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Retour dans mes Souvenirs

Billets de Meskellil

Oriental Feeling

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Bonjour amis, amis du site. Je tenais à vous dire mon plaisir de lire vos cris du cœur, vos élan de joie, ou sentiment de tristesse, d’indignation, de colère, de bien-être aussi, ou d’écouter les musiques proposées avec spontanéité ou encore d’admirer à nouveau le trait fin, minutieux, juste de vos créations originales, c’est toujours un plaisir Benyoucef, et j’aurais beaucoup aimé que l’histoire de Si Amar se prolonge encore longtemps.

Quelques noms me viennent et si j’en oublie veuillez m’en excuser. Je citerai tout d’abord Noria notre hôtesse qui, sans elle, rien de tout cela ne serait possible, M. Benabdellah, l’ami et grand frère Ferhaoui, Miliani2Keur, M. Midjou, A. Arbouche, A. Bouaïch, A. Belfedhal, Chantal… . Merci à vous tous ainsi qu’à ceux absents, mais présents, j’en suis certaine, et que je salue. Et bien que je ne fasse pas de commentaires, croyez-bien que j’ai grand plaisir à vos diverses et attendues expressions.

Merci à toi Noria, merci à vous.

 

Rima commence sa carrière à 8 ans, et devient deux ans plus tard membre important de la Beirut Oriental Troup for Arabic Music. Soliste à 11 ans, elle se lance dans un répertoire réputé être le plus difficile de la musique vocale arabe. Plus tard, et diplômée de l’Université américaine de Beyrouth (une pensée solidaire pour le Liban qui n’en finit pas de s’enfoncer dans une crise multiforme sans précédent), et du Conservatoire national supérieur de musique, elle enseignera le chant plusieurs années durant.

En qualité d’invitée exceptionnelle des Massachusetts, elle enseigne le chant classique et le chant arabe à l’Université de Mount Holyoke dans le cadre de l’Arabic Retreat. Elle se spécialise aussi dans les répertoires arabes vocaux traditionnels de Sayyed Darwish et Wadieh El Safi,et se produit dans tout le Moyen Orient, en Europe et aux Etats-Unis... Elle collabore avec divers musiciens de renom Irakiens, Hollandais, Américains, Libanais à l’instar de Ziad Rahbani fils de Feïrouz entre autres. D’un enregistrement à l’autre, elle propose tout à la fois de nouvelles compositions et d’anciennes chansons, des mouwachahates ou encore des chansons de films autrefois interprétés par Sabah dont on se rappelle avec nostalgie le Allo Beyrout mine fadhlek….

Dans les morceaux que j'ai choisis de vous faire écouter et qui m'inspirent calme, paix et sérénité, et on en a grandement besoin dans ce monde bouleversé, on retrouve sensibilité, sobriété, simplicité, grâce, douceur et émotion, des ingrédients précieux qui se fondent en une belle alchimie agréable à écouter, à regarder...

 

Prenez soin de vous et bonne écoute

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Sourires et Gestes Délicats

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« Dans un monde où les sourires sont interdits, un homme heureux est un homme dangereux », ai-je lu quelque part. Combien juste ! Le lien avec la suite n’a pas grand chose à voir, ou du moins rien qui saute aux yeux, si ce n’est le sourire. Parce que des sourires, on n’en voit plus beaucoup depuis l’ère des masques, en tout cas de ce côté-ci ? On a même l’impression que c’est souvent aussi le cas lorsque l’on ne porte pas de masque. Un monde sans sourires ou presque ! Désarçonnant, perturbant même, vous ne croyez pas ? Pour compenser, on se focalise sur la partie haute du visage, les yeux, les sourcils quand il n’y a pas de lunettes de soleil, parce qu’autrement, c’est carrément flippant ! Egalement sur la mobilité des pupilles. On interprète ses mouvements à l’aune de nos représentations soit comme signe de curiosité, soit d’agitation, de mensonge, ou d’anxiété. On scrute de même le regard : tendre, amoureux, profond, chaviré, pétillant, brillant, larmoyant, courroucé, fuyant, impénétrable, fixe, joyeux, triste… toujours selon nos perceptions. Inépuisable le regard. Les sourcils eux, ne sont pas en reste puisqu’ils ont également leur mot à dire quand ils montent sur leurs grands chevaux pour signifier l’étonnement, l’incrédulité, la peur, la circonspection, la désapprobation, l’ironie, le mépris même ou, quand ils se froncent pour exprimer la surprise, la frustration, le reproche, la concentration, l’incompréhension, la réflexion, l’oubli, la préoccupation, l’énervement... Mais bon, ne cédons pas à l’emballement ou à l’emballage ? Je ne sais plus ! On sait que nos représentations nous jouent bien des tours, nous mènent dans bien des détours, et l’on sait que l’on peut se tromper du tout au tout, se fourvoyer complètement tant le propre du sens nous reste indéchiffrable, insaisissable dans son entièreté avec ou sans masque. Combien de fois n’a-t-on pas dit le sens m’échappe ! Normal si on garde à l’esprit les propos de Martin Luther King qui nous rappelle que : « Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas » ou Saint-Exup. qui nous dit en teneur et très justement que l’essentiel reste invisible aux yeux. Ils ne se tromperaient quand même pas tous les deux, si ? Et la bouche alors ? Cet autre organe extraordinaire qui a le pouvoir d’illuminer un visage, de le faire rayonner par un simple sourire, une bouche dotée de parole belle, élégante, douce, mélodieuse, précieuse et si poétique en prime. Bien entendu, elle peut aussi être rictus, grimace, cri, et ses mots pas jolis, jolis. Elle se rattrape vite par le rire qui est libération tonitruante d’une folle énergie subversive. Le rire pourrait bien faire de l’ombre au sourire, mais cela dépend évidemment du contexte. Imaginons-nous dire bonjour à quelqu’un et éclater de rire ! Ça pourrait être mal perçu. Le sourire, non. Il s’adapte à tous types de contexte et s’offre à tout un chacun en toute circonstance ou presque. Et quand bien même il serait pauvre, timide, contrit, pâle, fragile, il appelle néanmoins un sourire encourageant, engageant en retour.

