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Mama Binette

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Légende ou mythe ? Cette histoire s’est produite en mille huit cent deux… le navire de guerre français appelé « Le Banel »qui se dirigeait vers les Caraïbes. (Amériques) Ce dernier s’est échoué suite à une grosse et violente tempête sur la côte de Béni Haoua, située à 170 km à l’ouest d’Alger, et95 km au nord est de    la ville de Chlef.

L’expédition du bateau en question comportait des marins, militaires solidement armés et sept religieuses Néerlandaises.

Le temps d'un été et les anciens souvenirs des gens de Béni-Haoua sont de nouveau exigés par les estivants. Curieux de connaître le passé étrange de la région. Mais, surtout, la légende d'un voilier qui a échoué sur la grande plage et dont les récits et témoignages agrémentent les fraîches soirées estivales du village.

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 Introduction

Le village de Béni Haoua, une véritable crique avec une mer bleue tirant vers la couleur du ciel et presque tout le temps huileuse. De l’autre côté une, forêt luxuriante arborant un tableau vert. Des oiseaux, de toutes sortes, donnent à ce tableau une vue panoramique sans précédent. Avec une population d’environ 20 853 habitants d’une densité de 204 habitants au kilomètre carré (km2), Avec une superficie de 102 km2. Laissant pressentir un climat doux et tempéré donnant une envie folle de se barboter dans l’eau et à travers les vagues. De s’étendre, également, sur le sable fin et doré qui ne colle que très légèrement sur la peau. Les Béni Haouis, sont adorés et semblent être prédestinés pour jouir et bénéficier des vertus de la forêt, de ces plages ainsi que de cette mer.                                        

Béni-Haoua, sur la côte ouest entre Cherchell et Ténès, paisiblement assoupie au milieu des pinèdes, les pieds plongés dans des baies majestueuses, continue de nourrir de fabuleuses légendes, le soir venu autour d'un feu de camp sur la grande plage du village.

Histoire des naufragés

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L’histoire du naufrage se situe autour du 9 janvier 1802 où le navire de guerre français « Le Banel » se prépare pour quitter le port Toulon en direction des Caraïbes. Le trois-mâts dirigé par le Capitaine Flièrèse Callamand devait réprimer une révolte à Saint Domingue avec d’autres navires de guerre français. Avec un total de 728 militaires et marins et sept femmes religieuses Néerlandaises.

Tempête

Distancé par l’escadrille et pris dans une violente tempête, son commandant, le capitaine Callamand, qui connaissait parfaitement les fonds marins de la baie des Souilias, décide de faire échouer le bâtiment sur les hauts fonds sablonneux de la plage de l’Oued-Goussine, à quelques 10 km à l’ouest du petit village. Selon des témoignages, son idée sera, telle qu’il la racontera plus tard. De faire échouer le navire sur les hauts fonds de la baie des Souilias. En attendant la fin de la tempête et reprendre tranquillement la mer pour rejoindre la flottille.    

Agression

Cependant, en face, ’’les habitants de la région croyaient, en voyant le gros navire français s’échouer sur la baie, sortir ses embarcations et lancer sur le rivage les grappins qu’ils allaient être envahis par les français’’, A ce moment, les gens de la région avaient pensé que le navire français était venu pour conquérir ’’leur pays’’, selon les quelques souvenirs de l’époque racontés par la tradition orale. La bataille sera féroce entre les habitants de la région, des tribus berbères des Beni-Hijja et les marins et soldats français.

Deux semaines plus tard, M. Fraissinet, consul néerlandais en Algérie, en a été informé. Une partie des survivants aurait été sauvée par les habitants locaux et une autre partie aurait été tuée. Le Banel ne devait cependant jamais arriver à destination.

Époque de la Regence Ottomane

A cette époque, l'Algérie étant sous régence ottomane, les côtes de la baie des Souahlias et de Doumia étaient désertes, hormis celles près de Ténès où les bateaux napolitains, français ou britanniques de passage devaient payer un droit de péage. Pas âme qui vive jusqu'à Ténès. Pourtant, les secours viendront de la montagne, où vivait une petite communauté berbère sur les contreforts des montagnes de Bissa. Aujourd'hui encore, témoin du destin tragique de cette expédition vers les Amériques.

