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Retour dans mes Souvenirs

Par Safia BELHOCINE

Bonne Fête Mamans!

 

 

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A l'instar de tous les évènements tels que les Aïd, le Mouloud ou la rentrée scolaire, une agitation fébrile s'emparait de toute la maisonnée.
Mais pour cette occasion particulière, notre excitation à mes frères et moi se devait d'être discrète sous l'oeil complice de mon père.
C'était à l'approche de la Fête des Mères et cela m'a laissé un goût exquis du bonheur.

L'agitation secrète commençait quelques semaines avant le jour J.
Il s'agissait alors de proposer quoi faire pour la circonstance.

Une année c'était l'achat d'une carte ou sa confection.
Dans ce cas, on s'évertuait à dessiner, peindre et colorier ou mieux encore, à coller sur du beau papier, une fleur séchée dans un livre pour l'occasion.
Une autre année, c'était le tour d'un poème écrit par mon frère et que nous lisions à ma mère avant que mon père ne le lui traduise.
Une fois, c'était une petite chansonnette.
Parfois, il s'agissait de lui confectionner un joli bouquet de roses du jardin ou de fleurs sauvages.
Une autre fois, c'était un petit mouchoir brodé discrètement mais maladroitement par moi .

Le dernier rituel consistait à aller avec mon père en ville pour acheter le fameux cadeau!
Il ne s'agissait aucunement de bijou en or ou quelque chose de faramineux.
Cela pouvait être un coupon de tissu, un beau foulard, des chaussures, un collier, une broche...

Dès que je pus faire des choix, on me confia la mission de prospecter et de faire une sélection de possibilités de cadeau.
Quel sentiment de fierté!
A deux ou trois reprises, le cadeau acheté était bel et bien ce que j'avais sélectionné dans la semaine.

Il me reste aujourd'hui cette impression de bonheur intense que nous partagions tous le jour J venu.

Il me reste aussi un très joli porte-monnaie en tapisserie que je lui avais choisi une fois et de très belles boucles d'oreilles fantaisie que nous lui avions offertes à une autre occasion et que j'arbore toujours avec beaucoup d'émotion.

Il me reste surtout l'image souriante de ma mère lorsque nous nous dirigions vers elle pour l'embrasser et pour lui dire joyeusement "Bonne Fête Maman!".

IL ETAIT UNE FOIS...II

Par miracle, des petits anges qui adoraient le jardin où ils vivaient, se mirent à planter, planter, planter, dans l'espoir de soulager le logis* malade.

Ils savaient qu'il faudrait bien du temps, mais ils étaient confiants.
Ils savaient aussi qu'il fallait faire disparaitre les fleurs multicolores artificielles qui enlaidissaient chaque recoin du logis et qui s'accrochaient même aux branches d'Or Vert.

Au fil du temps, de plus en plus de petits lutins s'ajoutaient aux premiers.

Il y en avait même qui s'étaient mis à explorer un lieu insoupçonné!
Quand ils y plongèrent, ils croisèrent mille et un objets qui n'avaient aucunement le droit d'y être.
Il fallait tous les déloger pour permettre aux vrais habitants de s'y épanouir.

Pour cela, on fit appel à des lutins encore plus déterminés que jamais.
Ils avaient pour nom "Les Eboueurs de la Mer".
Ils furent relayés par ceux qui voulaient faire de tous les ports et toutes les étendues d'eau artificielles des"Ports Bleus".
Tous savaient qu'il fallait être persévérant, courageux et même téméraire pour mener à bien cette noble tâche.

Du Jardin des Anges s'élevait un hymne à la verdure,
Du fond des mers, un chant de sirènes amoureuses de la nature.

Attirés par ces airs envoutants, d'autres lutins venaient aggrandir les groupes.


Et c'est ainsi que, bercé par ces musiques merveilleuses, le logis magique se mit à remuer doucement et à secouer la poussière qui l'empêchait de respirer...

Il remarqua les lutins qui soignaient et restauraient sa moquette , d'autres qui apprenaient l'amour de tous les "Ors" de la terre.

