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Les "Harkis" durant et après la guerre de libération

Harkis chevalLa guerre d’Algérie a été une guerre sanglante et terrible. Les algériens en ont payé le prix fort : en morts, disparus, blessés, torturés et emprisonnés, avec le cortège de souffrances qui s’ensuivait. Mais elle fut surtout une guerre de libération qui a mis fin à un système colonial humiliant et injuste. Ce système colonial, dans le cadre de l’armée française, a toujours recruté des auxiliaires afin de les utiliser dans son entreprise de conquête et de domination. C’est le cas des supplétifs qui furent recrutés un an plus tard après les évènements sanglants du nord constantinois durant l’été 1955. Ils n’avaient aucune formation militaire mais avec leurs armes ils étaient chargés de "maintenir l’ordre». Ce recrutement de "harkis" s’accélère pour devenir véritablement intensif au cours de l’année 1958 et se poursuit jusqu’ au début de 1962. Il existe 5 catégories d’auxiliaires :

  • 1/ des auxiliaires de police organisés en groupes mobiles de police rurale GMPR puis en groupes mobiles de sécurité GMS.
  • 2/ des mokhaznis destinés aux sections administratives spécialisés SAS.
  • 3/ des harkis regroupés en harkas
  • 4/ des gardes villageoises organisées en groupes autodéfense Gad.
  • 5/ et enfin des "gardiens" (Assas).

La caractéristique essentielle de tous les supplétifs et qui jouera un rôle déterminant dans leur sort en 1962 est l’aspect local de leur recrutement c’est à dire qu’ils sont affectés dans leur propre village ou en tout cas dans un rayon de 20 kms maximum autour de leur lieu d’habitation. Ils porteront donc l’uniforme français et leurs actions seront connues observées et largement commentées par des gens qui les connaissent et qui leur demanderont éventuellement des comptes en 1962. Lorsque les français partiront le sujet des conditions d’enrôlement des "harkis" ainsi que les motivations qui les ont poussés à "travailler" pour l’armée française seront au cœur des questions que leur poseront leurs compatriotes c’est à dire les maquisards descendus des maquis, soldats des frontières ou population civile. Ces éléments seront donc déterminants pour leur destin. La réponse que chacun pourra fournir à la question: "pourquoi tu es entré chez les français ?" décidera dans bien des cas de la vie ou de la mort de la personne interrogée. S’ils sont considérés et instrumentalisés comme "grands patriotes" et même "héros" par une certaine partie de français ils sont par contre, hais en Algérie et sont considérés comme des "traitres"(khabith en arabe). Que s’est-il passe pour ces 450.000 hommes et leurs familles au moment où les autorités françaises ont quitté l’Algérie ? Jusqu’à l’indépendance un grand flou règnera sur les intentions réelles du gouvernement français concernant la future nationalité des supplétifs. Dans les faits tous les "harkis" restés en Algérie ont cessé d’être français et ont perdu donc leur droit à une protection diplomatique française suite à une ordonnance du 21 juillet 1962 signée du général de gaulle et de six de ses ministres contrairement aux "français de statut civil de droit commun"(les européens et les juifs). L’attitude des algériens est différente et l’idée que tous auraient été "massacrés" a tellement été rabâchée depuis un demi-siècle qu’un vrai effort de l’esprit devient nécessaire pour tenter d’approcher sereinement la réalité historique. Il y a deux questions fondamentales / -----quelle a été l’attitude du "harki" pendant la guerre de libération? De façon générale un "harki" qui se sera illustre par son engagement à pourchasser voire à torturer les moudjahidine ou le peuple ne sera pas traité de la même façon que celui qui les renseignait secrètement ou celui qui a déserté au moment du cessez le feu en offrant son treillis et son arme aux maquisards de l’ALN. ----cette attitude était-elle connue par les habitants de son village ou de sa région d’origine ?ainsi les supplétifs affectés à proximité de leurs villages ont dû supporter des représailles bien plus violentes que les appelés ou les engagés ; aujourd’hui un demi-siècle après la fin de l’occupation française en Algérie ces hommes leurs épouses et leurs enfants apparaissent comme les ultimes victimes d’un passé colonial dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées en France. Dans l’Algérie d’aujourd’hui le harki représente la figure incarnée du sentiment de culpabilité diffus et pèse souvent inconsciemment sur les consciences d’un grand nombre de familles algériennes; un sentiment qui continuera à se transmettre de générations en générations alimentant les souffrances de tous, tant que ne sera pas reconnue la réalité de l’histoire des "harkis".

Par zethos

Commentaires (1)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 03/07/2015
Sujet épineux et toujours sensible! La tentation de mettre tout le monde dans le même sac est grande, et nous y succombons quand nos réactions émotionnelles nous dépassent parfois. L'histoire ou plus justement les histoires des harkis sont loin d’être un tout homogène et univoque, et un travail reste à faire également sur cet aspect de notre histoire. Pour certains harkis par exemple, le choix ne leur a pas été laissé : collaborer ou c’est toute la famille y compris les enfants qui y passent. Qu’aurait fait chacun d’entre nous dans de telles circonstances ? Je pense qu’on ne peut y répondre avant de s’être trouvés confrontés à une situation similaire.

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