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FASCINANT ISTANBUL !

 

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Fascinant Istanbul !

Essoufflées par la montée un peu abrupte, et la charge de nos sacs à dos ! Aysu (Eau de lune) mon amie appuie sur la sonnette et la porte s’ouvre sur visage avenant, des yeux couleur noisette, un regard doux et chaud, un sourire large, franc. « Merhaba, hos geldiniz ! » (bienvenue) nous dit-elle, en s’écartant pour nous laisser entrer. Nous nous défaisons de nos sacs à dos et les calons contre le mur. Enfin ! Aysu fait aussitôt les présentations. Gülnar (Rose de grenadier), et Güven (confiance) son mari. Comme je me trouve tout à côté de Gülnar, elle me prend spontanément dans ses bras, m’embrasse. Elle se tourne vers Aysu, ouvre grand ses bras et la serre très affectueusement contre elle. Elles ne se sont pas vues depuis longtemps. Güven moins démonstratif, arbore un sourire timide, un peu hésitant. Son regard s’attarde sur sa femme. Il semble ému, attendri par l’expression de sa joie, de son débordement affectif. J’apprendrai que Gülnar, originaire de la partie turque de Chypre revendiquée par Chypre comme sienne, occasionnant conflits et déchirements entre Chypriotes et Turcs, a perdu sa mère de manière brutale depuis peu à Chypre. Elle en est très affectée parce qu’elle ne l’avait pas vue depuis quelque temps.

Un flot dense et indiscipliné de paroles fuse de part et d’autre entre Gülnar et Aysu. Echange un peu décalé, désordonné du à l’émotion. Elles finissent par s’en rendre compte, et éclatent d’un rire joyeux, spontané.... Je ne comprends que de rares bribes à ce qu’elles se disent, mais cela ne me gêne pas, la langue maternelle affective est universelle. Güven toujours réservé me fait la bise, réitère ses mots de bienvenue « Merhaba, Hos geldiniz ». Je lui réponds en Turc aussi «Merhaba, Hos boldok ». Aysu m’a appris quelques mots et expressions usuels. De tous les accents turcs, je préfère le parler Stambouliote doux et très raffiné. Les plus puristes d’entre les Turcs et particulièrement les Stambouliotes de souche, appartenant souvent à la classe bourgeoise, mettent un point d’honneur à tenter d’évacuer de la langue turque ses influences linguistiques arabes. Exercice bien difficile ! Sans les mots arabes en totale fusion avec le Turc et souvent non identifiés par les Turcs eux-mêmes, ces derniers auraient bien du mal à se faire comprendre. Il est vrai qu’écouter attentivement parler le Turc donne cette impression de comprendre le sens général d’une conversation, mais souvent c’est un leurre parce que les mots éparpillés ici et là ne font pas forcément sens. Aysu se tourne vers Güven, et se perd dans ses bras. Ces effusions sont très touchantes. Gülnar et Güven, amis de longue date des parents d’Aysu n’ont pas d’enfants, mais ils ont grandir Aysu et la considèrent un peu comme leur fille. Depuis qu’elle poursuit ses études à Paris, Aysu revient en Turquie chaque été, et elle passe d’abord les voir à Istanbul avant d’aller chez ses parents dans le sud de la Turquie. Cette année, Aysu m’a proposé de venir passer mes vacances d’été avec elle en Turquie, ce que j’ai volontiers accepté ! Nous projetons de visiter quelques endroits de la belle Turquie, de passer quelques jours chez ses parents, puis de rendre visite à la famille d’une amie restée à Paris.

Aysu entreprend d’enlever ses sandales. J’en fais autant. Comme en Algérie, bien que moins pratiqué de nos jours, on n’entre pas dans une maison avec ses chaussures qui sont laissées à l’entrée. Gülnar attrape deux paires de mules dans un petit meuble, nous les met devant les pieds. Gênée, je me contente de la remercier « çok tesekürler », ne connaissant pas la formule d’usage. Gülnar me sourit. Je souris à mon tour, et enfile mes mules. Elles sont moelleuses et reposantes. Gülnar nous précède joyeusement dans un salon spacieux très lumineux, meublé simplement et avec beaucoup de goût. Le canapé couleur sable du désert est confortable et douillet, et nous soulagées de pouvoir enfin nous asseoir. Güven disparait pour reparaitre presqu’aussitôt avec un saladier débordant de tranches de « karpus » (pastèque), des assiettes et des fourchettes. Je suis un peu surprise, mais j’aurai l’occasion de noter qu’en Turquie, lorsque c’est la saison, on offre de la pastèque en guise de rafraichissement, le thé étant présent en toute saison et à tout moment. Cette dernière est juteuse, délicieusement sucrée, et très rafraichissante en effet ! J’en reprends encore tandis qu’Aysu, Gülnar et Güven discutent. Nos hôtes parlent un français très hésitant, et préfèrent s’exprimer en anglais que nous pratiquons tous. Gülnar et Güven qui sont tous deux architectes, m’apprennent qu’ils aiment beaucoup Alger où ils ont séjourné plusieurs fois dans le cadre d’un projet architectural, et qu’ayant beaucoup aimé Alger, l’accueil et la compagnie chaleureuse de leurs hôtes algériens, ils adoreraient y retourner ! Cette proximité avec l’Algérie me remplit d’aise, et finit par me détendre complètement.

