Par amarBCH
Ramadan et Santé
Par
amarBCH
Le 30/03/2024
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Le jeûne du Ramadan l’un des cinq piliers de l’islam, est un rituel religieux associé à la prière et à l’aumône.
Techniquement notre corps entre en état de jeûne 8 H après le dernier repas. En effet, peu de temps après, notre corps se tourne vers le glucose stocké dans le foie et les muscles dans le but de continuer à fournir l’énergie. Une fois les réserves de glucides épuisées pendant qu’on continue le jeûne la graisse devient la prochaine source d’énergie. Certains types de graisse corporelle sont convertis en acides gras qui sont facilement absorbés par le sang. Les acides gras à leur tour produisent des molécules appelées cétones que le corps utilise comme source d’énergie nécessaire au fonctionnement du corps ; mais ce mécanisme ne se déclenche que très tard, proche de la rupture du jeune. Les réserves de graisses ne seront donc pas sollicitées suffisamment pour une réelle perte de poids. Elles seront reformées dès la prochaine prise d’alimentation. Ce dernier mécanisme explique donc qu’une rupture de jeune avec des aliments trop gras ou trop sucrés puissent entrainer à la longue une prise de poids, alors qu’on a l’impression de très peu s’alimenter (sensation de faim dans la journée).
Lorsque le corps commence à perdre les graisses, cela aide à perdre du poids, réduire le taux de cholestérol et diminue le risque de diabète.
Mais attention ! la baisse du taux de sucre dans le sang va entrainer une faiblesse, un état léthargique dont les conséquences possibles sont: maux de tête, étourdissement, nausée et mauvaise haleine. C’est à ce moment que le niveau de la faim est le plus élevé.
Le passage de notre métabolisme du glucose à l’utilisation des cétones contribue à améliorer le fonctionnement des processus métaboliques, à protéger les fonctions cognitives, à améliorer les performances physiques, à réduire les cas d’inflammation et à protéger contre les maladies cardiovasculaires.
Le plus difficile c’est les deux premiers jours.
Attention à la déshydratation de J-3 à J-7 : Etant donné que le corps commence à s’habituer au jeûne, les graisses se décomposent et se convertissent en sucre dans le sang. La consommation réduite de liquide pendant le jeûne doit être rattrapée sinon la transpiration peut entrainer une déshydratation. Les repas doivent contenir des proportions raisonnables d’aliments énergétiques.
Pour l’hydratation : eau à volonté, soupes, bouillons (types chorba, harira, …), infusions, tisanes.
Eviter ou consommer avec modération : soda, jus, café, thé.
L’habitude prend le dessus de J8-15 et on commence à ressentir une amélioration de notre humeur au fur et à mesure que notre corps s’adapte au jeûne.
De J 16 à la fin, le corps s’est complètement adapté au jeûne. Le colon, le foie, les reins et la peau sont en plein cure de détoxification.
Choisir un alimentation saine :
• Iftar :
- Boissons pour l’hydratation
- Dattes, figues ou autres fruits
- Pain, céréales, semoule pour caler l’estomac jusqu’au prochain repas.
On peut ajouter un repas 2-3 h après ce premier repas (soit après la prière de Tarawih).
• Souhour :
Il est recommandé de consommer des fruits, des sucres lents et des céréales complètes pour tenir toute la journée.
Attention !!!
- Ne pas se jeter sur les pâtisseries et les sucreries. Même en grande quantité, elles ne combleront pas la faim et perturbent l’organisme.
- Eviter les repas trop copieux.
- Il faut se prémunir d’une exposition prolongé au soleil.
- Les personnes à risque doivent suivre les recommandations de leur médecin.
Le jeûne du Ramadan contribue au maintien d’une bonne santé au même titre qu’une alimentation saine et l’exercice physique. Pratiqué correctement, il devrait permettre de refaire le plein d’énergie chaque jour, ce qui signifie qu’on peut perdre du poids sans que le corps ne brûle des tissus musculaires précieux. Pour garder ce régime, il est conseillé de jeûner épisodiquement même après le ramadan pendant quelques jours par semaine
Même dans la nature, les animaux cessent instinctivement de manger quand ils sont blessés ou malades dans le but de reposer, détoxiquer et régénérer l’organisme.
Bon Ramadan
Fête des mères
Par
amarBCH
Le 28/05/2023
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Aujourd'hui 15 Mars, c'est l'équinoxe de Printemps et le jour et la nuit sont égaux en longueur. A ce propos un dicton dit '' quand le cerisier (ou le pêcher) est en fleurs le jour et la nuit sont égaux en longueur. '' Historiquement les arabes en général fêtaient la journée des mères à l'équinoxe de Printemps qui aurait eu lieu théoriquement ce jour, mais devrons patienter jusqu'au 31 Mai pour la journée officielle.
