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Du chant du coq et de l’éclat du soleil

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Beau et coquet, tout vaniteux coq est plutôt tout juste caquet !  Imbu de son beau ramage, il se vante de son magnifique plumage. En un très élégant personnage, Il s’invente une fort impressionnante personnalité pour faire face à toute éventualité.

Au travers de son impeccable apparat, il semble être toujours à la parade ! Il se fait de droit inviter à toutes les très relevées cérémonies ou somptueuses festivités et prend part à toutes les danses des grands charmeurs et prestigieux Seigneurs. 

Déjà tout jeune poussin, il s’installe sur scène, s’initie à ce fastidieux exercice vocal qui le fait monter sur ses tout frêles et graciles ergots. Il prétend être le seul à pouvoir diriger l’orchestre de la chorale qui n’accorde aucun intérêt à la morale du groupe dont il surveille ses mouvements d’un œil vigilant.  Et sans le moindre filtre du bruit du son qu’il distille comme le produit sonore d’un fifre, il ose déjà occuper le pupitre !

Il est comme enivré par cet opium qui le pousse à très tôt occuper le podium. Il est aussi poussé par les décibels de la mélodie de son cri qui vrille de son bec mouvementé jusqu’à dénier aux instruments de musique la raison de leur existence ou la nature de leur fonctionnalité.  Il pense juste au travers de son mélodieux chant conquérir toute l’étendue de son grand univers et pourquoi ne pas en séduire avec tout son monde à l’horizon.

Dans ses exhibitions de l’aurore, son chant manquait plutôt fondamentalement d’érudition, car dépouillé du moindre texte d’appui, au préalable bien élaboré, et qui donne corps au rythme musical savamment déployé. A mesure que la nuit s’enfuit et se replie sur elle-même en se retranchant discrètement au petit matin, levant à la volée son sombre voile, il se met à balayer de son regard tout son grand univers.

Enhardi par son égo démesuré, il se hasarde à jouer à l’impudent effronté, se donnant en spectacle devant ses semblables afin mieux les persuader du nouveau rôle qu’il désire s’attribuer et de l’importance qu’il accorde à son désormais très relevé statut. Et pour couronner le tout, il ouvre grandes ses ailes et se redresse ensuite dans un geste très solennel.

Il semblait faire remarquer au monde qui l’entoure que c’est grâce à son chant matinal que se lève le jour ! Que se dissipent les ténèbres de la nuit ! Que scintillent et brillent les rayons du soleil ! Que réapparait à nouveau, chaque jour, la lumière !  Il en est convaincu au point où il n’accorde aucun crédit ou même très peu d’intérêt au reste des volatiles et le commun de l’humanité.

Selon sa propre philosophie, l’éclat du soleil dépend de la musicalité de son chant matinal. En d’autres termes : sans ses longs et très mélodieux cocoricos point de lever du jour ! Comme si sans son existence c’est la nuit qui s’emparera définitivement du jour pour que le noir des ténèbres triomphe à jamais de la clarté et de la lumière du jour.

Voilà donc où peut mener tout résonnement farfelu d’un coq imbu de ses nombreux atouts, se vantant de son joli costume plumé et duveté, et surtout se croyant au-dessus de tout son monde ou même présumant que tout lui est acquis en toute propriété et sans le moindre concurrent ou opposant.

A mesure que le temps passe et que lui gravit des échelons pour occuper d’autres fonctions au sein du pouvoir du grand poulailler, il se sent déraisonnablement à tout moment pousser ces impressionnantes ailes que nul autre volatile ne peut détenir dans la ferme. Se flatter l’égo est son crédo. Paraitre le plus beau du monde est son seul but. Ravir la vedette à tout son monde est sa politique à long terme. Il en est d’ailleurs très conscient pour tout inspecter et tout surveiller à la ronde.

Plutôt chose vraiment rare, mais pour défendre son groupe et son territoire, il lui arrive cependant de faire la guerre à un inconnu au bataillon ou contre un prétendu conquérant ou très sérieux concurrent. Gagner tous ses combats devient dès lors une obligation. Et même s’il n’y parvient pas du premier coup, il reviendra dès demain de nouveau à la charge.

Cependant, dans l’intervalle s’étirant entre son dernier revers et son tout prochain combat, il s’attèlera à mieux affuter ses armes, à bien affiner sa technique et à surtout très  régulièrement peaufiner ses mouvements d’ensemble. Il ira même faire, souvent en groupe très compact, cette grande tournée des Héros de la contrée du pays dans l’habit d’un potentiel vainqueur.