On serait tenté de dire que la bouche et les yeux constituent les pivots de la communication tant ils sont complémentaires. Non, non, je n’oublie pas le nez. Il a aussi sa caractère et sa propre expression. Accommodant, il accompagne, accentue volontiers les diverses expressions de la bouche et des yeux en se retroussant, se dilatant, ou palpitant selon l’intensité des émotions, il nous offre tout un éventail de senteurs florales ou culinaires gourmandes. Il a aussi cette capacité de se pincer, mais il peut aussi s’avérer infaillible à la détection du mensonge lorsqu’il est soumis à une caméra thermique. Mais revenons à nos sourires et à ce qui les empêche. C’est un fait, on se retrouve là à être tous masqués (cf. texte « un après-midi presque banal »), mais à des degrés divers, et pas de la même manière, ni pour les mêmes raisons non plus. Passablement compliqué, n’est-ce pas ? Entre ceux qui avancent masqués, mais qui ont un sourire accrochés aux yeux, et ceux qui cumulent les masques comme on le ferait d’un capital, tiens, et ceux qui finissent par (se) confondre à force de clonage, et là, les medias en sont l’illustration parfaite ! Il y aurait de quoi s’arracher les cheveux car même largement démasqués, ils foncent tous la tête la première, normal question d’intérêts et de pouvoir ! Vous ne comprenez rien à ce charabia ? Moi non plus, rassurez-vous ! Rappelez-vous juste que : l’essentiel…

Allez, un dernier petit clin d’œil sur l’importance de l’humour en tandem avec le sourire « l’humour n’est pas une humeur, c’est une vision du monde. Et c’est pourquoi, si l’on a raison de dire que l’humour fut banni de l’Allemagne nazie, cela ne signifie pas simplement que l’on n’y était pas de bonne humeur, mais quelque chose de beaucoup plus profond et beaucoup plus important ». Et c’est de Ludwig Wittgenstein
 

 

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Bustan Abraham/Till The End of Time

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Bonjour à tous,

Le capitalisme et le néolibéralisme outranciers à l’épreuve du Covid 19 et du constat une fois de plus sans appel de leurs limites !

En ces temps de confinement et de course contre la montre, une courte halte dans un chemin musical d’une grande beauté : un espace apaisant, ressourçant, serein, égrenant avec beaucoup de raffinement et de talent un temps qui prend le temps de s’écouler lentement, doucement, harmonieusement, et une poésie de la même veine, aussi profonde, aussi belle ; le tout agissant, je le souhaite, comme un baume au cœur, une source de bien-être, de détente, de lien avec notre humanité, l’humanité. Restez en paix.

Saisir

Recueillir le grain des heures
Etreindre l’étincelle
Ravir un paysage
Absorber l’hiver avec le rire
Dissoudre les nœuds du chagrin
S’imprégner d’un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Ecouter l’océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d’amitié


André Chedid

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Si chère à nos coeurs, si proche...

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Bonjour à tous,

Un billet en deux volets autour de la Palestine: le premier concerne l'appel lancé par des comités et associations européennes pour la Palestine pour dénoncer la situation désastreuse que vivent les Gazaouis en ces temps de pandémie, mais pas seulement, un appel urgent pour que cesse le blocus criminel, inhumain qu'Israël leur fait subir dans l'indifférence presque générale.

Un second volet autour du cinéma palestinien où tout un chacun pourra regarder des films palestiniens si le coeur lui en dit. J'espère que les liens resteront actifs. Et comme je ne peux y résister, c'est Mahmoud Derwich bien sûr qui clôturera ce billet par une de ses sublimes poésies.

Bonne écoute à tous et soyez en paix

Appel urgent pour une aide d’urgence à Gaza – levée immédiate du siège !