Bonne fête à toutes les mamans.
Ennayer
Par
amar20J51
Le 19/01/2021
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Le calendrier berbère est issu du calendrier Julien, mais il n’en a emprunté à ce calendrier que la division de l’année en 12 mois et la dénomination de ses mois. Les rites ; les croyances et l’esprit de ce calendrier sont berbères. C’est un calendrier agraire que les paysans emploient pour leurs travaux.
Un décalage de 13 j est signalé entre le calendrier agricole berbère et le calendrier universel. Exemple : le printemps commence le 28 Février équivalent au 15 febraier et ainsi pour le reste.
Le mois Yennayer (Janvier calendrier Julien) est le point critique de l'année par excellence car il marque la séparation entre deux cycles solaires, aussi est-il appelé « la porte de l'année ».
C'est le moment où les provisions amassées pour l'hiver tirent à leur fin. Dans bien des régions montagneuses ce mois est placé sous le signe de la parcimonie sinon de la famine.
C’est un moment de convivialité familiale et les rites rencontrés sont les mêmes d'un bout à l'autre de l'Algérie et présentent bien peu de variantes entre les populations. Ils peuvent être ramenés à quatre idées principales : écarter la famine, présager de l’année à venir, consacrer le changement de cycle et accueillir sur terre les forces invisibles représentées par des personnages masqués.
I. Rites d'Ennayer
Les rites destinés à écarter la famine comprennent essentiellement un repas aussi copieux que possible servi tard dans la nuit avec, selon les usages locaux, la coutume de faire manger les enfants un peu au-delà de leur appétit. Ce rite est une gloutonnerie de bon augure plaçant la nouvelle année sous d'heureux auspices, Les aliments servis sont souvent les mêmes que ceux servis à l'occasion des labours : leur place à ce moment de l’année apparaît d'autant plus riche de signification que. d'une façon générale l’entrée du nouvel an d’ Ennayer marque la fin des labours et le milieu de la phase humide du cycle annuel.
Le jour qui précède Yennayer, soit le 12 janvier reste le plus important. La veille donc de cette fête, le repas est frugal. Le plus souvent on prépare berkukes, boulettes de semoule pétries avec de l’huile, des épices et de la menthe cuites dans la marmite dans un bouillon léger de fèves et de pois-chiches afin que l’année soit « verte et blanche», c'est-à-dire heureuse ou encore Chercham : un délicieux mets très simple avec un minimum d’ingrédients composé de fèves, pois chiche et blé dur que nous faisons tremper la veille et agréablement parfumé de cumin. Analogue à celle qui est servie au repas des labours.
La maîtresse de maison est la responsable de l’intendance et c’est elle qui détient la clé de «la chambre à provisions». L’expression «veiller au grain» prend ici toute sa signification.
C’est l’occasion de déployer son savoir-faire en cuisine. Carte blanche est donnée à la cuisinière d’utiliser ce que bon lui semble pour réussir, le «dîner de Yennayer». Ce diner doit comporter au moins sept variétés d’ingrédients secs : tomates séchées, pois chiches, fèves, lentilles, haricots blancs, haricots à l’œil noir, pois cassés.
Le poulet est de rigueur. Pour les nantis il est même recommandé d’égorger un poulet par personne : un coq pour l’homme ou un garçon et une poule pour la fille ou la femme. La femme enceinte doit bénéficier d’un couple : un coq et une poule pour ne pas vexer l’enfant qui attend de venir au monde. Sont à l’honneur les plats à base de semoule. Couscous bien sûr et autres berkukes (gros plomb un couscous avec un grain plus gros). Les crêpes, les beignets et d’autres plats à base de légumes secs sont servis largement assaisonnés d’huile d’olive de l’année de préférence. Les aliments trop salés ou amers doivent être évités absolument car dit-on l’année nouvelle aura les saveurs du repas de Yennayer !.
Par exemple, il est recommandé de beaucoup manger a ce repas afin de pouvoir satisfaire sa faim le reste de l’année. A cette occasion, au moins à l'un des repas des trois jours de fête, les citadins mangent des beignets ou « sfendj; », du poulet et des fruits secs et frais : les enfants en particulier doivent manger à satiété des fruits secs : noix, amandes, cacahuètes, noisettes, pignes et dattes ; remplacés actuellement par des confiseries. Le plat de friandises que partage la famille ce soir-là porte le nom de Traz: il se compose de fruits secs et de beignets avec un pain appelé « goraissa » dans lequel est placé un œuf. Les femmes disent aux enfants de manger beaucoup ce soir- là sinon Al Hadjouza del ennayer» — la vieille de janvier — viendrait leur ouvrir le ventre pour le remplir de paille, de foin et de son : ce qui est une façon symbolique de dire que si l’on ne mange pas des aliments de choix cette nuit de présages, on risque de devoir faire maigre chère l’année durant.
