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Notre mémoire / Mon hommage

Un hommage entier, total, puissant à l’Algérie, aux Algériens et beaucoup plus spécifiquement à Miliana et à ses enfants, tous ses enfants y compris ceux accueillis, adoptés avec ouverture, tolérance, chaleur, à ses enfants du temps passé, du temps présent et du temps futur, dignes et fiers, inébranlables dans leur foi, leur courage, leurs résistances, leurs luttes, leurs combats passés, actuels et à venir. Un hommage appuyé à tous ses héros, ses martyrs de tous les temps devant lesquels je m’incline très respectueusement.

Miliana, Milianais, Milianaises, vous avez toute ma reconnaissance, tout mon respect, toute ma sensibilité et ils n’ont pas de limite. Miliana, Milianais, Milianaises de tous les temps, je vous dédie ce magnifique, ce sublime soliloque, une voix si profonde, si chargée de mémoire, d'émotions. Merci.

Alger plein la gueule du cinquantenaire.

Mohamed Bouhamidi 21 Avril 2016

Texte écrit pour le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, en pleine polémique provoquée par l'annonce d'A. Juppé d'un accord algérien pour sa célébration "modérée" et par le procès instruit et de l'ALN et de l'indépendance. Alger vers novembre / décembre 2012

(http://www.humanite.fr/monde/quand-alain-juppe-donne-des-consignes-l%E2%80%99algerie-488069)

J’avais choisi le costume... Restait la chemise...

Le col ne devait pas me maigrir… Les rides suffisent à ma vieillesse…. Pas la peine de rajouter un air de vieillard fragile…. Les flics seraient capables de me ménager…

Les cravates sont d’un autre âge. ..Etonnamment belles. Comme les robes de l’entre-deux guerres… Pourquoi les cravates font-elles penser aux femmes ? La grise, en soie, aux soupçons bordeaux, elle irait bien. Si on m’arrête on me demandera de l’enlever. D’enlever la ceinture. D’enlever les lacets. Je vais prendre les souliers à lacets. Des Richelieu. Cela s’écrit avec un « s » et une majuscule des Richelieu ? Zakad n’aimera pas mais je m’en fous. Lui, n’achète que des souliers algériens, des Sonipec de l’usine de Chéraga – ou de Tiaret ? - confortables et increvables. Des tracteurs. Moi, je ne les trouve plus. Hors circuit, depuis trop longtemps.

Et puis cela ne collerait pas avec mon idée. À défaut de force pour bousculer les flics, faut que je leur en mette plein la vue à leurs chefs. Je veux dire aux chefs de leurs chefs. Les types qui sapent en milliers d’euros et se baladent endimanchés. ..

L’élégance. Le port du costume. De souliers cirés, impeccables, smart. Alger se porte sur le dos.

[…] Rien que des vêtements propres et tout dans la démarche. Et les petits blancs, dans leurs quartiers, dans leur ville, saisissaient l’air de défi… Au pli de la chemisette… Au maintien… A ces riens qui font la différence entre la tête haute et le mimétisme.

Des bicots qui sapaient, ça sentait les armes. Le harnachement du goum(1)… L’élégance comme marque du guerrier. Les bottes brillantes, la selle brodée, la crosse ciselée, les burnous impeccables, l’épée comme un bras et le cheval comme l’écho nerveux de nos désirs. Les goums d’avant la défaite. D’avant les bureaux arabes. D’avant 1847… d’avant… d’avant…

Ceux qui tiennent le pétrole et le conteneur n’ont pas ce métalangage de la sape… Ils n’ont pas besoin de gouverner nos têtes. L’Anti cher (2) n’aurait pas marché. C’est trop clin d’œil, trop codé, trop « entre algérois ». Trop El Badji (3), trop « épervier mon frère » moins sa tendresse, moins le déluge et la tempête, moins un chant désespéré.
Faudra aller sur leur terrain pour leur dire les choses. Pour vendre les livres de Zakad à la criée. Et pour hurler le nom de Belardiouh… Si des gens viennent à la manif pour Belardiouh (4).

