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La forêt des cèdres de Théniet

El Meddad se fait raconter au Zaccar

(La forêt des cèdres de Théniet-El-Had)

« ... J’ai vu un coin d’Algérie très inconnu où j’ai trouvé encore des ravins en des forêts vierges de conte. Ce qui signifie en des forêts vierges, comme celles dont on lit la description dans les contes. Je pars demain pour la forêt de cèdres de Théniet-El-Had dans la chaîne de l’Ouarsenis.On la dit une des plus belles au monde...»

G. de Maupassant

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Alphonse Daudet écrivit en 1861, après avoir séjourne à Théniet-El-Had et visiter la forêt de cèdres :
« Je viens d’un pays où on se repose après y avoir dormi »

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A tout seigneur, tout honneur.

 Il n’est pas permis à un Thénietien de parler de Théniet-El-Had sans penser affectueusement à ce remarquable membre du « nobiliaire sylvestre ». C’est le majestueux cèdre de Théniet dont certains arbres sont plusieurs fois centenaires, la cime dans les nuages, perpendiculaires au sol, enracinés profondément dans l’humus accumulé durant des millénaires. Les cèdres tabulaires ne plient jamais. Au crépuscule de leur vie, ils cassent et tombent de tout leur long, tout imbu de leur grandeur et de leur dignité, de leur noblesse et de leur fierté. Nous nous arrêterons sur le caractère de cette espèce de résineux imputrescible dont la morphologie longitudinale est aussi droite qu’un fil à plomb d’un maçon. La hauteur peut atteinte trente voire quarante mètres.La forêt des cèdres de Théniet-El-Had est restée à l’état sauvage, la main de l’homme n’a apporté en de très rares exceptions que quelques transformations. Elle est un musée à ciel ouvert, de sorte qu’il suffit au visiteur de fermer les yeux pour remonter le temps et découvrir la splendeur des lieux à leur création qui, semblerait-il, remonte loin dans le temps (Certains écrits parlent de l’introduction du cèdre par les Phéniciens venus de Tyr).

Pour aller au Rond Point, « capitale du paradis des cèdres », on emprunte la route ouverte en 1926, en pente beaucoup plus prononcée jusqu’à la colonie de vacances puis en pente douce à partir du carrefour de Ouertane traversant la forêt sur son flanc Est jusqu’au Rond Point. C’est une route tortueuse, ombragée, romantique à certains endroits qui laisse rêveur les amoureux de la nature.

On s’élève progressivement au dessus de Théniet-El-Had qui nous parait blotti dans une concavité encaissée. Nous passons donc devant le centre de colonie de vacances qui a fait la joie de jeunes colons, mais qui traîne derrière elle comme un boulet de forçat, son triste passé où, durant la guerre de libération, plusieurs Thénietiens sont passés de vie à trépas après d’atroces tortures.Aujourd’hui, elle et sa source d’eau ferrugineuse sont abandonnées à leur triste sort et font palir de jalousie un site de ruines romaines.

Le Kef Sahchine du haut de ses 1400 mètres, surplombe une jolie clairière verdoyante appelée communément « ranch » ou « plate forme » et, plus haut, le « parasol », vieux cèdre sortant hardiment du milieu d’un rocher étalant ses branches en forme de parasol. Par temps clair, il peut être visible à partir de Miliana.

Au croisement des routes sur le versant sud de Kef Sahchine, au milieu des chênes liège et chênes verts nous pouvons prendre à gauche la piste carrossable qui mène à Ferssiouane, Djedj Elma (poule d’eau) et Sidi Boutouchent et à droite vers un lieu paradisiaque : Ouertène, but de promenade fort intéressant. C’est une paisible maison forestière entourée d’une combe boisée. Une source fortement ferrugineuse coule à proximité. Elle est adossée à un écran de chênes de diverses espèces, biscornus, tordus par les effets de l’âge, dont les troncs présentent des protubérances en forme de nœuds.