Par Coordination Européenne des comités et associations pour la Palestine, 6 avril 2020
À l’attention de :

Mr Josep Borrell, Haut Commissaire Européen aux Affaires Étrangères
Ministres des Affaires Étrangères des pays européens,

Paris, le 6 avril 2020,

Cher Mr Borrell,

Chers Ministres des Affaires Étrangères des pays membres de l’UE
Face à la pandémie de coronavirus, les gouvernements du monde entier prennent des mesures d’urgence de façon à protéger la santé de leurs citoyens et de stabiliser leurs économies.
Pour près de 2 millions de personnes de la bande de Gaza occupée et assiégée, avec les 129 cas de COVID-19 confirmés au 1er avril et deux mille personnes en quarantaine pour soupçon de contamination, la situation est au bord de la catastrophe. Les instruments, les lits de soins intensifs et les moyens de prévention pour faire face à l’éventualité d’une propagation de la contagion, sont manquants ou tout à fait inadéquats. Dans cette situation, aucune réponse efficace face à la crise actuelle n’est possible à Gaza.

Plus d’une décennie de blocus illégal et de fréquentes attaques brutales de l’armée israélienne font que 2 millions de gens vivent dans une situation de surpeuplement désespérant, dans un environnement marqué par l’exiguïté et des conditions de logement désastreuses, avec notamment un manque de 60% d’équipements médicaux, une fourniture d’énergie électrique gravement limitée, une malnutrition massive et l’eau courante dans seulement 10% des logements.

La prévision de l’ONU selon laquelle Gaza serait inhabitable en 2020 est pleinement devenue réelle, comme l’a plusieurs fois rappelé le rapporteur spécial de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Michaël Lynk. Le panel d’experts de l’ONU sur la crise sanitaire a demandé qu’il n’y ait pas d’exception concernant le COVID-19, puisque “tout un chacun a droit à ce qu’on intervienne pour sa survie”.

En dépit de la préoccupation exprimée par le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres face au manque de ressources dans les camps de réfugiés, dans les villages déplacés et malgré l’appel à ne pas faire de la crise sanitaire une guerre, Israël ne fournit pas le soutien nécessaire et adapté aux structures de soins de Gaza auquel il est tenu en tant que puissance occupante, en contrevenant et en faisant constamment exception à ses obligations.

La communauté internationale ignore la situation critique des Palestiniens de Gaza depuis trop longtemps. Jusqu’à maintenant l’Europe s’est montrée incapable de se tenir à ses principes et déclarations et de mettre fin à sa complicité avec le système israélien d’occupation, d’apartheid et de colonialisme de peuplement.

Les Palestiniens doivent pouvoir accéder à des traitements médicaux et nous avons la responsabilité de les soutenir en mettant fin aux restrictions imposées par Israël. En vertu de la Quatrième Convention de Genève, Israël, en tant que puissance occupante, a le devoir d’assurer la sécurité et le bien-être des populations civiles dans les zones sous son contrôle. Le blocus maintenu par Israël sur la bande de Gaza est une mesure qui prive sa population de nourriture, de carburant et d’autres biens de premières nécessité ; il constitue une forme de punition collective, en violation de l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève.

C’est dans cet esprit que nous en appelons à l’UE et aux gouvernements européens pour:

• Mettre en œuvre immédiatement toutes mesures économiques et politiques y compris des sanctions et des mesures de rétorsion sous l’égide du droit international, pour faire pression sur Israël pour qu’il mette fin au siège de Gaza.

• En contact direct avec les Ministres de la santé de Gaza et de Cisjordanie, assurer la livraison directe aux autorités publiques locales de cargaisons adéquates de fournitures médicales et sanitaires nécessaires à la détection du coronavirus et pour la prise en charge des personnes affectées ainsi que des éléments nécessaires à la prévention de la diffusion du virus dans la communauté et dans les hôpitaux locaux.

• Permettre à ceux qui ne peuvent être traités à Gaza d’accéder effectivement à d’autres hôpitaux.

Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine
Source : ECCP Palestine
Si loin, si proche

 

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Omar Bashir/ To my Mother/ Al Hambra

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Munir Bashir, le maître légendaire du oud, aura plusieurs élèves mais un seul disciple, son fils Omar auquel il enseignera son art dès l’âge de cinq ans. Munir Bashir rentrera en Irak avec sa femme hongroise et leurs deux enfants, Saad né en 1966 et Omar né en 1970, après avoir obtenu son doctorat en Hongrie. Après quelques années passées au Liban, Munir Bashir entamera une carrière internationale. Désireux de transmettre ce patrimoine culturel musical à ses enfants, et notamment à Omar dont le potentiel se révélera très tôt, il consacrera à ce dernier parfois jusqu’à cinq heures d’enseignement de cet art par jour. Naturellement Omar entrera à l’école de musique et de danse de Bagdad à sept ans, donnera son premier concert de oud à neuf ans en solo au conservatoire de Bagdad., et jouera avec son père dès l’âge de treize ans. Quelques années plus tard, il accompagnera son père régulièrement.

