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Mon histoire…/Part 1

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Mon histoire…L’histoire toute simple de moi (1)

Je la raconte enfin cette histoire, toute simple, facile à comprendre dans la vie, et que je reconnais comme mienne. Non pas toute l’histoire à raconter, mais juste à dire quelques phrases d’un pan de jeunesse de ma vie.

Avec passion aussi, telle quelle je vais essayer de la REVIVRE pour la remémorer. Mais il ne tient qu’à moi de la radoter comment qu’elle a aussi occupée une certaine durée réellement du temps dans mes fastes années d’une jeunesse.

Que l’on sache que Je ne suis ni écrivain, ni un humoriste qui n’a pas été assez heureux sur sa vie pour qu’on ne dira pas pour moi par la suite que : " Tout humoriste est un rosier qui a ses fleurs en dedans et ses épines au dehors."

En étant maintenant retraité je me repose enfin, éloigné de tout bruit équivoque à la vie. Je suis devenu comme tout guerrier au repos après un rude combat, épuisé et blessé; à contempler devant lui le champ de bataille et le résultat de sa gloire avec ses conséquences. Et tout comme lui, fatigué je me suis retiré dans l’espace choisi de mon endroit préféré où l’âme dans sa tranquillité peut se reposer à son gré.

En plus ma vue a tellement baissé, que je ne lis plus comme autrefois, plus de Chase ni d’Agatha Christie. Avec cette perte de vue qui cloua mes yeux même pour une lecture quelconque ma pensée s’en est allée ailleurs. Décidé à ne faire aucun effort même pour penser à ce qui vient et qui part et à ce que je devrais faire dans la vie... Et là, je vis au diapason du jour à ne pas penser mais à trouver des mots conformes à la réalité, qui sont convenables et courtois pour raconter au moins maintenant mon histoire. Cette histoire de jeunesse qui me tient tant au cœur à raconter.

Et là où mon histoire débute, c’est avant cette retraite il y a bien, bien longtemps et que tout gosse je l’étais. Je me rappelle que dans la vie courante que je menais pour un enfant qui va encore à l’école, j’ai fait ce qui pourrait être considéré « un hors du commun à mon âge ». Et à cet âge, j’ai travaillé tout comme un émondeur qui prend son sécateur pour la première fois pour tailler les branches d’un arbuste. Un travail pendant les vacances scolaires effectué et accompli comme saisonnier. Je me rappelle qu’on me disait que ce n’était pas un emploi à plein temps et que je vais m’y habituer par le temps. Mais pour moi il a occupé mes temps de loisirs avec mes amis... Et comme tous les mômes qui riaient à la vie au jour le jour : que pour moi dans ce temps le besoin impérieux de la famille m’incitait à sourire seulement, c’était une vie pour moi qui découlait dans une nécessité de pauvreté pour la famille que je menais et qui coulait au fil des ans au cours des vacances. Et sourire au lieu de pleurer pour moi c’était regarder en face la vie dans ses circonstances...

Je me rappelle qu’à cette époque comment tous les petits colons bien aisés bénéficiant d’un bien matériel aux commodités disponibles jouaient à la fin de l’école au moment des vacances que cela faisait rouler la bosse en rêve et en espérance pour les moins chanceux de la vie à posséder en ce temps un petit vélo. Et pour ces moins aisés dans la vie, ces commodités matériels resteront indisponibles, si ce n’est le vélo du père qui ne rentre d’un long parcours que tard le soir et qu’il sera déposé et confiner dans son coin pour qu’il ne puisse être qu’admiré sans y être touché.

Et rare des mômes de mon âge qui ont et qui auront le privilège à posséder ces deux-roues comme jouet propres à eux. Mais le besoin nous a appris que pour ne pas pleurer sur notre sort, nous nous contentions d’adoucir et amadouer notre amour propre. Alors nous fabriquions nous même pour notre plaisir seulement avec quatre planches, quelque clous, trois petits roulements et un axe boulonné avec écrou nos petites merveilles qui rouleront sans fuel ni essence. Sauf qu’ils feront entendre aussi pour nous faire plaisir leur mécontentement par un bruit infernal qui fera mal aux oreilles aux gens biens aisés au moment d’une bonne sieste. Ce qui leur fera au lieu d’en rire comme nous à grincer leurs dents sous leurs oreillers.