C’était pas en Une des journaux. Même pas celle de la presse qui travaille à l’émeute et à l’huile sur le feu. Juste le bouche à oreille. Faudra creuser pour comprendre. Ceux qui ont poussé Belardiouh à la mort, ils aiment les mêmes choses que la presse… l’économie de marché et le climat des affaires... Le climat des affaires, tu parles !... ils savent trouver les mots pour dire on s’arrange autour d’un verre ou d’un poisson... Ça ne va pas marcher, cette manif. Mais je veux en être. Jusqu'à la matraque. Jusqu'à la cellule… Pour un journaliste oublié comme un kleenex. Le pli du pantalon est honnête. L’ourlet à l’ancienne. Juste cassant. Comme j’aime les voir tomber et faire des jambes allongées... Même aux petits gros... L’Anti cher restera sur le cintre.

Ce sera costume-cravate contre costume-cravate et le port fera la différence.

Le port faisait la différence. Nous n’avions plus que la silhouette et nos mères s’acharnaient sur les tissus. Qu’importait la pièce sur le pantalon ou la chemise ? Ils étaient propres. Et nous les « portions si bien ». C’était cela la clé : porter des vêtements propres et les porter « si bien ».

La faim quotidienne et nos courses de vitesse sur les escaliers et les pentes d’Alger nous « raçaient ». Il fallait juste échapper à la gale, à la pelade, à la teigne, à la dartre, au trachome, à la tuberculose et aux « eaux glaciales de l’aube » (5) qui nous laissaient les gerçures en feu…
J’ai envie de faire le tour de la ville et parler aux jeunes. Le colonialisme de rêve qu’on vous raconte […], c’est de la fable pour la reconquête... par la tête. Le souvenir du colonialisme ? La faim, le froid, la maladie, la honte du dénuement, la honte de nos propres frères en haillons, les enfants cireurs agenouillés.

Et puis le racisme. Vous connaissez le racisme ? Intolérable, insupportable ? Qui tue l’âme. Qui vous tue dans votre « en dedans » ? Qui tue tout en vous ? La dignité. Le respect de soi. [..].

Mais pour moi, le premier souvenir qui me revient, c’est le froid. Il habite les flancs, les os, découpe les mains. S’installe dans vos frissons et entre les côtes. Le froid qui vous poursuit à jamais de sa mémoire.

Les vêtements propres c’était cela. Ne pas flancher. Tenir debout. Se relever toujours... Les vêtements c’était une parole des mères pour nous tenir debout. Une métaphore de la résistance.

J’en ai pas parlé à Zakad. Il doit en avoir la mémoire lui aussi. Il a fait le maquis. Il a vécu à Alger. Cette mémoire devrait l’intéresser puisqu’il écrit des romans... La lutte pour la dignité... L’éducation dans le devoir de dignité… Ça vous prépare de sacrés lutteurs.

Et de sacrés militants.

Même s’il en tombait,

même s’ils en flanchaient,

il en restait beaucoup sur les crêtes.

Ça prépare au courage d’avoir faim et de rester digne.

On trouvait déjà tout cela dans Dib. La faim, le froid, la lutte contre la déchéance, la dignité en serrant les dents, la militance, la grève des saisonniers agricoles, la lutte pour la terre, l’alliance de l’administration et des néo-koulouglis (6). Les ressorts de la violence...

Cinquante ans après, il n’y a pas mieux encore... en tout cas pas mieux que dans le roman pour dire la condition coloniale... […]

La condition coloniale, ce n’est pas que la faim de Omar… Le bout de pain obsédant… Et le froid et les miettes de charbons dérobés près des rails. La condition coloniale, c’est la violence… La violence, partout…
La violence tout le temps… [...]

Je n’en ai pas parlé à Samia.

Pas eu le temps.

Pas eu l’occasion...

Fanon lui mangeait son temps avec ce Colloque de juillet... Un colloque comme une constellation polyglotte...L'Esprit Fanon dans son explosion planétaire... Un miracle de guérilla culturelle... un miracle de la volonté contre les moyens… comme pour la caravane… ça me tient à cœur depuis un moment de lui parler de cet autre côté de la violence…

comme avilissement de soi.

Comme naufrage.

Comme suicide inaccompli.

Comme trou noir du sens.

Elles savaient les femmes d’Alger, ce trou noir.