En face de la maison forestière, une vaste prairie de toute beauté où pousse une herbe grasse et où, jeunes scouts, nous organisâmes à maintes reprises nos veillées nocturnes autour d’un feu de camp. Un souvenir nostalgique d’une douce romance ayant bercé notre candeur et qui nous fait revivre des moments inoubliables, extraordinaires que nous avons vécus avec nos chefs scouts aussi pédagogues, éducateurs que formateurs d’hommes tels un Zemirli Abdelramane, Zemirli Mohamed dit « Mowgli », Sansal Charef, Ledjiar Abdelkader, Brahim-Djeloul Mohamed et son frère Ahmed, Raïs Guessab, Khelifa Abdelaziz, Zelazel Mohamed ou Azzaz Ahmed maintenant tous ou presque disparus de la mémoire collective de Théniet comme le furent le « parasol » ou le châlet de M. Jourdan. C’était des moments exquis.

En rejoignant la route qui vient de Théniet-El-Had, nous croisons le Rocher du Lion, qui doit son nom à la légende attribuée au capitaine Marguerite qui aurait tué un lion sur ce rocher. Une autre légende rapporte, comme nous l’avons vu plus haut, que ce même capitaine aurait fait la chasse au lion et à la panthère au Djebel Ghilés réputé pour ses grottes et ses gouffres vierges à ce jour.

En reprenant le chemin sinueux vers le Rond Point, nous entrons pratiquement dans une sorte de nef d’église formée par de gigantesques cèdres vétérans, chargés de siècles, aux pieds desquels de jeunes arbrisseaux poussent joyeusement leurs tiges vers le ciel au prix de mille efforts car sur ce versant le manque d’eau est ressenti d’une manière cruciale par ces jeunes pousses dont les racines farfouilles le sous sol pour aller chercher la moindre humidité.

Il est préférable de faire le restant du trajet à pied et déambuler donc en empruntant une route forestière, ou plutôt ce qu’il en reste, pour s’imprégner du silence religieux de la sylve entrecoupé par le crissement des cigales ou le gazouillis des oiseaux.

Nous conseillons expressément aux anciens de Théniet-El-Had, en mal de nostalgie, et aux touristes étrangers d’emprunter ce trajet pédestre qui ne manquera pas de décloisonner la mémoire des uns et de faire découvrir aux autres des lieux paradisiaques.

La route empierrée longe maintenant la lisière Nord de la forêt. Nous prenons de l’altitude au fur et à mesure de notre progression vers le Rond Point. Les diverses espèces de chênes, qui rivalisent en morphologie avec les résineux les plus âgés, deviennent rares laissant place aux seuls cèdres qui finissent par devenir l’essence nettement dominante avec, plus ou moins répandues, des espèces européennes, telles que l’if, le houx, le sorbier, l’amélanchier, les alisiers.Sur le côté gauche de la route, des fontaines et des sources d’eau s’annoncent çà et là par leur clapotis rafraîchissant. La fontaine Tirsout à quelques encablures de Ouertane, propose chaleureusement une reposante halte aux randonneurs où ils peuvent siroter une eau, plate et cristalline et une autre ferrugineuse qui coule d’un autre robinet. Presque toutes les sources de la forêt des cèdres, y compris celles de Ain El Harhar et de la colonie de vacances sont ferrugineuses carbonatée à 12°. Ces eaux sont conseillées dans le traitement des maladies intestinales et des ulcères.

A mi chemin, nous dépassons l’endroit le plus triste de la forêt : un grand cimetière de vieux cèdres au Nord de Ras El Braret. Ce sont de vieux troncs d’arbres qui, victimes non seulement de la loi de la nature mais aussi des mains criminelles de l’homme, sont tombés en s’enchevêtrant les uns dans les autres. Le temps et les intempéries ont polis et blanchis les troncs et les branches que l’on prendrait à ne point s’y méprendre, pour des squelettes d’animaux du néolithique.