Leur maison est nichée sur les hauteurs d’Istanbul, dans un quartier résidentiel calme, agréable, très vert. De la terrasse joliment fleurie s’offre un panorama grandiose sur le Bosphore! Magnifique de jour avec son bleu azur éclatant comme de nuit avec les lumières de ses bateaux! C’est l’heure du déjeuner et tout est déjà disposé sur la table de la terrasse. L’air est doux, l’atmosphère légère et détendue, et le déjeuner riche de diverses spécialités succulentes. Un vrai cordon bleu Gülnar ! Güven met aussi très volontiers la main à la pâte ! Adorables tous les deux !

Pour ce début d’après-midi, Gülnar nous emmène visiter quelques quartiers d’une commune voisine dans laquelle les maisons traditionnelles en bois, précieux patrimoine de l’ancien Istanbul, ont échappé aux incendies et aléas fréquents ayant tristement jalonné l’histoire de la cité. Chargée du projet de rénovation et de sauvegarde de ces maisons, la préservation de l’architecture originale de l’ancien Istanbul la passionne, l’accapare entièrement, et c’est bien compréhensible ! Elle nous explique, avec un plaisir non dissimulé qu’auparavant, les maisons, échoppes, ateliers, caravansérails se faisaient exclusivement en bois, la pierre étant réservée aux édifices religieux, telles les mosquées, medressés (medersa) ou toute autre construction à visée religieuse. Ces maisons en bois, de vrais chefs d’œuvre d’architecture, tombent en ruine et menacent de disparaître emportant avec elles tout un style architectural, tout un mode de vie, toute une culture. Certains autres quartiers d’Istanbul dont celui de Zeyrek, l’un des plus anciens, mais aussi le plus pauvre, nous précise-t-elle, concentrent le plus grand nombre de ces maisons joliment bordées d’un réseau complexe de ruelles étroites qui rappelle la Casbah d’Alger qu’elle a visitée lors de son passage à Alger.

Gülnar sait l’art de conter ces maisons. Poésie, émotion et nostalgie. Le cœur du vieil et pittoresque Istanbul nait de ses mots, de ses émotions, de sa passion et prend vie, palpite, bat au rythme captivant de sa narration. Fascinant Istanbul ! Le konak est la forme de construction la plus ancienne, une maison individuelle citadine bourgeoise entourée d’un jardin fleuri agrémenté de fontaines et de pergolas, constituant la partie essentielle de l’organisation spatiale, le lieu de vie et de détente pendant la belle saison. Les appartements privés se trouvent quant à eux toujours à l’étage, préservés des regards indiscrets. Plus modestes que les Konaks, mais mieux préservées parce que plus récentes, les Yali, des maisons d’alignement dissimulant jalousement derrière leurs hauts murs des jardins luxuriants, parfois des puits. De véritables petits paradis de verdure insoupçonnés ! Les quelques maisons visitées sont superbement et fidèlement restaurées. Les fenêtres en saillie, les portes, les corniches, les encorbellements sont richement sculptés, très finement ciselés, exprimant toute la sensibilité artistique, toute la fantaisie de leurs anciens propriétaires, et notamment des plus riches d’entre eux. Nous déambulons au gré des mots de Gülnar et de notre imagination au cœur d’Istanbul, empruntant des ruelles étroites, entrant dans les maisons, humant des parfums de fleurs dans leurs jardins…. Naime, jeune héroïne d’un roman lu adolescente surgit des méandres de ma mémoire. Mystérieux et féerique était le monde de Naïme qui vivait dans un palais Ottoman à Istanbul dans un univers enchanteur fait de sultans et de sultanes évoluant dans de somptueux et riches décors.

Ces maisons, en authentiques œuvres d’art, sont rayonnantes, et nous restituent un peu de cette âme profonde du vieil Istanbul. Des ilots du passé, témoins impuissants du développement anarchique, bruyant et clinquant de l’Istanbul moderne. Le bénéfice du classement de ces sites comme zones protégées sans moyens financiers suffisants pour leur conservation, reste anecdotique. L’Algérie et ses tragédies ! Similaires à celles de ces maisons en bois. Tant de merveilles délaissées ou disparues, ne subsistant que dans les souvenirs et les imaginaires des nostalgiques des temps anciens. Le chemin du retour est silencieux, pensif, un peu terne.