Elles en savaient les ruses. Les femmes d’Alger, les indigènes, nos mères. Pas les filles de Delacroix. Elles savaient quel vertige de la déchéance saisissait leurs hommes revenus des docks les mains vides.

Et ce vide dans leur regard d’une force inutile. Cette fureur de leurs muscles impuissants. Le naufrage devant la faim des enfants.

Le naufrage de tout.

De leur dernier refuge.

Quel père peut-on être si on n’assure pas le pain ?

Quelle règle représenter, quelle morale ? Elles les sentaient, ces hommes revenus les mains vides, en proie à leur sentiment de déchéance et ce désir de se tuer. De noyer jusqu’au souvenir de leur dignité d’hommes dans les coups. Les coups comme une transe maléfique.

Les coups pour en sortir hébétés.

La tête brumeuse.

Ravalés à toutes les impuissances. Et cette mort de leur humanité vidée de son sens dans ce sang versé des femmes, dans leurs tuméfactions. L’avilissement définitif duquel les femmes devaient encore les sortir. Encore une fois. Une fois de plus.

Chaque jour elles nous poussaient à sortir de la fange coloniale. A retrouver le chemin de notre humanité.

A nous redresser.

A nous empêcher de sombrer.

A échapper à l’abaissement. Les femmes ne rapiéçaient pas que les vêtements...

Le métalangage du redressement… J’en ai parlé à Abdelatif. Un jour. Je ne sais plus quand ? Je voulais lui dire qu’avant le PPA, le PCA, les Ulémas, les syndicats, c’étaient les mères qui nous poussaient à résister... Qui nous donnaient l’esprit de la résistance. L’âme de la résistance.

Les partis nous donnaient juste les mots pour dire les circonstances.

J’ai su lui dire ? Lui, il le dit si bien. Juste un e-mail. Et cette mémoire comme un surgissement. Une grenade qu’on dégoupille pour souffler le temps.

« Mohamed je crois que le défi vestimentaire c'était aussi "costume croisé et « chéchia stamboul"(6) et cette inaccessible beauté des femmes, fière et majestueuse, déployant son éclat dans le soyeux ondulé du haik (8) ou cet espace public inamical, hostile et méprisant qui s'étouffait, impuissant, par la grâce du sucrier parfumé au jasmin et au fel (9), estampe imprimée dans la trame imprenable de notre regard, des volutes de café aspergé de mazhar(10) qu'on emportait dans nos narines, tel un élixir du bonheur, du châle, blanc immaculé, enroulant les aiguilles, posé délicatement sur le pouf brodé farouzi (11), de l’inconsolable sanglot de la kouitra (12) étreint par la fascination d'un stikhbar 'arak (13) , de la poésie naïve et désarmante des berceuses de nos mamans, une infinité de gestes menus et de murmures intimes dispersés dans notre mémoire qui tissaient la toile invisible de notre espace et d’où montait comme une voix de l’espoir qui nous répétait, irrépressible, vas-y, n’aie crainte, va de l’avant tête haute... et je n'en dis pas plus comme dirait Pablo le grand poète andin...".

Il était ainsi aussi notre poète. Notre musicien... El Anka (14) qui a posé avec d’autres la trame sur laquelle s’est tissé notre âme… Costume cravate... Ou veston cravate… Ou les grandes tenues traditionnelles.
Toujours tiré à quatre épingles. Comme un devoir. Pas qu'El Anka. Les autres aussi dont les photos repassent dans ma tête. Si Ahmed Belarbi et sa haute stature. Si Ahmed Akkache. Aïssat Idir. Rebah Nourredine. Avec cet allant dans leur allure, dans leur regard, dans leur aisance.

Goumen.

Ils étaient les goumens (15) modernes. La métamorphose des cavaliers... les précurseurs de l’épopée. Je croyais inventer quand je mettais mes pieds dans leurs pas...

Cinquante ans d’indépendance, quand même. Quelle avalanche. Tout le monde s’y est mis. Là-bas et ici. Je lis. J’entends. Mais c’est la même histoire qu’on nous serinait déjà avant la guerre. Jamais des bicots ne dirigeront un pays. C’est drôle. Celui qui disait ces mots était un bicot. Un tirailleur de 14/18.

Avec sa médaille.