On s'était mis à respecter Or Bleu; Or Vert n'était plus seul; le blanc éternel reprit de son éclat et la couleur océan se filtra peu à peu.
Le gaz carbonique et l'oxygène signèrent un pacte d'équité, ce qui aida l'étoile flamboyante à atténuer ses Ultra-Violets.

 

Tous ces lutins, réussiront-ils à redonner vie à notre logis?
Réussirons-nous à redonner l'espoir et la vie?
Je crois que "OUI", pour peu que nous soyions unis.

IL ETAIT UNE FOIS...

Dans un logis magique, la moquette était verte par endroits, brune sur d'autres, dorée ou rousse un peu plus loin et d'un blanc éternel par moments. Ce qui tranchait avec la couleur océan de certaines étendues.
Le plafond, en forme de voûte, changeait de ton selon les saisons.

C'est là que vivaient des personnages en très grande amitié et solidarité.

Il y avait celui qui tombait du ciel et que l'on surnommait "Or Bleu"*. On pouvait le croiser dans les vallées quand il descendait des montagnes, dans la forêt quand il s'amusait à jaillir de sous-terre ou ailleurs.

Il se plaisait à abreuver la terre nourricière même si parfois il s'amusait à lui jouer des tours en l'inondant.

Mais sa plus belle occupation était de raffraichir son ami des forêts, "Or Vert"**. Il le protégeait surtout des flammes destructrices.
Sans Or Bleu, Or Vert n'était pratiquement rien même si ses racines empêchaient les méfaits d' Or Bleu sur l'état des sols.
Ils se complètaient.

Un autre ami, sans surnom celui ci, travaillait dans l'ombre.

Son rôle se résumait à laisser respirer tous les éléments du logis.
Toujours par esprit de complémentarité, certains prenaient l'oxygène alors que d'autres se contentaient de gaz carbonique.

Ainsi, tout le monde y trouvait son compte surtout que pour encourager cette relation fraternelle, une étoile flamboyante leur envoyait chaleur et lumière.

Malheureusement, des petit trublions, non contents de cette harmonie paradisiaque et avides de plus, se mirent à perturber cet équilibre en mutilant Or Vert , en gaspillant et polluant Or Bleu,  en produisant plus de gaz carbonique à tel point qu'un trou apparut dans le plafond, et en abimant la belle moquette.

La couleur océan se ternit peu à peu, le blanc éternel se mit à fondre, le roux et doré se sentirent esseulés et le vert perdit de son éclat.

Aujourd'hui, le logis magique est en souffrance.
Or Bleu, Or Vert  et tous les autres occupants sont malades .
Ils se contaminent les uns les autres.


Que faire pour sauver la maison Environnement ?***

BAC : STRESS A GRANDE ECHELLE : Acte I

 

Et la cerise sur le gateau!

Qu'est ce que le stress?
Il touche qui? Quand? Comment? Et pourquoi?

Ce terme est un anglicisme c'est à dire un mot emprunté à l'anglais par la langue française.
Définition :pression, conditions provoquant  de la souffrance et des perturbations de la tranquilité.(Traduit de l'anglais) 
Définition du Larousse Encyclopédique 1989 :Ensemble des perturbations physiologiques et métaboliques provoquées dans l'organisme par des agents agresseurs variés.

Cette notion a envahi l'espace scolaire depuis une bonne décennie et comme par magie elle touche tous les partenaires de cette institution à commencer bien sûr par les élèves et leurs parents.

Mais, qui parmi nous n'a pas eu la boule au ventre, des nausées , de l'angoisse à la veille de tout évènement important dans sa vie? Le trac, vous connaissez?

Comment différencier entre ce "trac" des générations précédentes et le "stress" de nos enfants?

En fait , l'introduction du terme "stress" dans notre vocabulaire a apporté quelque chose de nouveau :
Même s' il décrit peut être de manière plus précise l'état psychologique et ses retombées sur l'état physique, il en a amplifié l'effet et lui a conféré le pouvoir de contagion!

