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Retour dans mes Souvenirs

Sourires et Gestes Délicats

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« Dans un monde où les sourires sont interdits, un homme heureux est un homme dangereux », ai-je lu quelque part. Combien juste ! Le lien avec la suite n’a pas grand chose à voir, ou du moins rien qui saute aux yeux, si ce n’est le sourire. Parce que des sourires, on n’en voit plus beaucoup depuis l’ère des masques, en tout cas de ce côté-ci ? On a même l’impression que c’est souvent aussi le cas lorsque l’on ne porte pas de masque. Un monde sans sourires ou presque ! Désarçonnant, perturbant même, vous ne croyez pas ? Pour compenser, on se focalise sur la partie haute du visage, les yeux, les sourcils quand il n’y a pas de lunettes de soleil, parce qu’autrement, c’est carrément flippant ! Egalement sur la mobilité des pupilles. On interprète ses mouvements à l’aune de nos représentations soit comme signe de curiosité, soit d’agitation, de mensonge, ou d’anxiété. On scrute de même le regard : tendre, amoureux, profond, chaviré, pétillant, brillant, larmoyant, courroucé, fuyant, impénétrable, fixe, joyeux, triste… toujours selon nos perceptions. Inépuisable le regard. Les sourcils eux, ne sont pas en reste puisqu’ils ont également leur mot à dire quand ils montent sur leurs grands chevaux pour signifier l’étonnement, l’incrédulité, la peur, la circonspection, la désapprobation, l’ironie, le mépris même ou, quand ils se froncent pour exprimer la surprise, la frustration, le reproche, la concentration, l’incompréhension, la réflexion, l’oubli, la préoccupation, l’énervement... Mais bon, ne cédons pas à l’emballement ou à l’emballage ? Je ne sais plus ! On sait que nos représentations nous jouent bien des tours, nous mènent dans bien des détours, et l’on sait que l’on peut se tromper du tout au tout, se fourvoyer complètement tant le propre du sens nous reste indéchiffrable, insaisissable dans son entièreté avec ou sans masque. Combien de fois n’a-t-on pas dit le sens m’échappe ! Normal si on garde à l’esprit les propos de Martin Luther King qui nous rappelle que : « Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas » ou Saint-Exup. qui nous dit en teneur et très justement que l’essentiel reste invisible aux yeux. Ils ne se tromperaient quand même pas tous les deux, si ? Et la bouche alors ? Cet autre organe extraordinaire qui a le pouvoir d’illuminer un visage, de le faire rayonner par un simple sourire, une bouche dotée de parole belle, élégante, douce, mélodieuse, précieuse et si poétique en prime. Bien entendu, elle peut aussi être rictus, grimace, cri, et ses mots pas jolis, jolis. Elle se rattrape vite par le rire qui est libération tonitruante d’une folle énergie subversive. Le rire pourrait bien faire de l’ombre au sourire, mais cela dépend évidemment du contexte. Imaginons-nous dire bonjour à quelqu’un et éclater de rire ! Ça pourrait être mal perçu. Le sourire, non. Il s’adapte à tous types de contexte et s’offre à tout un chacun en toute circonstance ou presque. Et quand bien même il serait pauvre, timide, contrit, pâle, fragile, il appelle néanmoins un sourire encourageant, engageant en retour.

On serait tenté de dire que la bouche et les yeux constituent les pivots de la communication tant ils sont complémentaires. Non, non, je n’oublie pas le nez. Il a aussi sa caractère et sa propre expression. Accommodant, il accompagne, accentue volontiers les diverses expressions de la bouche et des yeux en se retroussant, se dilatant, ou palpitant selon l’intensité des émotions, il nous offre tout un éventail de senteurs florales ou culinaires gourmandes. Il a aussi cette capacité de se pincer, mais il peut aussi s’avérer infaillible à la détection du mensonge lorsqu’il est soumis à une caméra thermique. Mais revenons à nos sourires et à ce qui les empêche. C’est un fait, on se retrouve là à être tous masqués (cf. texte « un après-midi presque banal »), mais à des degrés divers, et pas de la même manière, ni pour les mêmes raisons non plus. Passablement compliqué, n’est-ce pas ? Entre ceux qui avancent masqués, mais qui ont un sourire accrochés aux yeux, et ceux qui cumulent les masques comme on le ferait d’un capital, tiens, et ceux qui finissent par (se) confondre à force de clonage, et là, les medias en sont l’illustration parfaite ! Il y aurait de quoi s’arracher les cheveux car même largement démasqués, ils foncent tous la tête la première, normal question d’intérêts et de pouvoir ! Vous ne comprenez rien à ce charabia ? Moi non plus, rassurez-vous ! Rappelez-vous juste que : l’essentiel…

Allez, un dernier petit clin d’œil sur l’importance de l’humour en tandem avec le sourire « l’humour n’est pas une humeur, c’est une vision du monde. Et c’est pourquoi, si l’on a raison de dire que l’humour fut banni de l’Allemagne nazie, cela ne signifie pas simplement que l’on n’y était pas de bonne humeur, mais quelque chose de beaucoup plus profond et beaucoup plus important ». Et c’est de Ludwig Wittgenstein
 

 