En 1991, la famille quitte l’Irak pour s’installer en Hongrie. Omar étudiera, à l’Université Liszt, le piano, le chant et la direction chorale, et participera à plusieurs concerts avec son père dans le monde arabe, aux Etats-Unis, au Canada, en Europe, et notamment à Paris.

La disparition de Munir Bashir en 1997 marquera un tournant important dans la carrière de Omar qui cherchera alors sa propre identité musicale en expérimentant différents instruments et techniques, et en explorant des styles musicaux qui lui sont proches, qu’ils soient ceux des tziganes hongrois ou des gitans. Les Gypsy King l’autoriseront même à utiliser l’une de leurs chansons. Il collaborera avec plusieurs artistes internationaux, recevra distinctions et prix dans le monde arabe, aux Etats-Unis et en Europe où il effectuera plusieurs tournées de concerts et enregistrements de CD.

À partir de ses improvisations sur quelques-uns des maqams arabes les plus importants, Omar cherchera à mettre en avant leur relation avec d’autres cultures. Tout en s’appuyant sur l’héritage musical transmis par son père, Omar Bashir ouvrira en permanence sa musique à des influences autres, cherchant à trouver des liens, des affinités entre la musique de son pays natal et celles du reste du monde, des influences allant de l’Inde à l’Andalousie en passant par l’Irak et la Turquie. Omar saura être à la hauteur de son double et lourd héritage, celui de la renommée de son père et celui de la tradition musicale, pour devenir à son tour non plus le « fils de », mais un grand artiste qui aura contribué à vivifier la musique arabe, à lui garder son cachet traditionnel tout en la nourrissant d’autres styles musicaux.

Je vous propose d’écouter deux très belles pièces musicales :

La première intitulée « To my Mother » dont la ligne mélodique riche est agrémentée d’ornementations belles, raffinées et harmonieuses, et c’est toute la magie de cet instrument noble le oud que d’exprimer avec beaucoup de sensibilité amour, tendresse, douceur, joie ou tristesse, nostalgie aussi, une composition au flux dense de l’amour maternel exprimé, légère, aérée, aérienne même. La fin du morceau se dessine comme une étreinte pleine de tendresse qui semble ne pas vouloir se terminer, qui se prolonge encore et encore. Sublime de sensibilité, de profondeur, d’amour. Une deuxième composition magnifique de ses nuits andalouses ensorcelantes, chantantes, riantes et nostalgiques à souhait intitulée « Al Hambra »

Bonne écoute!

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Une année qui s'en va...

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Emportée sur les ailes des temps immuables, voilà une année qui s’en va emboitant le pas des faits et des événements cumulés tout au long des chroniques du jour et de la nuit.

Imprégnée de la marque et du sceau d’un instant solennel voilà une autre année qui s’en va, qui se faufile et se perd insouciante dans les méandres; loin devant nous.

Cependant, ni les longues promenades parmi les Boileaux et les cris des oiseaux, ni les instants passés à regarder le somptueux déclin vers le zénith ou cette aurore et son légendaire chant du coq n’ont pu freiner le formidable élan aux couleurs panachées avec les meilleurs vœux d’une existence qui se recherche depuis des lunes.

Big-ben encore une fois avait retenti et depuis les pagodilles de la vieille et lointaine Chine, des millions d’étoiles se sont alliées pour exprimer un seul vœu et une pensée unique, tissant ensemble une irréelle farandole de bonheur et de gaieté.

Une année, une nuit et une ultime seconde ont suffi pour faire trembler le jet immense d’une lumière qui, frisant le surnaturel, avait ramené la main dans la main, l’illusion et l’espoir.

La plume du navigateur à l’image d’un albatros aux ailes blessées usant d’une encre trempée dans le jeu des approches et des incertitudes retracera d’ici peu une page fulgurante dans les annales d’un monde qui s’entredéchire pour le pire et pour le meilleur.

L’illustre poète, emporté dans une tempête fouettant à la fois l’âme et le corps avait imploré le temps de suspendre son vol.

La terre tant chantée et tant clamée dans la fureur des rimes et des vers arrachés des bougies larmoyantes, ressemblait dès lors à un paradis artificiel.

Parmi les cris et les holà, l’existence entière s’était vouée à l’implacable raison du temps.

Dans le corridor de tous ces âges qui se suivent et se bousculent, la roue de l’histoire, dans une marche victorieuse n’a jamais cessé de hurler, jetant le désarroi et l’inquiétude dans un monde pourtant solide et dominant.

Il l’est pour ces âmes baignant dans l’angoisse et livrées à des lendemains incertains.

Il l’est pour ces créatures écœurées qui partent en silence. Il l’est aussi pour ces femmes que l’on étouffe à coups de doctrines alléchantes, tonitruantes, aux voies impénétrables.

Il l’est également pour toutes ces carcasses qui voyagent dans l’indifférence et dans l’anonymat.

Une nuit qui s’en va emportant avec elle un profond émoi en regardant ces enfants qui triment pour la gloire et l’honneur des aînés.

Dans une épreuve inégale, la sueur et la morsure humaine se partagent le gain amplement mérité, largement motivé et fort bien justifié.