Les mets qui composent le repas du soir sentent si bons ! Gülnar secondée de Güven, a commencé la préparation des plats dès le matin ! Des aliments riches et variés, délicats et raffinés dont la saveur et le moelleux sont admirablement conservés. Plusieurs spécialités chaudes et froides sont servies toutes en même temps. Des Mezzés que l’on retrouve aussi au Liban, en Syrie ou ce qu’il en reste ! Libre à chacun de se servir ici ou là selon ses goûts ! Des Böreks fins au fromage et à l’aneth, des Dolma, feuilles de vigne farcies au riz accommodé d’épices, de pignons, et de raisins secs, du cacik (prononcé djadjik), une entrée à base de yoghourt, de concombres coupés très fins, arrosée d’un filet d’huile d’olive et relevé d’une pointe d’ail, des aubergines en purée à la crème de sésame, des köfté, boulettes de viande hachée au mélange d’épices savamment équilibré, un vrai régal, des haricots verts très goûteux, des bamya (gombos) en sauce rouge délicieusement mijotés…, du pain traditionnel aussi. Le dessert n’est pas en reste, des fruits gorgés de soleil, des baklavas fraiches et croustillantes aux pistaches, et des kunefés tièdes, un dessert aux « cheveux d’ange » fourré de fromage blanc fondu, similaire au qtaïf fourré aux amandes en Algérie. Exquises ! De vrais, bons et beaux moments de partage, et de convivialité !

Aysu et moi nous sommes levées tôt après une nuit calme et reposante. Le petit déjeuner est très copieux ! Tomates et concombres coupés, tranches de fromages blanc frais et aussi cuit, des olives, des confitures de pétales de rose, et de figues, du miel accompagné de l’incontournable yoghourt servi à tous les repas, du Pekmez sirop très épais à base de raisin cuit (l’équivalent du Rrob en Algérie, je crois) mélangé à de la crème de sésame et dégusté, étalé sur du Pidé, pain traditionnel très moelleux, ou du Simit, sorte de petites couronnes de pain au sésame, si gourmandes, si savoureuses chaudes, et elles le sont justement ! Le samovar fume joyeusement et diffuse un arôme de thé vigoureux un peu âpre. Gülnar remplit mon verre au quart de thé très concentré, et me demande si je le préfère fort ou léger. Elle rajoutera de l’eau bouillante en conséquence. Le thé ! Loin devant le café turc, il se boit matin, midi et soir, et à tout moment de la journée. Concentré ou plus dilué selon les goûts et les moments, il désaltère, délasse, détend, apaise, réchauffe, requinque, redonne du cœur à tout. Le thé est un des aspects de la culture turque, et est un plaisir qui ne se refuse pas. « Afyat olsun » (bon appétit) nous dit Güven. Et l’appétit est là ! Tout est délectable y compris les tomates que je n’ai pas l’habitude de manger le matin. Toute une palette de nouvelles et fines saveurs !

Pour aller à Istanbul, nous reprenons le bateau. La rue qui serpente un peu est plus facile dans ce sens et sans sacs à dos ! Le temps est radieux, et le Bosphore d’un bleu intense zébré de longues trainées blanches que les bateaux qui le sillonnent, laissent derrière eux. Très agréable la traversée ! Beaucoup de passagers commandent du thé, des Simit. D’autres lisent le journal, d’autres encore discutent pendant que d’autres somnolent, c’est un peu le métro Parisien en beaucoup plus agréable, plus aéré, plus ouvert, plus convivial. Nous quittons l’Asie, pour aller sur l’autre rive du Bosphore, en Europe !

Byzance, Augusta Antonina, Constantinople, Istanbul, à la croisée des chemins entre Orient et Occident, capitale millénaire de plusieurs grandes civilisations, et cité prestigieuse inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Tolérante et ouverte, Istanbul a su merveilleusement et en toute harmonie intégrer les divers et riches apports des différentes périodes de son histoire : Grecque, Romaine, Ottomane Musulmane et Chrétienne, et y a imprimé son âme profonde. Istanbul ! Grouillante, trépidante, débordante d’énergie, de vitalité, de joie, fatigante pour peu qu’on se laisse entrainer par son rythme soutenu ! Istanbul ! Sublime et fascinante cité ! Un vocable si chargé d’histoires, de fantaisie, de rêves, de mystères, et de magie !

Le marché aux épices ou l’orient aux mille et une lumières ! Un extraordinaire dégradé de nuances et de tons expansifs, vigoureux, intenses de leur rayonnement irradiant, accrochant le regard, illuminant les lieux comme les palais de l’imaginaire. Un incroyable éventail de senteurs et de saveurs fortes ou plus subtiles fruitées ou acidulées, chaudes, douces, enveloppantes, sucrées ou épicées, toniques, citronnées ou florales, ou complètement inédites. Un voyage sensoriel riche au cœur des couleurs, des arômes et des saveurs.