Le trez, assortiment d’amandes, noisettes, fruits secs et bonbons, est l’une des traditions les plus connues – et les plus prisées – de Yennayer. S’il est difficile de savoir à quand remonte la tradition, il apparaît tout au moins qu’elle existait déjà à l’ère andalouse. C’est en parcourant le recueil du grand poète populaire andalou Ibn-Quzman (1078 - 1160), Cheikh el-zajjalin (le prince des poètes populaires), comme on l’appelle, qui a vécu à l’époque almoravide, que nous sommes tombés sur ce texte curieux, où le poète, comme s’il se promenait dans le souk de Cordoue, sa ville natale, un jour de fête, nous décrit, le spectacle étonnant des marchands étalant, exactement comme de nos jours, fruits secs, gâteaux et autres friandises.
Il s’agit bien ici, dans cette première partie du texte (qui en compte trois : une description réaliste de la fête, une description métaphorique et un éloge personnel à un notable cordouan), de la fête de Yennayer, comme annoncé dans le vers introductif du zajal n°72 : «On pétrit (la pâte de) la brioche et les (cornes de) gazelles se vendent, se réjouit de Yennayer celui qui a de l’argent.»
Le poète, quoique désargenté, ne boude pas son plaisir devant le spectacle alléchant des étals joliment disposés qui s’offre à lui et ne se lasse pas de s’extasier devant l’art consommé de la présentation, nous dirions aujourd’hui merchandising, dont font montre les marchands cordouans. Et il a cette belle formule oxymorique pour décrire ce qu’il voit : «Eparpillement organisé, dispersion rassembleuse» (techtiten menadham, tefriq ijtimaa).
Ne s’agit-il pas du fameux «traz» ou «mkhallat» encore en usage chez nous ? Probablement, car nous retrouvons déjà chez Ibn-Quzman quasiment tous les ingrédients connus de ce mélange typique de Yennayer : amandes, châtaignes, dattes, noix, noisettes (jillaouz), glands, raisins secs, figues, prunes (‘ayn el-thour), limon (tronj), citron. Et, pour couronner le tout, il faudrait y ajouter, écrit-il, le palmier-nain (doum) et la canne à sucre !
Ces friandises sont présentées, semble-t-il, sur des tables basses (meïdas) et la reine de la table, proclame le poète, c’est le pain brioché, qui porte le nom, emprunté à la culture juive (selon l’arabisant dialectologue espagnol Corriente, spécialiste de l’arabe andalou, qui a édité le recueil dont nous sous sommes servi) de «halloun», «hala» (prononcé en hébreu «khala, pluriel «khalot») étant le nom de ce pain brioché tressé préparé par les israélites à l’occasion du shabbat. Voilà, peut-être là un ancêtre probable de notre fameuse brioche (mouna oranaise empruntée aux Espagnols chrétiens qui la consommaient à Pâques) que certains décorent avec un œuf ?
La tradition veut aussi que le benjamin de la famille soit installé dans un grand récipient en bois appelé «gass3a», «midouna» ou encore «jafna » à Alger, qui est un grand récipient en «alpha» où un mélange de bombons, dit « drezz » ou un mélange de fruits appelés « Djraz » soit délicatement déversé sur lui toujours en présage d’opulence future : les superstitions étant très importantes pendant l’antiquité.
Enfin, exceptionnellement, il sera déconseillé de débarrasser la table cette nuit-là…Toutes les familles laisseront sa part à «3jouzate Ennayer» (la vieille de Yennayer) qui passera pendant la nuit… Le rituel de Yennayer est aussi accompagné de la première coupe de cheveux pour les petits-enfants en leur préservant quelques mèches au dessus du front. Dans la soirée, on veille un peu tard pour accueillir le nouvel An amazigh. Ce qu’il y a lieu de retenir de cette fête et lui reconnaître au-delà de ses origines aussi discutables qu’incertaines, c’est d’abord que «Yennayer» semble avoir réconcilié les Algériens avec leur identité amazigh, mais aussi, pour réunir toute la famille autour d’un repas convivial et une ambiance chaleureuse, chose qui ce fait occasionnellement hélas !
Dès que le repas est terminé, la maîtresse de maison demande à chacun s'il a bien mange, à quoi tout le monde répond : « nous sommes rassasiés ».