La plupart de ces arbres ont fait l’objet d’un abattage systématique échappant à tout contrôle au moment de la création du centre de Théniet-El-Had par Marguerite (1843) sans pour autant penser à leur débardage devenu extrêmement difficile. D’après Ab. Combe, cet abattage a duré 15 ans.

La forêt des cèdres s’étendait alors à partir de la partie sud de la ville, sur le versant ouest longeant la route de Tiaret, jusqu’au nord à partir de l’actuelle bâche d’eau où, sur le talus, en face du carrefour menant au village agricole de Amrouna, il existe actuellement le dernier cèdre qui a échappé miraculeusement à l’homme. Un autre cèdre orne la placette faisant face à l’ancienne église Sainte Anne devenue mosquée près l’indépendance.

La création du centre entraina donc un abattage systématique des arbres, particulièrement des chênes, pour dégager un terrain d’assiette. La repousse a été pratiquement impossible de part et d’autre de la route de Tiaret étant donné que les indigènes pratiquèrent l’arrachage des racines (djèdra) pour les besoins de chauffage et de cuisson.

La conséquence de cette déforestation a fait que le sol a été soumis à une très forte érosion surtout en contrebas de Kef Sahchine où il a été impossible de construire une usine SNLB et un hôpital. Le sous sol étant constitué en grande partie de marne grise, imperméable.

Après avoir subi une colonisation territoriale et culturelle, les Thénietiens assistèrent indolents à un autre crime : le recul de leur forêt jusqu’au contrfort de Kef Sahchine frontière actuelle de la forêt (côté Ouest de la ville).

Notre forêt des cèdres comptabilise énormément de qualités qui font d’elle un « paradis des cèdres » ayant donc valeur artistique pour qu’on y pratique des coupes pour les besoins de la construction, encore moins pour la grande exploitation.

Le rond point : Paradis des Cèdres

Le Rond point se fait annoncé par le « tournant de la mort ». C’est un virage à épingle à cheveux dont sa négociation doit être, le moins que l’on puisse dire, très habile, car très encaissé et pierreux.

Virage éponyme, « le tournant de la mort », a été le lieu d’un terrible accident de moto dont a été victime le jeune Esposito en 1952.

En effet, lors des fêtes de la Pentecôte célébrées au Rond Point des Cèdres, le jeune Esposito, devait rejoindre le reste des fêtards et, pour épater quelques jolies demoiselles en promenade, fonce à toute berzingue, loupe le virage et, happé par la force centrifuge, se retrouve au fond d’un ravin de vingt mètres de profondeur dont l’escarpement est une cascade de rochers.

Ce tournant est un belvédère qui domine enfin le « Centre de gravité » du « Paradis des cèdres » qu’est le Rond Point (1461m). Quel site merveilleux et enchanteur poussant à la méditation celui qui, assis en haut d’un rocher, domine cette mer de verdure.

Au font une grande et fraîche prairie, vrai paysage qui n’a rien à envier à celui de Suisse, de Savoie ou des Alpes. Vu du belvédère, c’est un écran géant de verdure écrasé par un silence de cathédrale, hymne à la beauté de la nature, dominé par Ras El Braret du haut de ses 1787 m.

Le visiteur reste époustouflé par la splendeur du site qui peut échapper à l’imaginaire d’un Monet ou d’un Goyen, aussi paysagiste qu’ils soient.Aucun bruit ne vient troubler cette quiétude et ce silence absorbant, envoûtant, antre d’un ermite Au fond de cette mer verdoyante se trouve, plantée comme un décor, une belle maison forestière en pierre taillée et tuiles rouges. Ce décor était jadis complété par le chalet en bois de cèdre dit « chalet Jourdan ». Il fut construit en 1897 par un certain Jourdan, délégué financier de Théniet-El-Had qui l’utilisa pendant trente six ans consécutifs pour y venir passer l’été avec sa famille.