L'ancre du ''Banel'' (El Fès, terme local) orne toujours, immense et rouillé, l'une des criques de Béni-Haoua, sur la route vers Ténès. Les naufragés, dont sept religieuses, seront secourus par les populations qui habitaient les montagnes environnantes. Très vite, ils s'intègrent parmi la population berbère locale.

Les sept religieuses, selon la légende, auraient surtout pris en charge, sur le plan sanitaire, les besoins des populations locales, au point que de tous les naufragés du Banel. Il ne reste jusqu'à présent que le souvenir des sept sœurs, enterrées prés du village et que le touriste de passage peut visiter. Pourtant, c'est l'une d'elles, celle que les gens de Béni-Haoua et des villages avoisinants appellent encore "Yemma Binette", qui fera l'histoire de cette région nichée entre criques sauvages et forêts de pinèdes, de romarins et de figuiers. 

Finalement, sur le nombre total de l’expédition, 470 membres d’équipage avaient été libéré par contre 262 avaient été disparu ou avaient été tué. Le rapport établi précisait apparemment qu’il n’y avait pas de femmes. Mais, et, selon la légende, sept femmes avaient été faites prisonnières. Et, cela comme butin de guerre par une tribu locale. Le chef de tribu prit une femme pour lui-même et offrit les autres à divers notables des villages voisins.

Les sept religieuses hollondaises

Dans les villages, les femmes religieuses devinrent rapidement célèbres et furent louées pour leur piété et leurs bonnes actions. La femme la plus âgée était particulièrement chère à la population locale et au chef de son village, qui l’épousa après sa conversion à l’Islam. Après sa mort, cette femme chérie a été vénérée comme un véritable « marabout » (sainte). Son nom d’origine a également été oublié puisqu’elle devient et sera connue comme « Mama Binette », ou « Oum Binette » (mère des filles). Une dalle funéraire endommagée rappelle toujours cette femme et ses six pieuses compagnes d’infortune.

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Mausolée de Mama Binette

La mère Binette fut vénérée chez les Béni Haoua et le restera pour toujours à l’instar des autres femmes naufragées. Des mausolées leur ont été construits afin de perpétuer leur souvenir dans la mémoire collective des Béni Haoua (mère ou Yemma Binette, Lalla Ouda) ou chez les autres tribus (Yemma M’barka…). Toutes les sept femmes ont eu des prénoms arabes, c’était leur destin.

Destruction du mausolée

Le mausolée de Mama Binette a été détruit en 1936 par un séisme. En 1937, l’administration de la commune mixte de Ténès et le médiateur Mokrane Bendaoud avait fait construire une Kouba au-dessus de la tombe. Bâtisse qui abrite le tombeau qui fut détruit par le séisme du 9 septembre 1954, qui secoua la région d’Orléansville devenue El Asnam puis Chlef. Il fut reconstruit en 1958 par Martinez, un colon français. La bâtisse en terre fut remplacée par un nouvel édifice plus moderne. 

Aujourd’hui la bâtisse est toujours debout, mais la kouba a été détruite par le violent séisme du 10 octobre 1980 qui a encore une fois frappé la région d’El Asnam. Restauré en 2008 grâce au soutien financier de l’Ambassade des Pays-Bas en Algérie. La malchance, cette fois-ci venait des séismes qui frappèrent successivement le mausolée.

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 Sur le tombeau en marbre est inscrit :

‘Ici repose la mère Binette, victime avec ses six compagnes religieuses comme elle, du naufrage du Banel en 1802. Le Banel était un bateau qui allait de Toulon à la Louisiane et dont on peut voir encore l’ancre sur la plage et les canons dans l’eau à la baie des Souahlia. Après le naufrage, la mère Binette devint l’épouse d’un noble musulman. Elle fit tant du bien qu’elle fut vénérée et à sa mort comme une sacrée sainte.’  

La légende parle de femmes sans préciser exactement leur nombre. On parle de cinq femmes mais il y en avait peut être cinq ou sept voire neuf selon les rapports de la marine et du gouvernement français. Mais la destination vers la Louisiane n’existe dans aucun document. Ces sept femmes venues de la mer étaient un don très précieux pour le notable et pour sa région.  