Les génies gardiens participent aussi au repas familial, les humbles génies de la maison présents dans le seuil de la porte, les pierres du foyer, le métier à lisser et le moulin de pierre. Ils reçoivent leur part de ce festin que partagent des gens dont les provisions sont à la veille d'être épuisées :
Nous avons déjà remarqué la présence de ces aliments dans les rites liés à la fécondité et à l’abondance du labour et du mariage. Les membres de la famille et surtout les enfants ne doivent pas tout consommer. Les parents menacent les tout-petits de la venue d'une ogresse «'Hadjouzat ennayer» — la Vieille de Yennayer — à laquelle il faut laisser un peu de nourriture sur les pierres du foyer.
La légende raconte que les enfants, en se réveillant le lendemain ne se rendent compte de rien mais auront toujours froid tout au long de leur vie sans pouvoir se réchauffer, car ils auront une peur bleue de l’âtre. C’est peut être de là que vient le proverbe largement répandu qui dit: « lli fi kerchou tben ikhaf min ennar ».Littéralement : «celui dont le ventre est plein de paille a peur du feu» ! On rencontre en français une expression similaire : ‘’ avoir la peur au ventre ‘’.
Le châtiment est donc la crainte de perdre le bienfait du feu ! Nous retrouvons cette légende dans la culture populaire, même chez les citadins !
Dans les bourgs, à défaut des trois pierres du foyer que possèdent toutes les maisons paysannes, la part de l'invisible est souvent laissée à la cuisine. Quelquefois, de plus en plus maintenant, se greffe un élément qui semble emprunté aux traditions populaires du Noël chrétien : les enfants déposent la part de l'invisible, la part de la Vieille de Ennayer, en espérant trouver à la place le lendemain matin des jouets et des friandises ; don laissé par « Hadjouzat ennayer — la vieille.
La maîtresse de maison prépare de petites couronnes de pâtes surmontées d'un œuf appelées localement « Goraissa », en nombre égal à celui des enfants de ta maison. On recommande aux enfants de garder dans le plat commun, la part de la Vieille de Ennayer ; quitte à se priver eux-mêmes, car sinon elle risquerait de leur ouvrir le ventre. Pour éviter cet accident, les enfants mettent leurs friandises dans de petits sacs qu’ils portent suspendus à leur cou.
Chez les montagnards, les enfants portent des colliers de figues, de grenades et de noix dont, le pendentif est constitué par le gâteau, qui n'est pas une simple friandise mais un substitut de l'enfant offert aux dangereuses forces invisibles en liberté cette nuit-là et que symbolise la Vieille de Ennayer.
Le père choisit le nouvel an d’ Ennayer qui suit la naissance d'un garçon pour effectuer la première coupe de cheveux. Devant les très proches parents, il coupe sur la tête de son fils quatre mèches : sur la tempe droite, la tempe gauche, le front et la nuque. Pour cette circonstance, la mère prépare un couscous à la viande et aux fèves que les alliés et les parents viennent partager et dont une part est offerte aux pauvres et aux mendiants, messagers de l 'Invisible.
II. Les présages de l'année à venir :
1- Les quatre écuelles
La maîtresse de maison prend quatre petites marmites de terre cuite. Elle dépose dans chacune d'elles un gros morceau de sel gemme et les aligne ensuite sur le toit. La première marmite représente le mois de janvier — ennayer — , la seconde, février — chebrayr — , la troisième, mars — meghres — , la quatrième, avril — ibrir. Le lendemain elle augurera de l'humidité de chacun de ces mois, si importants pour la culture, d'après la façon dont le sel de chaque marmite aura fondu a la rosée.
2- Les quatre marmites
Chacune représente une saison elles sont placées sur le toit de la maison durant la nuit de Yennayer. Dans chacune on pose une boule de pâte et du sel, dans d’autres régions on y mettra des pois-chiches ou autres légumes secs. L’exercice consistera à déceler l’humidité de chaque saison et de là sa richesse. Le légume sec qui aura abondamment gonflé sera le gagnant et suivant la position de la marmite on sait de quelle saison il s’agit.
Beaucoup de grand-mères se réveillent la nuit pour inspecter les marmites avant les autres et vont jusqu'à tricher en ajoutant un peu de levure pour l’automne et l’été.
3- Boules de pâte et sel
Les boules cette fois sont au nombre de douze et chacune va représenter un mois de l’année. Le but est le même qu’avec les quatre marmites. Il va falloir guetter le comportement du sel et de la pâte : y aura-t-il interaction ? La boule de pate aura-t-elle pris tout le sel ou restera-il beaucoup de cette substance qui, dans ce cas précis, comme dans d’autres, représente l’argent. C'est le maître de maison, qui, au matin, présage de l’année à venir d'après l’état des cristaux de sel.