A la création du Parc National des Cèdres le 03 Août 1923, M. Jourdan céda son châlet à l’administration des forêts qui en fit l’acquisition pour son service.

Le châlet a maintenant disparu, gommé par la bêtise humaine qui a ensuite poussé le culot jusqu’à faire pénétrer par effraction le béton en réalisant en face de la maison forestière une hideuse et innommable construction qui se dit être d’on ne sait quel qualificatif lui donner sinon un horrible angiome.

Tout autour du Rond Point ce n’est que cèdres, plusieurs fois centenaires, traînant le lourd fardeau de la vieillesse et pliant leurs branches sous le poids des siècles. En bordure du sentier qui mène à Kef Siga, trônent majestueusement deux énormes cèdres, patriarches de cette cédraie : « Sultane et Sultana » arbre d’une circonférence de 8/9 mètres. Le « sultan » est mort voilà presque un siècle. La « Sultana » est à l’agonie. Elle ne présente que le tronc dépourvu de branches. Une aristocrate de ces hauts bois qui, par dignité, s’entête a résisté aux éléments qui s’acharnent sur elle. D’après le général De Bonneval, il faudra encore de longues années avant qu’ils ne tombent en poussière, car leur sève a fait pénétrer dans les fibres du bois, une sorte de résine imputrescible qui les protège contre la pourriture et la décomposition. C’est ce qui explique, comme on l’a vu plus haut, leur longévité.

Certains arbres se sont affaissés, tordus, décrépits. Arrivées à cet âge avancé, les branches les plus élevées prennent la forme d’une table ronde ou d’un parapluie Elles s’abaissent de plus en plus et laissent retomber leurs extrémités qui plongent vers le sol. Nous rencontrons avec plaisir cette jolie scène au sommet de Kef Sahchine dont le sommet est une large et longue plate forme plantée de cèdres millénaires étalant leurs « parasols » à un mètre du sol ne permettant pas au visiteur de marcher de tout son long.

En contre bas du Rond -Point, une deuxième prairie s’offre à nos yeux avec sa paroi à pic en forme d’un gigantesque mur de cèdres sur une hauteur de 300 m en haut de laquelle nous toise Kef Siga. Cette fois c’est une vue enchanteresse qui nous gratifie de sa beauté. Une toile de maître agréable à la vue d’un critique d’art qui ne peut rester qu’extasié. Une fontaine « Ain El Harhar » d’où coule une eau glacée et une large prairie au pied de Kef Siga qui culmine à 1784 m dont il est vivement conseillé aux visiteurs d’en faire une promenade. Le sommet de Kef Siga est un immense rocher d’où émerge un vieux cèdre. L’air est frais, vivifiant, parfumé par les odeurs balsamiques de la cédraie.

Timthumb php 1En 1966, mes camarades (Zebar Daoud, Oudjida Hassan et son frère Hamdane, Zebar Boualem, Mesloub Abdelkader) et moi ne résistâmes pas à l’envie d’en faire une belle randonnée jusqu’à Kef Siga. C’était par un début d’après midi de ce mois de Mai 1966, munis de nos sacs à dos et armés de nos pics de scout, nous prîmes hardiment la route tortueuse, empierrée jusqu’à la colonie de vacances, lieu de notre première halte où nous passâmes la nuit. Nous eûmes l’agréable surprise de rencontrer le gardien des lieux en la personne du sympathique Chaky qui nous gratifia d’un plat de couscous accompagné d’un excellent lait caillé. Autour d’un feu de bois, la veillée a été merveilleuse et mémorable en compagnie de Chaky à travers lequel nous découvrîmes un fascinant personnage. Son arbores cence ne nous permet pas de le considérer séparément du chêne. Ils se ressemblent étrangement. Si le chêne est tortueux, le tronc ratatiné et l’écorce couverte de rides, Chaky avait l’allure biscornue d’un chêne, un visage buriné, au teint hâlé et des mains larges et robustes comme « les parasols ». Il avait la classe de son voisin, le majestueux cèdre.