Sinon comment expliquer que ce mot soit devenu omniprésent aussi bien dans les foyers que dans les établissements scolaires? Il arrive bien souvent que les parents "stressent "plus que leurs enfants. Et souvent c'est cette atmosphère familiale qui déteint sur les enfants.
En fait, c'est un cercle vicieux dans lequel nos petits chéris se trouvent emprisonnés. A la fin, ils ont l'impression qu'il faut qu'ils "sressent" et que si ce n'est pas le cas, ils ne sont pas "normaux".

Cette histoire de "pas normaux" s'applique aussi aux parents qui ne font montre ni de pression sur les enfants, ni d'inquiétude visible. Ces parents sont considérés anormaux ou inconscients ou même irresponsables!
Ce raisonnement nous amène à conclure qu'en réalité , c'est nous qui créons le "stress" autour de nos enfants. Pire, nous le leur suggérons et l'alimentons!

Un foyer où il y a un futur candidat à un examen devrait être le foyer le plus serein , où l'atmosphère devrait être paisible et calme, protectrice et encourageante. Ne trouvez vous pas?

Et qu'est ce que nous rencontrons dans ces foyers?
La réponse est inutile! Nous la connaissons tous pour l'avoir soit vécue soit imposée à nos enfants!
Elle est tout à fait le contraire de celle décrite plus haut.

Et comment y remédier? Comment "exorciser" ce stress?

Comme pour tout mal , il y a les remèdes immédiats pour parer à l'urgence et les actions à long terme pour contrecarrer le mal définitivement.
Pour l'immédiat de cette année, il est peut être trop tard. Alors parlons du long terme.

En fait, la première mesure de prévention du stress , c'est d'éviter qu'il apparaisse!

Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais mes lectures et mon expérience d'élève, d'étudiante, d'enseignante et de maman m'ont appris que le premier facteur anti stress, c'est l'estime de soi.

 Par estime de soi, je veux dire que les enfants sont sûrs qu'ils valent quelque chose, qu'ils ont des atouts et du potentiel même s' ils présentent des manques et des défauts.C'est le rôle des parents et de l'école de la développer et de  l'inculquer aux enfants.
De plus c'est aussi à nous de leur faire comprendre que l'apprentissage scolaire et celui de la vie sont remplis d'embûches qu'ils doivent surmonter avec notre aide. L'estime de soi ne va pas sans la confiance en soi évidemment.
Ces deux caractéristiques ne doivent pas être confondues avec la prétention ou le complexe de supériorité que certains enfants se voient inculqués malheureusement.

Un autre facteur, pratique celui ci, est l'information sur les examens (leurs objectifs, leurs conditions, leurs règlements, le déroulement des corrections, celui des délibérations etc).

Le quatrième facteur, et pas des moindres, est la dédramatisation .
En effet, il faut nous rendre compte que nous bâtissons une forteresse autour de toutes les évaluations que les élèves subissent durant tout leur cursus scolaire. C'est une forteresse où ils doivent fatalement vivre entre échafauds, guillotines et bûchers pour peu qu'ils ne soient pas à la hauteur des exigences imposées à leurs frêles épaules.
Vous connaissez la suite pour avoir croisé dans les faits divers des journaux, des fugues et des suicides en fin de trimestres ou à la suite des résultats d'examens.

Si nos écoles étaient véritablement des milieux de vie, nous y rencontrerions le facteur "psychothérapie".

Les élèves en classe d'examen devraient régulièrement bénéficier de séances de relaxation jumelées avec des activités sportives, artistiques, culturelles et autres qui serviraient  de soupapes de sécurité durant les années cruciales. Rien ne vaut une demi-heure de relaxation, de discussion en groupe et d'échanges hors contenu des programmes.
J'entends déjà parler de volumes horaires et de calendrier scolaire etc. Mais croyez moi , il m'est arrivé d'arrêter le cours pour répondre à des attentes moins "pédagogiques". Le redémarrage a toujours été plus rapide et les élèves plus motivés parce que rassurés.
Rien ne vaut aussi une sortie en groupe un ou deux jours avant  le jour J. De la détente! Des rires! Du mouvement!