Le marché aux épices est à la hauteur de tous les défis ! Tout, mais alors tout, connu comme inconnu, y est disponible ! Des innombrables épices safran, paprika, cannelle, curcuma, sumac, coriandre, gingembre…, aux herbes, racines, écorces ou poudres… médicinales aux vertus « miraculeuses » improbables, des eaux florales ou huiles agréablement parfumées, aux innombrables fruits séchés, aux légumes séchés aussi et enfilés en énormes chapelets suspendus en hauteur, aux olives de tous calibres et de toutes couleurs, amandes, pistaches, effluves de café irrésistibles ; douceurs à la vanille, au caramel, pâtes de fruits multicolores, nougat aux amandes, cacahuètes ou pistaches, loukoums et helva…. Pas de répit pour les sens, tout est enchantement. Les vendeurs aimables, un peu zélés mais sans agressivité nous sollicitent, nous interpellent, nous vantent leurs produits, nous proposent de les goûter, juste pour le plaisir de goûter ! « Innocents » vendeurs, et irrésistibles loukoums ! Trop tentants ! Nous nous arrêtons. Le vendeur choisit un beau loukoum et me le tend. Tendre, moelleux, fondant. Une douceur infinie parfumée à la rose dont le goût se prolonge délicieusement. Il coupe un morceau de nougat à la pistache, et le tend à Aysu, qui le déguste doucement les yeux brillants de gourmandise. Sacrés vendeurs ! Nous leur achetons des loukoums richement parfumés, du nougat, et quittons à contrecœur le marché aux épices.

Nous voilà aux portes du Grand Bazar ! L’un des plus vastes et des plus anciens marché couvert du monde ! Un immense labyrinthe fait de croisements et d’entrecroisements impressionnants d’allées larges, de ruelles étroites, de passages, d’impasses. Son organisation par secteurs regroupe différents types d’artisanat. Voûtes hautes, et grandes arcades surmontées de colonnes souvent ornées de faïence aux motifs simples, bleus en général, suggèrent cette impression d’être dans un grand palais ! Tout comme le marché aux épices, le Bazar est effervescent, bouillonnant, une véritable fourmilière ! Un brouhaha sourd et continu, entrecoupé de temps à autre d’éclats de voix, enveloppe le bazar, et me rappelle, celui, lointain de « bit eskhoun » (pièce chaude) dans les hammams de Miliana, et plus spécifiquement Hamam Edjedid saturé de femmes de tous âges venues se purifier les tout derniers jours de Cha3bane pour accueillir Ramdhane.

Des boutiques chatoyantes de couleurs, blotties les unes contre les autres offrent des dégradés de tons brillants, éclatants. Et l’imagination de s’échapper à nouveau pour se perdre dans les palais somptueux, les échoppes, les caravanes, les prestigieux caravansérails. Tout suggère l’univers féérique des contes de l’enfance, des Mille et une nuits. Richesse et opulence des allées du quartier des bijoutiers ruisselantes d’or et d’argent, ou celui du cuivre joliment ciselé brillant de mille feux, celui des lampes de toutes tailles, de toutes formes, de toutes couleurs, celui des Kilims, tapis tissés aux tons et motifs si fins, si beaux, celui du bois et de ses sazs instruments à cordes à longs manches au son très typique que l’on retrouve dans toutes les musiques traditionnelles turques, … des Tasbih (sebha, chapelet) pour le « dhikr », très populaires en Turquie, des Nazar boncuk, amulettes composées de plusieurs cercles en pâte de verre, superposés et préfigurant un œil avec à son centre un rond noir, la pupille, porté comme bijou, suspendu à l’entrée d’une maison, intégré au mur ou au sol sur le pas de la porte pour conjurer les mauvais esprits, le mauvais œil. Aysu m’explique que dans les croyances populaires, un regard bleu est porteur de malheur à la personne qui le croise, à sa famille, à ses biens. La couleur bleue dominante du Boncuk est sensée le neutraliser. Dans le secteur des tissus, la richesse des étoffes affolerait plus d’une couturière, plus d’une promise ! Epaisses ou fines, unies ou bariolées mates ou brillantes, il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses. Les tissus fleuris sont très prisés des femmes de la campagne qui en font des « serouel mdouer » (pantalons larges bouffants) quasi identiques à ceux portés dans les campagnes algériennes et qu’on appelle aussi « serouel ettekka ». Tellement proches les gens mais aussi les intérieurs des maisons des campagnes turque et algérienne que l’on pourrait les confondre n’était-ce la langue !