Et c’est à ces moments de bonheur pour nous avec nos jolis engins de bois ,que nos deux garde-champêtres un gros et un plus mince ‘(surnommés Laurel et Hardy pour leurs formes identiques) trouvaient de la peine pour ne pas nous laisser rire dans la rue comme ceux qui avec une raie au milieu de leurs cheveux ou bien coiffés d’un béret riaient sur de jolies vélos panachés aux divers couleurs...

Et à cette époque de ma vie, j’étais à l’ âge qui se veut qu’obtenir une chose pour jouer c’est se démerder à en faire quelque chose d’autre pour jouer avec ou à vendre des figues de barbarie pour avoir un sou en contre partie. Il arrive qu’en été à la récolte du tabac le cultivateur contre quelques sous fera appel à nous garçons et filles en bas âge pour ramasser et emmener les feuilles à sécher jusqu’aux femmes vieilles habituées. Une besogne qui demande pour elles la rapidité. Ces femmes travailleront assises, la plus part habituées à cette tâche pour percer les feuilles, les rassembler sur une longue et grande aiguille et à les enfiler sur un bout de ficelle comme on en fait un chapelet. Chaque longueur d’un bout de ficelle compte douze feuilles de tabac. Cela facilitera au décompte de chacune des vieilles femmes et nous avec au moment du paiement. Et comme une machine qui ne s’arrête que si elle tombe en panne, ces veilles s’activent et nous demandent à nous gosses de leur en apporter ces feuilles de tabacs. Il s’avéra ensuite pour moi que même vacataire ce travail de temps à autres des saisons m’a donné l’aspect de vivre la vie d’un homme.

Et un jour au cours des vacances, que pour moi va commencer une nouvelle vie. Me voyant inutile à la maison et sur conseille de ma mère, voilà mon père qui m’engage sans contrat comme associé à lui. Elle me dira ce jour là pour consoler ma peine que cela aidera mon père à payer mes cahiers de classe et mon vieux pantalon qui commence à perdre sa face normale de derrière en plus des genoux qu’elle trouve de la peine pour les rapiécer encore davantage. Elle m’a dit aussi que je ne travaille que la matinée des jours de marché des villages voisins au nombre de trois y compris le jour de marché de notre village. Ça m’a fait de la peine au début de me lever si tôt avant que le coq ne se lève et chante. Par la suite je me suis habitué à réveiller même ma mère pour préparer le café du matin avant notre départ.

Et c’est par un matin, j’ai commencé à vendre des œufs et des poules, les canards et leurs œufs de couleur obscure et vert-crème et comme je ne les aimais pas du tout que je m’en passais d’eux. Père me disait que pour bien des gens c’est le canard qui est bien demandé pour son foie. Père me disait ça parce que je n’aimais pas du tout la chaire et la viande d’un canard. Comme à tout temps je le voyais patauger dans une mare d’eau parfois sale que j’en avais horreur. Par contre le jour de l’an pour nous autres autochtones, la trop appréciée dinde malgré son prix se vendait plus facilement. A l’époque mes souvenirs me disent, il n’y avait que des dindes et dindons noirs et difficiles à approcher ; maintenant de nos jours on en voit certes des dindes mais toutes blanches bien dociles et qu’aucun glougloutement ne sort de leurs beaux gosiers. Le temps a bien changé même pour cette volaille d’être moins agressives et leurs plumes devenues blanches ne sont plus noires. L’évolution a changé même l’aspect du gout, que la dinde n’a plus son gout d’avant Le lapin se vendait lui, plus facilement à cause de sa peau. On venait même faire sa commande à la veille du jour d’un marché pour en faire de sa peau une « derbouka, instrument fait en terre cuite et qu’on joint à l’une de ses extrémités une membrane telle cette peau de lapin. Un joujou préféré aux jeunes filles pour leurs soirées de Ramadhan et de noces».