Malheureusement, si au niveau des établissements rien de tout ce qui a précédé n'existe ni ne se pratique, au niveau des familles, c'est la course après les cours supplémentaires durant l'année (vacances comprises) et les cours de révisions durant les dernières semaines .*

Où est la vie? Où est l'enfant en tant qu'individu avec des besoins psycho- affectifs et des spécificités?**
Nous en avons fait des machines à apprendre et à répondre à notre vision de leur scolarité.
Nous en avons fait des bêtes à subir et à souffrir de nos ambitions égoistes les concernant.

Demain ils passent le Bac...
Demain c'est la journée de l'Enfance...
Les candidats sont tous encore des enfants... que l'on a privés d'enfance...

LA TRICHE DITES VOUS? Acte II

           

 

             Les mêmes craintes aussi!

 

   Un appel à tous mes collègues enseignants 

Pendant les surveillances des examens , surveillez certains d'entre nous car il y a parmi nous certains qui n'assurent pas aux candidats les conditions sérieuses d'examen.

Ce que j'appelle conditions sérieuses d'examen c'est de préserver le calme, le silence et la sérénité durant les épreuves.
Je sais que nous savons tous que les candidats ne doivent pas être dérangés ni par nous surveillants, ni par les autres camarades candidats.

Malheureusement, il se trouve que parfois, nous sommes tentés de prêter main forte à certains d'entr'eux (membres de notre famille, enfants d'amis ,voisins ou élèves). Pour cela , on se met de connivence avec d'autres collègues pour faire circuler des informations, permettre la communication , transmettre des brouillons et j'en passe...

Heureusement que ce genre de surveillant n'est pas la majorité. Mais quand même...

Des agissements pareils perturbent les autres candidats et les déstabilisent même car ils se demandent à quoi servent toute la rigueur et le compter sur soi qu'on leur a inculqués si d'autres se voient aidés par ceux là même sensés les en dissuader et leur servir de modèle d'intégrité. Il faussent aussi toute l'objectivité de l'évaluation et l'impartialité des résultats.

Jeudi 29 Mai 2014

A l'instar de tous les acteurs du monde de l'éducation en général et ceux concernés par les examens, j'applaudis à la décision ministérielle de placarder dans les salles les règles régissant les examens, surtout le Bac.
Rien ne vaut l'information directe, claire, nette et précise. Je me demande d'ailleurs comment nous n'y  avons jamais pensé auparavant car les candidats sont en droit de savoir leurs droits et devoirs liés aux examens.

Cela me fait revenir à ce que j'ai écrit hier. Et je me pose la question suivante:
Le calme, la sérénité, le silence, la discrétion des surveillants et leur impartialité font ils partie des droits des candidats?

Je me souviens de la première fois où j'étais concernée par les surveillances du Bac! C'était pour moi un insigne honneur! Je l'avais ressenti comme un signe de confiance absolue que mes supérieurs plaçaient en moi.
Mais en dehors des directives très claires que notre Chef d'Etablissement nous avait exposées de manière exhaustive, je n'ai jamais eu le règlement (s'il en existe) entre les mains.
Cependant, dans les salles, les surveillants savaient que leur rôle était de veiller au bien-être pédagogique des candidats. Nous ne parlions pas entre nous, ne nous attardions pas entre les rangées, n'interpellions pas les candidats et surtout ne nous penchions jamais au dessus de leurs têtes.

Qu'en est il aujourd'hui?

En dehors de ma propre expérience de découverte d'un délit de fraude au Bac (il y a bien longtemps!) que j'avais signalé (ce que l'on m'a reproché !), ou celui d'un détaché copiant lors de l'examen final de promotion, ou d'avoir entendu deux collègues  de surveillance se plaindre que le troisième les empêchait de laisser les candidats communiquer , quelqu'un ma raconté que lors d'une surveillance de concours , son collègue avait remis des réponses à une candidate future enseignante...Lui a fini Inspecteur!