Si une boule attire vers elle tout le sel qui est mis de son côté alors ça voudra dire que ce sera un mois de dépense… peut-être une maladie ? Dira la mauvaise langue. Non ce sera un heureux événement, pourquoi pas le mariage du cadet, la circoncision du plus petit ou…
4- Lecture sur crêpes
Une face de la crêpe est présentée au feu. Elle prend des couleurs et il y a des formes qui se dessinent sur sa surface. Une condition est à observer pour ne pas brouiller la lecture : il faut que tout le monde soit assis sinon on ne verrait que les souliers de ceux qui sont debout.
Assis autour de l’âtre, on procède à la cuisson de la première crêpe qui est destinée à la maîtresse de maison. Est-elle trop grillée donc noirâtre, trop blanche, mélange des deux ? On dira que la maîtresse de maison a le cœur de sa crêpe ! Des motifs sont-ils dessinés sur cette face ? À quoi ressemblent-ils ? La forme du soulier est synonyme de départ vers une autre maison ! Un déménagement, un mariage ?…
À Miliana, le soir d' ennayer. La maîtresse de maison ne doit pas ceinturer d'un linge, comme elle le fait d'habitude, la marmite et le couscoussier superposé destiné à la cuisson du couscous : si elle le faisait ce soir-là « l’année serait fermée ».
Le linge qui entoure la marmite à cuire le couscous est le symbole même de l'arrêt de toute fécondité.
III. Les jours de la Vieille
La jonction entre les deux années est une période critique, si les rites que l'en trouve ne varient que bien peu d'une région à l'autre de la Méditerranée, le moment même de cette période est incertain. Nous avons vu que les rites de changement de cycle marquent une certaine hésitation suivant les régions entre hiver et printemps, aussi nous verrons que les jours critiques de ce changement varient quant à leur incidence exacte d'une région à l'autre, entre décembre et janvier, janvier et février, mars et avril et même quelquefois avril et mai,
Mais, dans celte incohérence chronologique apparente, un élément reste stable : le scénario du drame mythique qui a donné son nom aux « jours de la Vieille ».
1. Certains considèrent qu’il y a plus coïncidence entre la période critique des jours de la Vieille et le début de l'année et lui confère le nom « hadjouza — la vieille ». C’est, disent les paysans, le nom d'une vieille femme qui fut enlevée par la crue d’un torrent avec les chèvres qu'elle gardait.
2. Certains paysans connaissent la Vieille * Hadjouza * mais en situent l'incidence à la Mi-Ennayer, soit la fin de Janvier. Elle n'était pas sortie depuis le début de l’hiver par crainte du froid; mais, tentée par une journée ensoleillée, elle emmena paître son veau en disant : ‘’ je t'ai trompé Ô Ennayer. Je t'ai doublé avec mon veau ‘’. Ennayer irrité demanda à l’hiver une recrudescence de froid : une tempête de pluie et de neige survint qui fit périr la Vieille et son veau.
3. Nous retrouvons une histoire analogue qui se situe à la fin de Ennayer. Cette fois la Vieille avait une vache et un veau et barattait son lait pour en faire du beurre dans l'outre « la.chekoua », rythmant ses mouvements sur un chant improvisé : Ennayer est sorti en bien. Je l’ai échappé belle’’. Ennayer l'entendit et demanda à soit cousin Fourar de lui prêter un jour, puis le prêt accordé, il déchaîna un orage. La rivière gonflée emporta la Vieille jusqu'à la mer où elle se noya, elle, sa vache et son veau.
Ce jour-là — le jour de l'emprunt — les paysans ne sortent pas et ne laissent pas non plus sortir leur bétail. Il est rare, disent- ils, qu'un violent orage ne vienne pas rappeler le châtiment infligé par Janvier à la vieille.
A la fin du mois de janvier, tout propriétaire bœufs va dans son étable avant le lever du soleil et crie trois fois dans l'oreille droite de chaque animal : « bonne nouvelle! Yannyer est fini *,
Pour expliquer cette coutume, les paysans disent que les bœufs sont sujets à toutes sortes de maladies pendant le mois de Yannayer. Au temps où ils paissaient, ils ont promis que tout homme qui leur annoncerait la fin de Yannayer et de leurs maux aurait d'eux en retour la nouvelle qu'il irait au Paradis.