Les livreurs de thé sont nombreux au Bazar, on en croise souvent. Pressés, ils se faufilent entre les gens avec une aisance et une légèreté déconcertantes, les frôlant à peine ! On pourrait penser que les mouvements amples qu’ils font faire à leurs plateaux chargés de verres de thé, feraient déborder ce dernier, mais pas du tout ! Pas une goutte n’est renversée ! Ces livreurs se savent observés du touriste épaté par leurs prouesses, et s’en amusent eux aussi. « Sssimiiiiiiiiiiiit !!! », crie un vendeur ambulant portant en équilibre sur sa tête un énorme plateau de Simit disposés en pyramide. Plus loin, c’est un vendeur de jus de cerises en tenue ottomane traditionnelle que l’on croise. Je suis ravie par toutes ces découvertes insolites, charmantes, émouvantes. Au détour d’une allée, nous tombons sur une magnifique fontaine en marbre ! Nous y faisons une halte rafraichissante, il fait si chaud ! Dans une autre petite allée paisible, nous nous installons dans un petit café sympathique et accueillant pour y boire un thé. Cette trêve, à l’abri du tumulte étourdissant du Bazar, estompe quelque peu son ardeur, son déluge de couleurs, de parfums, de saveurs. Le Bazar et son ambiance orientale, débordante de chaleureuse et joyeuse hospitalité !

Contrairement au Grand Bazar, le marché populaire attire peu les touristes, et rares sont ceux qui s’y aventurent hormis quelques Soviétiques et parmi eux des marins en escale à Istanbul. Certains d’entre eux charrient d’impressionnants ballots de marchandises, d’autres, plus fauchés, font du troc, des poupées russes, des gravures sur bois, des cuillères, des boîtes en bois sculptées de motifs fleuris à dominante rouge, contre des souvenirs d’Istanbul. Nous sommes au temps de l’Union Soviétique, et la précieuse devise est parcimonieuse, voire absente. En Algérie, l’allocation allouée, une fois l’autorisation de sortie du territoire obtenue, s’élevait je crois à quelques 300 francs. Somme bien dérisoire même à cette époque, mais cela n’empêchait pas les allocataires de ramener des valises et ballots de marchandises impressionnants, et en particulier tout ce est qui habillement. Les négociations entre les marins et les vendeurs de souvenirs turcs sont âpres, chaque partie voulant s’assurer de faire la bonne affaire !

Dans ce marché, le commerce en gros, demi-gros et au détail draine la multitude. Un bric-à-brac indescriptible de marchandises des plus hétéroclites ! Tout s’y vend et tout s’y achète : literies, ustensiles de cuisine, objets divers en métal, outils, bascules, ferraille, jouets, vêtements, tissus d’ameublement, linge de maison, bonbons, charcuterie, légumes, fruits…. La fracture est très nette entre ce quartier populaire, pauvre et délabré, et le centre touristique si bien entretenu. Extraordinaire et paradoxal Istanbul où le moderne et l’ancien, l’authentique et le faux, l’opulent et le misérable se côtoient à quelques rues près. Des « boyaci », (cireurs), il y en a beaucoup ! Des enfants surtout ! Trop d’enfants tout barbouillés de cirage se disputent les chaussures passantes. Ces enfants cireurs triment à temps plein ou partiel selon qu’ils vont ou pas à l’école. Hauts comme trois pommes, leur regard ne va guère au-dessus des genoux de leurs clients. Un enfant lève les yeux, rencontre mon regard, l’accroche, me sourit timidement, regarde mes chaussures. Dilemme ! Je lui souris de toute ma tristesse. Très mal à l’aise, je lui tends un peu d’argent, consciente que je lui fais l’aumône alors qu’il demande à être rétribué pour le travail qu’il fait. Derrière le vernis touristique, la vie est dure, si injuste, si implacable ! Aysu, habituée à ces scènes, ne les « voient » plus. Elle continue à bavarder, s’agaçant parfois de mon mutisme, ne comprenant pas cette gravité, cette tristesse profonde dans laquelle je suis plongée. Et de ce moment, les chaussures des hommes s’imposent à mon regard. Toujours brillantes, impeccablement entretenues y compris dans les lieux poussiéreux et encombrés de gravas ! Aucune gêne, aucun embarras à se faire « briller », par des mômes de surcroit ! Je verrai d’autres enfants proposant divers articles à la vente, dans des petites caisses de fortune : cigarettes, peignes, piles, billets de loterie, barrettes pour cheveux, épingles à nourrice…. Tout comme la richesse, la misère est aussi ruisselante de ce côté-ci.