Pratiques & Croyances Ancestrales

Au pied de la colline où est enterrée la mère Binette. Existe une source où chaque année un pèlerinage rassemble les femmes stériles qui attendent de la mère Binette la fécondité. En attachant sur les arbres du cimetière des morceaux de tissu. Le tombeau est entouré de sept formations monolithiques qu’à chaque occasion de présentation vœux sont blanchis à la chaux. Cette vieille croyance remonte à l’époque phénicienne (avant Jésus C.) et elle est restée dans le subconscient et les traditions collectives. 

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Descendance

La couleur bleue des yeux des descendants et surtout le potentiel de procréation de la mère Binette semble bien en faveur d’une origine bretonne voire plus septentrionale. Ce qui reste de la légende et qui atteste de la véracité des faits est l’ancre qui se trouve encore sur la plage de la baie qui porte le nom de la « baie de l’ancre », à Oued Goussine. S’agit-il de l’ancre du Banel ? Les canons sont encore sous l’eau à une quarantaine de mètres au large du rivage actuel. La blancheur de la peau et la couleur des yeux de la plupart des habitants ne sont pas des arguments pour lier leur origine à la Mère Binette, mais certaines familles seraient sa véritable descendance. 

A la mort de "La mère Binette", qui serait "la seule à mourir religieuse" selon certaines versions du récit de ce naufrage, un mausolée a été construit et les sept religieuses y ont été enterrées. Le mausolée, avec les sept tombes orientées vers La Mecque, existe toujours, malgré quelques prédations. Entre-temps, la mémoire des sept religieuses s'était déjà confondue avec l'histoire sociale et culturelle de la région, au point que des "ziaras" s'effectuaient jusqu'à une date récente à la Tombe de « Yemma Binette ».

Conclusion

Notre pays renferme beaucoup d’histoires similaires, il suffit de gratter le sol et remuer les consciences des anciens pour découvrir tant de merveilles.

 

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Par DEGHRAR Djillali

Commentaires (5)

djilali deghrar
  • 1. djilali deghrar | 11/02/2018
Bradai et Mohamed (Miliani 2Keur) tous les deux vous formiez un couple bien défini.Pour Braday surement il va y avoir d'autres harragates de type blonde Néelandaises, Suedoises et ou peut être Danoises. Des Harragates bien spécifique. Quant à Med 2Keurs pour les photos de l'ancre, les canons ils existent dans le film qui suit l'article en bas .

Djilali et merci encore
G.M et Fiston
  • 2. G.M et Fiston | 09/02/2018
GM! GM! est ce que tu peux me laisser penser ,c'est M2K qui me le demande ?
J'ai bien peur que tu vas penser comme il pense
GM je commence dejà à penser comme M2K
Mais mon beau Fiston , .Pour cela Il vous faudrait aller de l'autre coté de cette mer pour les attendre ,les migrants ont changé de rivage pour échouer
Mais GM on va nous prendre aussi pour des naufragés de l'autre coté et je ne pourrais jamais retourner aupres de toi.
Alors arrete de penser et dis lui que c'est difficile de penser en ces temps là.
Miliani2Keur
  • 3. Miliani2Keur | 09/02/2018
Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh Khouya Mohamed tu est formidable

C'est un des meilleurs films qui ont éte faits sur "Mamma Binette" par Benkamla un ancien Cinéaste amateur et un des plus complets.

Ce sujet meriterais un retraitement complet avec des moyens et surtout une vision moderne.

On va attendre devant l'encre Khouya Mohamed balek de nouvelles Holondaises viendraient a échouer aussi!... qu'es ce que tu pense!
bradai
  • 4. bradai | 09/02/2018
C'est interressant de suivre la continuité de l'article de notre Djillali par ce film ."Le naufrage de Banel ou la legende de Yemma Bennet " de Ahmed Benkamla 1993

On y voit "l'encre" recherché par notre ami M2K
Miliani2Keur
  • 5. Miliani2Keur | 08/02/2018
Merci Djillali pour ton article et ta recherche ... ce serais bien qu'on ait des photos de l'encre et de la source, lieu de rencontre des femmes en quete de fécondité! et c'est troublant que ce sois le méme rite qui anime les sétifiennes dans leur pélerinage a Ain El Fouara à Sétif, de la force de l'appropriation sociale

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