Trêve de constats! Et soyons pratiques!

Hormis l'information des candidats et les conditions draconiennes de surveillance,  que pouvons nous faire pour minimiser au maximum les chances de fraude à long terme?

Cela nous renvoie à  l'approche pédagogique qui prévaut et aux objectifs de notre école.*

Je serai peut-être traitée de rabat-joie, mais je considère que tant que nos élèves ne sont pas entraînés à l'observation, à la réflexion ;
tant qu'ils ne sont pas encouragés à la prise d'initiatives ;
tant qu'ils ne développent pas leur esprit de rationalité et de synthèse ;
tant que nous ne leur aurons pas inculqué la culture de l'effort et du compter sur soi ,
ils continueront (et nous avec) à essayer de frauder par tous les moyens, surtout avec l'avènement des moyens de communication actuels et qu'ils manient avec brio!

De plus, si les sujets qui leur sont proposés ne sont pas des sujets de synthèse nécessitant  toutes les aptitudes et compétences décrites plus haut, il sera inutile et inefficace de resserrer les mesures de surveillance et les sanctions en cas de triche (pour ne pas dire fraude) .

Cet article a été écrit en pensant à mon petit cousin qui a passé son examen de fin de cycle primaire hier et qui a été choqué par ce qui s'est passé pendant les épreuves...

Vos commentaires et contributions seront les bienvenus.
Merci de me lire

LA TRICHE DITES VOUS? ACTE I

       

 

      Les mêmes craintes aussi!

 

Il est une vérité que tout un chacun se doit d'admettre:
                                           La triche existe depuis que l'école existe.

Sauf qu'elle prend différentes formes selon les contextes et les générations.
La triche d'aujourd'hui est technologique! Téléphone, internet etc.

De mon temps, c'était les bouts de papiers roulés ou des réponses écrites sur les tables, trousses ou ...cuisses selon l'audace des uns et des autres..
Mais la matière où j'ai vu cette triche devenir omniprésente fut en Histoire. Cette année là a vu l'arabisation de la matière(1966-1967).Nous avions un enseignant qui partageait son heure en deux demie-heures. Il passait la première à nous raconter ce que nous devions recopier pendant la deuxième demie-heure. Nous écrivions jusqu'à attraper des crampes à la main. Les moyens de duplication n'existaient pas encore.

Bien évidemment, nous étions supposées apprendre ces leçons par cœur pour la composition. Celle ci consistait à nous donner le titre de l'une des leçons qu'il fallait réciter par écrit de A à Z.
La solution était toute trouvée pour les élèves : recopier chacune des leçons sur une double feuille et la sortir au moment voulu pour la remettre au prof!

Apparemment, cette méthode n'a pas pris trop de rides étant donné que même de nos jours, elle est pratiquée.

Et pourquoi donc?

Eh bien tout simplement parce que le parcoeurisme règne en maître dans beaucoup de matières et à tous les paliers. Même dans certaines épreuves aux examens...et même à l'université! Alors?

Il faut reconnaître qu'apprendre certaines choses par coeur aide à développer la mémoire. Mais que cela devienne une approche pédagogique par excellence...au détriment de toute activité basée sur l'intellect   (raisonnement, observation, déduction etc.)!

C'est pourquoi nos enfants se consacrent plus à planifier des tours pour la triche qu'à développer leur esprit de raisonnement, synthèse etc...Et pourtant Dieu Seul sait ce qu'ils ont comme potentiel d'intelligence!

Faisons un peu d'introspection.
Qui, parmi nous tous adultes, n'a pas eu la hantise du parcoeurisme?
Qui parmi nous n'a pas souffert pour mémoriser des pages et des pages?
Qui n'a pas vu des chérubins (les siens ou ceux des autres) se démener pour retenir des leçons?...Et les oublier juste après?