« Limooooon » crie ce limonci, marchand ambulant de jus de citron. « Siiimiiit » lui répond le simitci. « Missiiiiir » renchérit le vendeur de maïs grillé. Des métiers de la rue. Du rémouleur le « Bileyici », au fripier « Eskici », qui sillonne les rues avec sa charrette débordante de vaisselle à échanger contre des vêtements, au « Balikçi », marchand de poisson, au « Sebzeci », marchand de fruits et légumes, au « Çiçekçi », marchand de fleurs... Des rues très animées, foisonnantes de vie. Aysu m’explique que la terminaison « ci » qui se prononce « dji » signifie « métier de… ». Et me voilà reprojetée dans mon enfance ! Certains métiers « qahwadji » (cafetier), « sfendji » (marchand de beignets) prennent donc leurs racines ailleurs…. Je suis étonnée, émue par les affinités culturelles et linguistiques que je découvre, par ces marchants qui m’évoquent Miliana et ses rues ponctuées aussi des cris de ses vendeurs ambulants. Je me rappelle avec beaucoup de tendresse et de nostalgie ces précieuses tranches de vie perdues. L’impression d’un voyage dans le temps. Une sorte de flottement quelque part dans une dimension aux contours imprécis, évanescents, ou la rencontre de personnages pittoresques inattendus, insaisissables, intemporels, ceux de mon Algérie d’autrefois, et ceux d’une autre contrée, d’une autre histoire, ancienne, très ancienne mais liée. Pour les uns perdus dans les dédales de ma mémoire, et pour les autres, réels, arpentant les rues d’Istanbul en costumes Ottomans d’époque, portant ou poussant des contenants traditionnels remplis des produits qu’ils proposent aux passants ! Surprise et émotion encore, que la découverte plus tard de noms d’enseignes de magasins ou autres établissements, suggérant les noms de certaines familles de Miliana !

De tous les marchands ambulants, c’est le Dondurmaci, marchand de glace traditionnelle qui m’a le plus marquée ! Ce dondurmaci à la moustache démesurément longue, épaisse et légèrement recourbée sur les côtés, porte un costume traditionnel Ottoman : chemise à manches longues blanche, gilet rouge brodé de fils d’or, pantalon un peu bouffant de même teinte tenu par une large ceinture en tissu enroulée autour d’une taille bedonnante, une chéchia istanbul rouge brodée de fils d’or également. C’est qu’il en impose ce personnage à l’allure altière. Le « spectacle » qu’offre ce dondurmaci, debout trônant au milieu de son beau meuble sur roues, mérite largement que l’on s’y arrête même si on n’est pas friand de glace ! Dondurma signifie crème glacée, un dessert confectionné à partir de bulbes d’orchidées sauvages séchées dont la farine appelée le Salep, constitue l’ingrédient de base. Cette variété d’orchidée ne pousse que dans les contreforts du plateau anatolien, d’où le caractère unique de cette glace, une pâte épaisse à la texture lisse et très douce, un peu gommeuse au goût. Elastique, elle a cette capacité de s’étirer jusqu’à, dit-on, former une corde à sauter, et se mangeait anciennement avec couteau et fourchette ! Mais revenons à notre dondurmaci ! Aysu ne tarit pas déloges sur les qualités gustatives du dondurma et la multitude des parfums aux fruits naturels proposés. J’ai plutôt envie de manger salé, mais conciliante, je cède devant son insistance. Les yeux d’Aysu sont pétillants, et son sourire un peu énigmatique. Je ne m’y attarde pas.

Je choisis une glace nature, la vraie, l’originale, Aysu une glace à la pêche. Aussitôt la commande prise, notre personnage se met à chanter d’une voix grave et mélodieuse tandis que ses mains font tournoyer avec une incroyable agilité une sorte de tige en acier très longue pour lui faire faire des arabesques rapides et compliquées avant de la plonger dans un des nombreux contenants de glace aux noms de parfums souvent mystérieux pour moi. Il tourne cette tige, fouille dans la glace épaisse, résistante, y pèse de tout son poids, et la ressort avec à son bout de la glace. Aussitôt, il entreprend d’exécuter une myriade d’acrobaties complexes qui durent un temps. Fascinant ! Soudain, et au moment où je m’y attends le moins, je vois la longue tige, devenue complètement folle, arriver droit sur moi, et éviter de justesse mon visage ! Mon cœur fait un bond prodigieux, et accélère son rythme, affolé ! Je n’en suis pas encore remise qu’une cloche que je n’avais pas remarquée, se met à tinter avec frénésie juste au-dessus de ma tête ! Je fais un bond en arrière et bouscule quelqu’un ! Aysu éclate de rire, d’autres personnes autour de nous ne s’en privent pas non plus, le dondurmaci est ravi de sa facétie, moi perplexe, le cœur palpitant, pas très rassurée, vexée même !