De sa voix gutturale, rocailleuse, il nous berça longuement en nous énumérant avec romance et passion les lieux-dits, nous racontant le cèdre, l’eau ferrugineuse, le chêne, la faune et la flore peuplant la forêt.

Le lendemain, à l’aube naissante, le brave Chaky nous invita à prendre un excellent café préparé sur un feu de bois de cèdres, que nous dégustâmes avec plaisir. Nous prîmes ensuite la route à destination du Rond Point. Après avoir bifurqué vers la clairière de Ouertène qui nous invita à une détente paresseuse sur son moelleux tapis de verdure et nous rafraîchir de son eau ferrugineuse, nous prîmes la route vers le « paradis des cèdres » en passant par le Rocher du Lion. Nous atteignîmes le Rond Point au « creux de dix heures ». Après un court repos, et la dégustation de petits en-cas, nous escaladâmes péniblement une pente abrupte, passant devant les deux cèdres les plus vieux de la forêt, jusqu’à Kef El Braret au sommet duquel nous cédâmes facilement à cette envie de passer quelques instants pour satisfaire le plaisir des yeux. Une irrésistible fascination. Un panorama grandiose, une vue plongeante au Nord-Nord-Est vers, au loin, le Kef Hassan, Oued Lyraâ et à l’Ouest vers les trois monts de l’Ouarsenis à portée de fusil.

Pour aller à Kef Siga, nous empruntâmes des sentiers symétriques tracés admirablement sur la cime du djebel, ressemblant à s’y méprendre à des allées d’un parc citadin, jalonnées de jeunes pousses de cèdre qui s’accrochent à la vie grâce au site relativement humide vu son altitude.

Si Ras El Braret limite un peu la vue à l’Est, le Kef Siga nous offre une vue panoramique à l’extrême limite de l’horizon avec un tour complet d’azimut.

Nous pouvons admirer au Nord-Est le mont du Zaccar avec, accrochée à ses flancs comme un nid d’hirondelle, Miliana surplombant Khemis Miliana reposant à ses pieds comme écrasé par l’histoire millénaire de la ville des cerises. Derrière les monts du Zaccar, un relief de montagnes, en forme de grandes vagues ou dents de scie, accompagne notre vue jusqu’à l’Atlas blidéen. Par temps clair, nous pouvons même apercevoir avec une bonne paire de jumelles un pan de la Méditerranée par une brèche ouverte dans la chaîne du Dahra, en direction de Novi (Actuellement Gouraya).

Au Sud, c’est la plaine du Sersou avec, éparpillés ça et là, Taine (Layoune), Bourbaki (Khemisti) et Vialar (Tissemsilt). A l’Ouest c’est une vue féerique qui s’offre à nos yeux : les trois monts du non moins célèbre massif de l’Ouarsenis avec son merveilleux coucher du soleil. Aux pieds de Kef Siga, trônent l’immense Kef Hassan, Djebel Amrouna et ses montagnes en forme de mamelons où serpente Oued Lyrâ et ses affluents qui déroulent leurs méandres jusqu’à Oued Cheliff. Comme Ouertane et le Rond Point, Kef Hassan a été toujours le favori de nos chefs scouts pour nos sorties champêtres.

Durant les chutes de neige au Djebel El Meddad (La montagne des cèdres), le site change diamétralement de spectacle. Toute la forêt se heurte à un silence de plomb, assourdissant, qui n’a d’égal en beauté que les branches lourdes de neige qui plient, faisant la révérence à cet invité hivernal qui couvre de sa houppelande blanche la sylve durant les trois mois d’hiver et quelques fois bien au-delà jusqu’au mois de Mai.