Puis à force de rester parfois inactif en dehors des jours de marché et à dans ce métier travailler en association avec mon père. Les dépenses à mes caprices d’enfant s’empilaient pour mes maigres revenus à acheter un MIKI le RANGER.

II me fallait changer de métier au plus vite. Je suis passé à un travail de fourmi plus actif. Un travail permanent plus simple pour moi et plus libre de mes mouvements. L’occasion m’a été donnée et offerte pour vendre des journaux. La vente se faisait à midi juste à l’arrivée de l’autobus qui ramenait le courrier à la poste et mon paquet de journaux. Cette tâche consistait d’aller frapper de porte-à-porte, vendre les nouvelles du jour pour ceux qui somnolaient dans leurs lits au milieu d’une sieste ou au moment de mettre leur couvert pour un repas de midi.

Parfois en m’ouvrant la porte cette odeur d’une bonne cuisine m’arrivait jusqu’aux narines. Parfois je sentais ce creux d’estomac que j’enviais ceux qui étaient à table en pensant à cette maigre mais fétiche « Meida » de ma mère. Que parfois dans l’imagination je me suis percuté à cette question : et si par bonté, ils ont rajouté à la table un couvert pour moi, que vais-je leur dire pour m’excuser de leur geste d’hospitalité. Que de fois avec mes journaux à la main en frappant à une porte je me suis imaginé invité comme un convive à prendre un repas copieux. Que de fois de mon imagination sortira cette réponse qui leur dira pour ne pas les vexer qu’un travail important m’attend et ils comprendront...

Et que de fois j’ai pensé à la moralité de la laitière et le Pot au lait ; rêver l’existence c’est plaisant ; agréable et que c’est bien. Et que : ‘’L’imagination est un refuge nécessaire qui compense la médiocrité du réel.’’ (Lafontaine).

 

Par-Bradai

Commentaires (6)

Chantal
Bonjour Bradai !

Concernant ta vue - et celle de tout un chacun - qui s'affaiblit au fur et à mesure du temps qui passe, je te rappelle ce que tu sais déjà, à savoir, la phrase d'Antoine de Saint-Exupéry dans sa célèbre fable (Le petit prince) qui disait : "On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux" … Et comme depuis que j'ai découvert ce site en 2012 (et que j'y viens très régulièrement !) je peux me permettre de dire que je n'ai jamais lu un texte de toi sans qu'il ne soit dit "avec le cœur" (comme tu les vois !) et c'est ce qui rend tes articles tout à fait passionnants parce que plein d'authenticité ! Surtout ! Ne change rien !

En ce qui concerne ta vidéo, malheureusement, je ne la comprends pas ! Ce qui prouve, si besoin était, que les algériens ont pu "dépasser" les injustices de 130 années de colonisation française qui, entre autres, ne permettaient pas à TOUS les enfants algériens d'aller à l'école comme les enfants français dont je faisais partie et pourtant, quelques années plus tard, ces mêmes enfants algériens parlaient couramment l'algérien ET le français alors que la petite française que j'étais et qui avait le privilège d'aller à l'école ne parlait QUE le français en quittant sa terre natale en 1962. Et qu'à l'aube de ses 74 ans … elle ne parle toujours pas cette merveilleuse langue qu'est l'arabe !

Bonne fin de journée à toutes et à tous !
Bradai
  • 2. Bradai | 21/02/2021
Bonjour Chantal.
Comme je n'arrive plus à lire ,mes oreilles m'ont conseillé d'écouter.Elles m'ont bien dit que c'est plus pratique pour maintenir le rythme des sens pour écrire et c'est ce que je fais depuis un certain temps.Comme par hasard en écoutant ce qui m"interesse au plus fort ,je tombe sur une chanson bedouine qui raconte une histoire avec un accent terroir ;une vraie histoire chantée avec flute et galal comme dans nos anciens "Souks" .Je me suis dit pourquoi pas la traduire puisque je peux ecrire tout ce que j'écoute et tout le monde comprendra .l'histoire qui parle d'une vache .Je suis à sa premiere phrase.j'espere ne pas vous faire trop attendre .
J"espere pour moi Chantal que tu ne vas te dire mais pourquoi sauter d'une histoire à une autre du moment que l'histoire "Mon histoire" n'est qu'à son deuxieme acte et que sa fin manque son "the end" .Je peux te dire soit sans crainte Chantal , je finirais ce que j'ai commencé. l"inconvenient pour moi ,c'est que je travaille le matin pour "mon histoire" et le soir je travaille pour l'histoire de la vache.GM ne me raconte ses contes pour les traduire que le soir tombant .
Ceux qui veulent écouter l"histoire avant l "édition voici le lien :


