nouvelle de sa mort fut très bien accueillie par les tribus de l'intérieur où l’idée de la révolte avait très fortement germé.

Dans les monts des Righa  ou monts des Soumata, montagnes allant de Miliana à Hadjout, un vénérable chef de la tribu des Soumata nommé Boudergua prépara discrètement la révolte, son quartier général se trouva aux bains des Righa (Hammam Righa), un endroit de faveur pour toutes les tribus avoisinantes. Ainsi six mois après l'intronisation du quatrième gouverneur d'Alger Hadji Pacha (El hadj Pacha), Le Saint Sidi Boudergua arriva à réunir plus de vingt mille cavaliers et fantassins, tant parmi sa tribu (les Soumata)  que dans d'autres tribus des Beni Ménacer et des Beni Menad qu'il persuada de se joindre à lui.

Le Caïd désigné pour commander la garnison de Miliana était un Turc nommé Hassan, qui se fiant trop à son courage et à celui de ces quarante janissaires armés de mousquets. Méprisant la révolte il sortit d'Alger pour rejoindre Miliana il fut alors massacré aux environs des bains de Righa. Sidi Boudergua marcha sur Alger à la tête de son armée vers la fin du mois de mars 1544, il s'avança en détruisant sur, son passage, tout ce qui symbolisa la présence Turc, il entreprit alors le siège d'Alger pendant deux long mois. Une période qui s’avéra trop longue pour ces paysans qui s'inquiétaient tant pour leurs familles et leurs terres. Surtout épuisés par les difficultés quant à l'approvisionnement des 20 milles hommes en eau et en nourriture. Hadji Pacha décida alors de forcer le siège au mois de mai 1544 avec quatre mille hommes aguerris. Boudergua après un retrait tactique décida d'une rencontre sanglante avec l'armée des colonisateurs aux environs d’Oued Djer. Les Turcs après avoir perdu deux cinq hommes environ firent un grand carnage des Algériens qui combattaient avec des lances et des boucliers en face de mousquets. Les turcs poussèrent si loin les représailles tuant, saccageant et pillant dans les villages ayant rejoint l'insurrection. Sidi Boudergua fut forcé et aidé à partir à Fès (Maroc) avec toute sa famille.

Le sultan de Fès Moulay Mohammed Cheikh Cherif le reçut avec une grande allégresse. Il combattit, à plusieurs reprises, sous la bannière du sultan. On ne sait pas encore quand il a décidé de revenir en Algérie. Mais il est certain qu'il fut enterré dans sa région et son tombeau se trouve actuellement à la sortie nord-est de Khemis Miliana. Sidi Boudergua fut l'ennemi farouche des turcs, instigateur et chef militaire de la révolte des Righa. Où jamais Alger ne fut sérieusement et réellement menacée. Après les kabyles des Ait El Kadi qui ont repris la ville aux corsaires de 1520 à 1527, comme par le siège des Righa qui dura deux mois ou les corsaires se voyaient certainement vaincus. A Khemis miliana personne ne connaît son histoire. On sait seulement qu'il s'appelle Sidi Boudergua ou sidi Boutrik, les turcs avaient probablement interdit même à ses proches descendants, qui portent de nos jours le nom de famille de Soumatia et Soumati de rendre visite à son tombeau. Actuellement, on rencontre les noms de famille Bouderga , Bouderka au Maroc, seraient ils les descendants de Sidi Bouderga ?

Par DEGHRAR Djillali

Commentaires (2)

djilali deghrar
  • 1. djilali deghrar | 08/05/2016

Mon cher ami Farhi;

Merci beaucoup pour ces précisions historiques, il m'a fallu beaucoup de temps pour les infos concernant Sidi Bouderga, je dois avouer que cela avait pris aussi beaucoup de temps pour écrire cette histoire faute d'infos précises.Néanmoins j'ai fais ce que j'ai pu.Est ce que je peux savoir d'où tenez vous ces dates parce que c'est important pour moi.Cela pourrait justement me permettre de rédiger d'autres histoires concernant nos chouyoukhs.J'écris ces histoires historiques pour permettre aux gens de savoir d'où ils viennent, quelle est leur véritable origine.Les anciens disent que si quelqu'un qui ne connait point son passé et son origine, il ne saura où aller...
Mon cher Farhi merci beaucoup

farhi
  • 2. farhi | 07/05/2016

sidi bouderga le souffi parcequ'il suivait la tariqua essoufia d'ailleurs tous les awlya essalihine de cette époque c'etait des souffis ;il a vecu au Maroc après avoir été exclu par le bey turcs enfin il était un guerrier et un guide à la fois spirituel et militaire

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