Pourtant notre monde est épatant, et si les yeux du monde entier ébahis par l’éclat éblouissant des millions d’étoiles ont pu voir en direct le super élan des temps modernes, beaucoup d’autres larmes furent arrachées par les feux du métal et la senteur des poudres.

Aux États-Unis, terre de science et des libertés, la nation se confronte avec ses propres idéaux.

Dans les classes, les élèves sont ciblés à mort. Dans les taudis et dans les gratte-ciel on est persuadé que le tableau et la craie ne peuvent à eux seuls fermer une prison.

Loin de consoler, le building monétaire s’enlise davantage dans des comptes et des calculs amadoués à coups de statistiques et de surenchères.

Pourtant notre monde est une grande œuvre architecturale.
Véritable don du ciel, on y trouve énormément de belles choses.
Il y a également du bonheur, il y a des vœux et des souhaits.

Dans l’attente d’une nouvelle aurore.

Dans l’attente d’un jour meilleur.

Notre monde vivra son temps. Tout son temps.

Alors autant lire du même livre en nous touchant du front.
Ainsi disait le père de la légende des siècles.

Et c’est peut-être là, le plus beau souhait pour une année qui s’en va et une nuit qui nous ouvrira ses bras et son cœur pour exécuter la valse de tous ces temps qui s’enfuient loin devant nous.

Abderrahmane Belfedhal, janvier 2013

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Istanbul

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Sezen Aksou dans Istanbul l'ancien, celui de nos rêves qui rejoignent Istanbul actuel qui garde son cachet, toute son âme, toute sa magie malgré les changements et donc en écho avec vous Mohamed Midjou pour votre bel article.Merci !

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El Hanoute / Anti Raki Hania

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Bonjour à tous, bonjour Abderrahmane et Saïd Belfedhal
J’ai cherché et au bout d’un long temps, j’ai trouvé ce texte que j’ai beaucoup apprécié et que je ramène sur le site algermiliana pour partager la nostalgie dont il est pétri, tous ces souvenirs que vous évoquez Abderrahmane et qui résonnent aussi en nous. D’abord j’ai trouvé le texte « le coiffeur » qui est plutôt l’univers des hommes et que nous, femmes, on ne connaît pas vraiment, puis il y a eu El Hanoute et là le globo, le coucoumani…., et la multitude de détails, l’atmosphère si bien rendue, éveillant mes propres images d’un temps d’il était une fois comme vous le dites m'a fait craquer, je n’ai pas hésité, c'est le Hanoute que je choisis! Merci beaucoup Abderrahmane!.


  El Hanoute
    -Wech naatilek ya weldi ?
    -Habba meska ya ammi .
    -Habba globo ya ammi .

Par la tendresse et la main de petit enfant,
par la grasse des nuits et des jours qui s’envolent paisiblement, baignant dans les arômes du livre des temps, rehaussant le blason d’il était une fois , nous allons d’ici peu reprendre le chemin des cartables en bandoulière.

Chemin faisant, on prenait grand soin de serrer nos poches afin de s’assurer que le fabuleux doro est bel et bien portant.
Nous y voila, face au grand bazar, le bazar du bonbon caramel, du coucou et du chewing-gum globo.

Si ahmed, usant de ton expression, nous accompagnerons le berceau commun jusqu’à la limite du bon accueil.
    -Wech naatilkoum yawladi ?
    -Habba meska, habba nougua, wahda rigliz
.
Ya ammi ya ammi …..il ya de cela plus de cinquante ans.
Les hanoutes offraient dans leur modestie le quart de pain, le quart de lait de vache, le petit gloria compagnon Fidel et serviteur infaillible du diner de tous les soirs : le fameux taam, ce grand couscous traditionnel.
Enfant, avec mes yeux de petit client, souvent je portais mon regard sur une étrange bande imbibée de quelque chose de collant qui, suspendue au plafond, sans crédit aucun, arpentait les espèces volantes hasardeuses et imprudentes.

En s’approchant pour y gouter de cette pâte brillante, les ailes et les pattes s’immobilisaient sans appel. Le redoutable attrape-mouches apposait avec force le cachet de la marque déposée.

Le hanoute de ammi aek vivait sa tranche de vie en exposant fièrement une illustration fort remarquable.

Suivons de prês le dessin et l’énoncé.
Un commerçant gai et souriant, assis sur une chaise à l’entrée du hanoute, tenait par la main droite une tasse de café fumant tandis que la main gauche acquiesçait l’emblème de la bienvenue.

Une dame soigneusement enveloppée dans son haik, portant un couffin garni de denrées alimentaires s’apprêtait à sortir du hanoute.
Ammi aek par la manière la plus civile annonçait la couleur : Au comptant toujours content, je vends des produits de marque.
Approchons-nous davantage du dessin et de son énoncé.