Bonne journée Chantal.
Bonne journée à tous.
Chantal
Bonjour Bradai !

Ton "histoire" est extrêmement émouvante ! Elle l'est d'autant plus que l'on sent dans tes propos une très grande sincérité et authenticité !

Merci Bradai de nous l'avoir fait partager !

Belle journée à toutes et à tous !
Bradai
  • 4. Bradai | 19/02/2021
Bonjour Mr Benouali ,bonjour Mr Belfedhal sans oublier les ami(e)s du Site.
On a en nous ce qui rappelle à tous un un passé de jeunesse,et chacun en garde encore en soi un bout inoubliable.
Comme je me suis habitué à ouvrir chaque jour la page de ce Site ,laissez moi vous dire que Je vous lis à tous vos commentaires et exposés .
Un grand bravo pour ces interventions qui viennent de vous et vont par le fonds au fond d'un sujet et à sa forme de moralité .Et j'ai compris par le fonds c'est designer un labeur tant sa valeur est la plus sure.

Bonne journée à tous.
Nourreddine benouali
  • 5. Nourreddine benouali | 18/02/2021
Salut
Belle histoire accompagnée des belles expériences qui avaient forgé le chemin des enfants de la guerre d'Algérie sous l'ère d'une carte d'identité française où le fond du cœur était algérien pour une Algérie libre de tout et pour une vie meilleure......
En attendant de découvrir la deuxième partie de votre histoire ,tout en remerciant maître belfedhel pour sa contribution sur le site .
Merci
Belfedhal Abderrahmane
  • 6. Belfedhal Abderrahmane | 17/02/2021
BONSOIR A TOUTES ET A TOUS
BONSOIR SI BRADAI
En lisant le debut de votre histoire, j'ai tout de suite senti l air de mes années enfantines baignant dans les réves que notre imagination construisait à chaque fois que le manque se faisait sentir tapant si fort dans nos poches et dans les creux de notre maison Cependant, au fil des temps passes à la campagne durant la fermeture de l'école, les courses poursuites dans les champs ne prenaient fin qu'avec les derniers rayons crepusculaires. On ne pouvait imaginer qu'ailleurs les autres enfants étaient dans la joie d'acceuillir les signes du bronzage sous le splendide, et merveilleux soleil méditérranéen. A leur image, on avait notre part de soleil, on avait également nos éspoirs trempes dans toutes les sueurs reunies pour enfin acheter le cartable, et revoir son monde dont la classe, la cantine et le ciné scolaire constituaient les reperes du grand retour au bercail.
Si bradai, à ce stade où en est votre histoire, elle est aussi l'histoire de tous ceux qui ont vecu l'époque coloniale mais bien que le réve soit inachevé, il a fait de nous des fers de lances que nos enfants avaient su manier par la maniere la plus efficace. Dans nos souffrances on n'a jamais perdu de vue que le travail est un tresor. Je cloture cette envolée evasive pour partager avec l'ensemble des amies et amis l'une des plus belles fables de jean la fontaine, elle nous entraine dans les entrailles de la terre pour extraire le trésor enfoui que seul l'éffort detient le mot de passe pour les générations qui se succedent dans le livre des temps. A vous le laboureur et ses enfants et vivement la suite des péripeties des temps lointains que la main d'oeuvre enfantine avait traduite en actes héroiques pour que demain tu seras un homme mon fils.

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