Sans transition et sans aucun lien avec ce qui précède je le souligne, j’ai pris en cours de route, il y a quelques semaines, un reportage sur le Hirak, des témoignages de jeunes gens « partis en cavale » drapés d’un arc en ciel très spécial ! Il n’y avait pas de bleu, pas de jaune, pas de rose et toutes leurs nuances… mais seulement un magnifique trio de couleurs à nulles autres pareilles : vert d’un éclat incomparable, blanc aussi immaculé que l’innocence et la pureté, et rouge Sang, rouge Amour, rouge Révolution. Des jeunes gens en quête d’un monde meilleur dans lequel liberté, vérité, équité, égalité, justice, rêves… ont du sens. C’est le sens qu’ils entendent donner, renvoyant pacifiquement mais fermement, et avec une assise belle, solide, une sorte de force tranquille – ressentie comme une magnifique bouffée d’air frais et de fierté en sus-, « les experts » venus parler de l’Algérie et du Hirak sur le plateau débat à la suite du reportage…donc lesdits « experts » pleins de bonne volonté ceux-là certes, ont été renvoyés par deux jeunes Algériennes conviées au débat via skype, à leur « expertise » gentiment étriquée, ignorante, tronquée et si réductrice dans l’expression de l’Algérie de ces jeunes, une et indivisible, l’Algérie de leurs rêves, de leurs, idéaux, de leur lutte pacifique, de leur conscience aigüe des enjeux et dangers internes comme externes qui la guettent, de leur grande maturité, de leur engagement sans faille, de leur dévouement, du jusqu’auboutisme de certains d’entre eux, et notamment de cette jeune femme de 26 ans aux traits marqués, au regard ombrageux, dur, parfois vacillant des mots, des gestes, d’une dignité blessés, d’une colère souterraine grondante, de la désillusion, mais aussi de l’espoir, de l’espérance, du courage et de la détermination intacts que les humiliations multiples n’ont pas brisés.: « Il n'y a pour les choses et pour les poèmes qu'une seule manière d'être nouveaux, c'est d'être vrais et qu'une seule manière d'être jeunes, c'est d'être éternels. » nous dit P. Claudel. Alors pour finir ce billet, à vous amis, amis du site, toutes et tous un sourire profond et certainement sans masque, une belle poésie méditative avec J. Méry dans un extrait des Mélodies Poétiques (1853), et enfin de la musique bien sûr avec Yves Duteil et cette chanson simple, délicate et tellement, tellement essentielle.



TOUJOURS LA MER

A l’heure où le ciel se constelle,
Aux lieux que j’ai cent fois dépeints,
Parmi le thym et l’immortelle
On voudrait s’asseoir sous les pins ;
Voir à ses pieds la mer sereine
Ou mugissante tour à tour,
De la vie image incertaine
Et mobile comme l’amour
La mer est une œuvre sublime.
Un monde toujours en travail
Le même flot qui fait l’abîme
Fait les perles et le corail.

Extrait de Mélodies poétiques 1853

LES GESTES DELICATS


Par Meskellil

Commentaires (1)

Belfedhal Abderrahmane
  • 1. Belfedhal Abderrahmane | 03/07/2020
bonjour a toutes et a tous
bonjour meskellil
Heureux de voir ta plume ressurgir de nouveau avec en prime deux textes pleins de bonnes réflexions .
Au sujet du masque le dictionnaire affirme que c est un objet de matière rigide dont on couvre le visage humain pour transformer son aspect naturel
Une autre définition rapporte que c est un objet souple ou rigide dissimulant une partie du visage cependant et de façon subtile tes deux écrits invitent a regarder tout en voyant de près ce qu'il y a exactement derrière le masque. Les deux écrits chacun avec sa portée et ses caractéristiques admirablement traites font ressortir tour a tour le sens, le temps et la rection de chaque élément constitutif du visage le masque en question, non le voile, s est impose en passant de la nécessite a l obligation passible de lourdes amendes, et de cette tacon chacun isole ou en société civile s est retrouve face a un adversaire hors du commun de la taille d un million de fois moins un gramme.
Dans cette dualité, le sourire et le confort intérieur arrivent difficilement a transmettre ce qu'il y a de beau et de sens a chaque fois que le glas s y met de la partie. véhicule par des médias chauffes a blanc le sourire quand a lui il prendra forme et fond avec son entourage.
meskellil visitant la page qui a réuni le masque et le voile je me suis dit mais que cherche donc l'auteur nous a montrer en portant l accent sur le masque et le voile alors que les deux s'accordent selon la définition comme étant un moreau d étoffe destine a cacher
Des deux lectures se dégage un dénominateur commun se rapportant au visage qui par les traits qui le caractérisent s exprime selon les aléas de façon très claire dans le temps et dans l espace
meskellil usant de procédés subtils tu as ramené pas a pas le masque et le voile a leur impact sur l ensemble des sens et leur rapport avec un intérieur qui réagit et un extérieur qui parfois ne saisissant pas la portée réelle d un sourire fait passer les choses bien au dela des bonnes choses le masque dissimule le visage et le voile dans une pureté inégalable dissimule aussi le visage derrière l un et l autre apparait le sourire qui selon la définition est un mouvement ou expression d un visage qui sourit
GAUTIER avait laisse entendre LUI QUE LES PRINCESSES ACCUEILLAIENT LE SOURIRE AUX LÈVRES
Je saisis cette heureuse occasion pour plaider a un retour solennel des autres plumes qui avaient anime sensiblement les coins du site et ce a l image de KERYMA de MELIANI 2 COEUR de mon frère said de arbouche et une large pensée pour BRADAI qui avait continue a écrire ramenant un second souffle pour mieux respirer dans l attente de mieux s habituer aux impératifs du masque.
meskellil encore une fois merci pour tes réflexions sur des sujets qui demandent réflexion

belfedhal abderrahmane

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