De passage dans ces bourgs embourbés dans leur misère endémique, dans ces bourgades embrigadées dans leur oubli durable, ou au sein de ces reculées contrées de l’Algérie profonde, il se promènera dans la peau d’un tout prochain zaïm, enfilant différents accoutrements, ceux propres à la région visitée, quêtant leur baraka et demandant le grand pardon auprès de ces Maisons de Dieu composées de ses tribus, de zaouïas et de mosquées.

A force de s’attarder à jouer au coq du village, en labourant tous ces gigantesques territoires du pays et institutions religieuses, ne finit-on pas par laisser un peu partout toutes ces belles et nombreuses plumes qui dénudent par leur absence le supposé Grand Seigneur dans sa tentative de monter tel un véritable Roi sur le très haut toit de la demeure convoitée ?

A vouloir autant que faire se peut s’engager dans la voie de ce ridicule qui consiste à « purifier » ou à « réhabiliter » un quelconque coq imbu de son aura par le biais d’une manœuvre de force ou d’un déni de justice dans son « enrobé politique » ne se dirige-t-on pas tout droit dans cette entreprise dangereuse qui polluera notre politique et discréditera à jamais nos lieux de culte, institutions religieuses et valeurs spirituelles sacro-saintes de l’Islam ?

Quel vent ramène-t-il de nouveau ces autres « coqs migrateurs» sur le sol Algérien pour longtemps errer si éperdument, aidé par une solide organisation de souteneurs activant à la périphérie des institutions de l’Etat ou des Maisons de Dieu, déambulant de zaouïas en mosquées, de basses-cours en prés de prêches, de jardins en vergers religieux, de hameaux de la piété en bourgades, de contrées en patelins pieux, de vallons saints en collines de prière, de ce territoire-ci à celui-là ?

Pourquoi donc tous ces grands shows médiatiques ? Et bien maintenant ? A quoi rime tout ce méticuleux et néanmoins savant scénario ?  Mais que cherche-t-on à prouver au travers de toutes des grandes randonnées et interminables chevauchées ?

Sont-ils tous ces invités de marque au moins dotés par la Nature de ce chant très matinal à la musicalité chatouillant l’ouïe pour réveiller avec au petit matin le monde de nos campagnes pour aller travailler leurs champs de blés ?  Savent-ils au moins pousser aussi haut et à gorge déployée tous ces beaux et très longs cocoricos qui égaillent la contrée et annoncent à coup de mélodies de trompètes répétées le lever du jour imminent ? Sinon font-ils dans cette très cupide « démarque inconnue » qui nous trouble l’esprit ?

Au vu de leur âge jugé comme assez avancé et de leur physionomie, plutôt sérieusement émoussée et altérée par l’effet du temps, l’usure et la fatigue, ces coqs-là, un peu coq de bruyère (le tétras), un tantinet gaulois, dans leur jeunesse vraiment Méditerranéens et à l’origine tous Algériens, ont désormais la base de leur crête trop aplatie, son lob postérieur pendant et le « crétillon »  de son fierté presque totalement effacé. A telle enseigne que le support physique naturel, appelé à recevoir le fameux trône, semble plutôt être absent.

Aussi, leurs grandes rémiges sont pratiquement confondues avec leurs rémiges secondaires à cause d’un physique difforme et peu solide. Ne leur reste en bonne place plus que leur barbillon, gardé intact même s’il parait très poreux ou si perforé. Souvent pour se donner vraiment de l’importance ou de l’autorité, ils montent sur leurs ergots, donnent un coup dans la fourmilière à leurs faucilles en actionnant les tectrices de leurs ailes ; lesquelles aussitôt basculent dans le vent pour brasser de l’air tel un avion prêt à décoller.

De très près, on aurait dit –sans le probable risque de nous tromper- que ce produit de la volaille n’a rien à voir avec la famille des galliformes, celle connue sous l’appellation de gallinacée, appartenant au genre Gallus. Tellement tout lui en ne dicte ou annonce la moindre ressemblance avec ce monde ailé, resté cher au poulailler.

On aurait conclu en milieu fermé ou intime qu’il fut le produit d’un œuf à la coquille autrefois bariolée de différentes couleurs afin que la poule qui le couvait, puisse en ces moments-là en répercuter celles-ci sur son plumage sous l’effet de la lumière et de la chaleur de son duvet pour plus tard se revendiquer son appartenance à tous ces pays et contrées du monde qu’il a visités et où il a travaillés.