Noms francisés
Par
amarBCH
Le 21/07/2020
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Suite à une lecture d'une revue ''Cahiers Nord-africains'' N°99 Nov-Dec.1963, mon attention a été attirée par la francisation de noms algériens, dont voici une liste de « francisations » que, sans expliquer chacune l'on s'est borné à relever. Les traductions ont été notées par (t).

Occupation de Miliana le 08 Juin 1840
Par
amarBCH
Le 03/06/2020
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1. Un peu d’histoire, . . .
Après la prise d'Alger en 1830, Moulay Abderrahmane (1822-1859), le Roi du Maroc revendiqua la possession de Miliana et y installa un de ses officiers nommé Mohamed Echergui qui dû promptement l'abandonner.
Les Français se heurtent à la résistance de la population qui a fait allégeance à l’Emir Abdelkader.
En 1831, Hadj Mahieddine Esseghir Sidi Embarek descendant du saint patron de l’antique famille des marabouts de la zaouia de Koléa fondée au XVIIème siècle par Sidi Ali Embarek ; était cheikh de la zaouïa dans cette ville au moment de la prise d’Alger par les forces Françaises. Il est nommé Agha des Arabes, pour donner aux Algériens une représentation politique face à la situation nouvelle causée par la prise d'Alger par les troupes françaises l'année précédente. Mahieddine pose pour condition que les militaires français ne sortent pas d'Alger. Tout changea avec la nomination du duc Savary de Rovigo et les massacres perpétrés par ce dernier à la moindre résistance des tribus arabes. Ce contrat n'est cependant pas respecté et rompu : la tribu d'El-Aouffia est exterminée près de Maison Carrée (El Harrach). Il déclare alors la guerre aux Français.
Le premier combat contre l'armée coloniale se déroule à Boufarik, dans la plaine de la Mitidja, le 2 octobre 1832. Défait, il se retire chez les Hadjoutes, puis à Miliana. Il rencontre pour la première fois l’émir Abdelkader en 1835 à El Attaf-Oued chlef et accepte de faire alliance avec ce dernier.et accepte le « khalifa », gardant autorité sur l’algérois et le Titteri, avec Miliana pour capitale. Les troupes d’Abdelkader et Hadj Mahieddine vont devoir combattre ensemble les troupes d’un chérif nommé Hadj Moussa, qui a pris l’initiative de lancer une nouvelle guerre sainte depuis Médéa. Leur alliance va obliger les français à combattre sur deux fronts : l’Algérois et l’Ouest.
Le traité de paix de Desmichels garantit à l’émir Abdelkader de prendre possession de Miliana à partir de 1835 où il fut accueilli chaleureusement par la population et les notables de la ville. En Avril 1835 l'émir Abdelkader fit son entrée à Miliana, qui installa un califat dont il confia l'administration de la ville à Cheikh Mahieddine Esseghir .
En 1836 Hadj Mahieddine est au faite de son pouvoir. Cependant est réapparu en Algérie comme gouverneur général le maréchal Bertrand Clauzel, qui va infliger de lourdes défaites à l’émir Abdelkader. Pour compenser ses revers en Oranie l’émir revient à Médéa en 1937 et installe son frère Mustapha. Finalement il signe un nouveau traité -Traité de la Tafna –le 30 Mai 1837de paix avec le général Thomas Robert Bugeaud, le 11 juillet 1837, Hadj Mahieddine est emporté par le choléra à l’âge de 48 ans , peu après la signature du traité de la Tafna. Son corps repose depuis dans la mosquée de Sidi Ahmed Ben Youcef à Miliana. Son neveu Mohammed ben Allal lui succède en qualité de khalifa pour tout l'Algérois.
Mohammed Ben Allel, né en 1810, est une figure centrale de la résistance à la conquête de l'Algérie par la France. Il reçoit l'enseignement religieux de la tradition du soufisme et est éduqué par son oncle El Hadj Mahieddine Es S'ghir ben Embarek. Au côté de ce dernier, il participe en octobre 1832 au combat de Boufarik, premier affrontement d'envergure contre l'armée française depuis la Prise d'Alger en juillet 1830. Il est ensuite capturé et gardé prisonnier à Alger pendant deux ans. Durant sa captivité, il fait la connaissance de Lamoricière, alors chef du bureau arabe de l'armée française. À la suite de la signature du traité Desmichels entre Abdelkader et le général Louis Alexis Desmichels, il est libéré en 1834. Mais la paix ne dure pas et Mohammed Ben Allel participe à plusieurs combats contre les Français aux côtés de son oncle dans la plaine de la Mitidja et le Titteri. Il avait à sa disposition 10 440 combattants. Il se vit attaqué et pillé par la tribu de Soumata et quand il voulut entrer à Médéa les habitants ne consentirent à le recevoir que sans escorte.