Il disait aussi que jamais on ne battrait la France. Et il nous racontait Pétain et les canons et les bateaux. Oui, c’est drôle que toute cette alliance de diplômés ne dise pas mieux que le vieux caporal qui avait adopté la saharienne et le casque colonial.

J’en parlerai à Zakad. Tout est en ordre.

J’aime la cravate. Elle est belle. Il est temps d’y aller... Zakad doit déjà y être. La manif pour Belardiouh lui plaisait aussi. Avec le titre de son roman, il serait verni devant un juge… […] Un jour de manif pour Belardiouh…

Quelque chose tourne dans la tête de Zakad .... Il lit ses poèmes à la cantonade… Il s'édite à compte d’auteur... Il vend ses livres à la criée... il ne veut plus attendre les éditeurs ... Il a envie de bouger ... son âge lui pèse-t-il ?... je ne pouvais pas le laisser seul... Le policier avait l’air désolé de ma déception… non, il n’y a pas de manifestants… …il me restait les livres à vendre…Là sur ce bout de place et de jardin… au milieu des bouquinistes... et ce costume, ces "Richelieu" et cette cravate pour me manifester… pour ressembler aux éclaireurs…Sid Ahmed Belarbi (16)… Ahmed Akkache(17)… Aïssat Idir(18)… Rebah Nourredine(19)… El Anka… l’épervier mon frère… à qui j’ai envie de crier au-dessus du 5 juillet Ici, c’est la vente exceptionnelle d’un livre par son auteur. Et par son ami. ..au souk improvisé du livre indigène … sur la place qu’on traversait comme des ombres écrasées, furtives et glissantes ... Achetez le livre de Zakad...achetez le livre... vous ne le trouverez pas en franchise...achetez le livre...

1. Goum : formation de base des cavaleries tribales algériennes, dont nous connaissons encore la forme festive de Fantasia. Tribales, car il n‘existait pas de formations militaires permanentes. Les tribus se chargeaient de défendre le territoire en cas de besoin.
2. Anti Cher marque d’un costume en coton fin, bleu, léger, dit « bleu de Chine » porté par les algérois comme signe distinctif de leur identité citadine, «d’enfants d’Alger » et de leur proximité avec la mer et le port.
3. El Badji, ancien condamné à mort, poète, compositeur et interprète algérois, adoré des algérois qui trouvaient dans sa verve et sa gouailles une philosophie de la résistance. A laissé, à côté de bien d’autres, deux œuvres profondes de compassion et d’amour connues et aimée de tous les algérois et algériens : « ô charmant chardonneret » et « Mer des tempêtes ». Les algérois lui ont gardé en surnoml’expression « khouya el baz », « Mon frère l’épervier », clin d’œil à une autre œuvre poétique qui parle de l’épervier perdu à la chasse et de la douleur de la perte.
4. Journaliste algérien persécuté par les barons de la contrebande et de la corruption et abandonné à ses seules forces, suicidé par désespoir
5. Vers d’un poème de Bachir Hadja Ali dirigeant du PCA (Parti Communiste Algérien) et du PAGS
6. Koulouglis : désigne les algériens nés d’ascendants turcs et indigènes mêlés
7. Chéchia stamboul (d’Istamboul) : coiffe rouge appelée aussi Fès hérité des ottomans dont la taille et la forme correspondait à un statut social. Le costume croisé (européen) et la chéchia stamboul autochtone contradictoires, marque d’une transition historique, se portaient par des citadins aisés socialement, culturellement et politiquement actifs et qui formèrent le terreau des luttes nationales.
8. Voile blanc dont se couvraient entièrement les algéroises pour leurs déplacements dans l’espace public.
9. Une espèce proche du jasmin.
10. Eau de fleur d’oranger
11. Un ton de rose très prisé des algéroises et probablement marque du « bon goût » algérois ancestral.
12. Instrument traditionnel à cordes de la musique andalouse (luth à manche courte)
13. Un de ces préludes ravissants de la musique andalouse
14. Immense acteur culturel algérien, poète, interprète et compositeur algérois, créateur d’un genre musical qui alliera modernisation de la chanson religieuse (Medh ou louanges), héritage andalou, musique noire américaine, rythmes confrériques berbéro-africains dont l’œuvre a quasiment créé un contre feu national au travail colonial de déculturation des algérois en particulier et des citadins des autres villes en général.
15. Membre d’un goum dont l’habit, le maintien, le port étaient synonymes de prestance et d’allant.
16. Belarbi Ahmed, précurseur du mouvement communiste en Algérie.
17. Ahmed Akkache, dirigeant du PCA
18. Aissat Idir militant du PPA, puis fondateur et premier Secrétaire Général de l’Union Général des Travailleurs Algériens, morts sous la torture.
19. NourreRebah, dirigeant des jeunesses communistes algériennes, mort au maquis.