Et même si l’explication de la transmission de ces couleurs au travers de ces seuls effets et autres reflets de la lumière et de la chaleur de la poule dans son couvoir reste très aléatoire ou peu plausible, il ne peut justement nous avancer nul autre argumentaire relatif à sa grande mouvance et continus mouvements professionnels.

Seulement leurs galops se réalisent sur le sol Algérien en quête de prébendes politiques et de galons religieux manifestées lors de ses tournées au sein de ces « zaouïas lessiveuses de péchés » et de ces mosquées rédemptrices ou tribus régénératrices de leur matrice politique afin de le délester de tous fautes et autres vices commis au préjudice du peuple et de la Nation.

Alourdis de toutes ces nombreuses tares, ils sont incapables de pousser à pleins poumons les jolis cris mélodieux de ces jeunes pousses de la basse-cour. Quant à espérer avec nous convaincre de l’utilité de déclencher l’éclat du soleil du jour naissant, leur vaine tentative risque de les faire tourner en bourrique !  C’est plutôt croire en une vraie utopie ! Au crépuscule du jour finissant, les rayons du soleil peuvent-ils rester toujours aussi ardents ?

De quelque pouvoir et fortune aurions-nous longtemps rêvés et surtout profités, nous repartirons plus que certains le jour venu ou convenu, les mains vides ou bien nues ! De quelque bien avions-nous tout le temps usé ou vraiment abusé –croyant pour toujours le posséder- nous le quitterons sûrement un jour, en partant pour l’au-delà les mains vides ou sans le moindre sou, puisque c’est à Dieu que nous avions –à plus forte raison- nous-mêmes toujours appartenu.

De quelque société ou monde des humains avions-nous ou même aurions-nous voulu nous identifier, pour quelques heures seulement ou même des décennies durant, nous lui cèderons, en dernier lieu, tout ce que nous possédons comme fortune mais aussi tous nos nombreux enfants. Et le meilleur des trésors que nous aurions laissé sur place ou légué à l’humanité n’est autre que celui qui survivra à tout ce que nous avions nous-mêmes bien vécu.

Il sera ce seul survivant de tout ce que nous avions réellement vécu, juste une empreinte forgée dans le temps qui colle à notre peau lorsque notre corps se résumera à quelques menus et fragiles os sous terre cachés !

Chez le monde paysan, tout bourrin qui a quitté de lassitude son attelage –parce que atteint par l’âge de la vieillesse- n’a plus droit à un quelconque harnais. Il sera aussitôt libre de ses mouvements. Le même traitement est d’ailleurs valable pour ces pur-sang Arabes qui ont abandonné les champs de course. Fut-il juste pour une prise de photo de souvenir !

Pour services rendus à la fantasia, aux labours et à la moisson, ils seront préservés des pénibles travaux des champs. Leur place est désormais au sein de la grande écurie de la tribu dont ils auront servi les intérêts, les guerres, les hautes luttes, défendu les honneurs et tout ce qui gravite autour de leur vie ou même parfois survie et postérité.

En ami fidèle du paysan, tout cavalier qui se respecte connait le mérite à accorder à cette monture et surtout son importance dans son quotidien et devenir. Tel un véritable écuyer, il sait qu’il ne vaut absolument rien sans l’apport de ce pur-sang Arabe qui lui fait gagner des titres et vaincre ses plus redoutables adversaires.

Telles des médailles de grand mérite, ils ne seront exhibés, déterrés ou exhumés que comme une preuve de ce vaillant combat pour la vie. Que comme ce triomphe contre des troupes ennemies. Que comme ce souvenir qui nous fait revigorer et surtout avancer dans le temps.

Et tout autre usage nuirait autant à la Nation qu’à la qualité de son écurie !  Autrement, la réputation de la Maison en prendrait un sale coup !

La relève envisagée à l’intérieur de notre poulailler ne déforme nullement la beauté musicale du cocorico matinal du coq de la ferme. Et même si celui-ci précède toujours de quelques instants le lever du jour, il n’aura aucune influence sur l’éclat du soleil. Là où s’arrête justement l’effet du mensonge du coq vaniteux commence alors forcément ce combat pour la vie mené sur un tout autre front par celui bien hardi. 

Car le temps est toujours en marche. Sans relâche !  Et l’histoire est implacable dans son jugement. Et surtout sans appel !

Par Slemnia Bendaoud

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