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De Bab-El-Oued @ Miliana

Mathieu Côte/Qu'est ce qu'ils sont cons

Mathieu Côte "Qu'est ce qu'ils sont cons"

En prolongement au thème abordé par Eva Joly dans son livre « La force qui nous manque » (voir extraits de son livre dans le post précédent), Mathieu Côte, auteur, compositeur, interprète, trop tôt fauché par la mort « chante » le monde dans lequel nous vivons (de plus en plus rare de nos jours). Pendant ce temps… les entreprises du CAC 40 continuent de faucher jusqu’à l’indécence, l’écœurement, la nausée, la saturation espoirs, vies et avenirs de millions, de milliards d’humains, et de détruire environnement et biodiversité…

Quelques extraits de ce qu’un internaute a écrit sur Mathieu Côte alors qu’il était encore bien vivant :

« Avec son nom rigolo qui pousse au mauvais calembour, genre « il a la côte, Matthieu », son prénom de trentenaire à la mode gentiment décoiffé, ses petites lunettes d’intello et son apparence globalement de bon élève - sans aller jusqu’au cliché du premier de la classe, en voilà un qui d’emblée brouille les pistes, avance masqué sous ses airs de pas y toucher et vous assène un direct au foie dès le premier couplet. En enchaînant avec une série de jolis crochets gauche droite en pleine poire, cet M là, qui n’est officiellement pas un « fils de », confirme sans complexe un punch de poids lourd de la chanson. Et on voit tout de suite que ça l’amuse, par-dessus le marché, non mais pour qui se prend t-il, je vous le demande.

En tous cas, le ton est donné une bonne fois pour toutes, ce qui peut toujours faire gagner du temps. En effet, la dérision et la causticité du propos ne faiblissent pas un instant au fil des titres. Bien sûr on voit tout de suite planer pas loin les fantômes de ceux qui se sont penchés sur le berceau : ce fils par contre caché de Brel est aussi un neveu des tontons flingueurs - avec ou sans silencieux - et un petit cousin splendide du Père Noël, celui là même qu’est une ordure. Et le Tonton Georges a bien dû jouer les nounous quelques temps...

Assez loin des chanteurs qui excitent des armées de lolitas sucrées et pré pubères, hystériques à la vue de leur star préférée, ces idoles du disque aux chansons roses racontant des « tranches de vie » témoignant d’un vécu qui se limiterait à la lecture des magazines people et des catalogues de mobilier suédois, Matthieu Côte, lui, semble à l’aise, comme un « poison » dans l’eau souvent tiédasse de la new nouvelle nouvelle chanson. Avec une vraie insolence, un charme fou, un professionnalisme évident, une énergie chaleureuse. Avec ce mélange plutôt savoureux d’expressions presque surannées et d’images résolument contemporaines [...] Toutes les nuances et la richesse de la langue, celle des Ferré et des Leprest, celle qui nous rappelle que la vraie poésie [...], sans pour autant jouer les gros bras, mais en taillant de beaux costards sur mesure à certains justement gros bras, genre macho de base et autres adeptes de l’ordre, de l’uniforme et du galon.

Son tour de chant est une performance, par la qualité de l’écriture et du regard porté sur le monde, par la précision d’exécution et la maîtrise vocale. Une performance physique également, car le garçon interprète ses textes à fond et on comprend qu’il finisse en sueur. Tout ça sans la moindre tentative de basse séduction. Ce type est un roc. Un sérieux contrepoids et contre-pied donc, à la molle tendance genre « je fais des chansons parce que heu, je sais pas mais c’est festif tu vois ».

Les matheux, les statisticiens, les shamans et les astrologues sont, pour une fois, tous d’accord : les probabilités de voir arriver Côte à des sommets dans peu de temps sont très très élevées. Même dans un pays où les anciens beaufs et les nouveaux cons ont réalisé l’union sacrée pour nous pourrir la vie. Ainsi, on ne peut souhaiter à cet électron fou que de rester libre encore longtemps et de garder cette aisance de ton et de geste qui fouette le sang et rafraîchit comme une bonne « gazouza » (adaptation) glacée un de ces jours de canicule hélas si péniblement fatale à nos Anciens.


Par Meskellil

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