 

Par Meskellil

Commentaires (4)

keryma
  • 1. keryma | 31/05/2016
Bonjour le fiston à sa très chère GM;

GM avait un gourdin; ch'te crois pas! Mais elle était belle oui, avec ou sans bakhnoug!

Kéryma ton amie,
Fiston à GM
  • 2. Fiston à GM | 30/05/2016
Dis moi GM je te vois toute souriante malgré que ta petite poule n'a pas pondu son oeuf ;;oh! Fiston tu arrives à point pour completer ma joie,j'ai pu trouver mon "Bakhnouk" celui que m'a offert ton pauvre Grand pere ;ESt ce que tu me trouves jolie avec. Superbe GM meme s'il est un peu démodé en ce temps OH!oui Mais meme ancien je le trouve toujours à mon gout ; Il est et il a été tout mon amour .
Alors pour ça Je vais te dire une chose Fiston ,quand on garde quelque chose au coeur on l'aime toujours parcequ'elle a toujours sa place. Alors GM tu m'aimes encore malgré tout ce que j'ai à ton chat et que c'est bien moi qui te volait un oeuf pour m'acheter une bille. Je te laissai faire parceque tu me rappelles toute mon enfance dans la vie . Chic alors ! et moi qui me disait que GM n'a jamais grondé Grand pere. Et sans m'en rendre compte j'ai bien failli recevoir son coup de gourdin sur la tete si ce n'etaient mes jambes qui m'ont aidé .Mais elle me criait revient ! revient Fiston. c'etait pour te montrer comment je jouais avec ton Grand pere quand on etait j dans notre temps.Pauvre GM si elle savait que je l'aimes tant malgré qu'elle me gronde chaque soir.
Benabdellah Mohammed
  • 3. Benabdellah Mohammed (site web) | 29/05/2016
Ie site algermiliana a permis de créer un pont aérien entre Miliana et le reste du monde.Il a aussi permis de réduire les distances à leur plus simple expression.Il a permis de tisser des amitiés et de renouer des relations jadis perdues, du fait du poids des ans et d'autres considérations.N'a -t-on pas vu lors des différentes retrouvailles de chaudes embrassades, des larmes, meme du fait de l'émotion.On a pleuré, à travers ce site, la disparition de nos anciens camarades de classes.On s'est solidarisé avec ceux dont la santé est devenue efficiente.On a félicité ceux qui ont eu un heureux évènement. Bref on a utilisé à bon escient ce fabuleux site grace à la contribution généreuse de dame Noria et à sa disponibilité sans faille.Qu'elle en soit remerciée.Ce site nous a permis de nous exprimer et d'etre utiles entre nous par la qualité des différents(es) intervenants(es).Miliana a été la rassembleuse de toutes ces énergies, de toutes ces compétences issues des prestigieux lycées Ferroukhi et Abdou .Elle a été cet atome autour duquel gravitent les électrons. Miliana vivra et renaitra de ses cendres.Bonne soirée et merci à toutes et à tous.
Meskellil
  • 4. Meskellil | 29/05/2016
Bonsoir ma chère Noria,

Bonsoir chères toutes et chers tous,

Les deux textes hommage ne sont pas un cri de détresse, ou un appel à battre le pavé, même si je fais souvent des manifs à Paris et dans le temps à Alger pour divers combats ! Lol !