Un peu plus d'introspection.
Qui parmi nous tous peut se vanter d'avoir retenu quelque chose de tout cela ?
Alors que pour peu que nous ayons été encouragés à retenir les éléments clés de chaque leçon de manière intellectuelle, tout serait enregistré dans notre mémoire à long terme...C'est un peu ça la construction du savoir, non?

Qu'avons nous fait pour que cela change?

Devinette:
Quelle est la différence entre "triche "et "fraude"?

Merci de me lire.

LE BA BA DU BAC

LE BA BA DU BAC

Mon aîné et référence en pédagogie, Mr Ahmed Tessa en l’occurrence, a écrit un article très éloquent sur le Bac de ces dernières années.(Liberté,Dimanche 9 Mars 2014)
Il a ouvert plusieurs pistes de débat sur les tenants et aboutissants de l'examen du Bac.

Quant à moi, je voudrais m'engager sur certaines de ces pistes.

Si on revient à la valeur du Bac en tant que Visa pour l'Université, on déduit que pour prétendre à une place en Fac, un lycéen est supposé posséder un savoir, un savoir- faire et un savoir- être.

UN SAVOIR
Ce sont toutes les connaissances accumulées tout au long du cursus scolaire, dans toutes les matières et disciplines y compris de la culture générale.
Ce savoir se construit  à long terme et, pour peu que l'élève soit encouragé à l'acquérir  d'une manière active  et motivante, ce savoir peut devenir ce que l'on appelle" la connaissance".

UN SAVOIR FAIRE
Comme son nom l'indique, le savoir- faire se traduit par toutes les aptitudes que l'élève est supposé avoir développées une année après l'autre.Cela commence par l'écriture, la lecture, le calcul, le dessin etc...au primaire, pour arriver à l'autonomie, l'observation, l'analyse, la déduction et la synthèse en fin de secondaire.
Il va sans dire que tout ceci suit un lent processus, en même temps progressif , flexible et accumulatif.
Il va sans dire aussi que ces aptitudes sont les pré requis pour n'importe quelles études, universitaires ou autres.

UN SAVOIR ÊTRE
Ce que j'appelle savoir - être c'est comment un élève se comporte par rapport au savoir que l'école est sensée lui prodiguer (ou mieux encore l'aider à acquérir). En fait, cela présuppose des règles déontologiques qui régissent tous les processus d'apprentissage.

Entr'autres règles:

Que l'on apprend pour notre bien.
Que l'on apprend aussi par ses erreurs.
Qu'il n'y a pas de honte à dire "Je ne sais pas.".
Qu'il n'y a surtout pas de honte à chercher à savoir.
Qu'il ne faut jamais rester dans le doute.
Qu'il faut toujours aller à l'information.
Que le mot Études rime avec Efforts.
Que Réussite rime avec Rigueur.
Qu'il faut assumer ce que l'on sait/fait ou ne sait/fait pas, sans subterfuges ni détours. Ce que l'on appelle "l'honnêteté intellectuelle".

Ce n'est pas un tableau exhaustif des compétences intellectuelles et morales dont chaque futur bachelier se doit de faire preuve, mais juste un aperçu auquel il faudrait ajouter le SAVOIR VIVRE.

J'ai l'impression que je suis en train de décrire un système scolaire irréel car à bien y réfléchir, on ne peut pas ne pas se poser les question suivantes:

Notre École est -elle propice à ce genre d'apprentissages?
Fournit-elle ce genre d'étudiants à l'Université?

Questions ouvertes.....

BAC 2014

Le bac approche et les mêmes réflexes réapparaissent:

Le Bac est dans 29 jours et déjà les élèves ont déserté les classes.

Certains sélectionnent les cours auxquels ils veulent continuer à assister, d'autres ne viennent plus du tout!
C'est un nouveau phénomène...

Quand vous croisez l'un d'entr'eux , il se débine derrière des excuses flagrantes et finit par vous avouer que ses parents lui paient des cours de révisions...

Nos enfants, sont-ils à ce point incapables de s'assumer? Sont-ils à ce point dépendants d'une tierce personne pour pouvoir faire quoi que ce soit?