Le dondurmaci reprend l’extraction de la glace, commence à en remplir un cornet, et la tige de reprendre son ballet endiablé, passant d’une main à l’autre ! Imprévisible ce personnage, sournois, un peu « traitre » pensé-je! Sur mes gardes, je reste concentrée sur ses mains, des fois que la tige s’emballe à nouveau. Peine perdue ! La cloche actionnée à nouveau à mon insu me fait à nouveau faire un bond ! J’esquisse un sourire contrit. Tout le monde a l’air de trouver ces tours de passe-passe très drôles ! Le dondurmaci, lui, jubile, et la galerie s’amuse beaucoup. Moi, un peu moins quand même ! Enfin, la glace est prête ! Il me la tend avec un grand sourire. Pas rancunière pour un sou, je lui souris à mon tour, tends la main pour la prendre, et ne saisis que le vide ! Il refait ce scénario plusieurs fois. Ma patience comme ma complaisance se craquellent ! Je suis vraiment chiffonnée cette fois-ci ! Le dondurmaci, perspicace, me cède enfin ma glace et me gratifie d’un énorme sourire tout-à-fait charmant, candide même ! C’était donc ça le sourire énigmatique d’Aysu ! « Perfide » jusqu’au bout des ongles! Je goûte à ma glace. Douce, onctueuse, élastique... Un délice qui vaut finalement et malgré tout peur, tours et détours ! Le dondumaci ! Un poète nostalgique talentueux et inspiré, haut en couleurs, taquin, agile, habile et très attachant, défiant temps et époques pour offrir des instants magiques, des émotions vibrantes, pour un souvenir lumineux et souriant à chaque évocation.

Nous n’aurons pas le temps de tout visiter et devons faire des choix. Aya Sofia, la Mosquée Bleue Sultan Ahmet et si on a le temps la Citerne Basilique. Le palais de Topkapi attendra la fin de ces vacances, à notre retour à Istanbul. Aya Sofia est incroyablement conservée malgré les stigmates du temps et des séismes. Successivement Basilique byzantine, Mosquée aux quatre minarets, puis Musée, Aya Sofia majestueuse et imposante, ne révèle pourtant pas de prime abord les trésors d’architecture, de fresques, de mosaïques de scènes bibliques, et d’ornements divers qu’elle abrite. Dès l’entrée, on se sent tout petits, presqu’écrasés ! Tout est tellement démesuré ! Le dôme et les colonnes sont gigantesques, le mélange de couleurs et de matières extraordinaire, la lumière y est éblouissante. Magnifique Aya Sofia !

Sultanahmet Camii (se prononce djamii) ou la Mosquée du Sultan Ahmet aux six minarets ! Une œuvre architecturale somptueuse, édifiée près de mille ans après Aya Sofia et rivalisant de beauté avec elle ! Inondée de lumière avec ses innombrables fenêtres, elle est toute de bleue ornée avec ses carreaux de faïence d’où le nom de Mosquée Bleue. Sublime ! Son magnifique jardin fleuri aux nombreuses allées offre bien-être et détente. L’énergie, et la spiritualité profonde qui se dégagent de ces lieux éminents me touchent droit au cœur, me transportent. Sultanahmet Camii plus spécifiquement transmet quelque chose de fort, de vivant qui ne peut s’expliquer. Sa « parole » qui est un langage pour l’âme, emplit pleinement l’atmosphère, et chaque détail observé accentue cette sensation intense de communion avec ces lieux tolérants, respectueux et profondément spirituels. Sultanahmet Camii insuffle calme, bien-être et sérénité. J’aurais aimé m’y attarder, loin du tumulte et de l’agitation extérieurs…

Avant de reprendre le bateau pour regagner la rive asiatique, nous poussons nos pas jusqu’à la Citerne Basilique que les Turcs appellent « le Palais englouti ». Et c’est véritablement un immense palais souterrain constitué d’une forêt dense de colonnes qui montent très haut. Spectaculaire réserve d’eau! De quoi tenir un siège ou défier des étés très secs ! Un authentique chef d’œuvre d’architecture et d’ingéniosité. L’éclairage très subtil donne de beaux et chaleureux tons orangés aux colonnes. La sensation d’être dans une sorte de sanctuaire silencieux où le clapotis de l’eau, seul, s’autorise un murmure de temps à autre, est là.

Sur le chemin du retour, nous nous attardons un peu dans le quartier du pont de Galata. Un pont flottant en bois très ancien, très affairé, très animé. L’après-midi est bien avancé. Des pêcheurs à la ligne sont alignés avec leurs cannes à pêche contre la balustrade du pont. La prise semble bonne au vu des nombreux poissons se tortillant dans les seaux et bassines posés à terre. Sur les berges du Bosphore un peu plus loin, d’autres pêcheurs sont alignés avec leurs bateaux. Ils font frire du poisson, pêché tôt le matin, dans d’énormes bassines d’huile bouillante. Le poisson tout dégoulinant d’huile est mis dans de grosses miches de pain frais pour les clients amateurs. L’alléchante odeur de friture nous rappelle cruellement nos estomacs vides. Un déjeuner tardif sandwich au poisson ? Pourquoi pas ?! Nous ne le regrettons pas. Le poisson est frais, et la chair tendre et goûteuse !