L’Émir y édifia plusieurs ouvrages dont le siège de son califat et une manufacture d’armes. Le 17 février 1939 : L'Emir Abdelkader Ibn Mahieddine, accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Miloud Ibn El Arach, rencontre à Miliana l'envoyé spécial et gendre du Maréchal Valée, le colonel Desalles pour entamer des discussions sur l'éventualité d'une modification à apporter à la convention de la Tafna.
A la reprise des hostilités, en novembre 1839, Ben Allel est à la tête de la cavalerie régulière qui dévaste les implantations françaises de la Mitidja. Mais après les défaites de Oued El Alleug (31 décembre 1839) et du col de la Mouzaïa (10 mai 1840), suivies de l'évacuation de Miliana, il se replie dans l'Ouarsenis, d'où il harcèle les colonnes françaises qui occupent la vallée du Chelif.
La ville de Miliana est occupée le 8 Juin1840 par les troupes du maréchal Valée, mais la garnison est assiégée à plusieurs reprises par Ben Allel et les tribus locales. Des renforts furent alors dépêchés d’Alger par le maréchal Bugeaud pour approvisionner les assiégés.
En mai 1841, il négocie avec Antoine-Adolphe Dupuch, évêque d'Alger, un important échange de prisonniers qui provoque la colère du général Thomas-Robert Bugeaud, nouveau gouverneur général d'Algérie et partisan d'une guerre à outrance.
En 1842, le général Thomas-Robert Bugeaud tente d'acheter la soumission de Mohammed Ben Allel par la restitution de toutes ses terres, mais ce dernier décline son offre par une lettre cinglante.
Lors de la prise de la smala de l’émir Abdelkader par le duc d'Aumale le 16 mai 1843, toute la famille de Mohammed Ben Allel est faite prisonnière et internée sur l'Île Sainte-Marguerite au large de Cannes. Il leur écrit : « Pour ce qui est de me rendre près de vous chez les infidèles afin de mettre un terme à votre captivité, n'y songez pas ! Vous m'avez dit d'aller à vous, et moi je vous réponds : Oui, sans doute, rien ne nous est plus cher ici bas que les auteurs de nos chose jours, nos frères, nos proches, nos enfants. S'il s'agissait de vous racheter avec de l'argent ou au prix de ma vie, je le ferais ; mais me rendre chez vous, parmi les chrétiens, est une démarche que réprouve la loi de Dieu et de son prophète : ce serait les quitter tous les deux pour aller aux impies. J'espère que je ne ferai jamais pareille chose».
Rejeté par la puissante armée du général Thomas-Robert Bugeaud dans l'ouest de l'Algérie, aux confins du Maroc, il trouve la mort à la tête de 700 cavaliers dans le combat de l'oued El Malah, le 11 novembre 1843 dans le combat qui l’a opposé aux forces d’agression du général Tempour.
Tué d’un coup de fusil puis décapité, sa tête fut exposée à Miliana et Alger pour démoraliser la résistance de la population. Ensuite un officier de l’armée coloniale, fut chargé de remettre la tête à sa famille à Koléa. Son corps n’a jamais été retrouve ; seule sa tête est enterrée dans le mausolée familial de Koléa. À ce martyr aussi redouté que respecté, Bugeaud fait rendre les hommages militaires en 1847.
Les troupes françaises incendient la cité de Miliana en 1844 pour déloger les partisans de l’émir. L’empereur Napoléon III vint en visite à Miliana en 1865.
Le souvenir de Ben Allel se perpétue par la tradition orale, en particulier dans les régions de Koléa et de Miliana où un village porte son nom.
En 2011, le premier livre consacré à ce héros négligé mais incontournable de la résistance à la conquête française est publié aux éditions du Tell de Blida sous le titre « la tête dans un sac de cuir ».
2. Récit de la prise de Miliana :
« Dès le 4 juin, l’armée française était de nouveau en campagne. D'après des informations qui paraissaient au moins probables, l’émir Abdelkader aurait divisé ses forces et renvoyé même une partie de ses réguliers à leurs dépôts pour se refaire; il ne serait resté que le bataillon de Barkani devant Médéa, celui de Sidi-Mbarek à Miliana et celui de Ben-Tami à quelque distance de cette ville, au pont du Chélif. C'était à Miliana qu'en voulait le maréchal Valée. Il partit le 4 de Blida, traversa la plaine Hadjout, bivouaqua le 5 à Karoubet-el-Ouzri, sur le territoire des Beni-Menad, qui, le lendemain, pour lui avoir cherché noise, virent brûler leurs moissons, passa le défilé de Chab-el-Kêta et s'arrêta, dans la soirée du 6, au confluent de l'Oued-Hammam et de l'Oued-Djer. Le 7, l'armée rejoignit au marabout de Sidi-Riar le chemin direct d'Alger à Miliana, remonta la vallée de l'Oued-Adelia, franchit sans difficulté le col du Gontas et descendit dans la plaine du Chélif. Pendant la nuit, la lueur d'un grand incendie éclaira de ses reflets rougeâtres les sommets du Zaccar, et, le jour venu, des tourbillons de fumée servirent à la colonne de repère et de guide dans la direction de Miliana livrée aux flammes.