Des cours en cours d'année, nous voilà aux cours des révisions!...

... A quand les cours des cours de Fac?

Il parait que cela se fait déjà!

Mon Dieu!...

ELLE M'A PRISE DANS SES BRAS!

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La première fois que je l'ai vue, elle tronait dans un écrin de verdure.

Les neuf kilomètres qui serpentaient à travers les vergers de Zouggala me semblèrent interminables vue l'impatience de voir cette ville dont mon père nous avait dressé un portrait plutot attirant.
Il ne croyait pas si bien dire!


L'écrin de verdure ne l'entourait pas seulement! Il la traversait de part en part!
Les arbres lui faisaient un collier comme pour lui garantir d'éternels atours.
La rue principale enlacée de platanes s'ouvrait fièrement sur l'horloge qui carillonait les quarts d'heure.

Enracinée au pied du Zaccar, elle se plaisait à dominer l'immensité de la vallée du Chellif.
On pouvait s'enivrer de cette vue à partir de l'esplanade à la pointe de la ville, assis sur les remparts qui avaient dù la garder jalousement dans le passé.

Miliana, c'était son jet d'eau qu'elle vous donne en offrande pour vous accueillir.
Miliana, ce n'était pas uniquement cette belle architecture mauresque ou coloniale que l'on croisait aussi bien sur les grandes artères que dans les ruelles...
C'était les petites écoles et les grands lycées, le"Grand Hotel", l'église et l'hopital et la majestueuse sous-préfecture et la caserne.

Miliana, c'était les "wast eddar" aux colonnes torsadées avec les effluves de jasmin et de fell, les "Hammams" et leur rituel du bain agrémentés de "tassa" et de "mahbess".

Miliana, c'était aussi la généreuse et hospitalière mosquée de Sidi H'med Benyoucef où l'on pouvait aller à tout instant allumer une bougie, chercher la communion avec Dieu, chercher le calme solennel de ce lieu ou partager discrètement un moment avec les autres.

Miliana, c'était la maison de l'Emir dont les murs disaient tant et tant de choses sur le passé lointain de cette ville, son atelier d'armement et sa résistence de tous les temps.

Miliana, c'était "Le Splendide" et "Variétés, ces salles de cinéma mythiques dont la deuxième abritait les soirées artistiques, les pièces de théatre et les projections phare de l'époque.
Fadhila Dziria, Noura, El Ankis...
Nouria, Djaafer Bek, Moh Bab El Oued
Abdelhalim et Chadia, Farid El Attrache et Faten Hamama, et les plus beaux westerns...

C'était "La Bataille d'Alger" qui racontait la bravoure d'un enfant de la ville, "L'opium et le Bâton", "Mourir d'Aimer" et tant d'autres qui nous inoculèrent l'amour du 7ème Art.

Miliana c'était ce havre de verdure et de sérénité qu'était le luxuriant "Jardin Public" avec ses poissons rouges qui faisaient du charme à "la belle" qui les surplombait.
.
C'était le Cinéma plein air quand on déménageait l'écran vers le jardin public pour les deux mois d'été.
C'était la piscine, où l'on pouvait aller profiter de la fraicheur et échapper à la chaleur torride de la ville.

Miliana c'était les vergers, les ruisseaux et les jardins. C'était le Zaccar avec à son sommet Sidi Abdelkader.

C'était les sorties-ascension vers ce lieu, auxquelles prenaient part les jeunes (filles et garçons) pour passer une journée au sommet, apprécier la vue panoramique, la nature et l'ambiance au rythme des guitares, chansons et blagues.

Miliana c'était la mine et son école. C'était les mineurs se dirigeant vers leur travail, lampe de "Kerbile"à la main et casque avec lampe sur le front. On pouvait à peine deviner leurs ombres dans le brouillard lourd du petit matin.

Miliana, c'était le tintement des barres de fer en préparation du marché hebdomadaire avec mille et un étals. C'était "El Goual" avec son "guellal" et ses histoires rocambolesques. C'était toutes les odeurs qui montaient des gargottes.