La visite des monuments historiques a été un peu rapide, mais je suis enchantée par autant de belles découvertes. Je reviendrai ! Dès que cela me sera possible ! Le bateau pour regagner la rive asiatique du Bosphore est déjà plein ! Demain matin, nous repartons vers le sud de la Turquie. Une amie réfugiée politique Turque de Paris militante active et recherchée pour ses activités politiques contre le régime de son pays nous a demandé d’aller voir sa famille, sa mère, ses sœurs, ses frères qu’elle n’a pas vus depuis dix ans. Elle veut des photos de tous et de partout, y compris de son village natal en montagne. Une autre amie militante elle aussi ayant pris le risque de rentrer en Turquie pour voir sa mère malade, a été arrêtée dès le passage en douane, et jetée en prison avec son enfant en bas âge ! Elle y était restée plusieurs mois ! Nous avons accepté bien évidemment !

Adorables Gülnar et Güven ! Si généreux, si chaleureux, si accueillants ! Le diner, un véritable festin accompagné de cadeaux ! De magnifiques écharpes aux couleurs chatoyantes pour chacune d’entre nous, un livre pour apprendre le Turc pour moi et un beau livre en Turc sur les maisons en bois pour Aysu. J’espère vraiment pouvoir les recevoir à mon tour un jour à Paris ! La soirée coule douce, agréable et détendue en leur compagnie. Le matin, nous déjeunons tôt. Güven insiste pour nous déposer à la gare routière. Nous reviendrons dans trois semaines passer deux autres nuits avec eux avant de renter à Paris. Nous en profiterons pour visiter le palais de Topkapi et acheter quelques souvenirs. La Turquie vers laquelle nous allons est autre. C’est celle de la campagne, de la montagne, de la mer et c’est encore un tout autre univers en perspective...

Je ne peux finir cette évocation d’Istanbul sans faire un hommage fort, plein, entier, sans m’incliner respectueusement, mais avec beaucoup de tristesse devant les milliers d’enfants cireurs de Turquie et d’ailleurs dont le nombre a explosé aujourd’hui, devant tous les enfants cireurs d’Algérie d’un temps pas si lointain, devant tous ces enfants travailleurs dans le monde.

Ci-dessous ce qu’a écrit Mehmet, un cireur de chaussures de 9 ans scolarisé en 3ème année (CE2)

« Moi, je voudrais aller dans le paradis. Là-bas, il y a des oiseaux, des papillons, et les fleurs de toutes les couleurs sentent bon. Je voudrais manger là-bas, des pommes, des oranges, des bananes, des kiwis, toutes sortes de fruits. Je voudrais avoir un vélo. Je voudrais lire de beaux contes…..

Et ne je veux plus faire le métier de cireur de chaussures, plus du tout. Je veux m’asseoir et me reposer. Là-bas, je veux m’allonger et dormir bien, je veux lire des livres. Si je finis mon école, je veux être médecin. Je veux « rendre » les malades guéris.

Dehors, il neige, j’ai froid. »


Ramazan qui a sept ans tout juste et qui part à la recherche de clients dès le matin tandis que ses copains sont sur le chemin de l’école dit :

« J’ai 4 frères et sœurs, mon père ramasse la ferraille et moi, je cire des chaussures. Je ne vais pas à l’école. Je cire environ 15 chaussures par jour et chaque fois je gagne 1 livre turque (0,30 €). Je participe au budget de ma famille. »

 

Par Meskellil

Commentaires (2)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 19/05/2016
Merci Mohamed Benabdellah. Et cela me fait plaisir que vous ayez apprécié ce texte qui a mis si longtemps à sortir!! Alors si son écriture en pointillé arrive malgré tout à transmettre quelques émotions, j'en suis contente. Oui bien triste constat que l'explosion actuellement du nombre de petits cireurs puisque ces deux témoignages sont récents et non du temps de mes souvenirs!

Je pense tout de même que votre note est large et indulgente. Je me suis relue avec un peu de recul et c'est truffé de "fautes" et d'omissions que je ne voyais plus à force d'avoir le nez dedans. L'évocation d'Istanbul reste fraiche a encore ce parfum magique... Merci encore.

Amitiés
Benabdellah Mohammed
  • 2. Benabdellah Mohammed (site web) | 18/05/2016
Essalem à toutes et à tous.Merci Meskellil pour ce fabuleux voyage au pays aux mille senteurs et aux mille couleurs.Istamboul cette ville mythique si envoùtante et accueillante qui a toujours charmé ses visiteurs.Le récit est très fidèle et concis .Il nous donne l'impression d'etre présents.La description est telle que l'on sent les différents aromes et que nos papilles gustatives excitées en ont pour leurs frais.La seule fausse note dans cette cité,vous en convenez, ce sont les petits cireurs qui nous rappellent un passé douloureux dans notre pays.Le texte mériterait à etre pris comme référence dans nos programmes scolaires aux collèges ou aux lycées.Merveilleuse publicité à placer dans un placard bien visible.Félicitations et note complète pour ce fascinant Istanbul.

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