Suspendue au flanc méridional du Zaccar qui lui prodigue ses eaux bienfaisantes, la ville est reliée à la plaine du Chélif, qu'elle domine de très haut, par un couloir à pente roide au fond duquel court, pendant près de 10 Km, l'Oued-Boutane rapide et limpide. C'est au marabout de Sidi-Abdel-Kader qu'est le seuil du défilé. C'est de là que le maréchal Valée fit ses dispositions pour aborder la ville et combattre l'ennemi, s'il était possible. Les deux brigades de la première division, composées, l'une des zouaves et du 2e léger, l'autre des tirailleurs de Vincennes, du 17e léger, d'un bataillon du 23e et d'un bataillon du 24e de ligne, avaient pour chefs les colonels Changarnier et Bedeau. A ces deux brigades était confiée l'action de vigueur; la seconde division, formée du 3e léger, d'un bataillon du 1er de ligne, du 48e et de la légion étrangère, demeurait en réserve, ainsi que le 1er régiment de chasseurs d'Afrique, le 1er régiment de marche et les gendarmes maures. A l'ouest de la ville, sur un plateau, on apercevait un bataillon de réguliers et trois petites pièces d'artillerie que le feu d'une section de campagne eut bientôt fait disparaître; à part quelques groupes de cavaliers qui se tenaient en observation sur les hauteurs, le gros de la cavalerie arabe était massé dans la vallée du Chélif.
La première brigade par les crêtes de droite, la seconde par les crêtes de gauche, avançaient lentement, réglant leur pas sur le convoi qui gravissait péniblement la pente accidentée du vallon. Quand elles arrivèrent à portée de l'ennemi, les réguliers les honorèrent d'une salve, puis firent demi-tour et se mirent en retraite par le chemin de Cherchel. Le premier soin des troupes, après leur entrée dans Miliana, fut de courir aux incendies ; l'eau ne manquant pas, elles en eurent assez facilement raison ; mais c'était une désolation que celte ville aux maisons croulantes, aux ruelles encombrées de ruines. Au dehors, dans le ravin de l'est, les ingénieurs à la solde d'Abd-el-Kader avaient commencé l'établissement d'une fonderie et d'une forge à la catalane. Pendant trois jours, le maréchal fit réparer les brèches de l'enceinte, construire en avant des jardins quelques ouvrages défensifs, et approprier pour le logement des troupes les maisons les plus habitables. Deux mosquées furent occupées, l'une par l'hôpital, l'autre par le service des vivres. Après celte installation hâtive, la garde de la place fut confiée au lieutenant-colonel d'Illens, du 3e léger, avec un bataillon de son régiment, un bataillon de la légion étrangère et deux détachements du génie et de l'artillerie; l'effectif de la garnison était de 1,236 hommes.
Le 12 juin, le corps d'armée quitta Miliana; comme d'habitude, il fut sérieusement inquiété au départ. Les réguliers avaient reparu; il y en avait trois bataillons et beaucoup de Kabyles; l'infanterie des colonels Changarnier et Bedeau repoussa leurs attaques, et lorsque la colonne eut débouché dans la vallée du Chélif, la cavalerie ne s'épargna pas. Deux belles charges furent poussées par le commandant Bouscaren, à la tête des gendarmes maures, et par le commandant Morris, à la tête des chasseurs d'Afrique. La perte de cette journée fut de quatorze morts et de cent dix blessés. Le soir, le bivouac fut établi sur les deux bords du Chélif, au gué de Souk-el-Arba. Selon les ordres du maréchal, l'arrière-garde avait brûlé tous les gourbis, toutes les moissons sur son passage. Constamment observé, mais à distance, par la cavalerie arabe, le corps d'armée traversa, le 13, la plaine des Djendel et les ravins des Ouamri, passa, dans la matinée du 1 4, en vue de Médéa, et bivouaqua, l'après-midi, au bois des Oliviers. »
Bibliographie : Les commencements d’une conquête. L’Algérie de 1830 à 1840 par Camille Rousset