Le site algermiliana a beaucoup représenté pour moi, représente toujours beaucoup pour moi, a été une source et ressource formidables. Il m’a permis de « venir » à « Miliana » symboliquement, et d’y sentir accueillie. De résister, de lutter, de pleurer, de rire, de m’exprimer, de me ressourcer… Ce site qui représentait un peu mes racines, et ce dans une période difficile, éprouvante de ma vie. Le plus important pour moi a été de me sentir en famille, dans mes racines à « Miliana ». J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même, un peu de la lumière qu’il y a en chacun d’entre nous. J’étais aussi émerveillée, enchantée par toutes les découvertes, les diverses expressions, les échanges, les créations artistiques auxquelles je suis très sensible, j’ai aimé ces moments de partage avec vous tous, et plus particulièrement avec celles et ceux avec qui j’ai fait un petit bout de chemin, elles et ils se reconnaitront. Cela n’a pas été toujours facile, malentendus, incompréhensions, mais éclipsés par tous les moments magiques, joyeux, drôles, nostalgiques… Beaucoup d’émotions. Et je garderai toutes ces étincelles de vie très précieusement avec ma Miliana tout au fond de mon cœur. Algermiliana n’était pas qu’un réseau social pour moi, mais représentait quelque chose de très profond, de très affectif. Je pense que chacun y trouve son « quelque chose » sinon il n’y viendrait pas. Ma période difficile s’aplanit, les nuages se dissipent, je retrouve un peu de ma lumière. Alors tout ira bien nchallah.

Je tiens à vous dire que j’ai été et suis toujours entière, sincère avec chacune et chacun d’entre vous, et à vous renouveler mes sentiments très amicaux. Et si j’ai heurté la sensibilité de l’une ou l’autre, de l’un ou l’autre, je vous prie de m’en excuser. C’est un peu grâce à vous que j’ai retrouvé Miliana, que j’ai pu exhumer les souvenirs enfouis, que j’ai vraiment sentie vivre Miliana, le site, extraordinaires moments de partage, et je suis heureuse, très heureuse aussi de ces retrouvailles, mes retrouvailles avec Miliana, même si Miliana n’a jamais quitté mon cœur, et pas plus l’Algérie d’ailleurs. Mon cœur est plein de vos rires, sourires, émotions, sentiments, amitié...et j’aurais toujours plaisir à les évoquer. Et voilà que le site aussi fabrique des souvenirs, je crois que c’est Nadjiba qui a prédit cela un jour. Oui, le site fabrique aussi des souvenirs, un peu une extension de Miliana, d’Alger, de l’Algérie pour moi. Merci encore infiniment à toutes et à tous chacune, chacun par son nom. Je vous aime tous et toutes très sincèrement, même celles et ceux qui ne m’aiment pas. Je continuerai à suivre l’actualité de Miliana et de vous tous de temps à autre.
En ce qui concerne le texte ci-dessus et le deuxième texte que Noria publiera si elle le veut bien, c’est un hommage très sincère et très profond à Miliana et à ses enfants natifs ou d’adoption, je ne fais pas de distinction. Et je te renouvelle Noria très fortement l’hommage que j’ai déjà exprimé dans un autre commentaire, je te suis profondément reconnaissante de m’avoir permis via ce site de me replonger dans Miliana, de la sentir vivre, palpiter, rêver, créer, imaginer, espérer, se projeter, souffrir, résister, lutter, agir. Et ces textes m’ont paru exprimer avec beaucoup de sensibilité et de justesse cette formidable vie, cette extraordinaire dynamique pleine d’espoir, d’espérance, d’ouvertures sur l’avenir. Les deux textes m’ont tous deux touchée, émue, remémoré toutes ces menues et belles choses que j’avais oubliées, réactualisé des pans de notre histoire qu’on ne connaît pas ou qu’on a un peu oubliés, dont on n’a pas conscience. Miliana, l’Algérie et l’engagement de ses jeunes dans la lutte. Oui, ils parlent tous deux de courage, de résistance et de lutte, debout et dignes toujours en dépit du dénuement, de la pauvreté, de la misère, de l’adversité. C’est notre mémoire collective, c’est notre histoire à tous, c’est notre dignité et notre appui pour aller de l’avant… et c’est ce que je voulais partager avec vous tous.

Bien à vous tous avec tout plein d’émotions

Merci très chaleureux et sincère à Miliana et nesha, à toi Noria, à vous tous et toutes amis du site et amis tout court.

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