Changement de décor : Cette fois-ci l’on est en face d’un commerçant aux côtes visibles à l’œil nu Il dégageait des poches cruellement vides, laissant à l’abandon des étalages en désarroi entièrement assiégées par les toiles d’araignées. Au seuil de la porte, un pauvre chat en quête d’illusions évanouies pointait sans grand espoir de trouver une quelconque petite chose à mettre sous la dent.

Le hanoute par la manière la plus désolante criait sur tous les toits du village "à crédit pas un radis"

L’écho par la façon la plus rigide se faisait entendre terne et impassible :" il vendait des produits anonymes".

Enfant, perdant de vue le sens et la portée de cet énoncé, bien souvent la bouche bien calée dans un joli globo, je courais tout en chantant :"au comptant toujours content, à crédit pas un radis, la la la la, a crédit pas un radis, au comptant toujours content"

L’illustration découvre enfin l’objectif tant convoité
Spigol spécialité aromatique algérienne
Poivre, girofle, cannelle, cumin, muscade, vanille, piment rouge, quatre épices et vanilline

Ammi aek baignant dans la quiétude affichait les produits avec le prix d’achat et le prix de vente.

On y trouve en sus de l’alimentation générale, du pétrole, de l’alcool a brûler, du charbon, de l’huile d’olive, de l’huile en vrac, de l’huile Lesieur avec en prime une assiette en verre, des aiguilles pour coudre, du café Nizière, des piles Mazda, des piles Wonder qui ne s’usent que si l’on s’en sert, des aiguilles pour déboucher le réchaud à pétrole made in USSR, du bonus avec ses surprises, de la tomate concentrée servie à la boite ou à la cuillère selon le besoin exprimé. Le tout emballé dans le meilleur accueil.

Avec un doro, on est partie prenante pour un succulent caramel.
Je vends des produits de marque
Il vend des produits anonymes

Le monde de nos jours vit une époque de grande avancée dans les domaines de la science, de la technologie et de la performance.
Le monde de nos jours vit dans les mêmes conditions une autre avancée dans le mode des ventes et des achats, balançant sans répit, entre deux nébuleuses rivales, aux facettes multiples.

Deux concurrents de taille, deux géants dans les spots et la sponsorisation, entièrement disponibles là où le besoin se fait sentir. Je vends des produits de marque.
Il vend des produits anonymes

Le monde de nos jours vit le spectre de la limitation sans bornes.
Un constat et un verdict qui nous reviennent depuis les âges enfantins.
Il faut bien croire que l’enseignement était en avance par rapport à son temps.

Je vends des produits de marque
Il vend des produits anonymes

En regardant encore une fois le faciès de cette époque révolue
avec une note de fierté j’étale ma plume et celle de tous les temps glorieux sur les deux commerçants et la femme au haik.
Leur dénominateur commun étant l’habit traditionnel
Ils relèvent d une grande marque déposée

En évoquant la saga des hanoutes, on se rappellera toujours cette relation en or qui existait entre les ammi et les wladi, une relation qui en tout temps s’est inspiré des fondements propres d’une société bien distincte.

L’émancipation, le bien être et le confort constituent un atout majeur, leur implication dans la vie de tous les jours nous renvoie sans réserve au patrimoine légué par les anciens, par les ammi, par les wladi et par ces merveilleux bazars qui ont accompagné nos sensations mesurées aux tintements des doros et les anciens francs.

 Wech naatilek ya weldi?
 Habba meska ya weldi.
 Habba globo ya weldi.

Ya hasrah alik ya hwenti tu ne cachais point ta kanaa.
Une auto satisfaction acquise depuis des lustres tirant sa révérence d’un environnement simple mais fort bien soudé.

Ammi said, ammi salah, ammi zambli, ammi, AEK, ammi Sadek, ammi, ammi,ammi, de nos jours beaucoup de choses ont changé.
La kanaa s’est enlisée dans les sables mouvants de la concurrence déloyale et l’enrichissement sans cause.

Nos enfants s’expriment encore en terme de doro sans avoir eu l’occasion de l’avoir touché ou gardé en poche.

Un doro plus un doro et neuf fois sur dix sbah el kheir si lahcene, bonjour monsieur koucou et voila le bonheur a portée de mains
Un clin d’œil fraternel en direction du berceau commun soutenu et entretenu par deux petits enfants si doux :
si Laid,
si Ahmed,

Belfedhal Abderrahmane.

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La Casbah rêvée

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Un bijou précieux brillant de mille éclats, la Casbah! Une ballade exquise, toute en émotions, qui nous plonge non pas dans les souvenirs de son très talentueux auteur qui signe B.S, mais dans la mémoire ancienne palpitante de vie, et chatoyante de couleurs de la Casbah. La Casbah, qui échappe au temps mais pas à notre mémoire, à moins que ce ne soit l’inverse ? Un texte rare à lire doucement pour s’en imprégner pleinement et en goûter toute la saveur. Merci à son auteur !