Au pied de Kef Sahchine existent plusieurs excavations naturelles formant de petits étangs entourés de verdure. Parmi eux, « Guelmame Laâraïs » qui reçoit en hiver les eaux pluviales. En saison chaude, nous retrouvâmes l’étang rempli d’une eau cristalline, avec la joie de jeunes espiègles que nous fûmes, rêvant de barboter au bord de la mer. Faute de plage, nous nous fîmes alors un plaisir fou à faire trempette et barboter joyeusement dans l’eau en compagnie des couleuvres et des grenouilles venues se désaltérer. A défaut des joies d’une belle plage bleue et le bruit soyeux des entêtés ressacs de vaguelettes qui meublaient nos rêves les plus doux durant tout l’été, nous nous contentâmes de cet étang où nous apprîmes tant bien que mal la « nage des bergers ».

Après avoir assisté à la création de Théniet-El-Had, après avoir materné les hommes de Novembre durant les durs moments de la révolution, l’imperturbable El Meddad est, à nos jours, toujours fidèle à son poste. A chacune de nos visites, il nous donne l’agréable impression de le redécouvrir.

Par Mohamed-Rachid YAHIAOUI

Commentaires (10)

Abdelhalim
  • 1. Abdelhalim | 30/07/2016
Salem alaikoum.m Garne med...je viens d'aprendre votre histoire. tres ému de ce qui s'est passé...je recent les moments terribles de votre passé ....juste un petit repère pour vs rappelé une fois vous avez demandé assistance vers minuit passé ...suite à une poursuite et vous avez passé la nuit chez nous...plus de 41 ans ....abdelhalim.un ami d'enfance el mouradia.
YAHIAOUI Mohamed-Rachid
  • 2. YAHIAOUI Mohamed-Rachid | 09/09/2014
Bonjour Monsieur Garne
IL n'a jamais été dans mes intentions de rejeter les invitations. Je les accepte toutes. Il est évident que les plaisantins sont immédiatement écartés. Je m'excuse Monsieur Garne, mais je n'ai pas vu à aucun moment votre invitation. Je vais immédiatement consulter la liste des invitations sur facebook et je me ferai un honneur d'accepter la votre. Mohamed-Rachid Yahiaoui
GARNE
  • 3. GARNE | 09/09/2014
BONJOUR MONSIEUR YAHYAOUI
J AI TOUT FAIS POUR RENTRER EN CONTACT AVEC VOUS , VOUS NE SOUHAITEZ PEUT ETRE NE PAS VOULOIR LE FAIRE ?
DOMMAGE A NOUS DEUX NOUS AURIONS PU ECLAIRCIR NOTRE HISTOIRE CELLE DE L ALGERIE .
J AURAIS VOULU QUE VOUS VISIONNIEZ MES EMISSION TOUT DE MEME SUR YOUTUBE GARNE MOHAMED .
CORDIAL RESPECT
MOHAMED GARNE
ferhaoui (30/05/2014 )
  • 4. ferhaoui (30/05/2014 ) | 19/07/2014
bonjour à toutes et à tous. m. mohamed rachide y , merci pour ce voyage dans le temps...un moment de détente et d'évasion mais aussi de connaissances. le texte est a la fois ludique , voire pertinent émouvant. si par moment il peche par des lenteurs et flottement due à la complexité historique du texte lié à la cosmologie débité de facon pédagogique sa lourdeur est atténuée par des moments de pur beauté du verbe...voire de grace et meme d'approche scientifique en tout cas, j'ai appris beaucoup des choses que j' ignoré totalement de cette espèce de cèdres merci pour cette belle toile d'un réalisme digne des grands peintres naturalistes ! l'ami ferhaoui, oran.
Meskellil (30/05/2014 )
  • 5. Meskellil (30/05/2014 ) | 19/07/2014
Bonjour Kéryma,
Allah isselmek, je te remercie de ton chaleureux accueil. C'est agréable de se retrouver dans ce salon avec toi et les amis du site.
Bien amicalement
aziz  (30/05/2014  )
  • 6. aziz (30/05/2014 ) | 19/07/2014
Mon ami Rachid Yahiaoui,

Tu m'as sapé le moral avec ton écrit sur la foret des Cedres de Teniet El Haad et tu as aggravé ma nostalgie qui était deja à fleur de peau.