Miliana, c'était "Soug Enssa" tous les lundi, dans un coin discret du côté de Bab El Gherbi. Les femmes paysanes venaient des alentours pour vendre herbes aromatiques ou plantes sauvages, poterie, quelques légumes et même des bijoux qu'exhibaient les "dellalates".

Miliana c'était l"SCM" et ses victoires, c'était le stade les dimanches avec la trompette de Landjrit et la "Zorna"de circonstance. C'était le retour en fanfare du club lorsqu'il jouait à l'extérieur.
Le car des joueurs avait droit à une escorte digne des VIP avec des mobylettes tout autour et qui faisaient le tour d'honneur en ville.

Miliana, c'était la "Fête des Cerises" chaque mois de Juin.
Une occasion pour la ville de se parer de ses plus beaux atours: Guirlandes en forme de cerises, fanions, la grande arche qui ouvrait sur le lieu principal de la soirée artistique de clôture. Cela se déroulait en plein air, à la Pointe des Blagueurs.
C'était le bal à la piscine pour ceux que les variétés chantées par nos artistes n'intéressaient trop.

Miliana, c'était le Rakb de chaque printemps. Il ramenait avec lui tout un rituel dans les rues de la ville. Des confiseries traditionnellles, des "guérisseurs", des talebs, des gouels.
Le moment crucial était quand quelqu'un accourait de Bab El Gharbi pour annoncer aux citoyens l'arrivée imminente de la procession de pélerins qui auront parcouru des kilomètres à pieds à destination du Saint Patron de la ville, Sidi H'med Benyoucef.
Petit à petit, les clameurs de la ville s'éteignaient .Elles faisaient place aux chants religieux de la procession qui nous parvenaient de Bab El Gherbi. On pouvait alors s'attendre à voir leurs étendards de couleurs vives portées par des mats en cuivre.

Miliana, c'était le défilé des "M'nara" chaque Mouloud. Elles venaient d"El Anassers", la perle de Miliana, et de tous les autres quartiers de la ville. Elles convergeaient vers la mosquée pour une soirée religieuse.

Miliana, c'était le "Carrefour de la Jeunesse", cette compétition radiophonique inter-lycées proposée par la Chaine Trois et qui consistait à faire se mesurer deux lycées d'Algérie.

Quand Miliana était concernée, c'était toute la ville qui le vivait. Le cinéma "variétés" hébergeait cet évènement. Les lycéens occupaient l'orchestre, et les lycéènnes le balcon.
Sur scène les groupes de musique amateurs se relayaient pour animer, pour détendre l'atmosphère et pour faire de l'après midi un moment convivial.

Tous les enseignants, le proviseur, les inspecteurs , les cadres et les autorités de la ville étaient là, aux premiers rangs avec les lycéèns sélectionnés pour la compétition. Devant eux de larges tables supportaient des colonnes de livres et encyclopédies. Ils servaient à chercher les réponses aux questions posées. Cela parlait de culture générale et de savoir universel. Tous prenaient part à la recherche des réponses ce qui rassurait les candidats.

C'est dans ce nid là, que j'ai appris à voler!

Mais Milana, ce fut aussi cette nuit terrible où la sirène de la ville ne cessait de déchirer un silence de mort.
Ses hurlements prémonitoires faisaient penser à une mère désespérée sachant qu'un malheur allait s'abattre sur ses enfants.
Cette nuit de Novembre vit le deuil frapper Miliana de plein fouet.
Elle allait perdre vingt deux de ses fils à la fleur de l'âge, sacrifiés sur l'autel de l'incompréhensible. Une tragédie dont personne ne s'est jamais remis.

Sans crier gare, Miliana m'a échappé, car séparées sans préavis, pour me revenir trente huit ans plus tard.

Le coeur meurtri par ces longues années d'absence, le corps traversé par des sanglots de frustration mélée de joie, les yeux brouillés par les larmes, j'y ai fait mon pélerinage un matin d'automne...Et je m'y suis enfin ressourcée!