Chaou qui est présent, heureux hasard, dans sa grande générosité nous prend délicatement par la main (normal après la chute un peu brutale), et nous porte à nouveau, de sa belle voix chaude, mélodieuse, et combien nostalgique au cœur de la Citadelle, pour notre grand bonheur, pour nous plonger, lui, dans ses souvenirs… dans nos souvenirs…

La Casbah rêvée

Puisqu'il est permis de rêver, prenons le temps de le faire. Et pour réaliser ce rêve, nous replongeons dans la première moitié du siècle dernier.


Café des sportsLe soleil matinal se fraye un chemin pour illuminer les ruelles et les venelles de la Casbah d'Alger toujours prêtes à vivre des moments très animés. On évite de programmer un itinéraire à nos pas et on se retrouve vite du côté haut de djamaâ Ketchaoua pas loin de «Dar Essadaqa».

La voix de petits enfants répétant à haute voix des versets coraniques nous attire vers la fenêtre d'un petit local. Les élèves plongés sur la «louha» récitent la «Fatiha» sous la menace du long bâton du cheikh. A quelques mètres de là, nous nous arrêtons devant le café des Sports tenu par Hadj Mahfoudh qui nous invite à repasser en soirée pour assister au concert de la jeune débutante Fadhila Dziria.

L'odeur du jasmin
Les petites vendeuses de jasmin passent de maison en maison pendant qu'à Sidi Ramdhane, le dernier des tisserands Mohamed Hamlat tape de ses pieds sur les pédales pour dessiner et aligner les couleurs du haïk commandé par une mariée de La Casbah ou une ceinture en soie de style «damma» pour un Casbadji.

Certaines femmes se préparent déjà pour aller à hammam Sidna ou hammam Fouta. Les hommes habillés en «bedîya», «seroual testifa» et «chechia kalabouch ou stamboul» se dirigent quant à eux vers «djamaâ Safir» ou «djamaâ Berkhissa» pour la prière du vendredi.
La veille, ils se sont déjà rencontrés en soirée à Sidi Abderrahmane où les «qessadine» ont mis de l'ambiance en chantant des textes religieux sur des rythmes et des airs andalous. Le petit Mahieddine Bachtarzi, qui n'a pas encore été contacté par les juifs Mouzino et Yafil, a acquis une place parmi les meilleurs «qessadine» grâce à sa belle voix. Quelques années plus tard, c'est Ahmed Serri qui passera par cette école de chant et de religion.

Mienne Casbah
Momo, le philosophe, comédien et poète passe par souk El M'kasser pour plaisanter avec les handicapés avant de lancer son inimitable et légendaire éclat de rire. Momo, qui a écrit son premier poème Mienne Casbah en 1949 ira quelques années après à Paris pour battre le record du monde de plongée en apnée. La vie de ce comédien, romancier et poète sera liée à La Casbah qu'il a tant aimée.
Il ne quittera jamais son couffin qu'il portait pour aller à «souk El M'kasser» et à «djamaâ El Yhoud» comme il ne quittera jamais sa Casbah. A «souk El Djemâa», le pianiste Skandrani assiste à la vente aux enchères qui se tient sous l'œil vigilant de «amine eddellaline». Sur la terrasse de sa maison turque, cheikh Bendebbagh donne les dernières retouches à une miniature représentant Bir Djebbah.

Lakhal El Kezadri, qui deviendra le dernier muezzin de Bouzaréah à faire l'appel à la prière sur un air andalou, donne le dernier coup de marteau sur une «qezdira» pour le transport du lait. Hamid Koptan est quant à lui dans son atelier d'ébénisterie, occupé à sculpter la porte d'une bibliothèque de style arabe.

Il profite d'un moment de repos pour offrir un «m'rioued de khol» à la petite fille de Sid Ali Ben M'rabet, le musicien qui consacrera sa vie à l'association El Mossilia.

Le méticuleux cheikh Sfaxi (Bouakkaz) regarde avec passion «sendouk el araïs» (coffre pour mariée) qu'il vient d'embellir par de jolis dessins colorés.

Invité à s'installer au village des artistes de Ryadh El Feth en 1984, Sfaxi avait refusé de quitter sa Casbah pour l'atelier moderne construit par les Canadiens. Koptan et Hamlat, qui avaient été convaincus, ont également fini par retourner à la citadelle car ils en font partie et La Casbah sans ses artisans et ses hommes n'aurait jamais été ce qu'elle fut et ce qu'elle est.

Adhan sur un air andalou
Que le temps passe vite à La Casbah. L'appel à la prière vient de tous les côtés sur des airs andalous et la plupart des muezzins dont le miniaturiste Omar Racim préfèrent lancer l'«adhan» sur les modes «ghrib» et «zidane». Il faut noter que Omar Racim n'a pu accéder à la célébrité au niveau mondial rien qu'à cause de son militantisme contre l'occupant français.
On rappellera aussi que la plupart des grands chanteurs andalous tels que Mohamed Kheznadji sont passés par l'école coranique où l'on psalmodiait sur des airs andalous.
Il est dommage que la Radio n'ait enregistré que le Blidéen Abdelkader El Bouleidi pour le Coran et Omar Racim et Ahmed Serri pour l'adhan. D'ailleurs, on ne sait même pas si l'enregistrement de Baba Amer qui est enterré à Sidi M'hamed Bouqabrine, à Belouizdad, existe toujours à la radio et à la télévision. Portant un burnous blanc, chéchia entourée d'un turban et un seroual testifa, le professeur Mohamed Benchneb s'apprête à quitter la medersa Ethaâalibia construite au début du siècle dernier pour rejoindre l'université d'Alger où il doit donner un cours aux doctorants.