Comme tu le sais, toi et moi avions grandi dans cet endroit paradisiaque que tu as si merveilleusement décrit et on en connait tous les coins et recoins. J'ai visité Yellow Stone National Park et le Mont Evans au Colorado, le Denali National Park, en plein centre de l'Alaska, aux USA et tous les deux bien que connus mondialement, n'appartiennent pas à la meme ligue que notre foret des cedres de l'Ouarsenis, uncontestablement un paradis sur terre.
Un petit oubli de ta part, parmi les chefs scouts, Hamdane Oudjida, Chef de meute et des louveteaux.
keryma (30/05/2014)
  • 7. keryma (30/05/2014) | 19/07/2014
Coucou Meskellil,
3ala slamtek! Et c'est reparti pour tes commentaires succulents et agréables,

Kéryma ton amie,
TALBI Samia     (30/05/2014)
  • 8. TALBI Samia (30/05/2014) | 19/07/2014
Bonjour et bon vendredi .Merci à notre ami Mohamed Rachid Yahiaoui pour son article riche et ddétaillé sur une région que je connaissais mal ou presque pas.Je voudrai juste apporter un rectificatif .Novi n'est pas l''actuelle Gouraya.Novi aujourd'hui porte le nom de "Sidi Ghiles" et Gouraya n'a pas changé de nom Gouraya elle était , Gouraya , elle restera.Merci d'accepter ce rectificatif. Mes amitiés à tous et à toutes.
Meskellil (130/05/2014 )
  • 9. Meskellil (130/05/2014 ) | 19/07/2014
Bonjour à toutes et à tous,

Quoi de plus naturel que l’auteur d’écrits divers, expressifs, riches et si beaux en la personne de M. Slemnia exprime ses sentiments, impressions et émotions à cet autre auteur dont l’écrit est si captivant, M. Mohamed-Rachid ! Cette rencontre ne pouvait que se faire !
Le récit/ballade et sa progression nous happent dès les premiers mots/pas, et ne nous lâcheront plus pour notre plus grand bonheur et bien-être, nous sommes au cœur de ce paysage magnifiquement beau et diversifié. Nos sens sont en éveil, nos émotions affluent, nous avons même le souffle un peu court à certains endroits de la progression, enchantés, au fil de ces images magnifiques et de ces mots aux contours si précis !
J’ai eu beaucoup de plaisir à vous découvrir et à vous lire M. Slemnia de même que M. Mohamed- Rachid. Puissiez-vous nous offrir encore et toujours des écrits aussi beaux, aussi fluides et aussi sensibles ! Merci pour ces moments d’évasion totale !
Slemnia Bendaoud (29/05/2014)
  • 10. Slemnia Bendaoud (29/05/2014) | 19/07/2014
Bonjour,
En effet, oui, le texte est vraiment beau, profond, argumenté, trop longtemps retourné, très poignant par moment. Presque parfait dans sa conception comme dans l'image qu'il véhicule en arrière-plan ou en filigrane, à mesure que les yeux le parcourent dans ce voyage formidable. On y ressent donc cette magie du verbe trop loin cherché dans ces textes de la grande légende scripturale ou bien très profondément puisé dans ce vocabulaire très riche qui lui donne ce cliché d'un écrit trop longtemps ou assidument travaillé, bien maquillé, appartenant cette esthétique linguistique digne d'etre enseignée au sein des plus grandes universités du monde des langues vivantes. J'ai beaucoup apprécié le commentaire tout comme d'ailleurs les lieux objet de ce récit fabuleux.
Cordiales salutations.
Slemnia Bendaoud

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