Le duo Allalou-Dahmoune
Des femmes habillées en haïk quittent les mausolées de Sidi Abderrahmane et Sidi Bougdour après l'habituelle ziara de ces walis. Plus haut, dans une maison mauresque, des femmes assises sur une boukkana (banc) discutent du dernier mariage de leur voisine tout en brodant des karakous en fetla (dorure) et en écoutant une chanson de Yamna Bent El Mahdi sur un disque 78 tours tournant sur la «ghennaya» (tourne-disque à manivelle).

Au même moment, le sketch de Rachid Ksentini et Marie Soussan And el guezzana et la chanson C'est le chômage enregistrés chez Polyphone passent sur le tourne-disque de «qahouet El Ärayech». L'un des clients habitué des lieux propose d'écouter le sketch Sayyad essbaâ que jouent en duo Allalou (Sellal) et Dahmoune, disque sorti en 1928 aux éditions Columbia.

Un autre Casbadji invite les présents à venir le soir assister à la fête de mariage qu'animera le chanteur Qhiwdji, le demi-frère de Hadj M' rizek et Rouiched. Un autre les informe qu'à «Aïn M'zewqa» il y aura une autre soirée avec cheikh Nador. Après la prière du Maghreb, les travailleurs devant passer par les rues d'Alger pour allumer les lampadaires prennent le dernier café au jasmin à «qahouet El Fnardjia» avant de se disperser afin d'illuminer tout Alger.

Un fort coup de klaxon et une insulte nous ramènent au présent pour découvrir que K'hiwdji et son guenber n'est plus là. Yamna, Dahmoune, Ksentini, Mohamed Lakhal, Benm'rabet, Momo, Sfaxi et Koptan ne sont plus de ce monde. Il n'y a plus de disques de Ksentini, Allalou ou Mahieddine.

A Sidi Abderrahmane, il y a plus de mendiantes que de «zayrate» et Mohamed Bencheneb n'est plus là pour embellir par ses habits et son allure l'entrée de la medersa. Les cafés sont devenus tristes, même les soirées de Ramadhan. On n’y entend plus les belles musiques d'antan et on n'y sent plus l'odeur de jasmin. On n'a plus que le droit de rêver.

Par B. S. Publié dans Le Temps d'Algérie le 07/09/2009

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Karima Nayt l'artiste aux multiples talents

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Quand Karima Nayt, artiste algérienne aux multiples talents, entre en scène, c’est la promesse d’une expérience musicale unique ! Karima remplit l’espace de sa présence et exerce une sorte de fascination sur le public qui se retrouve tout simplement envoûté par sa voix belle, puissante, riche et modulée qui lui permet de s’adapter à divers répertoires et genres musicaux y compris l’opéra, par son langage corporel maîtrisé qui interprète de son côté chacune des modulations de sa voix, des variations musicales qui l’accompagnent formant un tout qui n’est que grâce, sensualité et harmonie, par ses textes aussi qu’elle écrit elle-même et qui traduisent sa profonde sensibilité. Karima est portée par l'amour de la vie, l'amour de l'art, l'amour de l'autre.

Spontanée et naturelle, Karima accueille avec une grande ouverture les diverses influences musicales, avec lesquels elle fusionne superbement et sans le moindre accroc. Qu'elle verse dans le classique oriental, le hawzi algérien, le fado portugais, les musiques ouest africaines, la chanson populaire française, ou le tango subtile, ce n’est que plaisir et émotion. Karima danse l’abstrait, le contemporain et l’art engagé et en arabe dialectal, en arabe classique, en français, en anglais ou encore en wolof chante l’amour, la quête spirituelle, la jeunesse marginalisée, les harragas, les injustices du monde, et tout ce qui mine le monde arabe. La manière dont Karima se présente est belle, originale, et ne fait que mettre joliment en relief sa créativité, sa plasticité, sa personnalité rebelle et combien attachante.

Je vous propose de découvrir ou redécouvrir deux pièces musicales parmi beaucoup d’autres toutes aussi belles les unes que les autres s: un premier morceau «El Djezaïr» dans lequel Karima célèbre l’Algérie où elle s’est produite en octobre 2017 à l’Opéra d’Alger, son histoire et patrimoine séculaires, ses héros et héroïnes, son peuple et leurs luttes et combats pour une Algérie libre et indépendante; un deuxième morceau intitulé «Salam» où l’on voit Karima interpréter brillamment et en véritable tragédienne l'histoire d’un fils dont la mère lui est apparue en rêve, et qu’il essaie désespérément de saisir en vain. Magnifique ! Bonne écoute.

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